‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à conquête arabeChapitre 53 sur 83 · CHAPITRE III LES RIVES syriehnes de L'EUPHRATE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III LES RIVES syriehnes de L'EUPHRATE

Négligeons pour rînstaat les sources de ce fleuve à travers l'Arménie ; la frontière de Syrie, à la fln du i*' siècle de notre ère, commençait au nord à la Commagène, au pied de ce Nemroud'Dagh, où se dressent les grandioses monuments élevés aux anciens rois de la contrée*. Cependant ce petit pays formait comme un compartiment isolé, situé un peu au nord du grand passage de TOrient vers l'Occident, et du champ de bataille naturel entre les Romains et les Parthes. Les Romains en avaient pourtant fortifié les approches ; la ville de Samosate était le siège de la légion XVI Flaida Firma, et la tète de ligne de plusieurs routes militaires.

« Dans ce pays, écrivait le maréchal de Moltke ^, les anciennes fortifications consistaient en une montagne oblongue, élevée par la main de Thomme et sur laquelle on posait le castel. Il y a ici des centaines de ces montagnes, chaque village en est flanqué. Ces collines artificielles sont souvent d'un travail gigantesque ; celle de Samosate a 100 pieds de hauteur, 300 pas de longueur, 100 de largeur. Les pentes étaient pavées de pierres taillées ou revêtues d'un mur. » L'acropole de Samosate ^ était vers le milieu du côté de la ville qui bordait le fleuve ^ ; un fossé l'isolait de cette dernière.

^ Cf. HamaûQ et Puchstein, Reise in Kleinasien und Nordsyrien, Berlio^ \

" Lettres sur L'Orient, trad. de rallem., Paris, 1872, p. 213. j

' Humana et Puchstein, pi. LI, 1. |

* L*Euphrate coule maintenant à quelque dislance. |

l'occupation territoriale

De la cité il ne reste rien, que quelques pans de mur au midi et la marque très visible de Tancienne enceinte S qui remonte à une époque assez haute (vers le i**' siècle) •- Y eut-il à Samosate un pont permanent ? Impossible d*en

Fig. 3. — Samosate.

décider. A 2 heures^ puis à 2 heures 1/2 de Samosate à l'ouest, j'ai retrouvé quelques soubassements de constructions, ainsi désignés dans mon journal : « On dirait deux tours carrées, très minuscules, de 2 mètres environ de côté. » Au bout d'une lieue, au village de BayaSy j'ai dû quitter les bords du fleuve, devenus trop abrupts, et qui n'offraient aucune chaussée ; il faut en conclure sans doute que, dans l'antiquité, il n'en existait pas non plus et qu'on devait déjà, comme moi, s'enfoncer dans rintérieur pour trouver un passage. Bayas est à 3 heures 1/2 de Trusch; de là, on peut reprendre la direction 0. S. 0., et au bout d'I heure 1/2 on distingue très bien un tronçon de voie antique, d^une largeur moyenne de 3 mètres, d'un seul niveau, avec deux rangées de pierres plus grosses en bordure de chaque côté. Il devient méconnaissable au bout de 20 minutes, puis la ligne des pieiTes, visiblement étalées de

1 Je donne ici {fig. 3) un plan d'après Humann, ibid.^ p. 182, fig. ! * y. iu]praf p. 231, note 3.

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