‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 58 sur 93 · LES RIVES SYRIENNES DE L EUPHRATE · texte numérisé non relu

LES RIVES SYRIENNES DE L EUPHRATE

mur parait avoir consisté, à une faible hauteur au-dessus du sol, en un couloir voûtée large de 5 à 6 mètres, dont les deux parois, interne et externe, étaient encore de ci de là nettement marquées et offraient une épaisseur d'un mètre. Tout le long des côtés est et nord, une série de tours rondes, d'une demi-

Euphrate /andtn. ht)

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Citadelle

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Porte de la Gtadelle

Fig. 7. — Sura.

douzaine de mètres de rayon, et s'espaçant de 50 en 50 pas

La citadelle, face à TEuphrate, est un carré parfait de 145 mètres de côté, qui présente une tour ronde à chaque angle. Au milieu de chaque face, — excepté, m'a-t-il semblé, à l'ouest- — se dressait une tour rectangulaire, ayant in fronte 20 mètres et une dizaine au moins in agro. La moins démolie, au midi, m'a permis, je crois, de reconnaître la disposition des portes qui s'ouvraient de part et d'autre, forçant l'assaillant à changer trois fois de direction avant de pénétrer dans Tintérieur du réduit; le passage était voûté. Aux murs, forts de 1™,80, nulle trace de parement en pierres de taille ; rien que

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du blocage, allernant avec des briques cuites, plates, posées dans un béton très résistant. La citadelle était elle-même entourée d'un fossé, dont j'évaluerais la profondeur à une douzaine de mètres ; il n'est plus visible du côté ouest, où du reste les débris de l'enceinte de toute la ville sont très indistincts. En revanche, on y remarque, tout près de l'angle nord-ouest, une petite tour avancée de 10 mètres de côté.

Aussi importante que Sura était Nicephorium Callinicum ' ; la première marquait le point d'arrivée des voyageurs venant de Palmyre, à Tautre aboutissait la route d'Édesse, qui suit quelque temps un affluent de TEuphrate, le Belich *. La question se pose d'abord de savoir si les deux noms que nous rapprochons désignent une seule et même ville : le fait est des plus probables, bien que contesté, et il s'agit seulement d'un changement de nom. Nicephorium, qu'on rencontre sur des monnaies jusqu'à l'époque de GalHen, est une appellation du Haut-Empire ; elle disparait ensuite et il n'est plus question que de Caliinicus ou Callinicum^ Cette ville aurait d'ailleurs souvent changé de nom si, au vi* siècle, elle reçut bien réellement celui de Gonstantina *, et au v* (en 465/6), ce qui paraît plus sérieux, celui de Léontopolis *.

Callinicum est signalée sous Julien comme nwnhnentum robustum et conimeixandi opimitate yratissimwn^. L'aire delà place devait être assez considérable. L'empereur et sa puissante armée y stationnèrent sous la tente \ et c'est là qu'arrivèrent les offres de renforts et les présents des princes arabes. Les bienfaits dont elle était redevable à Léon concernent peut-être an-

* Nicephorium dans Plin., //. iV., V, 86; VI, 119; Nixr/^6piov dans Strab., XVI, 1, 23, p. 747 C. Serait-ce la môme que Pline (V, 89) appelle Philiscum, de son nom macédonien? {A Sura autem proxima est PhilitcuTriy oppidum Parthorum ad Euphratem).

* Anciennement Délias ; B(XT)^a dans Isidore de Gharax ; Balissos dans Appien et Plutarque.

3 Théodoret, Hist, relief, ^ 26: KaXXfvtxov opojp'.ov ji^Yiaiov ; Liban., Epist.t 20 : (xxaOïjLo; ï<rz\. Trepl Ejcppàtr^v KaXX(vtxo<; ovofjia.

* Selon Etienne de Byzance ; àdd. F H G, IV, p. 526, n» 28 (Vranii fragm.). Simples faveurs de GonsLanlin? Ou restauration? On ne sait.

^ Léon la rebâtit en effet : Chroniq. d'Èdesae, in Hallier, op, cil. y u^ 70, p. 116 ; Assémani, BibL orient., I, p. 405. Un aux lui fut donné pour diriger la défense contre les Arabes [ibid.^ p. 276); Hierocl., Synecd,, 715, 1 : LeontopoliSj quae et Callinice.

« Amm. Marc, XXIII, 3, 7.

