‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 53 sur 93 · LES RECHERCHES MODERNES · texte numérisé non relu

LES RECHERCHES MODERNES

Je ne crois pas utile de revenir sur les principes généraux de la construction romaine ou byzantine, après les résumés définitifs qu'en ont donnés MM. Gagnât * et Diehl ^. La même application en pourrait être faite aux régions orientales ; là aussi, la démarcation ne saurait être très rigoureuse entre les retranchements que désignent ces mots castellum, burguSy /i/rm; pareillement on y remarquera une prédilection pour les positions centrales dans les plaines, plus encore que pour les crêtes dominantes ; l'emploi très répandu du blocage à revêtements, des galeries couvertes et voûtées, des murs couronnés d'un chemin de ronde; Tusage du réduit ou citadelle de dernière résistance ; le même souci des réserves de vivres et de Talimentation en eau. J'ai à peine besoin d'ajouter que les formes du terrain surtout attribuent à la place forte sa configuration spéciale ; mais lorsqu'elles n'en imposent aucune, en plaine notamment, c'est aux dispositions régulières de l'ancien camp romain que d'habitude on se résout, témoin Apamée, Sura, Sergiopolis, etc.. Des trois premiers siècles, on le verra, il ne subsiste que des vestiges très rares, à cause des remaniements et réfections qui eurent lieu tant de fois par la suite ; on pourrait môme, je crois, poser en règle que la plupart des ruines sont de l'époque de Justinîen.

* V Armée romaine d^ Afrique, p. 674 sq.

' L'Afrique hymniine, Paris, 1896, p. 138 sq. Voir encore infra, p. 263, note 1.

254 l'occupation territorialb

Nous avons ainsi résumé la i&che des armées d'Orient : préserver FArabie et ses caravanes des déprédations des brigands nabatéens, défendre tout le pays contre les Parthes ou les Perses. Mais les attaques de ceux-ci ne pouvaient guère se produire que dans l'extrême nord ; il s'ensuit que là seulement il était nécessaire d'élever des forteresses considérables, afin de résister à des armées nombreuses et oi^anisées, pourvues de sérieux moyens de destruction. Plus au sud, contre les Arabes qui n'entreprenaient guère que ce qu'on appelle maintenant des raids de cavalerie, il fallait surtout une continuité de postes et un choix heureux de points d'observation ^ Ces nomades n'avaient pas d'intérêt à s'emparer de villes importantes, où ils n'auraient pu se maintenir. Procope, au VI* siècle, dit même qu'ils ne savaient pas les attaquer : un mur de boue les arrêtait ' ; pour eux, il ne s'agissait pas de conquête, mais de pillage.

La Syrie proprement dite est délimitée au nord-est par TEuphrate, fleuve énorme, surtout dans ses crues — les anciens l'avaient déjà comparé au Nil ' —, alors qu'au temps des basses eaux il est en plus d'un point guéable ; au reste, Tinondation ne saurait être générale ^, car les rives sont tour à tour plates et escarpées. Il suffisait à un envahisseur, pour le franchir, de choisir le lieu ^ et le moment. Bref. TEuphrate peut être une démarcation politique, ce n'est pas une barrière.

^ Amm. Marc, XIV, 8, 13 : [Arabia] opima uarietate commerciorum cas» trisque oppleta ualidis et castellis, quae ad repellendos gentium uicinarum excursus soîliciiudo peruigil ueterum per opportunos saltus erexii et cduios,

^ De aed,, II, 9, p. 235 : àSuvaxoi tsi^ofia^clv elai £apax7jVol qujsi, xa( xt auxwv, âv ojxw x'j)^oi, xeC^^tïfJta cpauXdxaxov xat TrijXtp juvOêxov Ifjnré- 8iov xtI ôpfxfi -^iy^zoLi,

3 Solin., p. 156 Mommsen : [Euphrates] Mesopotamiam opimat mundationis annuae excessibus, ad instar Âegyptii amnis^ terras contingens.„iisdem temporibus quis Nilus exit.

^ Vers le cours iaférieur, les habitants de la Babylonie avaient pris soin d'établir sur les rives des écluses, solidement maçonnées, qui permettaient de régler Tirrigation. Il en est pourtant qui se rompirent sous un afflux excessif et embarrassèrent la marche de Julien (Amm. Marc, XXIV, 1, 11).

> Qu'on songe d'ailleurs aux nombreux points où le passage pouvait s'effectuer (Ritter, Erdkundef X, p. 984-1003) : Gapersana, Samosate, Zeugma, Nicephorium, Gircesium ; il faut sûrement ajouter Thapsaque, Gaeciliana ; l'itinéraire de Syrie à Babylone indiqué par Strabon (XVI,

C'est mùme une voie militaire, un chemin d'invasion. Entre les deux régions désertiques d'Arabie et de Basse Mésopotamie, ce ruban d'eau apparaît à la fois comme un moyen d'approvisionnement pour une armée en marche, un chemin tout tracé dans une plaine uniforme, et enfin un véhicule toujours commode pour des embarcations, comme celles d'alors, à faible tirant d'eau.

