‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à conquête arabeChapitre 59 sur 83 · DU TIGRE A L'EUPHRATE ROUTES ET FORTERESSES DE MËSOPOTAMIE · texte numérisé non relu

DU TIGRE A L'EUPHRATE ROUTES ET FORTERESSES DE MËSOPOTAMIE

Notre ignorance est à peu près absolue touchant les ouvrages défensifs qui peut-être offraient leur protection aux rives de l'Aborras. Peine inutile, jugerait-on, si déserte était toute la contrée *. Sur cette rivière pourtant, Oppenheim *a constaté à Saouar ', à environ 40 kilomètres de Circesium, des ruines qui couvrent un espace rectangulaire nord-sud, large de 150 pas, long de 150 à 200, avec une dépression longitudinale au milieu. On soupçonne un camp ; les restes visibles paraissent appartenir à Tâge arabe, mais peut-être y a-t-il du byzantin au-dessous *. On est encore tenté de situer à Arban^ — sur la même rivière, plus en amont — , où gisent quelques décombres, l'Arab ana d'où dérivent les Equités sagittarii indigenae Arabanenses de la Notitia ^ et que rappellerait Y 'Axpa6a de Ptolémée».

^ Il est vrai, d'aatre part, que les tremblements^de terre y oat causé de grands ravages; une chronique du viii^ siècle en mentionne un qui, à lui seul, anéantit trois cités sur le Khabour (Assémani, BibL or., II, p. 31i) ; il faul entendre sans doute son cours supérieur ou ses affluents.

* Vom Mittelmeer..,, II, p. 10-11.

^ D'autres écri?ent Feden.

* L'explorateur identifie ingénieusemeut ces vestiges avec 'Air<pa8àva (Ptolem., Y, 47, 7). Fischer (ibid.)y conteste, sans raison valable, la confusion établie par Seeck avec Âpatna (Not. Or., XXXV, 25) où devait se trouver la leg, IH Parlhica ; cf. supra^ p. 78, note 2, et Streck (Pauly- W., SuppL, I, 112).

^ XXXVI, 25; cf. Streck, Pauly-W., s. u. Les autres rapprochements de Seeck ne s'imposent pas.

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11 faut suivre au moins cent milles pour retrouver une série de grandes places antiques dans la direction de Test et du nordest, et ce sont surtout des villes perses. Une des plus méridionales est cette cité d'Hatra, contre laquelle s'épuisa reffort de Septime Sévère,dans le siège si curieusement conté par Hérodien*. Les ruines, visitées autrefois par Ross et Ainsworth', ont été plus récemment décrites ', avec assez de précision pour qu'on remarque — une fois encore — la grande analogie de construction qu'elles présentent avec les plus fortes places byzantines. Je renvoie simplement le lecteur à cette étude, car Hatra n'échappa que pour très peu de temps à la domination iranienne.

Une autre dté occupait une position isolée, qui appartint près de deux siècles aux Romains, mais dont la conservation était fatalement pour eux fort difficile : Singara *. Située sur le versant méridional d'une longue chaîne montagneuse, dans le prolongement du cours inférieur de TAborras, elle était en dehors du périmètre de protection de l'empire, auquel elle tournait le dos en quelque sorte. Déclarée colonie par Maro- Aurèle % il semble qu'elle ait été largement pourvue de troupes ; quand Sapor en fit le siège sous Constance, deux légions la défendaient, la / Flauia et la 1 Parthica •, avec un grand nombre d'indigènes et de cavaliers auxiliaires ; mais les légions du iv* siècle n'avaient plus qu'un effectif réduit, et la garnison ne suffit pas à préserver la ville qui tomba définitivement aux mains des Perses. La plus grande partie de l'armée romaine campait à une trop grande distance, à Nisibis ; les défenseurs succombèrent, vaincus par le nombre et parle manque d'eau : Singara fut rasée '.

On a pu en retrouver les traces dans la ville actuelle, moins étendue, de Sindjar ou Béled : l'ancien mur, assez générale-

« III, 9. — Cf. Ritter, Erdk,, XI, p. 466-492 ; Et. de Byz., 'AxpaC ; Dio GasB., 'ATp7}vo{.

