‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à conquête arabeChapitre 54 sur 83 · LES RIVBS SYRIENNES DE L^EUPHRATE · texte numérisé non relu

LES RIVBS SYRIENNES DE L^EUPHRATE

main d'homme, reparaît tout près de TEuphrate, au delà du Gheuk-Sou, en face du village de Kilik^ Plus loin, la roule coupait dans l'intérieur, pour éviter de suivre inutilement un coude du fleuve ; un peu avant Zekteridj, misérable village, une grande citerne, à sec, pratiquée dans le sol, et en forme d'entonnoir renversé '.

A 1 heure 3/4 de Bink et 1 heure de Stipertchuk, j*ai rencontré un pont ruiné, jeté sur VAbach-Sou ', orienté selon N.-O. — S.-E. La première arcade est rompue dans le haut, ainsi que les cinquième et suivantes ; la deuxième a un arc brisé très aigu, la troisième beaucoup moins, la quatrième en plein cintre ; cette dernière pourrait bien être seule d'époque romaine, les autres ayant été refaites par les Arabes *.

Après le pont, à l'ouest, commence presque aussitôt une voie antique piquant droit vers le sud. Je trouve dans mon carnet : « Au bout d'une demi-heure, un groupe de milliaires* ; il y en avait au moins deux, très grands, à base

* Eztr. de mon carnet: « On me dit que, sur les flancs du vallon creusé par le torrent qu*avoisine Zekteridj^ il existe des ruines, mais réduites aujourd'hui à de simples pierres éparses. Les habitants du villages d*Hink [tout près de là] affirment que, de l'autre côté de TEuphrate, à 1 kilomètre à l'est de Doserj subsistent des ruines importantes, notamment des églises. Impossible de traverser le fleuve, pour y aller voir. »

' V. la photographie que j'en ai donnée dans le Tour du Monde, 1905, p. 160.

^ En effet, si chacune d'elles a un parement en pierres de taille et un corps en blocage, pour toutes, excepté celle-ci, il a été fait usage d'un assez petit appareil. Elle seule présente une maçonnerie en béton, mêlé de petits cailloux ; ailleurs les pierres ne sont liées qu'avec de la terre crue. Dans le bas de la construction, quelques pierres à bossage. La culée sud-est était en blocs énormes, comme il ne s'en trouve que là. Les piles paraissent toutes égales, avec une largeur (a, b, etc.. du N.-O au S.-E.) de 4 mètres, au contraire, les dimensions des arcades diffèrent (A, B, etc. du N.-O au S.-E. encore); je n'ai pu mesurer l'ouverture que de l'une d'elles, A =» ô'^jSO. Deux autres (D, et E détruite) étaient sans doute pareilles et dominaient le lit proprement dit du cours d^eau, j'entends la partie qui ne devait être que très rarement à sec. Entre elles deux, semble-t-il, le point culminant du pont. De A à E, la longueur mesurée atteint 39 mètres ; au N. 0. ajoutons quelque 10 mètres ; vu la longueur apparente de la partie ruinée au sud-est, le pont devait avoir environ 85 mètres de long. Largeur : 5»,20. Il n'était pas rectiligne, mais entre B et G déviait vsrs l'est d'une vingtaine de degrés.

* Ce sont les seuls que j'ai rencontrés durant mon voyage de 1901 dans la Syrie du nord.

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carrée, de 2 mèlres 3o de long. Un mille plus loin^ au moins cinq colonnes S de même type, et à côté je crois voir les subs- Iructions d'un petit édicule rond, de 2 mètres de diamètre environ ; puis nous perdons le mille suivant ; au quatrième, un grand nombre de bornes, cassées ; elles semblent placées à un croisement de routes. Les milliaires sont an épigraphes, ou bien les lettres sont devenues illisibles, par suite de la très mauvaise qualité delà pierre, creusée sur toute sa surface de trous où le doigt entier disparaît. Avec beaucoup de peine, j*ai pu faire retourner une de ces bornes ; j'ai cru déchiffrer simplement MP [= m[illia) p(assîim) ou [l]mp{erator[) ?] Ce groupe est à 10 minutes du village A'Alif, où je remarque un nombre inouï de citernes et de bassins taillés dans le roc *. » Ces divers tronçons de voie appartiennent sans doute à celle qui, d'après la Table de Peutinger, conduisait d'Antioche à Samosate par Doliche (près Aïntab).