Il importait donc de garnir les rives de castella et de garnisons; les riverains n'y ont pas manqué. Parmi les jxàOjjLot napeixo( qu'énumère Isodore de Gharax, un très grand nombre se pressent sur les bords de l'Euphrate; quelques-uns même de ces o/jptofiaTa étaient au sein du fleuve, dans les îles du cours inférieur, non loin de la contrée où il se rapproche du Tigre. Comme le courant y était large, on le surveillait mieux ainsi tout entier; un îlot était peu important à conquérir pour un envahisseur, utile à conserver pour son adversaire, et on y gardait les trésors du royaume *. Les Perses suivirent l'exemple des Parthes : le comte Lucillien, dans la campagne de 863, « détruisit de nombreux camps perses le long de l'Euphrate, et ceux qui se trouvaient au milieu de l'eau dans des îles, et en extermina les garnisons ^ ». C'étaient des forteresses importantes ; on le reconnaît aux descriptions d'Ammien Marcellin '.

C'est donc là qu'était la plus ancienne frontière entre les deux empires, et même quand le théâtre principal des hostilités se fut déplacé, on ne laissa pas de la rendre aussi formidable

1, 27, p. 748 G) coupait le fleuve uq peu au nord de cette dernière station; Ghosroès le traversa à Obbanès, que Procope(fî. P.,II, 12, 4) place à 40 slades de Barbalissos (nord ou sud ? en tout cas aux environs de Mc^kéné) ; des voyageurs arabes ou modernes, enfin, ont trouvé encore d'autres gués (cf. Regling, op. infra eit.^ p. 475-6).

* Mùller, Geogr. Graec, min., I, p. 247. — Des entrevues eurent lieu plus d^une fois entre un chef romain et un souverain oriental dans une de ces îles (ex., sous Auguste : Vell. Paterc, II, 101, 1). Une autre rencontre, non moins symbolique, se produisit sous Tibère, entre Artaban el Vilellius, au milieu d'un pont de bateaux (los., A.I.j XVIII, 102).

- Malal., loc. cit., d'après Magnus de Carrhae et Eutychianos de Gappadoce.

^ XXIV, 1,2: Thilutha, in medio fluminis %ita, locum immenso quodam uertice iumescenUm et potestate naturae uelut manu circunidaeptum liumana..; Achaicala, munimentum fluminis circumitione uallatum ar^ duutnque transcensu,.. ;9, 12 : Pirisabora, ciuilatem ampLam et populosam, ambiiu insulari circumuallatam...

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que possible. Nous ne savons pas dans le détail quelle fat en cette région l'œuvre des Romains pendant les trois premiers siècles ; le laconisme des auteurs tient peut-être à ce qu'alors les maîtres de la Syrie, assez tranquilles du côté des Parthes, qui n'étaient pas les agresseurs, n'eurent pas à déployer une grande activité ^ ; il en est autrement de Tépoque byzantine.

Mais les Romains ont dépassé TEupbrate, annexé rOsrhoëne et une partie de la Mésopotamie ; il leur a fallu défendre celte marcbe-frontière. A cet effet, ils n'ont eu qu'à conserver, entretenir, puis peu à peu multiplier les places fortes qu*y avaient établies les maîtres antérieurs du pays. Le Tigre a été plus d'une fois pour les Perses une voie de pénétration en territoire romain, avantageuse quoique détouméet comme TEuphrate en sens contraire. Si on le remonte, on trouve à gauche, à très peu de journées au-delà de Minive, la chaîne du Masius, qui, obliquant vers le nord-ouest, laisse à ses pieds et semble indiquer une importante voie vers l'Asie Mineure. Cette voie était jalonnée de redoutes militaires, jusqu'au point où elle atteint la Syrie ; c'étaient autant de praetenturae^ de postes avancés dont la conservation demanda de l'énergie et de la persévérance, mais qui offrirent du moins cet avantage d'épargner souvent à Tarrière-pays les épreuves qu'eux-mêmes traversèrent tant de fois.

Et quant à cet arrière-pays lui-même, sans faire partie d'aucun système de défense proprement dit, il comprenait des villes pourvues de moyens de protection indépendants, en vue des cas où cette double barrière serait violée. Un district, loiil spécialement, joua un grand rôle stratégique, — mais ce fut plutôt pour l'offensive : dans la Cyrrhestique etlaChalcide, succession de plaines et de vallons, dont Pline l'Ancien a vanté la fécondité ^, il était aisé de concentrer des troupes, et on y trouvait un excellent quartier-général de commandement : là convergeaient fatalement toutes les informations sur les mou-

^ UneinscriptioD palmyréniennede 132apr. J.-C. (Enno Littmann, Semille Inscriptions, Part II of ihe Public, of an Americ, arch, Exped, to Syria in 4900, New-York- London, 1905, p. 170 sq.) nous apprend que les Palmyréniens avaient des forteresses ou des campements de cavaliers le long de TEuphrate, pour la protection de leurs caravanes (le mot palmyrénien est traduit diversement par les auteurs : castel ou garnison). La police romaine était donc au ii* siècle inaclive ou insuffisante.

2/f. iV., V, 81.