'' Ibid,f 8 : in statione quadam tub pellibus mansil.

LBS RIVBS SYRIENNES DE L BUPHRATE

tant sa défense que son embellissement. Mais plus tard elle fut négligée, et Chosroès, à la fin de la troisième guerre persique, s'empara de cette ville fort peuplée, mais insuffisamment protégée ^ Avec beaucoup d'imprévoyance, les Romains, voyant ses murs ébranlés et ruinés, les avaient peu à peu démolis, utilisant la pierre au fur et à mesure des besoins, et comptant les rebâtir ensuite de fond en comble. Chosroès ne laissa que le temps aux plus riches habitants d'emporter leurs trésors '. Justinien comprit mieux les intérêts de l'empire : il restaura murs et avant-murs et les rendît, selon Procope, inexpugnables ^.

Ce n'est point l'impression que produisent les ruines, à Rakka, Elles couvrent une surface en demi-ellipse {fig. 8),

Il Porte musu/mane

Citadelle ruinée

Fig. 8. — Nicephoriam-Callioicum.

orientée d'est en ouest. La position était très forte, dominant TEuphrate ^ ; originairement entourés d'un fossé, très recon-

* Procop., Hhi» arcflrt.,3,31 : XodptSrjç... KaXX{vtxov itrfXiv itoXuivOpcDitov oùocvoç àfiuvofiÊVou eTXe.

« Id., ô. P., II, 21, 31 ; Euagr., IV, 25.

' De aed,, U, 7, p. 230. — Menacé par Hormisdas, l'empereur Maurice se réfugia plus tard à Callinicum (Tbeopb. Simoc, III, 17, 8 sq.). Garnison de cavaliers au v« siècle (Notit., XXXV, 16),

* Éloigné d'un mille aujourd'hui, il n'est pas visible de la citadelle; les paysans du village m'ont dit qu'autrefois il coulait au pied de la ville (où Ton voit en effet un ancien lit desséché), et qu'en 1899 seulement, ce changement s'était accompli. Il l'était pourtant en 1883, au passage de Sachau. L'état de choses antique se serait-il rétabli, pour disparaître encore dans l'intervalle ? Je ne crois pas, car le Ht est encaissé.

290 l'occupation territorialb

naissable à Test, ainsi que son remblai et Tavant-mur, les soubassements de Tenceinte sont presque partout conservés *; ils révèlent un mode de construction économique, qu'on retrouve dans bien des champs de ruines de Mésopotamie et dont nous savons qu'il était en usage à l'époque byzantine : ce sont des lits d'argile crue, alternant avec des assises de briques ; le parement extérieur avait été également revêtu d'argile. Il est vrai que tout ceci pourrait à la rigueur provenir d'une restauration arabe, confoimément à Tinscription qu'on y a trouvée et qui mentionne les travaux d'un Soliman. On comprendrait mieux, alors comment, parmi les tours qui se remarquent en divers endroits du périmètre, tous les trente pas environ, on en voit une, de type différent, de forme ronde, dont la base est en gros blocs de marbre blanc, avec un escalier tournant, encombré de fragments de colonnes et de chapiteaux, et de débris divers d'époque gréco-romaine *.

Tout auprès, à deux heures de distance à l'ouest, en un point aujourd'hui appelé Kalaat-Baragla, Sachau a relevé un champ de ruines de médiocre superficie, dessinant un quadrilatère, où il vit des murs fort élevés et solides, faits de gros blocs irréguliers de gypse blanc, maçonnés avec un mélange de terre et de gravier, ce béton qui était le mortier ordinaire des Byzantins. Les murs sont casemates sur toute la péripliérie, et plusieurs des caveaux sont accessil)les. Peut-être faut-;! placer là celle localité de MaOSa-., que seul nous signale Ptolcmée ^ à peu de distance de iSlcepliorium. Sachau y voit un castellion, destiné à couvrir le passage de l'Huphrate, facilo à cet endroit *. C'était un supplément de protection pour SuTvI ou Nicephorium.

Du confluent du Belias k celui dQ TAborras. TEuphrate décrit

* Là où il s'élève encore à une certaine hauteur, j'ai cru voir, en arri(>re du mur, les traces d'une sorte de chemin de ronde ; par eniir.-» :> aussi, on y remarque des trous circulaires, pratiqués à peu de distnn/e les uns des autres, et où devaient s'emboîter des troncs d'arbres supportant quelque plancher. Il est fort probable qu'alors le bois r/cla l pas dans cette région aussi rare qu'aujourd'hui.

