‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 30 sur 93 · XXIV · texte numérisé non relu

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1 60 l'armée

témoignage oculaire : après une bataille, les troupes byzantines se dispersent pour dépouiller les morts * ; à la tombée de la nuit, il faut que le commandant en cbef fasse allumer du feu au sommet d'une colline et sonner des trompettes pour rassembler ses hommes ^ Venus en libérateurs dans une cité, les soldats s'y font entretenir, logent même chez les prêtres et les diacres, malgré Tédit impérial qui l'interdisait '.

S'étonnera-t-on des désertions d'alliés ou de fédérés?

Les Romains connurent plus d'une fois cette disgrâce * et souvent aussi la révolte individuelle. A Dara un soldat, Jean, conspira avec quelques camarades et s'empara de la ville, se fortifia dans le palais ainsi que dans une citadelle et s'y défendit quatre jours; au bout de cet effort il fut tué ^ Dans les derniers temps, la victoire, du côté de Byzance, fut maintes fois compromise ou empêchée par la pleutrerie de certains chefs : Théodoric, qui commandait les Scythes, prend la fuite sans soutenir le premier choc des ennemis ^ ; la terreur panique du chef, dans une autre rencontre, causa la déroute de Tarmée romaine \

Dans les armées perses, le général était très maître de ses hommes, et les secrets du commandement y demeuraient bien gardés ^ Au contraire, chez les Byzantins sévissait un étatmajor tumultueux et discordant. Parti de Dara, Bélisaire s'arrêta à 41 stades de Nisibis ; plusieurs voulaient aller de l'avant ; il leur dit : « Je ne pourrais faire connaître mes vues — ils le demandaient I — ; une parole dite dans le camp ne demeure jamais secrète ; elle court jusqu'aux oreilles des

' II est bien curieux d'entendre ensuite le chef romain dire à ses hommes : « L'infanterie perse n'est qu'un ramas de paysans bons tout au plus à remuer la lerre et dépouiller les cadavres » (Procop., B. P., I, lA, 25). Ne pas dépouiller les ennemis tant que dure la bataille, recommande sévèrement Maurice (Strateg., VII, 15, p. 146).

2 Josué le Stylite, Chron.y 52.

3 Id., 87.

♦ « Les Lazes firent difficulté de se joindre aux Romains, dont ils redoutaient la froideur, parce que ceux-ci ne luttaient pas comme eux pour leurs foyers » (Procop., B. G., IV, 8, 3) ; au premier contact, la cavalerie laze prit la fuiie {ibid., 18 sq. ; cf. Theophan.,309).

« B. P., I, 26, 5 sq.

^ Euagr., V, 20 (sous Maurice).

"^ Theoph. Simoc, II, 9, 1 sq.

^ Amm., XXï, 13, 4 : apud Per.ms nemo consiliomm est conscius praeter optimales taciturnos et fidos, apud quos silentii qunque colilur nomen.

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