CARTE militaire; division du sujet, sources, recherches 257

vemenls de rennemi ; la proximité de la côte et à'Antioche maintenait le chef d'armée en communication avec le centre administratif de la province et, par la mer, avec celui de l'empire. Ce qui est vrai de la contrée tout entière Test encore plus de son chef-lieu naturel, Hiérapolis. Ce fut souvent en Cyrrheslique que les empereurs, ou leurs généraux, préparèrent un plan de campagne et ses moyens d'exécution *.

Nous aurons enfin à nous occuper d'une partie de l'Arménie et de la Cappadoce, et de la moitié occidentale de la Transcaucasie actuelle, autrement dit Colchide et Lazique. Dans les deux premières, nous nous bornerons aux parages avoisinant TEuphrate supérieur, sur ses deux rives ', et le Lycos-Boas qui en prolonge le bras le plus septentrional dans la direction du Caucase. La carte militaire de la côte sud-est de la mer Noire ne saurait être néghgée ici, car la possession de ce rivage était indispensable à qui voulait se maintenir en Colchide ^

Sur l'intérieur de cette dernière contrée, les ambitions romaines et perses se sont fait jour en somme assez tard. Deux graves questions y étaient impliquées : La Géorgie, dans son ensemble, pouvait être considérée comme un boulevard contre les populations barbares du nord ; à qui la détenait il était facile de barrer l'important passage de Dariel. Le problème se pose dès le i" siècle : les Romains d'alors prirent des mesures pour la garde de ces portes, soit séparément, soit à frais communs avec les Parthes *. Quand Byzance se fut accoutumée à se libérer à prix d'argent de ses ennemis, elle laissa à la Perse le soin matériel de faire bonne veille aux portes Caucasiques, moyennant une contribution pécuniaire qu'elle ne fut pas tou •

^ Ex. : sous Caria (Malal., XII, p. 304-305, Bonn) ; sous Gallus (Amm. Marc, XIV, 7, 5) ; sous Julien (Iulian., Epist.y 27).

' C'est à peu près ce que la Notilia dignitatum^ Or,, XXXVIII, comprend sous le nom d'Arménie.

' Qu'on veuille bien prendre jjfarde dVilleurs aux nombreuses troupes qu'avait dans le Pont le duc d'Arménie, et aussi à certaines garnisons côlières : Trapezunta, Pilhiae, Yssiporto (Not, Or,, XXXVIII, 15-16, 32, 34).

* Suet., NerOf 19: Parebaiel ad Caspias portas expeditionem, conscripta ex Italicis senumpedumtironibus noua legione ; Tac, Hisl., 1.6 :... mulii numeri.,, quos idem Nero praemissosque ad claustra Caspiarum et bellum, quod in Albanos parabat. Un peu plus tard, les Parthes surtout se sentirent menacés, et Vologèse demanda à Vespasien, contre les Alains, des secours qui lui furent refusés ; d'où un froissement entre ces deux princes jadis en cordiales relations (Dio Cass., LXVI, 11, 15; Suet., Domit., 2).

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jours exacte h payer. De vives réclamations s'ensuivirent. D'autre part, la conversion de la Colchide au christianisme changea le caractère de la suzeraineté, lointaine et peu jalouse, que les Romains y avaient exercée. Des Occidentaux se rendirent en plus grand nombre dans ce riche pays, encore peu exploité, établirent des monopoles, multiplièrent les exactions, provoquèrent enfin une révolte des indigènes qui appelèrent à l'aide les Sassanides. Ceux-ci ne demandaient qu'à intervenir, trouvant un intérêt commercial de premier ordre à posséder un débouché sur le Pont-Euxin ; au besoin, Chosroès pourrait expédier de là une escadre contre Constantinople. A vrai dire, l'entreprise était audacieuse ; il y avait de longues étapes à fournir pour arriver en Colchide au départ de l'Iran, et à travers des pays montueux, d'une traversée très pénible, parfois impraticable, dans la saison d'hiver. Au contraire, les Byzantins pouvaient choisir leur heure, car la voie maritime leur était toujours ouverte, et ils étaient en mesure de convoyer rapidement des renforts d'Occident, s'il ne suffisait pas de jeter dans le pays les garnisons, peu éloignées, qui campaient vers le Haut-Euphrate. Il fallut toute la négligence de Justinien pour que la Lazique tombât, durant une courte période, au pouvoir des Perses; ils ne devaient pas s'y maintenir. Dans cette contrée, les forteresses sont en petit nombre, et généralement faciles à situer.

Nous allons étudier séparément ces difTérenls secteurs du système de protection de la frontière orientale.

On a coutume d'opposer àl'usage du Haul-Kmpiro, fondé sur la barrière proprement dite, celui des Byzantins qui préféraient mnlliplier les places fortes en arrière des confins. Cette distinction est juste si on ne la force pas et l'accompagne des explications nécessaires.

