‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 42 sur 93 · XXIII · texte numérisé non relu

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« EpiL, IV, 13 sq.

' B. G., I, 21, 3 sq. ; ses contemporains, Agathias, Simocatta, fournissent aussi quelques données.

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les gens de sa race en avaient appris le maniement du jour où ils avaient commencé à peupler les armées romaines. Je ne songe pas à étudier ces textes en détail ; une telle analyse, avec essais de restitutions, a été faite depuis longtemps et bien des fois K Je rappelle seulement en quelques mots les principaux types et leur emploi.

On pouvait se servir en rase campagne, ou, dans les sièges, à la fois pour l'attaque et la défense, de la baliste et de Tonagre (ou scorpion). Procope les caractérise mieux que personne : la première est « comme un arc » qui lance une flèche gigantesque, poussée par la détente avec une telle rapidité que, dit Ammien, il en sort parfois des étincelles; Tonagre est « semblable à une fronde » énorme, projetant, à ressort lâché, une masse de pierres qu'un homme ne pourrait agiter et ébranlant le sol sous la violence de la secousse ^ Les scorpions de la X" légion, au siège de Jérusalem, lançaient des pierres pesant au moins un talent, et dont la portée dépassait deux stades ; elles renversaient plusieurs rangs de soldats '. Devant lotapat, Vespasien avait disposé cent soixante machines ^ : dans le nombre, il y avait aussi des béliers, longues poutres à têtes de fer, balancées sur des cordes de suspension et qu'on faisait porter, après le maximum de recul qui leur fournissait de Télan, sur le mur à renverser ^. A Tun d'eux, pour ses exploits, les Juifs avaient donné le surnom de Nicon (le vainqueur) ^

* V. le résumé de ces travaux dans Marquardt, op. ciL, p. 249 sq. — Désireux de ne pas déborder mon cadre géographique, je n*ai pas eu à tenir compte de l'article de Rudolf Schneider, Geschùtze auf anliken Hélie/s (Hutn. Milth., XX (1905), p. 166-184), consacré à un bas-relief de Pergame el à une stèle d'Italie du i®*" siècle.

- Pendant le siège de Maiozamalcha, dit Ammien (XXIV, 4,28), « un de nos ingénieurs qui se tenait derrière un scorpion perdit la vie, ayant été atteint à la poitrine par une pierre que le servant de la pièce n'avait pas bien placée dans la fronde ; ses membres furent déchiquetés au point qu'on ne pouvait plus le reconnaître ». Au siège de lolapat, s'il en faut croire Josèphe {B. /., III, 245-6), « une des pierres lancées par les machines (romaines) emporta à trois stades la tête d'un assiégé; une autre, ayant traversé le corps d'une femme, envoya à un demi-stade l'enfant dont elle était grosse. »

3 los., B. J., V, 270.

^ Ihid., m, 166.

^ Ibid.y III, 213 sq.

« Ibid., V, 299.

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Ammîen déclare que de son temps le bélier était méprisé et remplacé par Thélépole (ou hélopole), du reste très anciennement connue. La seule différence entre eux est que la poutre, au lieu d'être simplement suspendue à une sorte de gibet, exposé à la vue et aux coups, fonctionnait, dans Thélépole, à Tabri sous une sorte de cabanon pourvu de roues et où les servants se plaçaient eux-mêmes à couvert. I/hélépole n'était ainsi qu'une combinaison du bélier et de la tortue, machine* d'osier en forme de toit, close de tous côtés, et sous laquelle les assiégeants entreprenaient les travaux de sape ou de mine ^ Ses roues la rendaient mobile ; aussi n'était-il point nécessaire de la démonter pour la transporter sur des chariots, et on évitait de la sorte un formidable embarras d'équipages ; enfin elle entrait plus vite en action et exposait beaucoup moins d'existences.

La plupart de ces engins représentaient un volume et un poids considérables ; des outils de moindre masse pouvaient suffire aux assiégés, dont l'affaire était de tuer plus que de démolir, ou qui ne visaient du moins que des constructions improvisées, moins stables que des maçonneries. Voilà comment les habitants d'Amida opposèrent aux travaux des Perses des balistae leuiores ^ qui suffirent à faire avorter un assaut.

Déjà, sous Vespasien, les Juifs firent montre d'une grande ingéniosité pour neutraliser ou atténuer l'effet des batteries romaines. Josèphe s'attribue à lui-même ^ l'idée, qui fut appliquée, de planter devant les murs de grosses poutres, où l'on attachait des peaux de bœufs nouvellement tués, encore humides et molles, contre lesquelles s'abattaient sourdement les flèches et les blocs *. Une autre fois, il fit remplir de paille quantité de sacs qu'on descendait avec des cordes et qui s'interposaient juste à l'endroit où le bélier allait frapper ^ Rivali-

* iWd., II, 537; Agatb., III, 3, 4 ; la tortue, suivant sa forme, peut ainsi se confondre avec ce que Végèce appelle des uineae ou des pluiei ; Ammien (XIX, 5, 1) parle aussi des plutea de branchages des Perses.

^ Amm. Marc, XIX, 5, 6.

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