« TraveU, II, p. 166-174.

* Ch. Jacquerel, Le$ ruines de Hatra (Rev. archéolog., 1897, II, p. 343- 352). [Le nom véritable, estropié dans la Rev, arch,^ est Jacqaerez]*

^ Plin., H. N., V, 86 ; Dio Casa., LXVIII, 22 ; El. de Byz. : xà Z^yY^P**

^Eckhel, D.N. F., III, 519.

^ Amm. Marc, XX, 6. La ville aurait été prise parce qa'aDelour, tout récemment construite, et dont le mortier était encore frais, s'écroQla et ouvrit une brèche aux assiégeants.

' Exciso oppido (Id., XX, 7, 1).

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ment entouré d'un fossé, était formé, sur le parement extérieur,de blocs taillés à angles droits, le reste composé de pierres quelconques et de terre ; il paraît avoir uni une grande solidité à une notable élévation. Le plan de la ville était un quadrilatère, comme d'habitude quand la topographie n'entraînait pas une forme plus capricieuse.

Lorsque les Romains eurent annexé rOsrhoëne et la partie nord de la Mésopotamie, cette dernière devint tout naturellement le théâtre principal de leurs luttes contre la Perse. Les Sassanides ne pouvaient se résigner à leur en laisser la tranquille possession, et sous chaque règne, ou peu s'en faut, la lutte recommençait. Cette longue et large bande de terre entre l'Euphrate et le Tigre était coupée par deux grandes voies peu divergentes^ toutes deux partant de la région de Ninive (Mossoul) et aboutissant à Zeugma. L'une suivait le cours supérieur de l'Aborras et, comme nous le montre la Table de Peutinger, passait à Resaina, Carrhae * et Batnae ; l'autre avait pour principaux relais Nisibis, Dara, Conslantia et Ëdesse.

La première était plus courte, mais plus désertique et plus brûlée ^. Après Mossoul, elle longeait les pentes du Djebel- 5in6(/ar, passait à Singara, puis sur l'emplacement du village actuel de Skéniyé ^, et franchissait, entre deux stations de la Table de Peutinger : Fons Scabore et Lactis Beberaci, le pont qu'a retrouvé Oppenheim* à Es'Soufayé,îeié sur le Diagdiag, tout près de son confluent avec le Khabour ^ ; ensuite elle sui-

* Un peu avant d'arriver à Carrhae, au départ d'Édesse, Sachau a retrouvé quelques traces d'une voie antique qui lui a paru dirigée vers Biredjik ou Europos (op. laud.y p. 217). C'est probablement la voie dont nous parlons.

* L^Osrhoène, comme je l'ai vu moi-même, est le pays des contrastes : Iv TO'jx((> TCf» EÔvei TtaXXat filv :t(5Xâtç jASYaXat xa: iToXuàv6po)itot, X^P* ^^ icafXir^XXij jxev oîxoujiévT), iiajx7r<5XXr| ôè àofxTjxiç te xai epTjfJio; (Théodoret, helig, hist,^ II, p. 1305, Migne). Des oasis populeuses s'éparpillent sur rétendue inculte. D'une façon générale, le nord vaut infiniment mieux que le and.

3 Sacbau, p. 324 sq. C'est là que Muller met le Til^i^i, de Ptoiémée (V, 17, 7; tiizinus^ Peutinger; Sichinus, Géogr. de Rav., 80, 9), assimilé au Thitlazamana ou Tbillazamara de la Notitia (XXXY, 9 et 21), en Osrhoène. Mais Skéniyé devait être plutôt dans la préfecture de Mésopotamie.

^Zeitschr. fur Erdk., XXXVI, p. 92; Byzantin. ZeiUchr., XIV, p. 11.