D'abord, jusqu'au milieu du m" siècle, les Romains, étant en général les agresseurs, n'avaient guère à redouter une invasion. Et, d'autre part, on incline à penser aujourd'liui * qu?, depuis Hadrien ou Antonin, le double /fmns était la règle ; cela nous rapproche déjà de la méthode byzantine. En outre, il semhle bien (jue l'ancien système du limes n'ait jamais cessé ; les expressions dont se servent, nous l'avons vu, des auteurs tardifs, Théophane, Malalas, sont en ce sens une forte pré-

* Cf. Korncmunn, KliOy loc. cit., p. 105.

somption ; nous n'avons, pour TOrient, aucune attestation formelle comparable aux dispositions précises de Justinien k regard des limitanei d'Afrique * ; mais cela peut tenir simplement à ce que l'Afrique secouait, au vi® siècle, la domination étrangère, tandis qu'en Orient celle de l'Empire n'avait subi aucune interruption : les anciens règlements continuaient à s'appliquer ; l'absence de toute abrogation dispensait de les confirmer.

Quant aux fortifications en deçà du limes à la première époque, il y aurait imprudence aies nier parce qu'elles ne sont pas attestées. Les restaurations ultérieures dissimulent l'état primitif; en Arabie même, l'œuvre, certaine et garantie de Trajan, se cache sous les remaniements du temps de Dioclétien, auquel remontent la grande majorité des constructions de ce limes 2.

Ces réflexions me justifient d'avoir adopté, pour l'étude de l'occupation territoriale, une description d'ensemble englobant sept siècles à la fois. En voulant distinguer plusieurs périodes, j'aurais couru le risque de m'oblîger à des répétitions, par exemple en ce qui concerne la situation naturelle des places ; et une coupure, forcément arbitraire, eût masqué la continuité de l'effort défensif, que je tiens au contraire à souligner.

Pour tenir compte dans quelque mesure de l'ordre chronologique, nous commencerons par les bords de l'Euphrate, qui fut en somme la plus ancienne frontière en cette contrée, passant ensuite à la Mésopotamie, où un nouveau limes put être établi au plus tard dès Septime Sévère, et aux places intermédiaires qui s'y rattachent étroitement. L'étude du Urnes désertique, de l'Euphrate à la Syrie moyenne, sera conduite logiquement avec celle de l'arrière-pays. Delà nous passerons à la région nord, où les contestations atteignent à une date plus tardive leur maximum d'acuité.

Au point de vue de la nomenclature, il est bien difficile d'adopter une méthode et un principe de choix à l'abri de toute critique. La règle idéale serait de retenir seulement, pour les décrire et identifier autant que possible, toutes les localités ayant eu un rôle ou une destination militaires, en lâchant d'indiquer les dates où elles furent créées ou remises en état.

* Diehl, L'Afrique byzantine, Paris, 1806, pp. 126-127, 133-137. ^ Kornemaan, ibid., p. 113.

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Cette dernière exigence au moins ne semble-t-elle pas à première vue pouvoir être satisfaite? Nos documents sont nombreux et s'échelonnent à souhait. Même sans tenir compte des renseignements isolés fournis par l'ensemble des historiens, nous avons : Strabon, pour le commencement, et Pline * pour le milieu du i" siècle ; Ptolémée — et dans une mesure plus restreinte Arrien — qui écrivaient sous Hadrien ; l'Itinéraire d'Antonin, combinaison, sous sa forme actuelle, de données du temps de Caracalla et de retouches après Dioctétien ; puis Ammien et la Table de Peutinger (iv' siècle), la Notitia dignitatum (début du v') ; même Etienne de Byzance, un peu postérieur ; le Synecdème d'Hiéroclès (commencement du vr) ; Procope, peu après, et ses contemporains ou continuateurs immédiats ; Georges de Chypre (fin du même siècle *), et enfin le géographe anonyme de Ravenne, qui traduisit au ix* siècle un document du vu*. Si nous y ajoutons les observations des voyageurs, — l'étude des ruines — , et le fait palpable de la persistance des anciens noms géographiques, on aura l'impression, d'ailleurs exacte, d'une information des plus riches ^

Malheureusement, on s'y noie et il y a beaucoup de déchet. Chose stupéfiante, des noms de villes ont traversé les siècles, gardé dans une autre langue leur physionomie du premier jour; et d'un document k l'autre, à quelque cent ans d'intervalle, les homonymes ne forment pas la majorité! Oui, de Ptolémée à la Table de Peutinger, de celle-ci à la Notitia^ de la Notitia au géographe de Ravenne, ce qui frappe le plus, c'est

* V. Ifs Quellen tiuii Forschungcn zur alten Gesnhichte und Géographie^ hsp^.v. W.Sieglin, Heft 11 : Alfr. Klotz, Quaesiiones PUnianae geographicae , Berlin, 1906; pour les régions qui nous intéressent, pp. 150 sq., 178 sq., 182 sq.

^ xMais écrivant vers 605, selon son érudit éditeur, H. Gelzer, Leipzij:, Teubiier, 1890.

