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LES RIVE» SYRIENNES DE L^BUPHRATB

un arc de cercle, sur une longueur d'environ 180 kilomètres. C'est de part et d'autre le désert; seuls les bords du fleuve peuvent donner passage à une armée. Il n'était donc pas indispensable de multiplier les castella en cette partie de son parcours, et il n*y a pas à s'étonner si l'on n'y a retrouvé que peu de ruines '. Il fallait seulement choisir les situations les meilleures, et l'embarras n'était pas grand : de Nicephorium à Gircesium, les rives sont plates et basses; le fleuve s'égare dans la plaine en une infinité de méandres ; en deux points seulement la vallée s'étrangle et la falaise surplombe le courant. Â moins d'un grand détour dans les sables, l'envahisseur devait passer par là, et là même il convenait de lui opposer quelque résistance.

C'est suivant cette route queChosroès entreprit sa campagne de 531 *. Le phylarque des Saracènes de son obédience, Alamoundar, déclarait que les villes de Mésopotamie et dOsrhoëne touchant à la frontière étaient plus renforcées que jamais, alors que de l'autre côté de l'Euphrate, et en Syrie, il n'y avait ni lieux fortifiés, ni garnisons nombreuses, aucune invasion perse n'ayant encore choisi cet itinéraire. Chosroès se laissa persuader, s'avança le long du fleuve par Circesium et Callinicum, sans obstacle sérieux '. Il y eut pourtant des travaux de défense, mais le commentaire de Procope* ne permet pas de dire avec certitude s'ils furent accomplis avant la guerre, ou après ; ils semblent pourtant postérieurs.

La femme d'Odenath, prince de Palmyre, avait créé dans ces régions ingrates une petite ville à laquelle elle donna son nom* Zénobie. Par la longue négligence des Romains, les murs s'écroulèrent, la population se dispersa. Enfin Justinien

« Les Romains semblent avoir négligé Galabalha, Chubana^ Tbillada, liirrbada, Basilia, Semiramidis fossa, stations parthiqnes citées par Isidore de Gbarax. Je rapporlerai cependant ici l^indication suivante de mon journal : Après 5 heures de marcbe au départ de Rakka, je suis arrivé au village de Fatsa (simple groupement de tentes). « Exactement au sud, sur la rive opposée (la rive droite), j'aperçois des ruines peu étendues, délimitées par deux grandes tours, dominant l'Euphrate du haut de la falaise. Le tout, me dit-on, est en briques et en pierres. Vues à la lorgnette, ces ruines semblent antérieures à l'époque arabe. »

« Procop., B. P., I, 17, 34 sq.

« MaiaL, XVIII, p. 461 Bonn.

^ De aed.f H, 8, p. 234. Justinien y employa deux architectes alors en grand renom, Isidore de Milet et Jean de Byzance.

L OCCUPATION TERRITORIALE

reconstruisit Zénobie de fond en comble, y appela des coloiis, y mit un corps de troupes régulières. Des rochers élevés entourant la ville, Tennemi eût pu lancer des flèches ou des pierres contre les défenseurs en contre-bas. L'empereur, pour y parer, dans l'intervalle minimum entre les remparts et ces bastions extérieurs, éleva sur le sommet des murs un parapet — sans doute crénelé —, abritant ceux qui y étaient postés.

L'Euphrate coulait au pied du rempart de l'est, entre des berges étroites, abruptes^ et aux grosses eaux il affouiUait les murs, sapant les soubassements, éclaboussant jusqu'au faîte; les murs désagrégés menaçaient ruine ; on construisit en fortes pierres meulières une formidable digue couvrant tout le front, et contre laquelle la vague restait înofTensive. La partie nord

faUise d'el^Hilou

Fig. 9. — Zénobie.

du grand mur, délabrée par les ans, fut démolie, ainsi que le petit avant-mur, et rebâtie d'autre sorte : on en reporta les fondations au-delà du fossé qui entourait Penceinte. Une des collines domidantes, la plus voisine, à Touest, fut englobée, et sa crête surmontée d'une muraille. Bien au-delà seulement, le plateau se redresse à nouveau, face à l'Orient.

Cette description précise fait reconnaître Zénobie dans le champ de ruines de Balebiyé, où les vestiges des murs et tours montrent une forteresse triangulaire; le plus petit côté est parallèle au fleuve, la grande extension de la ville s'élant produite à l'ouest, vers la colline tardivement annexée ; le tout paraît avoir été bâti en gros blocs de gypse.

Auprès d'Halebiyé^le plateau A'eUBilou s'avance en coin vers

' J'emprunte à Sacbau (p. 258) le plan de Zénobie et ses alentours (Ay. 9).

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