" Au confluent même, sur le Tell-Héséké, des ruines informes parmi

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vaît ce dernier cours d'eau dans la direction de Ras-el-AIn. Mes observations personnelles, celles d'Oppenheim ne laissent aucun espoir d'atteindre jamais à une connaissance un peu précise de Tancienne Resaiua (ou Rhesaena '). Colonie* romaine depuis Seplime Sévère S elle obtint les faveurs de Théodose I", comme le montre la qualification nouvelle qu'elle reçut alors : Théodosiopolis ^ L'identité des deux villes est garantie par la Notitia dignitatiim qui, de peu postérieure, donne encore les deux formes : Resainae siue Theodosiopoli^. Le rôle de Resaina n'était d'ailleurs que secondaire; elle aurait eu à

SiaxwXusiv Ta; -^z xaià MÊffOTioxajxiav Osp^ûv ètrSoXx^ ^, au Cas peu probable où le roi de Perse, arrivant de l'Euphrate ou d'Hatra, au lieu de suivre les rives du Tigre, aurait voulu forcer l'entrée de l'Osrhoène entre Carrhae et Dara. La garnison de Théodosiopolis, au commencement du v"" siècle,n'était formée que des Equités promoti llb/riciani •. La ville était en effet baignée par l'Aborras supérieur ^ sur un chemin de traverse ; mais derrière elle se trouvait Constanlia ^ place plus considérable et pourvue d'une plus forte garnison. Justinien tira Théodosiopolis de

lesquelles des digues détruites. Selon Oppenheim (Vont MiUelmeer...j II, p. 23 8q.)> ce serait remplacement de Thannuris ou Thannourios (?).

* Je n'ai découvert qu*un champ de décombres ; impossible de reconnaître seulement Tenceinte ; mais la cité couvrait une superficie fort vaste. De ci de là quelques fragments de basalte, surtout des linteaux de portes. Plus rien des colonnes de marbre signalées par Ritter {Erdk,^ XI, p. 379) d'après des ouï-dire.

* Eckhel, D. N. F., 111,515; Mionnet, V, 630.— Aucune mention avant Ptolémée.

3 eeoooaiouTioXK (Hiéroclès, 714; Georg. Cypr., 895). 11 ne s'agit pas d'une construciion proprement dite, en dépit de la Chronique d'Édesse (Hallier, p. 102, c» 35, année 380/1 ; Malal., p. 345 Bonn, dit 383).

* NoL Or., XXXVI, 20 ; cf. 4; Assémani, BibL or., I, p. 339. ^ Procop., Aed.y II, 5, p. 225.

' Les troupes en question étant sub dispositione ducis Mesopoiamiae, il paraît difficile d'identiQer avec Resainala ville de Rasin, où étaient stationnés des Equités [sagitlarii] primi Osrhoeni {Nût., XXXV, 22; cf. il), sub dispositione ducis Osrhoenae, Cette opinion a été cependant soutenue (V. Boecking, Adnot. ad NoL Or., p. 400, 17).

' Et. de Byz., 'Pé^iva 1:6X1; r.ipl xov "Aôopav ; sf. Procop., B. P., Il, 19,

' Cependant il faut bien remarquer que dans ce secteur l'unité de commandement n'avait pas paru très nécessaire. Laissant Resaina en Mésopotamie, la démarcation entre cette province etrOsrboène passait tout près de cette ville, et plusieurs de ces forts de couverture se troovaienl au contraire sous les ordres du duc d'Orshoône.

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rabandon où elle se consumait deyéstuté;ilrelil la plus grande partie de Tenceinte qui menaçait ruine.

Comme d'ailleurs elle devait commander un assez large district, on lui avait donné un certain nombre de satellites que Procope appelle brièvement : les forteresses autour de Théo-

