‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 3 sur 93 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

plicatîons d'ordre intérieur que Rome eut à résoudre ; la politique étrangère n'a rien à y voir.

Et d'ailleurs^ même en Arabie, les questions de frontières sont de bonne heure réglées; ou les précautions prises furent suffisantes, ou la nature des lieux écartait tout grave péril ; mais de sérieuses attaques ne se produisent pas au sud de la Cœlé-Syrie. Celle-ci même fut rarement menacée. Je me bornerai à cet égard à une seule remarque, qui me paraît avoir une haute portée : si Ton parcourt le De œdificiis de Procope, on se rend compte que la nécessité de mettre en état, restaurer ou multiplier les forteresses ne s'imposa à Justinien qu'au nord d'une ligne qui passe tout près d'Antioche et de Chalcis. Là, du moins, sa lâche fut énorme et méritoire : elle embrasse en somme tout le haut bassin de l'Euphrate, véritable entité géographique qui donne à notre sujet son unité. Circesium, cppoupiov e'dxaxov dcs Romains, marque le point précis du fleuve où notre étude doit s'arrêter.

Trois régions principales avoisinent cette grande artère, et chacune a fait naître des problèmes très difl'érents : L'Arménie, massif montagneux, presque entièrement situé au nord de l'Euphrate supérieur, abritait une race distincte, rebelle à toute fusion et concentrée, comme repliée sur elle-même. Bien des régimes pouvaient lui être réservés : intégrité territoriale, avec ou sans suzeraineté de l'un ou l'autre des deux grands empires limitrophes; annexion par l'un d'eux, ou partage entre Perses et Romains. La Mésopotamie, au contraire, enfermée dans la demi-boucle de l'Euphrate, n'était qu'une vaste plaine, où des peuples divers se coudoyaient, s'enchevêtraient; région de passage avant tout, sillonnée de voies de premier ordre, mais peu nombreuses. Rien ne la prédestinait à l'autonomie; il fallait qu'elle appartînt à l'un des deux empires, ou qu'ils s'entendissent pour se la partager. La Syrie enfin, en certaines parties assez analogue à la précédente par sa nature physique, tenait de sa situation une destinée tout autre: elle rentrait forcément dans l'orbite méditerranéen : aucune division n'y était concevable.

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