' J'ai prévenu que je laisserais en dehors de mon travail TArabie el la Palestine. Pour la première, je renvoie .simplement à la Vrovincia Arabia deBriinnow; à A. Musil {SitzuTKjsher. der Wiener A kad,^pliiL KL, GXLIV (1902), 7) et S. Vailhé, Les garnisons romaines de la province d'Arabie {Échos d'Orient, II (1898-99). p. 89-95). Cf. encore Musil, Arabia Pelraea I. )ÎOub, Topographischer Reisebericht , VVien, 1907. — La mosaïque de Madaba (vi« siècle) concerne surtout la Palestine; cf. Jacoby, Bas Momik von Madaba, Leipzig, 1902 ; Kubitsshek, Mitlh, der geogr. Geselhchaft zu Wien, XLIU (1900), p. 335-380 (bibliographie complète), et A. Schullen (Abkandl. der kgl. Gesellschaft der Wiss. zn Gôftingen, pliil.hi.^l. KL, N. b\y IV (1900), 2), qui l'a comparée avec VOnomaMcon

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le défaut de concordance * ; encore, dans les cas où Ton aboutit à des identifications indubitables, y parvient- on surtout en choisissant, parmi les variantes des manuscrits, celles qui se prêtent le mieux aux rapprochements '.

D'autre part, comment établir une démarcation entre les villes ordinaires elles places fortes ? Le langage des auteurs n'y aide guère ; chacun a sa formule préférée. Oppidum surabonde dans Pline ; Ptolémée qui, en d'autres contrées, emploie, trop rarement, jtwfxr, ou x<^p^'>^» ^^ connaît, dans les régions ici en cause, absolument que it6Xt<: '. Dans la Notitia, Tunique qualificatif est castellum;\\ s'applique à de grandes cités comme Trébizonde, Amida, Palmyre ou Jérusalem. Au fond, il importe peu, car on posera sans crainte le principe suivant : aux abords de la frontière persique, à tout le moins à partir du iii« siècle, tout endroit habité est place de guerre, ou considéré comme telle *. I/opinion commune est que toute lo-

d'Eusèbe. Chez ce dernier, P. Thomsen, Palàstina nach dem Onomasiikon desEusebius (Zeitschr. d. d. Palàst.-Ver., XXVI (1903), pp. 97-141, 145- 188), avait cru trouver les traces d'un réseau routier officiel; Kubitschek {Jakreshefte des oeslerr, Instii., VIII (1905), p. 119-127) a fait de sérieuses réserves. Enfin le rescrit mutilé de Bersabée a une importance de premier ordre au point de vue topogaphique, sous lequel Clermonl-Ganneau l'a analysé (Uev, bibiiq., iV. S., lïl (1906), p. 412-432). Pour la Galilée spécialement, d'après Josèphe, cf. W. GEhler, Zeiischr.d. d. Palâst,- Ver. 9 XXVIII (1905), p. 1-74. Du Haouran, une bonne partie, surtout avant le m* siècle, fut en dehors de la province d'Arabie. Je ne m'y attarderai guère cependant, à cause de l'analogie de situation, et aussi pour ne pas répéter ce qu'on trouvera dans le travail de synthèse de Rindfleisch [Zeitschr. rf. d, Palàst-Ver., XXÏ (1898), p. 1-46).

^ Certainement, plus d'une fois, des formes diverses désignent la même localité, ce qui rend fort spéciaux le raisonnement suivant, souvent fait : Vu les distances indiquées par les routiers, tel village moderne semble bien correspondre à tel castel ; mais nous y avons déjà placé une autre forteresse (par exemple, pour des raisons tirées de l'onomastique) ; donc c'est impossible. — Bien des lieux-dits ont aujourd'hui plusieurs noms, je l'ai constaté en cours de route ; pourquoi n'en aurait-il pas été de même dans l'antiquité?

^ Bien entendu, je ne me sers que des documents grecs ou latins ; les formes arméniennes conservées par Hûbschmann (/nt/o-^^rm.Forsc/i., XVI (1904), p. 197-490) ne m'ont pas permis d'utiliser autant que je l'aurais voulu son savant travail.

3 Même quand il s'agit d'un petit fortin au bord d'un chemin de caravanes. Par contre, cf. uit, Simeon, StyL, 20 : ^v ti<; ev Supoï<; {sic) jxpa- TiwTr^;* iroXi^viov SâxiTouxo ttôv 'ETreuçpaT'.Siojv. Sura, une touie petite ville ! J'aflîrme que non, pour l'avoir vue.

^ Et c'est ce qui me permet de tirer parti de documents purement

262 l'occupation terrîtoriale

calite doit être enclose de murailles. Même un couvent se fortifie *. Le tombeau a la forme et peut-être Tutilité accessoire d'une tour de guet ou de signal *; il n'est pas jusqu'aux colombiers du Haouran qui n'en aient pris la ressemblance. Et il en va de même de la retraite du solitaire, comme celle de saint Sabas ' ; on en pourrait citer d'autres encore *.

Mais c'est là une conception théorique ; il est clair que beaucoup de lieux habités sont restés sans protection sérieuse et n'ont pas eu à affronter les coups de l'ennemi ; à peine pouvaient-ils craindre le passage des maraudeurs. Ce sont principalement les récits de guerre qui nous mettent sur la piste des vrais points stratégiques, et aussi le De aedificiis de Procope, quelque tendance à l'hyperbole qu'on y puisse reconnaître ou soupçonner.

Je résume les procédés qui nous permettront de les identifier : examen des ruines superficielles, descriptions des auteurs, indications de distances dans les routiers, et enfin, artifice fort à la mode aujourd'hui, la toponymie.

