‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 52 sur 93 · XXIV · texte numérisé non relu

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* Ammien s'exprime ailleurs en termes vagues (XIV, 8, 5) : Orientis uero limes in longum protentus et rectum ab Euphratis fluminis ripis ad usque supercitia porrigitur NUi, laeua Saracenis conterminans gentibus, dextra pelagi fragoribus paiens...

* Theophan., Chronogr,, 174, 13.

' Ibid., 179, 15.

2S0 l'occupation TBRRlTORrALE

6ito xb>v}*Pu)fxa{(i>v, zone d'influence oa de protectorat ; cette dernière était-elle donc elle-même enclose d*un autre limes qualifié d'extérieur ? Le passage cité de Théophane n*y mettrait point obstacle, et selon Malalas S lot^gue Tethnarque Alamoundar, vassal des Perses* s*en alla piHer la Syrie première, les chefs romains marchèrent contre lui ;les Saracènes, butin fait, s'enfuirent à cette nouvelle Sià to3 I^uxI^ou Xi^iCtou.Le texte serait décisif si le môme fait n*était justeictent raconté aussi par Théophane ; or. d'après lui, les Scéniles Vécbappèrent oià

Tou evcdxépou Xi(A(i>tou \

Du reste, ce territoire des Arabes soumis à Byzance était déterminé avec fort peu de précision par des traditions incertaines, témoin la discussion qui s'éleva, au temps do Justinien, pour la strata au sud de Palmyre '. Remarquons de plus que ni Malalas ni Théophane n'a fait usage des deux termes : i^toxepoc et Ijcoxipoc ; la différence de langage pourrait tenir à celle des points de vue *.

Pour résumer, rien n'atteste, à la frontière orientale de l'empire, une barrière continue, remplaçant les limites naturelles, rivages de la mer ou d'un cours d'eau, et comprenant ces deux éléments essentiels : le mur et le fossé. Nulle allusion dans les auteurs ; aucune observation, même isolée, sur le terrain ; dans l'Arabie, mieux étudiée, résultat franchement négatif ^. Aucun indice de Tépoque où l'entreprise en aurait été faite, ni du tracé exactement suivi ; et les acquisitions et pertes successives de territoires ne simplifient pas les hypothèses. On compren-

> XVIII, p. 445, Bonn.

' Chronogr.y 178, 15. — La môme source a dû être travestie par Tua des deux.

^ Cf. supra, p. 3i.Âréthas disait : Elle est aux Romains, vu son nom et les anciens témoignages ; et Alamoundar : Peu importe le nom ; les bergers m'y ont payé un droit de pÀture. Justinlen prétendit trancher la question, mais perdit beaucoup de temps à en délibérer (Procop., B. P., Il, 1, 6 sq.).

^ De môme les cinq circonscriptions annexées par Galère, restituées par Jovien, dites Transiigritanae par Ammien (XXV, 7, 9), Tétaient-elles à regard des Romains ou des Perses ? La vérité est dans une combinaison des deux hypothèses, comme nous l'avons vu plus haut (p. 9).

^ Y eut-il un essai de rempart continu? Peut-ôtre, car près de Maan (Provincia Arabia, II, p. 3 sq.) on a trouvé deux pans de murs, Tun reliant un castel et un burgus, l'autre dépassant le ^ur^uset finissant brusquement, loin de toute conslrucdon. En tout cas, Tessai aurait été abandonné.

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drait que les Romains aient reculé devant la lâche de construire, sous un ciel de feu, sur un terrain sans valeur, un rempart de plus de 600 milles de long, le double du limes du Rhin et du Haut-Danube. Ils peuvent avoir conçu Tidée que le vrai terme de leur empire devait être cherché plus loin et que ce serait le Tigre ; qu'en attendant cette conquête fatale, les Saracènes, pris à gages, suffiraient à protéger leurs provinces, avec le concours des garnisons disséminées.

Laissons maintenant la ligne frontière, stincto sensu; il reste que les Romains ont édifié, vers la Syrie et ses abords, de nombreux travaux militaires et de fortification ; il va sans dire qu'ils étaient irrégulièrement espacés, selon la nature du pays ou même les besoins du moment ^

^ Aug. BrinkmaDD, Der rômische Limes im Orient {Donner Jahrhàcher^ XCIX (1896), p. 252-7), a adroitement extrait quelques détails de la vie de fabbé Alexandre Âkoimétos, fondateur de l'ordre monastique dont les membres se relayaient jour et nuit pour psalmodier perpétuellement roffice ; de cette biographie, rédigée par un de ses disciples, une traduciion latine nous est parvenue (Acta SS,, lanuar., I, p. 1018 sq.) ; elle nous raconte que Tascète s'était, avec ses disciples, aventuré en désert persique (vers 420-425), chantant des psaumes tout le lon^ du limes; ils commençaient à souffrir de la faim quand ils rencontrèrent des tribans et des soldats romains, qui les prièrent de se rendre dans leurs castella : sunl enim ad confinia Romanorum et Persarum castella, barbaris opposila, decem ac uiginti inuicem distantia milliaribus(III, p. 1025). Ce renseignement ne vaut peut-être que pour la section de Palmyre à l'Euphrate.

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