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* Cf. Norman H. Baynes, The fxrsi campaign of Heracliut against Penia [Englisk kisioriccd heview, XIX (1904), p. 694-701). Tactique générale : pour repousser les Perses d'Asie Mineure, il résout de ne pas engajier la bataille avec eux, mais de passer sur leur flanc pour menacer leurs communicalions.
^ Aiirélien en avait usé ainsi sur les bords de TOronte : sa cavalerie légère (Dalmates et Maures) s'enfuil dès que se prononça roffeasive des lourds escadrons palmyréniens ; quand ceux-ci parurent épuisés par la chaleur et le poids de leurs armures, les Romains firent brusquement volte-face et repoussèrent en désordre la cavalerie ennemie (cf. Homo, L'Empereur Aurélien, p. 84 sq.)
• Je résume Pernice, op, laud.^ p. 117.
■^ Pernice, p. 119.
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entre deux adversaires, qui se faisaient des emprunts réciproques : Héraclios avait exercé ses troupes à pousser des cris et faire du vacarme dans le combat* ; peu après, les Arabes de Mançour, approchant du camp byzantin, se mettent à batlre du tambour, sonner de la Irompette. hurler de compagnie; les Romains se croient attaqués par une foule innombrable et, de frayeur, se précipitent dans la rivière à laquelle leur camp était d'autre part adossé '. Lorsque le roi Péroze guerroyait contre celui des Ephthalites, ce dernier ordonna de creuser un fossé large et profond, qui n'était interrompu au milieu que par un passage suffisant pour dix cavaliers de front, et qu'on recouvrit de roseaux et de terre. Quelques-uns, de loin, attirèrent les Perses, qui coururent à toutes brides et se précipitèrent dans le fossé, où la plupart trouvèrent la mort ^ Cette ruse des barbares eut dans tout TOrient un retentissement considérable; les Romains ne manquèrent pas de se l'approprier*, et un siècle plus tard Maurice le recommandait chaudement dans son Strategicon ».
Après de longs développements sur les sièges, je me suis encore attardé aux menus faits anecdotiques des guerres. En fallait-il faire abstraction et m'en tenir aux grandes lignes de l'organisation miUtaire, au détail topographique ? Je ne l'ai pas pensé; nous n'aurions par cette méthode qu'une idée incomplète et fausse de la t défense de l'Euphrate ». Celle-ci n'a pas été assurée pendant plusieurs siècles ■— malgré de fréquentes alertes — par la seule prévoyance qui plaçait sur le limts des forteresses et des garnisons. 11 ne s'agissait guère pour les Parthes — mieux encore, pour les Sassanides — et il ne suffisait pas, de forcer sur quelque point un cordon de défense théoriquement continu ; il y avait dans ces vastes contrées mitoyennes tant de centres d'achoppement, tant de pièges à loups, qu'aucun pas décisif n'était fait, même après de nombreuses rencontres. Cette force très réelle
* Cedren., I, p. 719.
^ Eutycb., AnnaL, II, 273 sq.
^ Procop., B. P., I, 4, 7 sq.
* Da moins je ne crois pas forcer par cette interprétation le passage de Procope (B. P., I, 13. 13) relatif au grand fossé que les Romains creusèrent à un jet de pierre de Dara et « où ils laissèrent par intervalles des entrées et des sorties. » Add. Zacharias Rhetor, IX, 2, p. 170.
5 IV, 3, p. 107 eq.
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et imposante de Tarmée perse s'usait en ces efforts multipliés, sans s'épuiser assurément, sans atteindre non plus dans sa vitalité le grand empire occidental, hormis des cas très rares et dont ce dernier parvint à se tirer. La protection de la frontière d'Orient se résume pour une bonne part dans cette série indé= finie d'escarmouches, de sièges — sans résultat ou réussissant trop tard, en fin de saison, — de pourparlers dilatoires, de perfidies *, de grandes et petites habiletés *. Tout ce fatras, pittoresque en somme si l'on y fait un choix, ne pouvait être ôté de mon sujet sans en altérer en quelque mesure la véritable physionomie '.
^ En voici une bien caractérisée : Tévêque de Sura représente à Gbosroès que la ville n'avait servi de rien aux Romains et ne lui rendrait pas plus de services. Il offrit une somme considérable pour la racheter du pillage. Le roi dissimule, fait escorter Tévêque par des ambassadeurs, qui ont ordre de jeter dans Tembrasure de la porte, pour empêcher qu'on ne la referme, une grosse pierre ou une poutre. C'est par ce moyen que les Perses entrèrent dans la ville, qu'ils ruinèrent de fond en comble (Procop., B. P., II, 5, 13-26). Cf. Macler, Sébëos, p. 9 : (Colon Mirhan) « vint en Arménie et s'empara d'Ankl au moyen d'un faux serment ».
* Notons la formule très claire de Maurice (Straleg.j VII, 1, p. 137) : Ki»vY)Y^t{j soixe xà iwv TroXejxCtuv.
' Il faut bien aussi, en revanche, indiquer en deux mots quelques faits qui soulignent les contrastes de celte histoire et y ajoutent un trait chevaleresque el héroïque. Les combats singuliers (prouocatoria pmelia) n'y sont pas rares, au moins sous le Bas-Empire; antérieurement, je ne connais que celui d'un Juif et d'un cavalier romain, qui succomba (los., IL J.. VII, 169-176). Ces sortes de tournois se rencontrent fréquemment dans les annales primitives de la région caucasique, qui nous font connaître plusieurs engagements individuels entre Géorgiens et Arméniens (cf. Brosset, Hist. de la Géorgie, Saint-Pétersbourg, I (1849), pp. 52, 67, etc.). II y en eut un au siège de Théodosiopolis, sous Théodose le Jeune* que Malalas nous a décrit (XIV, p. 364) ; Socrate y fait seulement allusion (VII, 18, m fine). Un autre est raconté par Procope (fî. P., I, 13, 29 sq.) : il eut lieu entre un ancien maître des athlètes de Constantinople, garçon de bain de Cutzès, et deux Perses qui l'avaient tour à tour provoqué ; ils furent également vaincus. Héraclios le « croisé » entra en lutte personnelle avec un chef perse (Nicephor. Patr., VI, 1). — Une bataille en Albanie fut précédée de cérémonies courtoises bien curieuses : les deux adversaires se rencontrèrent, séparés seulement par l'Araxe ; chacun désirait en venir aux mains ; les Perses envoyèrent un héraut proposer le combat, demandant que les Romains voulussent bien à cet effet franchir le fleuve ou le leur laisser traverser. Le général consulta ses troupes, qui crièrent de laisser venir les Perses ; oeux-ci passèrent l'eau el furent battus (Theoph. Simoc, III, 7, 13 sq.).