La ligne des forteresses riveraines de l'Euphrate partait du coude qu'il forme, pour couler du nord au sud, dans les environs de Capersana, où Ton avait coutume de le traverser*. Ammien Marcellin signale un pont qui se trouvait là et qui fut détruit sous Constance et Julien * ; mais peut-être ne s'agit-il que d'un pont de bateau temporaire, comme celui que Constance II

^ « L*OQ constate en Syrie, et particulièrenaenl en Palestine, sar le tracé des anciennes routes, la présence de nombreuses bornes milliaires très souvent anépigraphes et portant seulement quelques signes d'interprétation douteuse. Tout de suite Ton est tenté d*en faire des milliaires romains ; c'est peut-être excessif. Beaucoup de milliaires doivent être byzantins, et même peuvent être arabes, Byzantins et Arabes n'ayaot guère fait qu'entretenir, peut-être en les rectifiant quelquefois, les anciennes voies romaines » (Glermont-Ganneau, Rec. (Varch, orient., I (1888), p. 206).

' Journal : n On me dit dans ce village que le même Ahach-Sou, tout près de TËupbrate, est franchi par un autre pont antique, intact celui- Ik et sur lequel on passe encore aujourd'hui. Mais il n'y a pour y aller que des chemins affreux, et du reste le renseignement semble très suspect ».

» Théodoret (Relig, hisL, XIX, p. 1428, Migne) la traite de xwfjiYi sur TEuphrate, sans autre précision.

* XVIII, 8, 1 : Pontium apud Zeugma et Capersana iuncluris abscUis. Le pluriel pontium ne permet guère de penser avec Slreck {Caphrena, ap. Pauly-\V.)queCaphrena(= Capersana) était un autre nom de l'ancienne Apamée (v. infra) et qu'Ammien aurait simplement indiqué les deux villes reliées par un même pont.

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fit encore établir au mi^.me endroit, deux ans après, pour conduire ses troupes à Ëdesse ^ Ptolémée énumëre le long de TEuphrate, en Syrie * ; Oupifia,

'Apoo8t<;, ZgÛYfJiot, Eùp(0Tt<5c, KatxiXCa, BTjôafijjLapfa ij BT)6a|Aav(«, Vippr^,

'Apifjuipa, 'EpsY^λ; et en Mésopotamie S donc sur l'autre rive:

Oop9{/.3/Aviivx, Bxiaxfx^T], Sapvoôxa, Bspjiëa, Maùoai, Ni)CTjo6ptov, Mayo^- 8s, Xot^utpa.

La première de ces villes est placée par Titinéraîre d'Antonin ^ à 32 milles au nord de Zeugma ^ ; à 24 seulement serait la seconde, suivant la Table de Peutinger qui l'appelle Aroulis. L'une des deux peut parfaitement coïncider d^y^cRoum-Kaleh, au confluent du Marsifan (sans doute le Marsyas de Pline). La position en est merveilleuse ^ « L'assiette de cette forteresse a été choisie sur un promontoire escarpé, dominant par trois de ses côtés la vallée du Marsifan et le cours de TEuphrate. Une coupure de 30 mètres de profondeur, taillée dans le roc vif, la sépare du plateau auquel elle se rattache topographiquement ''. »

II serait naturel de placer là Aroudisou Yrima, plutôtla première d'après la distance ' ; plutôt l'autre, si Ton se fonde sur l'onomastique — très douteuse, il est vrai,— sur ce qualiQcalif de giganti, qui semble adéquat àla situation, et sur le fait que cette ville fut jadis un évêché ^ Du moins, si, dans Tétat ac-

« Id., XXI, 7, 7.