siopolis (ta opoupia, 5ïa 8'rj à[io\ tcoXiv OeooojioutcoXiv xeTxai) *.II nOmme

Magdalathon^ lequel avait deux annexes, puis Bismideon, Themeres, Bidamas,Dausaron',Thiolla, Philas,Zamarthas.les deux Thannourios,le grandetlepetit^. De tousces noms,le dernier* seul se retrouve dans le Notitia dignitatum, comme séjour d'Equités sagittarii indigenae % et il ne désigne qu'une seule localité au lieu de deux. 11 y a donc lieu de penser que l'un des Thannourîos est une création du v* siècle, ou qu'au moins il n'existaitpasauparavantcomme poste militaire. Procope ajoute que près du grand Thannourios était un point que les Saracènes ol iroXéjxioi — c'est-à-dire les vassaux des Perses — pouvaient aisément occuper, l'Aborras une fois franchi ', et d'où il leur serait facile, se dispersant à travers les bois épais qui couvrent la montagne (le Tektek Dagh), de harceler sans cesse les Romains des alentours. Justinien fit édifier en cet endroit une tour imposante et y plaça un corps de troupes. Néanmoins, en 578, « les Perses s'emparèrent du fort deeauwapioç — l'identité ne fait pas de doute — où il n'y avait pas de garnison » '. Toutes ces stations entourant Théodosiopolis étaient dépourvues de murailles ou n'avaient qu'une simple clôture, aussi méprisable qu'une haie — al|xa7iôc; xp6r.o^. Justinien les rendit redoutables

»Dôa«d., II, 6, p. 225.

* Dausar chez les géographes arabes, ce qui permet de le situer sur la route de Nîcephorium (dernière station depuis cette ville). Praenkel, Pauly-W., s. o.

' Les ruiaesqu'a observées Oppenheioi (ByzanL Zeilschr., XIV (1905), p. 9) à Kasr-el-Banatj Chou-eb-Châr, Kasr-eL-Moucherin, Serdyéchan^ Tell- Koumar^ ne sont certainement pas sans relations a?ec ce groupe ; mais même la toponymie est ici sans application.

'* Pourtant de Zamarthas Seeck rapproche : Cohors l Eufratensûi Maratha (Pfotit., XXXV, 33), en Osrhoène. —Pure hypothèse.

^ XXXVI (Mésopotamie), 28 ; cf. 17. Notons que Vala prima noua Diocletiana, inter Thannurin et Horobam (Oroba 8, Oraba 20), était déjà en Osrhoène (XXXV, 31).

* D'où rtdentiûcation risquée par Oppenheim ; v. ci-dessus, p. 297, note 5.

"^ Menand., 26, ap. de Boor, Excerpl. de légat, gent,, p. 469 (= Migne, P.G.L, GXIII, p. 836 D) ; Zacharias Rhetor, IX, 2, p. 169-170.

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et fortifia, outre celles que Procope éuumère, jcat xi Xotirà wç

etiretv airavxa *.

Le nom de Resaina s*est conservé, par un jeu de mots, dans celui de Ras-el-Aîn; il nous est dit que cette ville fut saccagée par Tamerlan à la fin du xiv<^ siècle ^ ; nous ne savons pas qu'elle ait eu à souffrir de la guerre antérieurement.

Les anciens itinéraires ne n^entionnent pas de route entre Resaina et Constantia ; il était cependant naturel d'en construire une, et je l'ai relevée sur une notable partie de sa longueur '.

Si Ton poursuit vers l'ouest la route de Singara à Zeugma, oq passe ài?a7Ta72,rancienneGarrhae.Sonimportance militaire dans Tantiquité est évidente *, toute la région ayant servi plusieurs fois de champ de bataille, notamment lors de la campagne où

^ Du nombre oat pu ôtre les trois localités mentionnées par le seal Georges de Chypre (900-902) : MoviOfXXa, eT)pi[x2Xu)v, MoviauYa. Gfcorg] IlfoiTmann] suggère que peut-ètre'OTjpifAaxcuvest à corriger en ^j{kK^ipm et à rapprocher de Tell-Mahré (cf. Péd. Gelzer, p. 154-5).

« D' Herbelot, BihL orient., IIl, p. 112.