Les ruines, dans bien des cas, ne servent qu'à élayer faiblement des hypothèses ; le délabrement absolu des vestiges est trop souvent à regretter; encore bien des observateurs ont-ils mis, de force ou de gré, une hâte excessive à les noter. Dans

civils, comme la liste d'Hiéroclès, ou ecclésiastiques, comme celle de Georges de Chypre (qui emploie couramment le terme de /càaxpov) et les Notices épiscopales.

^ V., par ex., la haute tour du Deir-el-Benat, dont j'ai donné deux pliolographies dans le Tour du Monde (25 mars 1905, pp. 133 et 144). Entre Hama et l'Euphrate, Oppenheim {Zeiischr, fùi\ Erdk., XXXVI, p. 70) a parcouru d'anciens villages d'agriculteurs, qui presque tous ont une tour carrée à plusieurs étages, avec une seule porte d'entrée, dernier refuge dans les moments difficiles. Huntington (Zeitsckr, ffir Ethnolog.y XXXIII (iOOl), p. 196, fig. 21) a vu sur le Mouser Dagh, devant la plaine de Malatia, à 800 mètres au-dessus de l'Euphrate, une église arménienne démantelée, qui était une vraie forteresse, avec quatre leurs d'angles.

2 Cf. le TTjpYo; qu'a élevé un vétéran en 350 (Waddington, 2053).

' Vit., 82, ap. Cotelier, toc. cit. y p. 358: tou Tropyiou toO èv i^ioa^TzoLzpo^ r,;jLfôv Sàoa iv arr^Xa-qj, oh fut faite une citerne d'où Ton montait par un passage secret ItzI tov E'pr,(ji£vov TijpYov. — Add. 38 (p. 278) : xov Iv ui{;7)- ÀoTÉpro Tiajr^; 'zr^^ à^oLzoXvATi^ epr^fjLOu pouvc]) (oxooofJLr^O&'vxa TTjpyov ûrô xfj ; jjiay.apîa; Eùooxia; {oh habitèrent successivement plusieurs moines).

* Voir l'inscription que m'a communiquée M. Pognon (BCH, XXVI (1902), p. 195, n<> 39) : eto; çw (495 p. C). K'jpie, cpjXa;ov xov Trjpyov toù-

TOV (xai) TGV O'.XOOVTOV [sic) £V aùtdp.

les grandes plaines uniformes, de maigre peuplement, les matériaux étaient de valeur médiocre ; par suite, le système de construction très sommaire, et Ton ne saurait attribuer une date à un pan de mur isolé, encore moins à un amoncellement de pierres *. Pourtant, le moindre tas de décombres est utile à constater, lorsqu'il apparaît sur une grande nappe d'humus, où n'émerge aucun caillou, et loin de toute carrière. On peut dire qu'il n'a point été apporté par les apathiques musulmans.

Les historiens donnent à la fois des descriptions et des nomenclatures ; ces dernières facilitent le contrôle et Tinterprétalion des notices géographiques ; les autres, par leur précision, résultat bien souvent d'une visite personnelle des lieux, constituent notre source la plus importante et la plus sûre ; nous en tirerons parti de la façon la plus large.

Les indications de distances, en revanche, sont un des cassetête les plus étranges du monde. Comparer celles que donnent des « Itinéraires » pour la même voie, est fréquemment une lâche impossible, lorsque les noms qui y sont portés ne se ressemblent pas d'un document à l'autre ; quand la comparaison est permise, on note des divergences de chiffres extraordinaires. De semblables données ne fournissent qu'une base approximative ; il faut ne jamais s'y attacher à la lettre et s'en méfier grandement pour les courts intervalles *. A l'égard de

Ml y a rarement des inscriptions sur les monuments, en dehors des chapelles de la Syrie moyenne; très peu de marques de tâcherons. Pour les édifices encore debout. Couder (Palestine Explor, Fund^ 1897, p. 145) a tenté de résumer les caractères spécifiques des différentes époques ;il distingue les maçonneries juive (ancienne), hérodienne, romaine, byzantine, arabe et des Croisades. Ses observations, faites en Palestine, pourraient trouver leur application également dans les contrées avoisinantes, mais alors on opérerait sur des spécimens beaucoup plus exceptionnels, et d'ailleurs sa doctrine, forcément flottante comme la réalité, serait facile à critiquer dans le détail. Il est très vrai qu'avec le temps l'appareil devient plus mesquin ; sur la pierre taillée prédomine le blocage ; les arceaux se multiplient, etc., mais le classement ne peut s'établir que par longues périodes.

' On a cherché à se rendre compte de ces contradictions et de leurs causes ; et cela revenait à se demander ce que sont en réalité ces itinéraires. Copies abrégées, selon W.Kubitschek {Jahreshefle des œsterr. Insi,, V (1902), p. 20-96), d'une carte du monde plus détaillée; chaque copiste n'aurait pas fait les mêmes suppressions, et il aurait commis des erreurs, en blo'iuanl plusieurs distances; des répétitions, de crainte

264 l'occupation territoriale

Plolémée, il conviendrait d'adopter une méthode inverse, car ses indications astronomiques, faussées par une progression continue, gardent une valeur relative quand il s'agît de deux localités voisines.