« Ùeogr., V, 14, 10.

• lb\d., V, 17, 5.

^ 189, 7, aousle nom d*Ynnagiganti; pour les fornues diverses lOupifxot, *ûpt(xa, Vrama, *Opi[xa dans Georges de Chypre, cf. Téd. Gelzer, p. 152.

^ Socrat., H. eccU, (11, 25^ parle d'un Abraham Vrimorum episcopun,

* Cf. Hum au n et PuohsteiD, pi. L, 1.

^ C. Isambert, Itinér. de l'Orient, p. 750. Il compte, à 25 lignes d'inter. valle : De Bir-Edjik à Roum-Kaleh : 10 h. 30 minutes ; plus loin : Roum-Kaleh (7 h. 45 minutes de Bir-Edjik). j^Voilà deux indications difficiles à concilier. La première supposerait une cinquantaine de kilomètres, la deuxième environ 35. Le contexte donne & penser que c*est la première qui est erronée ; les itinéraires anciens indiqueraient respectivement 36 ou 45 kilomètres. N'ayant point accompli le trajet moi-même, je ne puis proposer aucun chiffre.

^ Encore n*y a-t-il pas là un obstacle dirimant à choisir Tautre ; rien n*indique où passait la route ancienne, qui faisait peut-être quelque détour.

*Gar il y a une église byzantine à Roum-Kaleh. Mûller (ibid.) meltrafi là le Gatabanade I'IUq. d'Antonin (186; 3), inconnu par ailleurs.

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tuel, Roinn-Kaleh offre l'aspect d'une forteresse médiévale S il n'est pas douteux que les fondements en sont plus anciens.

Avant d'y parvenir moi-même, venant du nord, de Samosate, j'avais remarqué, à 1 heure 1/2 en amont, au bord du fleuve, une inscription * selon laquelle deux ttexillationes^ dont Tune empruntée à la leg. 111 Gallica, avaient séjourné là, au moins sous Vespasien, et établi une cochlis pour puiser de Teau. \u-dessus, les soubassements d'une construction carrée peu considérable, en gros blocs taillés : peut-être un réservoir, peut-être une tour de guet permettant de surveiller les abords du fleuve. La légion venait d'être renvoyée de Mésie en Syrie ' ; il est possible qu'on en ait fixé là un détachement, mais aussi que par derrière il y eût quelque bourg. Aucun village aujourd'hui dans les environs immédiats ; pas de ruines ; mais le fait n'autorise aucune conclusion positive. De toutes façons rétablissement de la cochlis ne s'explique que par le voisinage d'une localité ou d'un poste militaire, sinon des deux à la fois.

Or la photographie que j'ai prise devant Tinscription * montre que Tune des rives forme un éperon qui s'avance dans le fleuve ; il s'agit de la rive est, celle des deux qui présente en cet endroit la courbe la plus prononcée, celle par suite que le courant devait afl'ouiller avec le plus de force. Il n'est pourtant pas venu à bout de désagréger et d'entraîner ce promontoire ; les débris qui surmontent ce dernier sont peu reconnaissables ; rien n'interdit du moins de supposer qu'ils représentent les restes de la culée d'un pont antique; ou bien ce cap pouvait être utilisé comme réduisant la largeur delà rivière, ce qui facilitait au moins rétablissement d'une chaîne de pontons. 11 serait donc bien tentant de prononcer ici le nom de Capersana. Certes, trois siècles se sont écoulés de Vespasien à Julien ; mais il est permis de penser que ce passage était depuis longtemps connu, et considéré comme précieux au temps d'Ammien, puisque Constance s'empressa de le rétablir K