' Extr. de mon carnet de voyage : « Nous partons dans la direction du N. 0. N.; au boul d*un quart d'beure^ j'aperçois un pan de muraille en pierres bien équarries ; puis nous nous retroufons assez vite sur uoe voie romaine, facile à reconnaître à une ligne de pierres ininterrompa6(il n'y en a pas dans les campagnes environnantes) ; ce sont des cailloux de grosseur moyenne ayant servi au pavement. Les ruines se pressent sur les borde, à intervalles irrégnliers : à 1 heure de Ras^el-Aln, le tell assez élevé d*Bl'Kbeça (non communiqué, comme les suivants, parmoQ guide bédouin), couvert d'un assemblage de pierres, dont la limite inférieur épouse le contour du sommet du coteau. Au bout de 3 heures 1/2, sur la gauche, KharabeUKaher^ ruines informes auxquelles d'antres correspondent, dix minutes plus loin, sur la droite, accompagnées de profondes citernes. Après 4 heures 3/4, Gahr, groupe plus considérable, que les bergers ont peu à peu démoli, pour établir leurs parcs à mootons; néanmoins on remarque à un angle le soubassement d'une tour carrée^ et tout autour une douzaine au moins de cilernes très spacieuses. Le guide ajoute qu'à 2 heures de la route, à main droite, se trouve un château bien conservé, qu'il appelle Kasr'el-Bordj ; impossible d'y aller [la région n'était pas sûre]. Au bout de 8 heures au total, nouveau champ de ruines, dénommé Serk ; maie la nuit est si noire qu'on ne distingue presque rien. 1 heure plus loin, nouvelle accumulation de pierres avec Tell-Hanné. 20 minutes enGn avant Ouerancher, une dernière petite surélévation avec des pierres éparses, sans doute les ruines d'un avant-posle près de la ville. »

^ Aussi les Macédoniens l'avaienl-ils de bonne heure colonisée (DIo Cass., XXXVII, 5).

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Crassus périt dans une embuscade ^ Au vi* siècle. Justinien en restaura les murs et avant-murs ■. Chosroès, passant par la ville, refusa l'argent que les habitants lui offraient, en récompense de ce que la plupart n'avaient pas embrassé la religion chrétienne '. Et c'est tout ce que nous savons de cette cité. Sachau l'a visitée * et n'y a plus trouvé de restes antiques ; la forteresse, construite en briques rouges, et les murs de Tenceinte lui ont paru dater du moyen âge arabe. A noter seulement Facropole du sud-ouest, une éminence de 80 à 100 pieds, qui sans doute existait déjà à l'époque qui nous occupe, et d'où l'on a vue sur toute la plaine uniforme.

Enfin la route passait à Batnae ^, qui n'est pas désignée comme une place proprement militaire, mais que ses foires annuelles rendaient digne d'une protection rigoureuse. Elle possédait une citadelle* dont on avait à tort négligé l'entretien, jusqu'à ce que Justinien lui donnât sa forte ceinture de remparts. Les voyageurs qui, à différentes époques, ont parcouru cette contrée, ne s'accordent pas sur l'emplacement de l'ancienne Batnae ' ; mais les sources arabes ont permis à Regling de ridentiûer d'une façon indubitable avec {Eski) Seroiidj ', point central d'une oasis réputée, vaste grenier à blé ; l'An-

* Id., XL, 27-28; Plin., H. iV., V, 86 : Carrhas clade Crassi nobiles; Amm. Maro., XXIII, 3, 1 : Carrhas Crassorum et Romani exercitus aeruni' nU insigne.

« Procop., Aed., II, 7, p. 230.

' Id., B. P., II, 13, 7.

• Op, laud., p. 218 ; cf. le plan p. 223.

5 Cf. les lextes réunis par Regling (p. 450) ; BdcTvat (Dio Gass., LXVIIl, 23; El. de Byz.; Procop., Aed.; Zoaira., III, 12, 2); Batnae (Peulinger ; Geogr. Rav., 79, 18; Amm. Marc, XXIII. 2, 7 ; Hierool., 714, 5) ; Bathnae (Itin. Anton., 192, 2 et 5) ; BàxvTj (Procop., B. P., II, 12, 31) ; Batna (Amm., XIV, 3, 3). Isid. de Charax nomme une provioce de BaxàvT). — Add. Rîtter, XI, p. 279 sq.

