III
3 Geogr. Rav., 54, 2: Sureiala (= Sure, Alala, dit MOller. p. 985). Or on a dans l&NoUtia, sous le duc de Syrie (Or., XXXIII, 32) : Cohors I Golhorum Helela (Alalius, Hardouîn {ConCf I, p. 314) ; Alalorum^ Le Quien. Or. c/ir., IL p. 848). Est-ce Alalis ? Plutôt, selon Mtiller, T'EXépa de Ptolémée (V, 14, 20), en Batanée. Je ne crois pas ; celle-ci devait dépendre du duc de Phénicie. — Pour 'AXdtfiaOa, cL peut-être la iVoh'/ifl, XXXIII, 35 : Cohors I Victorum Ammatha. Ecrites en capitales grecques, les deux formes se confondent aisément.
* Not. Or,, XXXIII, 6, 28 ; cf. Plin., H. ^., V, 87 : Ita feriur usque (S)uram locum^ in quo conuertus ad Orientem relinquit Syriae Palmirenas solitudines.
286 L*OCCUPATÎON TERRITORIALE
sistance, qui avait coûté la vie à tant de nobles perses, ordonna la destruction de Sura *. Elle n'avait pourtant pas tenu une demi-heure, les citoyens n'avaient aucune confiance dans ses faibles murs. Justinien, sans retard, lui construisit de solides remparts, avec un irpoxeJxK'Ka» un de ces avant-murs qui se retrouvent dans beaucoup de forteresses byzantines, et derrière lesquels la population pacifique venait, avec ses troupeaux, se réfugier ^.
La situation de Sura ne fait pas doute : c'est assurément le champ de ruines que j'ai rencontré à trois quarts d'heure ou une heure environ du poste militaire actuel d'El-Bammam^; de là je suis ensuite arrivé en quatre heures en face de Rakka — que nous verrons plus loin, — ce qui concorde en gros avec les indications de la table de Peutinger : Sura-Gallinicum = 10 milles.
La ville a subi une complète dévastation : je n'ai retrouvé parmi les décombres, en fait de matériaux de prix, que quelques tronçons de colonnes en marbre blanc ; des débris de tessons, comme réduits en miettes, jonchent toute l'étendue. Sura était à peu de distance du fleuve, au point où, après avoir coulé vers Test, il marque soudain un léger coude vers le nord; elle se trouvait ainsi orientée, dans sa plus grande longueur, selon le nord-est-nord — sud-ouest-sud, et elle mesurait dans ce sens un mille romain environ. La forme en était à peu près rectangulaire ; pourtant, au sud, la largeur m'a paru plus grande qu'au nord et atteignant bien près d'un demi-mille : de ce côté aussi, le fossé extérieur (encore distinct ainsi qu'à Test) dévie quelque peu et semble avoir abouti, en son extrémité, à un canal qui se reliait au fleuve. J'ai bien cru remarquer qu'uu bras de l'Euphrate, aujourd'hui desséché, passait plus près de la forteresse ; il devait être possible d'en utiliser les eaux en cas de siège et d'inonder le fossé. Ce dernier, chose étrange, cesse brusquement vers le milieu du front nord. En l'état actuel, il mesure 7 à 8 mètres de profondeur, et l'avant-mur dont parle Procope est par endroit très visible. Le
* Procop.. fî. P., II, 5.26.
« Id., Aed,, II, 9, p. 234.
' Chesney l'a le premier nolé, en négligeant l'examen détaillé ; cf. Ritter, X, p. 1080 sq. La description de Moritz (p. 29, note 4) me parait provenir d'une étude trop hâtive et dont je suis obligé, en plus d'un point, de contredire les résultats.