1 Cf. Uuinann el Pucbstcin, p. 175, la 6g. 23 qui donne en plan Boum" Kaleh et ses abords.

2 BCH, XXVI (1902), p. 205-7.

3 Le transfert eut lieu en 70 (Tac, Hist, IV, 39). ♦ Cf. Tour du Monde, «905, p. 163.

s Streck, modifiant son opinion première (suprà, p. 272, note 4], estime que Capersana doit être cherchée dans la région de lioum-Kaleh^

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Néanmoins, Aroudis *- et Vrima n'étant point sûrement idenliQés. on peut songera elles autant qu*à Capersana, mais il me parait certain qu'une des trois se trouvait là. Capersana serait à écarter si, comme le veut Fischer, on devait la confondre avec le UopcUoi (rive gauche) de Ptolémée ».

Zeugma % un peu plus en aval, occupait aussi une position stratégique ; son nom même indique un lien, une jonction entre deux régions. Tacite atteste que c'est le point où le ileuve est le plus facile à traverser *, sans expliquer davantage si le pont de Séleucos Nicator existait encore au i*' siècle. Aussi Gassius y vint camper, lors de sa campagne contre les Parthes, sous le règne de Claude. La même question se pose ici que pour Capersana : était-ce un pont de bateaux qu^Ammien et ses compagnons en fuite trouvèrent rompu à Zeugma? On pourrait croire à un pont véritable et fixe ; les neiges avaient particulièrement enQé le courant qui aura pu emporter les piles *.

mais il ne s'agit pas forcément de Boum^Kaleh lui-même. La uila Salamani Silentiarii (Acta SS,, 23 janv., p. 103) mentionne un village du même nom ; et de plus Cephar (ou Gaphra), en araméen, signifie Tillage ; sans nul doute, il en existait un, moins important, qui a entièrement disparu.

^ Je n*ai pas connaissance de VOroul, « ancienne Arulis », que le guide d'Isambert (p. 749) met à une heure de Nezib {Ninb)y sur la route d'Aîntab. Ce serait trop loin du fleuve, et point de ruinds. — Je ne sais rien non plus du Salaur ou Salir dont parle Mûller (ad Ptolem., p. 970),

> Et le localiser à Suburgut, point inconnu de moi, où un ancien voyageur aurait noté des restes de pont (Ritter, X, p. 987). Quant à Aniana, ce serait peul-élre le Tbillaamana de la Notiiia (où était une cohors), à écrire Tbiilaniana, et à placer alors à Beddai ou Ghanama (Sachau, Reise, pp. 156, 159,170). Rien de plus aventureux. J'aime mieux le rapprochement fait par Seeck {NoUt., XXXV, 32) entre Tbillaamana et Thillazamana, qui se trouve écrit deux fois ainsi (XXXV, 9 et 21). Il y a en Osrboène, selon la Notitia, quatre localités dont le nom commence par Thilla; celte forme correspond peut-être à tell. Les lells y étaient fort nombreux, comme i*a remarqué de Moltke {loc. cit.). Pour l'identification de BoLiaiyi^r^, Zapvoûxa, Bspafêa, MaOêai, cf. Fischer (Ptolem., p. 1003); aucun commentaire ne me vienx «i l'esprit pour tant d'hypothèses.

* Zeu-f(xa, parfois Zeûfxa (Zéuma) ; cf. Gelzer, adn. ad Georg. Cypr., p. 149.

* Ann.f XII, 12; cf. Philoslrat., tt. ApolL, I, 20: 6 teXœvïj; ô êtciSeoXt^- (xiEvoc x({» Zt6'>(\uni.

