‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 29 sur 93 · DISGIPLINB DES TROUPES. RAPPORTS AVEC LA POPULATION · texte numérisé non relu

DISGIPLINB DES TROUPES. RAPPORTS AVEC LA POPULATION

et endormis *. Julien n'était pas sans méfiance à l'égard de ses troupes * : arrivé à la frontière, il fait rompre un pont derrière luijpour ôter à quiconque la pensée d'une débandade et d'une retraite ', puis il tient un discours pour interdire le pillage : « Marchez toujours en ordre ; dans le combat, ne quittez jamais vos enseignes ; le premier qui s'en écartera, je l'abandonnerai, après lui avoir fait couper les jarrets * ».

Ammien rappelle un grand nombre de châtiments infligés dans cette campagne : le Suréna ayant surpris trois escadrons, enlevé un étendard et tué un tribun, les deux autres sont dégradés comme lâches, avec dix soldats qui avaient fui, et mis à mort '^. Une autre fois, indigné contre les gens d'une cohorte qui avaient lâchement soutenu le premier effort de l'ennemi, l'empereur les transfère dans un autre corps moins honorifique et moins avantagé •. Des légions accusant un corps de cavalerie de s'être insensiblement retiré pendant l'attaque, au grand péril du reste de l'armée, il lui enlève ses étendards, brise ses lances, fait marcher ses pelotons avec le train et les prisonniers ; les officiers, plus vaillants, furent préposés à d'autres corps, dont les tribuns avaient également fui. a Julien, dit Ammien, vu les difficultés qui Tattendaient, se contenta de ce léger châtiment "^ >.

Avec le temps les mauvaises habitudes ne font que se développer. Un contemporain d'Anastase nous en rapporte ce

* Amm. Marc, XVill, 8, 3.

' Il 86 trama sous son règne des conjurations militaires importantes, dues sans doute en grande partie à sa politique religieuse et à son ardeur à faire des prosélytes. Il put aussi y avoir des froissements entre les soldais de Constance, f^énéralemenl chrétiens, et ceux que Julien avait amenés d'Europe, ceux-là païens convaincus. Les textes sont étudiés et cités par G. R. Sievers, Das Leben von Libanios, Berlin, 18G8, p. 97 et 108.

3 Amm. Marc, XXIII, 5, 4; Théodoret, H, eccL, Ilf, 20, p. 1118, Migne. — Et il place au milieu, entre les deux lignes, des bataillons d'infanterie suspects, qui pourraient tourner le dos et donner le mauvais exemple (Amm., XXIV, 6, 9).

* Amm., XXIIl, 5,21.

^ Secutus ueteres leges (XXIV, 3, i-2). Après la prise de Pirisabora, Julien promet à chaque homme cent deniers d'argent ; ils murmuraient sur la modicité de la somme, mais ses vives remontrances les apaisèrent {ibid., 3, 3-7).

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