Reste enfin à chercher dans les formes géographiques d'aujourd'hui la persistance ou la dégénérescence de celles d'autrefois. On ne Ta pas négligé, et dans certaines contrées, notamment la Golchide et Tlbérie, il est des noms de lieux qui se sont presque littéralement maintenus. Le procédé est donc très légitime, mais on l'a porté à l'excès ; nous ferons un usage prudent et modéré de la toponymie *.

d'avoir omis un nom qu'il Toulail conserver. Du moins l'original aurait été une véritable carte routière. Tel n'est point Tavis d'E. Schweder, Ueber Ursprung und Beslimm, d, sogen. Strassennetzes d. Peuting, Tafel (Pkilologus, LXIÏ (1903), p. 357-387) ; d'après lui, le document prototype a dû avoir pour objet principal, non pas les directions, mais les distances; les lignes sonl subordonnées aux chiffres et marquées seulement pour éviter les confusions sur les tenants et aboutissants de chaque intervalle évalué en milles. — Cette vue n*a guère été adoptée ; peu importe en effet que les anciens, faisant mention de cartesromaines en leur possession, et de leur contenu, parlent, non pas des routes, mais des positiones urbium^ locofU7n,ou desUus, spatia, interualla; ils ne songeaient pas à une telle distinction. A quoi bon, du reste, porter une distance, s'il n'existe pas de voie pour la franchir, sans risque d'allonger ou de s'é^'arer ? Et enfin tout cela n'explique pas comment la NotUia digniiatum j qui, elle, ne dérive pas d'une carte, signale des noms (le lieux qui ne se retrouvent dans aucune autre source, môme connue par plusieurs manuscrits. Il y alàun de ces mystères qu'on n'arrivera peutéire jamais à percer. Du moins, la maladresse des rédacteurs ou des copistes semble avant tout à incriminer.

* .le son^e surtout, en exprimant celte réserve, à la très savante édition de Ptolémée, par K. Muller, continuée par G. Th. Fischer suivant les mômes principes (Paris, Didot), pour l'Orient: 1,2 (1901), oil tant de textes sonl réunis qu'elle met presque au rebut l'édition Bœckiuf^ de la i^ofitici. Bien rares sont les noms qu'ils n'ont pas réussi à identifier de quelque manière. Avec moins d'intégrité scientifique et la même méthode, servie par une aussi grande ingéniosité, on exposerait les travailleurs à de graves méprises. Riche de mots, la langue arabe l'est peu de fortnes et de sons, surtout si Ton néglige les nuances de prononciation que reudent mal nos transcriptions occidentales. Dès lors, en choisissant à son gré parmi les variantes des manuscrits, en supposant (iuelqu»^> métatlfese, et en arbitrant l'erreur — fûl-elle certaine — dans les distances qu'indiquent les routiers, on a bien des chances de trouver à peu près la consonance désirée, d'autant que les Bédouins usent fréquemment des mômes locutions, très simplifiées, pour désigner respectivement, soit des tas de pierres, soit des points d'eau, extrêmement

CARTE militaire; division du sujet, sources, RECnERCHES 263

Dans cet essai de restitulion de la carte romaine et byzantine, pour les contrées qui entourent TEuphrate, je ne me lierai, en fin de compte, à aucune règle invariable, m'intéressant de préférence aux lieux qui furent témoins de faits de guerre et à ceux auxquels la Notitia assigne des garnisons ; je mettrai, d'autre part, plus de soin à reconstituer les lignes de postes en plein désert, — parce qu'ils devaient servir de relais aux troupes en déplacement — et à identifier les localités situées le long des voies les plus importantes et que le commerce sans doute choisissait *. J'espère ainsi ne pas m'écarter de Tobjet principal de ce livre.

Un mot, pour finir, sur les sources modernes. Elles sont moins nombreuses qu'on ne le souhaiterait.

Les ruines de la Syrie centrale ont eu des observateurs comme de Saulcy,\Vaddington, le marquis de Vogué, dont les relations sont bien connues ; les résultats des anciennes explorations ont été consciencieusement consignés par Ritter^; jene les énumère pas. Pour la Syrie du nord et la Mésopotamie, on est malheureusement réduit à peu de chose : les visites hâtives, mais déjà lointaines d'Ainsworth ^ et surtout les notes de voyage de l'ingénieur Czernik * et de Torientaliste Edouard

éloignés les uns des autres. — Déjà, dans la Noiitiaj les mêmes noms, à peine changés ou tout à fait identiques, se rencontrent dans plusieurs provinces: Galamona en Phénicie (XXXII, 11 et 26) et en Palestine (XXXIV, 43) ; Auatha en Phénicie (XXXlï,7 et 22) et en Arabie (XXXVII, 25) ; en Syrie Anatba (XXXIÏI, 20) ou Aratha (11).

*■ Sans m'interdire toutefois, chemin faisant, quelques rapprochements secondaires, empruntés à l'onomastique moderne, quand ils auront échappé à mes prédécesseurs.

« Erdkunde, 2. Autt., Berlin. Pour POrienl : t. X et XI (1843-44), Euphrate et Tigre; XIV (1848), Sinaï; XVI (1852), Judée, Samarie, Galilée ; XV (1850-51) et XVII (1854-55), Palestine et Syrie.