* Un bas-relief de l'arc de triomphe de Bénévent (Almerico Meomartinî, I monumenti e le opère (Tarte délia citlà di Benevenlo, 1880-02, pL

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Le problème est très obscur '. S'il est vrai qu'Alexandre le Grand fut le premier à établir un pont en cet endroit, il aesi pas douteux qu'il fit faire un pont de baleaus ». Précisémen^ à propos de Séleucos, Pline emploie les mêmes termes :pon<e itinxerat*, qa\ peuvent convenir encore pour un pont de bateaux. En ce qui concerne les siècles suivants, nous sommes dénués d'informations. Rien n'indique clairement où Crassos franchit l'Euphrale la première fois ; du moins lUe flt sans aiiculté *. Il en fut autrement l'année d'après • - cette fois c'était sûrement à Zeugma, - et avant le transfert complet de l'armée, un tourbillon enflammé mit en pièces une partie des radeaux (<rx.8î«<:) ». Donc il n'y avait pas alors de pont maçonné ,

Bireajik^ OSRBOEiaS

ÂlluYmns ' ^Fleuf

Fig. 4. — Vallée de l'Euphrate i Zeugma.

mais peut-être les Romains accomplirent-ils ce travail lorsqu'ils eurent déQnitivement consolidé leur autorité en Osrhoène.

XXVn est relatif à la conquête de la Mésopotamie en 414. Entre deux Srs d'ea», l'Euphrate et le Tigre. Trajan debout reço.t l'hommage de Lproviaôe vaincue; l'Euphrale. devenu Romain, porte le pont qo. enchaîne la Mésopotamie à l'empire ; le ponl est figure par une espèce de charpente" poutres entrecroisées. Cette représentation n'a sans doute

qu'une valeur symbolique.

1 Cf Rilter X p- 989 sq., où sont exammes les textes.

« Plin H 'iV ' XXXIV, 150 : Ferwi quidem et religione quadam xi Heri et 'èxstare ferream calenam apud Euphratem amnem m urbe qm<! Zeugma appellalur, qua Alexander magnus ibi iunxerit ponUm. mui anulos qui refecti »int robigine infestari carenlibut ea pnoribus.

3 V Rft

» u'dut'jeler un pont, selon Plut.. Crats., 17 ; il n'y en atait dooc nas C'était dans le voisinage de Zenodotia (v. infra). D autre pari, i est dit.' pour l'époque d'Antoine, que les Parlhes ataient coutume de lr«vpr'ser le fleuve & Zeugma (Dio Gass.. XLIX, 19).

"dL Cas9., XL. 18; add. Sonec, nat. quactl., V. 18: circa Euphratem prnesaga fulmina et deos resistentei.

6 plut., ibid.y 19.

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Où convient-il de placer la ville de Zeugma, sur la rive gauche ou la rive droite ? Les textes et la topographie semblent en désaccord. D'une part, Ptolémée la met en Syrie, et Strabon confirme le renseignement *. D'un autre côté, il est certain que cet important passage était devant le Biredjik actuel, qui est sur la rive gauche. En face, le plateau, en contrebas, n'est nullement favorable à rétablissement d'une place *. D'ailleurs, certaines monnaies de Zeugma, de l'époque des Àntonins *, présentent un type caractéristique {fig, 5) : un temple juché au sommet d'un cône ; les globules figurés sur ce cône représentent schématiquement un rocher, et les gradins sur le côté sont les chemins en escalier conduisant au sommet. Le temple suffisait à symboliser la ville, qui aurait été placée sur une hauteur. F»«- 5. — Monnaie de

A vrai dire, je pense que le territoire Zeugma.

urbain s*étendait sur les deux rives; primitivement, il y avait deux villes distinctes: Apamée * et Séleucie *. On avait pris l'habitude de dire que toutes deux se trouvaient « sur le passage » (ÇsùYfia) •. Après le i*' siècle, ces deux villes disparaissent ; Pline ne mentionne ni l'une ni l'autre ; pas de monnaies à leurs noms ; le tout s'est fondu en un seul Zeugma \ d'autan^

^ XVI, 2, 3, p. 749 G : c Le Zeugma actuel de TEuphrale se trouve en Gotnmagène, et juste vis-à-vis est la forteresse de Séleucie, qui, bien que située en Mésopotamie, fut attribuée naguère par Pompée à la Gommagène. »

* Je reproduis (fig. 4) le graphique de Czernik (2« p., pi. lï), qui montrerait cette opposition d'une façon encore bien plus manifeste, s'il était à moins petite échelle.

