LES RIVES SYRIENNES DE L*EUPHRATE
Néanmoins, Aroudis * et Vrima n'étant point sûrement identifiés, on peut songera elles autant qu'à Capersana, mais il me paraît certain qu'une des trois se trouvait là. Capersana serait à écarter si, comme le veut Fischer, on devait la confondre avec le nopafxa (rive gauche) de Ptolémée *.
Zeugma •, un peu plus en aval, occupait aussi une position stratégique ; son nom même indique un lien, une jonction entre deux régions. Tacite atteste que c'est le point où le fleuve est le plus facile à traverser *, sans expliquer davantage si le pont de Séleucos Nicator existait encore au i" siècle. Aussi Cassius y vint camper, lors de sa campagne contre les Parthes, sous le règne de Claude. La même question se pose ici que pour Capersana : était-ce un pont de bateaux qu'Ammien et ses compagnons en fuite trouvèrent rompu à Zeugma? On pourrait croire à un pont véritable et fixe; les neiges avaient particulièrement enflé le courant qui aura pu emporter les pUes '.
mais il ne s'agit pas forcément de Boum-Kaleh lai-môme. La uiia Salamani Silentiarii (Acta SS., 23 janv., p. 103) mentionne un village du même nom ; et de plus Cepkar (on Gaphra), en araméen, signifie village; sans nul doute, il en existait un, moins important, qai a entièrement disparu.
^ Je n'ai pas connaissance de Vôroul, « ancienne Arulis », que le guide d'Isambert (p. 749) met à une heure de Nezib {Nisib), sur la route d'Aïntab. Ce serait trop loin du fleuve, et point de ruines. — Je ne sais rien non plus du Salaur ou Salir dont parle MOlIer (ad Ptolem., p. 970).
' Et le localiser à Suburgulf point inconnu de moi, où un ancien voyageur aurait noté des restes de pont (Ritter, X, p. 987). Quant à Aniana, ce serait peut-être le Thillaamana de la Notitia (où était une cohors), à écrire Thillaniana, et h placer alors à Beddai ou Ghanama (Sachau, Reise^ pp. 156, 159,170). Rien de plus aventureux. J'aime mieux le rapprochement fait par Seeck (ISolit,, XXXV, 32) entre Thillaamana et Thillazamana, qui se tronve écrit deux fois ainsi (XXXV« 9 et 21). Il y a en Osrhoène, selon la Notitia, quatre localités dont le nom commence par Thilla ; celte forme correspond peut-être à telL Les tells y étaient fort nombreux, comme i*a remarqué de Moltke {loc. cit,). Pour l'identification de Bai7àfA<{;T], Zapvoûxa, Bep^CSa, MaûSai, cf. Fischer (Ptolem., p. 1003); aucun commentaire ne me vient a Tespril pour tant d'hypothèses.
* ZeÛYfJia, parfois Zsùfjia (Zôuma) ; cf. Gelzer, adn. ad Georg. Gypr., p. 149.
* Ann,j XII, 12; cf. Philoslrat., u. ApolL, I, 20: ô xeXwvT)? ô iTtiôeêXrj- [xi^voc Ttj) Zeu^fAotTi.
* Un bas-relief de Tare de triomphe de Bénévent (Almerico Meomartini, I monumenti e le opère d'arte délia ciUà di Benevenlo, 1889-92, pi.
L OCCUPATION TBRRITORIALB
Le problème est très obscur *. S'il est vrai qu'Alexandre le Grand fut le premier à établir un pont en cet endroit, il n'est pas douteux qu'il fit faire un pont de bateaux *. Précisément, à propos de Séleucos, Pline emploie les mêmes termes : ponte mnxerat^, qui peuvent convenir encore pour un pont de bateaux. En ce qui concerne les siècles suivants, nous sommes dénués d'informations. Rien n'indique clairement où Crassus franchit TEuphrate la première fois ; du moins il le fit sans dîfculté *. 11 en fut autrement l'année d'après * — cette fois c'était sûrement à Zeugma, — et avant le transfert complet de l'armée, un tourbillon enflammé mit en pièces une partie des radeaux (dxtoîaç) ^Donc il n'y avait pas alors de pont maçonné ;