*Cf. Sachau, op, laud,, p. 242. » V, 17, 5.

* Op. laui., p. 245 : Es erinnerle mich an die rômiscken Kastelle, d:e ich in Sijrien gesehen, denen es an Soliditdt der Batiart gleiclikotnmt, ist dafier irofil ein liaii rOmisch-griechiscficr Zeii, nicM dcx arabischen Mùtehters. Faudrait-il traduire Uaragla par Heraclea? Cf. Moritz, op. cit.^ p. Zk).

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un arc de cercle, sur une longueur d'environ 180 kilomètres. C'est de part et d'autre le désert; seuls les bords du fleuve peuvent donner passage à une armée. Il n'était donc pas indispensable de multiplier les caÈtella en cette partie de son parcours, et il n'y a pas à s'étonner si l'on n'y a retrouvé que peu de ruines *. Il fallait seulement choisir les situations les meilleures, et l'embarras n'était pas grand : de Nicephorium à Circesium, les rives sont plates et basses; le fleuve s'égare dans la plaine en une infinité de méandres ; en deux points seulement la vallée s'étrangle et la falaise surplombe le courant. A moins d'un grand détour dans les sables, l'envahisseur devait passer par là, et là même il convenait de lui opposer quelque résistance.

C'est suivant cette route, que Chosroès entreprit sa campagne de 531 ^ Le phylarque des Saracènes de son obédience. Alamoundar, déclarait que les villes de Mésopotamie et d'Osrhoène touchant à la frontière étaient plus renforcées que jamais, alors que de l'autre côté de TEuphrate, et en Syrie, il n'y avait ni lieux fortifiés, ni garnisons nombreuses, aucune invasion perse n'ayant encore choisi cet itinéraire. Chosroès se laissa persuader, s'avança le long du fleuve par Circesium et Callinicum, sans obstacle sérieux ^ Il y eut pourtant des travaux de défense, mais le commentaire de Procope * ne permet pas de dire avec certitude s'ils furent accomplis avant la guerre, ou après ; ils semblent pourtant postérieurs.

La femme d'Odenath, prince de Palmyre, avait créé dans ces régions ingrates une petite ville à laquelle elle donna son nom, Zénobie. Par la longue négligence des Romains, les murs s'écroulèrent, la population se dispersa. Enfin Justinien

A Les Romains semblent avoir négligé Galabatha, Chubana, Thillada, Mirrbada, Basilia, Semiramidis fossa, stations parthiqnes citées par Isidore de Cbarax. Je rapporterai cependant ici Tindicalion suivante de mon journal : Après 5 heures de marche au départ de Rakka, je suis arrivé au village de Fatsa (simple groupement de tentes). « Exactement au sud, sur la rive opposée (la rive droite), j'aperçois des ruines peu étendues, délimitées par deux grandes tours, dominant TEuphrate du haut de la falaise. Le tout, me dit-on, est en briques et en pierres. Vues à la lorgnette, ces ruines semblent antérieures à l'époque arabe. »

« Procop., B. P., I, 17, 34 sq.

» Maial., XVIII, p. 461 Bonn.

^ De aed., U, 8, p. 234. Justinien y employa deux archilecles alors en grand renom, Isidore de Milet et Jean de Byzance.

L OCCUPATION TERRITORIALE

reconstruisit Zénobie de fond en comble, y appela des colons, y mit un corps de troupes régulières. Des rochers élevés entourant la ville, Tennemi eût pu lancer des flèches ou des pierres contre les défenseurs en contre-bas. L'empereur, pour y parer, dans Tintervalle minimum entre les remparts et ces bastions extérieurs, éleva sur le sommet des murs un parapet — sans doute crénelé — , abritant ceux qui y étaient postés.

L'Euphrate coulait au pied du rempart de Test, entre des berges étroites, abruptes^ et aux grosses eaux il afTouillait les murs, sapant les soubassements, éclaboussant jusqu'au faite ; les murs désagrégés menaçaient ruine ; on construisit en fortes pierres meulières une formidable digue couvrant tout le front, et contre laquelle la vague restait inoffensive. La partie nord

Fëtûite

Fa la ts e e/'e/ ^ Hilou

Fig. 9. — Zénobie.

du grand mur, délabrée par les ans, fut démolie, ainsi que le petit avant-mur, et rebâtie d'autre sorte : on en reporta les fondations au-delà du fossé qui entourait Tenceinte. Une des collines dominantes, la plus voisine, à Touest, fut englobée, et sa crête surmontée d'une muraille. Bien au-delà seulement, le plateau se redresse à nouveau, face à TOrient.