5 Wroth, Greek coins of... Syria, pi. XVI, H-i3; p. Ll et 124 sq. L'interprétation de Wroth est différente de la mienne, mais me paraît moins simple et moins naturelle. Il ▼oit dans ce triangle la représentation conventionnelle du bois sacré attenant au temple, et ce que j'appelle les degrés d*accès, ce serait la colonnade du péribole.

*Plîn., ff. iV.,V, 86.

* SeXEuxeta f irpôc x«{» Eu©paTT[i (CIG, 2548) ; cf. Strab., suprà.

* Polyb., V, 43, 1 : SeXejxeia ^ èiri tou ZeuYfxaTOç ; Plin., H. iV., V, 119: dicta est et in leugmate Apamea.

"^ Gette solution me paraît plus raisonnable que celle de Streck (Pauly-W., Siipp/., lac. cit.): Apamée et Séleucie ne seraient qu'une seule et môme localité, devenue une simple forteresse. On ne peut guère, comme il le propose, la confondre avec la Gaphrana de Pline, si

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plus facilement que, depuis Pompée, elles se trouvaient en étroites relations.

Vu ce rôle primordial, on est un peu étonné du dire de Procope * : ses murs ne formaient qu'une vague clôture, avaient la fragilité d'une haie d'épines (a'i^acrtâc tp^irov) ; Taccès en élait comme libre et, trop à l'étroit, les défenseurs n'auraient su où se porter. Mais Justinien lui éleva de véritables murailles, ayant l'ampleur et l'élévation convenables, et le pourvut de tous les autres moyens de défense nécessaires ^ Il faut supposer une de ces exagérations, si fréquentes dans le De aedificiis.

« A 1 heure 30 minutes (au nord) de Bir-Edjik, dit le Gidde d'Isambert ', Kalkis offre les ruines intéressantes d'une ville romaine, et un peu plus loin, au-delà du bac de Balkis, la route est taillée en corniche dans la falaise qui borde l'Euphrate. Elle débouche dans un vallon étroit, sur les flancs duquel se trouve une intéressante nécropole où se voient de curieux bas-reliefs. Sur un monticule dominant le fleuve s'élève (1 heure) le château très ruiné à'Oroum Kalessi^ Tancienne Vrima* ». Il y a là, à mon avis, un certain nombre d'erreurs et de confusions. D'abord Vrima ne peut être que bien plus au nord, comme je l'ai fait voir. Je n'ai pas entendu prononcer le nom d'Orowm Kalessiy ni celui de Kalkis, mais je n'ai vu qu'un seul ensemble de ruines que les indigènes appelaient Balkis^ et il est en effet à 2 heures 1/2 environ au nord de Biredjik. J'emprunte quelques détails seulement à mon carnet de voyage ^ :

oelle-ci correspond à Gapersana, comme on Tadmet habituellement (cf. le Ptolém. de Mûller, p. 968). Amm., loc, cit, : Zeugmaet Capersana. Des fouilles, pratiquées jadis par Hendersoa, consul d'Angleterre à Alep, n'ont mis au jour que des mosaïques (cf. Sachau, op. laud., p. 177-8).

1 De aed., II, 9, p. 237.

> Dans l'état actuel, c'est un mélange de caractères franco-arabes.

* Mûller (loc, ciL) y place KaTajiàva.

* « Avant d'y parvenir [à Balkis, venant de Nisib], au bord d'une des nombreuses petites fallées qui découpent la colline et y dessinent comme une succession de dunes, je remarque un fragment de mosaïque et un sarcophage. Tout près de là, cinq minutes avant le vlilage, quelques ruines, une sorte de tour carrée, dont le sommet est pavé en mosaïque, une construction en briques longues et plates, liées afec du mortier, peu considérable, mais dont le plan n'est plus visible. » Ritter (X, p. 944) mentionne aussi Tel Baîkis: ein KreidefeU, der sichzur Loge

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