6 4»poupiov Iv BaTvai^ i^v (Procop., Aed„ II, 7, p. 230). C'est en ce sens peut-être qu'on devrait interpréter Pline (H, iV., VI, 30), parlant, d'une cité à l'est de Zeugma, dont il ne donne pas le nom^ jadis grande ville fortifiée et réduite de son temps à un simple castellum,

"^ Elle fut en effet détruite par un tremblement de terre en 990 (Michel le Syrien, Chroniq., trad. Chabot, II, p. 457).

• • Josùé le Stylite, Chroniq,, 90 : « Les murailles de Batnon (sic), château fort des environs de Saroug (sic), qui étaient abattues et percées, furent rebâties et renouvelées par Euloge » (préfet d'Ëdesse). — A Batnae aussi pTassait la route, moins fréquentée, d'Hiérapolis à Édesse. Batnae serait, selon Fischer, le BtOtà; de Ptoléraée (V, 17, 7).

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Ihemusias ou Anlhemusia de quelques autres auteurs ^ esleacore la même ville % sous sou nom de colonie macédonienne.

Les indications de distances des itinéraires ne sont qu'approximatives et on chercherait inutilement à les concilier. La station parthique de Koraia serait à placer entre les villages modernes de De7uz et Ktduyuk*.

Batnae était, avec sa banlieue, emfermée dans un colossal quadrilatère — le Parallelogramm de Regling, — dont l'Euphrate formait deux côtés, la route d'Ëdesse à Zeugma un autre, le quatrième étant représenté par le Belias, affluent de TEuphrate, dont les Parthes avaient jalonné le cours d'une série de stations.

Les Romains les imitèrent: c'est cette vallée que suivait une route importante \ commençant à Ëdesse et dont Sachau a aperçu plus d'une fois^ entre cette ville et Garrhae ', le pavement fait de gros blocs taillés ^ Nous apprenons de Zosime que Julien, préparant sa campagne de Perse et parti de Garrhae. passa par tous les postes établis depuis là jusqu'à Callinicum ^. Ammien ne cite 'qu'un seuldecesca5^rapr(ze5/rfiaria,Dauana',

» Isidor., I, 245 ; Plin., H. .Y., V. 86; VI, H8 (Anthemus ; $ie Et. de Byz., 'AvOejAoijc) ; Tac, Ann.^ VI, 41 (cités par Regling, p. 453). — Add. les monnaieade Garacalla (Ëckhel, D. N, F., III, 506 ;MioQnet, V,p.592; SuppL, VIII, p. 389-390).

^ Regling, p. 454 sq.

^ Ibid.^ p. 456. — Quant à la station de Daiara (Isid.; Peulioger) oa Thiar (Geogr. Rav.), dont Templaceoient, à Touest da Batnae, est incertain, elle ne semble avoir eu aucune iniportance militaire (cf. Regling, p. 449).

^ Amm. Marc, XXIII, 3, 1 : unie (a Carrhii) duae ducenles Penidem uiae regiae distinguant ur, Laeua per Adiabenam et Tigridentydextraper Assifrios et Euphratem; Zosina., III, 12, 3 : SuoTv toivuv èvTsùésv 6SoIv irpoxsifiévatv TYJç jjtèv 8ià tou TroxajxoO TtypiiTo; xal it^Xeco; Nij(6ioç Taïc 'A8i«- Sirjvfi; aatoaTîtlaïc èx6aXXoujï)ç, t^ç 81 8ià xoû Eiçpà'côu xal xou Ktpxiî-

fftOO.

^ Ce tronçon a élé parcouru par Garacalla (utt., 6; Herodiaa.,IV, 3; Dio Cass., LXXVHI, 5; Zonar., Xll, 12, p. 113 Bonn) et Chosroès.

• Op, laud,y p. 217. — Je voulais moi-môme prendre cette route en 1901, au départ de Rakka ; mais je dus y renoncer; les rares citernes, sur tout le trajet, étaient bondées de sauterelles crevées.

'^ Zosim., III, 13, 1 : è^op^ijffac S*£x Kappûtv xa^ ta èv ^dit^ $ia$pa(AÙv çpotSpia \iixp^ KaXXtvixou.

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