Cette description précise fait reconnaître Zénobie dans le champ de ruines de Halebiyé, où les vestiges des murs et tours montrent une forteresse triangulaire; le plus petit côté est parallèle au (leuve, la grande extension de la ville s'étant produite à Touest, vers la colline tardivement annexée ; le tout paraît avoir été bâti en gros blocs de gypse.

Auprès d'Halebif/é^ la plgiieaxi d'el- Hilou s'avance en coin vers

* J'emprunte à Sachan (p. 2o8) le plan de Zénobie et ses alentours

LBS RlYES SYRIENNES DE L*fiUP!lRATB

le fleuve ; sur la rive gauche, celui de Hamine élève une barrière plus longue, aboutissant aux deux extrémités à des débris antiques : c'est au nord Gabfel-Abou Atic, où Ton retrouve les soubassements d'un grand nombre de maisons, partie en gypse et surtout en basalte. Au sud, moins étendues, les ruines de Zalebiyé *, simple campement, croirait-on, avec ses murs encore visibles, au sommet d'un rocher à pic 2. Le deuxième rétrécissement ' de la vallée est un peu plus en aval ; au sud, il est dominé par une falaise de 250 à 300 pieds

Ha/ebiyè (ZénobU)

El-Hilou

Qa br • e/- Âàou -Atù

Hamme

Zslebiyé (Annaucout ?)

Tjibou* {J}abaus€t,.^f

Fig. 10. — Vallée de l'Euphrate vers Zéoobie.

de haut, forteresse naturelle qui fut utilisée : au lieu dit Tabous il y avait une enceinte massive, dont l'entrée ne dut être possible que par une porte au couchant, défendue par une tour puissante ; une autre tour, plus petite et maintenant ruinée, la précédait à quelque distance et servait de poste avancé. Les murs sont en gros blocs irréguliers, maçonnés avec cette terre glaise dont fut encore crépie la surface extérieure. L'abondance d'argile, à Tabous comme en d'autres parties des bassins du Tigre et de l'Euphrate, se reconnaît à l'amoncelle-

* Streck (Pauly-W., Suppl.^ s. a. Annukas) propose d'idenlifîer Zalebiyé avec Ânnoucas, donl Procope {aed., II, 6, p. 227; dit seulement : Mexà 8s Tov KipxifJ^iov (ppoupi6v èjri luaXaiov, *Avvouxa; ovop.a, ajouianl que Justinien restaura avec « magnificence » ses murs demi-ruinés. Le sens d'Annoucas en araméen (c rétrangleur ») conviendrait à la situation de Zalebiyé,

* Sachau, p. 255-257.

' La figure du double étranglement {fig. 10) est encore prise de Sachau, ibid.

294 l'occupation territoriale

ment des tessons et fragments de briques. Le point culminant du plateau est à Test, contre le fleuve, heureuse situation que commandait une petite acropole. Sachau, à qui nous devons ces renseignements *, croit pouvoir, sans doute pour la ressemblance illusoire des noms, identifier ces ruines avec le Aa6ai3(ja de Ptolémée ^ ; mais les indications de celui-ci mettraient plutôt Dabausa au cœur de la Mésopotamie '.

Nous n'éprouvons plus tant d'embarras en présence des ruines considérables qui se pressent vers le confluent de TAborras et de TEuphrate. Ici nous sommes guidés par divers auteurs; nous arrivons à Textrémité de l'empire, à l'important poste romain de Circesium *. Aujourd'hui encore l'Euphrate forme là une sorte de demi-cercle, et grâce au Khabour^t qui en

* îbid., p. 267 sq.

» V, 17, 7, — Sic Streck, Pauly-W., Suppl, s. u.

