LK8 RIVE8 SYRIENNES DE LEUPIIRATE
Les ruines sont dispersées et couvrent une vaste étendue; mais aucune enceinte n^est reconnaissable. Je ne retiens, parmi les vestiges secondaires, que ceux qui nous donnent des repères chronologiques.
Au flanc d'un coteau, une tête casquée colossale ; la pupille de rœil étant indiquée, nous avons une date : 11° siècle... Plus loin, des gioltes funéraires, présentant de nombreux arcosolia *... Dans un ravin, des restes de constructions, et au milieu des débris une sorte d'autel, formé d'un cippe polygonal S à base atiique. « Au-delà, une galerie très longue, dont je ne puis voir la fin, taillée dans le roc : travail très bien exécuté. Un homme de grande taille peut s'y tenir debout; largeur : 85 à 90 centimètres. Conduite d'eau ? Peut-être plutôt un couloir secret, permettant à la forteresse d'avoir des relations avec l'extérieur, à Tinsu d'un assiégeant. Un peu partout des débris de tessons et de mosaïques. Au bord du fleuve, pratiqué dans la berge qui dévale à pic, un couloir haut et large, continuation du chemin riverain ; plus loin, cette berge s'éloignant de la rive, je remarque les débris d'une construction énigmatique en blocage, qui baigne ses pieds dans l'eau. »
Quelle était cette ville? Puisqu'il faut éliminer Vrima, Ai'ulis» Capersana ^ je ne vois qu'un rapprochement de possible : Procope énumère les villes sur les bords de l'Euphrate que Justinien restaura, et. immédiatement après Zeugraa, il nomme Néocésarée dont il parle exactement dans les mêmes termes *. Que serait-ce sinon Balkis?
A une demi-journée au sud, toujours sur la rive droite, le
eines rômischen oder griechischen Tempels recht eignete, und vielleicht noch ein altères Heiligthum des Bels war,
^ Vers le temps oii j'en copiais les sculptures et les inscriptioDS* l'abbé Chabot les publiait dans le Journ, asiatiq.j 1900, II, p. 279 sq. La paléographie semble indiquer les iiiMv<» siècles.
* A rapprocher de celui de Gyrrhus que j'ai mentionné dans le BGH, XXVï (1902), p. 187. Môme date approximative.
3 w n'y a pas lieu de croire qu'on eût établi si près de Zeugma un deuxième passage également permanent.
* De aed., II, 9, p. 255. — Add. Théodoret, H. eccL, I, 7 : « Au concile de Nicée asdislait Paul, évoque de Néocésarée, fort assis sur les bords de l'Euphrate ». Garnison de cavaliers dans la Notitia (XXXIII, 26; cf. 4). Il y a encore un loannes,.. ep. Neocaesareae Euphratesiae en 553 (Mansi, ConciL, IX, 393). La ville est devenue Kaiaipsix dans Georges de Chypre (882); les textes réunis par Gelzer {op. ciL^ p. 151\ ne fournissent aucun secours pour ridealilication.
l'occupation territohiale
village de Djerabous (ou Djerabis) est reconnu comme occupant la place d*Europos ^ ; les fouilles d'Henderson en cet eudroit n'ont apporté que peu de lumière : elles ont mis au jour des fragments hittites et les restes d'une ville byzantine. Ce fut une cité militaire *, d*abord enclose de murs sous Ànastase S que Justinien ne négligea pas ^ : il convenait de fortîQer un point où le courant de TEuphrate est divisé par deux grandes lies, qui devaient faciliter le passage du fleuve sur des pontons •. Europos est fort ruinée aujourd'hui ; au sujet de l'enceinte, Rilter* a résumé les données de Maundrell et de Pococke : le premier la décrit en demi-cercle, d'une longueur de 2.250 pas, avec une acropole au nord-est, et deux portes. Pococke attribue à la ville une forme rectangulaire, une longueur d*un demi-mille anglais et une largeur d'un quart de mille. Ayant retrouvé, moi aussi, les bases de nombreuses colonnes, de fort diamètre, et les restes de constructions qu'il signale —
Fig. 6. — Europo0.
gros blocs de pierre carrés, de taille très régulière, je ne puis croire à une destruction plus complète dans l'intervalle ; or il m'est impossible d'adhérer à son plan, alors que mes observa-
^ Gomme le dit avec raison Regling (p. 472], c'est la place forte dont la table de Peutinger nous donne Timage, maïs auconement le nom. Cf. Plin., if. iV., V, 87 ; Polyb., V. 48 ; Lucian.,. Qaom hisl, corner,, 20. 24. 28; Hierocl., 713, il ; Ëuropa chez le Géogr. de Ravenne, 87, il.
* Bélisaire y établit son camp et y réunit une armée, lors de la troisième guerre persique de Justinien (Procop., B. P., II, 20, 24-25. 21, 1).
» Josué le Stylite, Chroniq., 93.
♦ Procop,, Aed., II, 9, p. 235.
s Sachau, op. cit,, p. 169.
• En/A-., X, p. 1039.