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LES FORTERESSES ROMAIRES DE GRANDE-ARMÉNIE

Dans la Grande-Arménie, l'œuvre des Romains a un caractère d'improvisation ; ils n'y procédèrent pas suivant un plan arrêté. Nous voudrions surtout indiquer ici, parmi les très nombreuses cités arméniennes que nos sources nous font connaître, celles dont les Romains ont tiré eux-mêmes un parti stratégique. Mais rien n'est plus difficile; on a même la plus grande peine à porter sur une carte la frontière approximative que détermina chaque traité de paix. Les cinq provinces « transti-. gritaines » restent dans le vague ; la part réservée en Arménie à Tbéodose, lors du partage du pays, fut plus de quatre fois moindre que celle du roi de Perse,parcequ'Arsace avait moins reçu que Tigrane *, mais cela ne précise la délimitation ; d'une façon générale, il semble seulement qu'elle courait entre Amida xaî XV esoSojtouiroXtv xr^v èxépav, soit entre Diarbékir et Erzeroum. Quant à la frontière fixée par la paix de 591 entre Maurice et Chosroèsll, elle n'est pas non plus rigoureusement connue *.

Les premières campagnes des Romains entraînèrent fréquemment des destructions complètes de cités: Lucullus ré-

* Prooop., Aed., III, i, p. 245-6, qui énonce des erreurs. ' V. supra, p. 10.

338 l'occupation territoriale

duit à néant Tigranocerte à moitié achevée * ; les légats de César rasent les murs d*Arlagira ^, qui avait voulu se soustraire à Tautorité romaine ' ; enfin Corbulon livra aux flammes la capitale Artaxata *, parce qu'il y aurait fallu une trop forte garnison. Ainsi, durant ces premiers temps, la pensée n'apparaît pas nettement d'un établissement définitif, puisqu'on ne ménage pas les ressources de la contrée ; du moins ne veut-ou pas d'une occupation trop dispendieuse *. 11 est naturel, au cours de la guerre sous Néron, de trouver des Romains dans un fort à Ziata,près deKharpout «.c'est-à-dire dans le voisinage d*Arsamosate, autre métropole arménienne ^ et une garnison romaine campée à Gorneae, près d'Artaxata *. On s'étonnera davantage de découvrir une uexillatio de la leg^ XV Âpollinaris, en 185, à Caenopolis ( Valarschaput), près d'Etschmîadzin«.

Parmi les villes alors démolies, Artagira ne reparaît plus dans rhistoîre ; Artaxata fut rebâtie parTiridate ; Tigranocerte soulève une plus grosse question, souvent débattue : où était cette célèbre cité? Bien qu'elle s'évanouisse de bonne heure, il y aurait intérêt à la situer : plusieurs localités pourraient être ainsi identiflées, car les auteurs en marquent remplacement d'après Téloignement de Tigranocerte.

Sachau *® proposait Tell-Ermen, au sud-ouest de Mar-

» Strab., XI, !4, 15, p. 532 C.

' Dont ia poâitioQ n'est poiat certaine ; cf. Baumgarlacr, s. u. (Pau)y- W.).

«Strab., XI; 14,6. p. 528 C.

♦Tac, ^/i«., XIII. 41 ; add. Strab., ibid.; cf. Baumgartner, s. u. (Pauly-W.) ; Dubois de Montpéreux, Voyageant, du Caucase^ III, p. 404 sq. ; atlas J, pi. XIX, 3.

' Dès le début de sa campagne, Corbulon avait élevé des fortifications en Arménie; il dut les supprimer, sur la sommation impérieuse de Vologèse (Tac, A«n., XV, 17).

' Cf. B. W. Ilenderson, Rhandeiaand the river Arsanias {hum, of. P/iilotogy, XXVI II (1901). p. 271).

» Tac, Ann., XII, 45, 3. Millier (op. cit., p. 943) croit retrouver ce nom, Gorneae (= G&rneae), dans le Garni-tchai, petit cours d'eau tout voisin de Douin, le Aouêio; des Byzantins, au nord-est d*Arlazata, à 8. jours de Théodosiopolis (Procop., B. P., 11,25,1 sq. ; add. II, %» 33) ; cf. Baumgartner, Dubios (Paulj-W.).

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