^ Trauels and Reseavches in AsiaMinor^ Mesopotamia, Chuldea and Armenia, London, 1842. Gollaboraleur du Survey, Ainsworth a publié depuis: A Personal Narrative of the Euphrates Expédition, London, 1888 (sommaire et superficiel ; pas de tîgures). Le Survey lui-même avait peu de rapports avec Tarchéologie.

* Ingénieur Joseph Czernik's techniscke Studien- Expédition durch die Gthiete des Euphrai undTigris, nebstEin-und Ausgangs-Roulen durch Nord- Syrien, nach den Tagebùchern, topographischen Aufnahmen und mùndlichen Miltheilungen des Expeditionsleiters, bearbeitet und herausgegcben v, Armand Freîherm v. Scbweiger-Lerchenfeld (Petermann'i Mitth,, ErgànxungshefU, 44-45 (t. X), 1875-76).

266 l'occupation territoriale

Sachau *. C'est également au point de vue arabe que s'est surtout placé Martin Hartmann ^. Les explorations les plus importantes accomplies depuis lors sont celles du baron Max von Oppenheim'. Les membres de l'expédition américaine* se sont promenés de la latitude d'Antioche au Haouran et en ont rapporté surtout des photographies d'églises, maisons et tombeaux ; ils ont exagéré, à mon sens, le caractère « civil » des constructions de cette contrée. Une mise au point, sérieusement faite, des données topographiques sur une bonne partie de ces territoires, nous est fournie par Rurt Regling dans son travail * Ziir historischen Geogj'aphie des mesopotamischen Parallelogramms •.

Les voyages en Arménie n'ont donné, sous le rapport de la topographie antique, que des résultats insignifiants, peut-être parce qu'il ne subsistait à peu près plus rien à voir et à noter "'. L'expédition allemande (Lehmann et Belck), qui nous fournira des solutions de détail, avait surtout des visées philologiques ; une autre ^ une destination ethnographique. La frontière cappadocienne de TEuphrate a été étudiée par Vincent W. Yorke ^

^ Reise in Syrien und Mesopotamien, Leipzîjç, 1883; aon livre plus récent : Àjn Euphrat und TigriSy Leipzig, 1900, se réfère principalement à la Mésopotamie méridionale.

- BeUrlige %ur Kennlniss der si/rischen Steppe (Zeilschr. d.d. Palàst.-Ver.^ XXII (1899), pp. 127-149, 153-177; XXIII (1901), pp. 1-77 (avec carte), 97-158) ; le premier article est le plus utile à notre point de vue. — Add. D"" Bernhard Moritz, Zur antiken Topographie der Palmyrene{Ahhandl. der kgl. Akad. der Wiss. zu Ber/îw, 1889, I, 40 p. et 2 cartes).

3 Petermann'5 Mitùh., XLÏI (1896), pp. 49 sq.,73 sq. (avec la carie V) ; et Vom Mittelmeer zum persischen Golf durch Hauran, die syrUcke Wiiste und Mesopotamien, Berlin, 1899; add. Zeitschr, der Gesellsch. filr Erdk. xu Berlin, XXXVI (1901), p. 69-98, et Byzanù. Zeitschr., XIV (1905), p. 1-72.

-* Howard Grosby Butler, Part II of the publications of an American ar» chaeological expédition to Syria in 4809-1900 (under the patronage of V. Everit Macy, Clarence M. Hyde, fî.Talbol, B, Hyde and /. /V. Phelps Siokes) : Architecture and other arts, New-York-Londoo, 1904. — Pas de carte !

5 Beitrdge zur alten Geschichte, I (1902), p. 443-470.

* Sur la portée de cette expression, v. infra.

■7 V. l'ouvrage déjà cité de Lynch, Armenia, London, 1901.

» E. Huntington, Weitere Berichte ùber Forschungen in Armenieti und Commagene, trad. p. G. F. Lehmann, in Zeitschr. fur Ethnologie, XXXUI (1901), p. 173-209.

^ A Journey in the Valley of the Upper Euphrates {Geographical Journal y VlU (189Ô, 11), pp. 317-3:i5, 4j3-462 ; discussion hislorique, p. 462-472).

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Quant à la région caucasique, voilà longtemps qu'elle a fait l'objet de travaux qui, au point de vue qui nous intéresse, ne sauraient être complétés *.

' Frédéric Dubois de Montpéreux, Voyage autour du Caucase^ Paris, 1839-43, 6 vol. et 2 atlas ; Brossât, Histoire de la Géorgie^ depuis Vanliquité jusqu'au xix* siècle, trad. du géorgien, Saint-Pétersbourg, 1849; V. les Notes et les Additions et éclaircissements. Le livre de P. MQller- Simonis et H. Hyvernat (Du Caucase au golfe Persique, à travers le Kurdistan, l'Arménie et la Mésopotamie, Paris-Lyon, 1892) n'est nullement méprisable, mais nous sera, à nous, d'un faible secours ; v. à la fin une carte d'après celle de Kiepert, que ces voyageurs disent excellente.

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