' A la rigueur, j'aimerais mieux proposer Mambri, caslel efTondré que Justinien restaura; en partant de là, on atteignait Zénobie au 5« mille, è; là 'Pcufiaiwv fJÔTj t'ovxi (Procop., Aed,y II, 8, p. 232 sq.). La situation convient, à défaut de la distance. Un peu au-delà de Tabous se trouve le bourg très important de Deir, Fischer (p. 1014) pense qu*on pourrait ridenlifier avec le TàSsipea de Ptolémée (V, 18), en raison de la position astronomique indiquée, et le Derta de la Table de Peulinger, à cause des chiffres de distances (et probablement aussi de ronomastique).

* hlunimentum tutissimum et fabre politum, cuiiis moenia Abova et Enphrates ambiurit fîu7ninat uelut spatium insulare fingentes (Amra. Marc, XXI1I,5, 1). Aussi Ptolémée (V, 17, 5) l'appelle Xaotôpa (cf. Le Quien, Or, clirist., II, 1487 sq.). Mais peut-être, suppose Fischer (p. 1003), Chabora étail-il le quartier situé sur la rive gauche de l'affluenl. Même description dans Zosim., III, 12, 3 : cioojpiov ol tojxo /.jy.XojjxEvov û-c zz Toû *A6c6pa TTOxafjLoû xal aùioù to'j E'j'^pixou, toT; ce 'AjJ'jptwv opiot; t-jvaTiTOfjiEvov (cf. m, 13, i).

* C'est TAraxes deXénophon ; *Aoojpa; dans Isid. de Gharax ; 'Aooppa; dans Strab., XVI, 1. 27, p. 747 G; 'Aooppa; dans Procop., B, P., II, 5, 2; Magnus de Garrhae et Malalas (v. infra). loh. Epiph. (F. II. G., IV, p. 275, fragm. 4) ; Xaoojpa^ chez Ptolem., V, 17, 3 ; Bojppa; dans Élien (de nat. anim.y XII, 30); 'Aooopa pour Theoph. Simoc, III, 10, 25; "Aêopoc chez Et. de %z. (s. u. 'PÉJtva) ; Plin., U, yV., XXXI, 37, écrit Chabura. On lit Fons Scabore dans laTable dePeutinger qui paraît mentionner Téraissaire le plus occidental. Le Khabour est formé par la réunion de nombreux aflluents, ayant déjà dans l'antiquité des noms qu'on a peine à identifier avec ceux d'aujourd'hui. Le bras principal passait à Resaina ; un autre venait de Dara (le Kôpo/]; de Procop., Aed., II, 2, p. 214), un quatrième de Nisibis (peut-être le Saocoras de Ptolémée (V, 17, 3), sans doute le Mygdonios des auteurs de basse époque, cur Nisibis s'appela d'abord Anliochia Mygdonia; cf. Iulian., Or., MI, 27 B, 62 B ; parmi les autres, mentionnons encore celui qui venait de la

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prolonge un des méandres, les eaux enserrent une presqu'île, rattachée par un isthme assez étroit au reste de la Mésopotamie.

Circesium appartint longtemps aux Perses qui l'avaient eux-mêmes fortifié *. Mais leur œuvre devait être complétée ; en ce sens convient-il d'interpréter Procope *: paaiXeù; ^ aixo AioxXrjXiavo; iv toT; àvo) ^p6vot(; èSeffxaxo. Encore Dioclélien n*avaitil pas. suivant le même auteur, absolument enclos Circesium ; il avait élevé un mur aboutissant de part et d'autre à TEuphrate, avec une tour à chaque extrémité ; mais du côté du fleuve lui-même il avait laissé la ville complètement ouverte, convaincu sans doute que le courant était une protection suffisante. Peu à peu Tune des tours, opposée au vent du midi, avait été rongée par le fleuve et elle menaçait de s'efl'ondrer. L'ensemble même des remparts avait été entièrement négligé depuis Dioclétien ; jamais, nous le savons, les invasions ne s'étaient produites de ce côté, dans les derniers siècles dont Procope a pu connaître l'histoire. Justinien fit réparer la tour avec de massifs blocs de pierre et compléta l'enceinte en édifiant devant TEuphrate le mur nécessaire; enfin il ajouta un avant-mur et, pour adoucir les rigueurs d'un aussi triste séjour et du climat brûlant, il améliora en faveur de la garnison le service des bains publics. Il est difficile au reste de savoir quand eurent lieu ces travaux, s'ils précédèrent, ou suivirent — solution plus probable — le passage de Chosroès. Procope dit seulement que le roi n'osa tenter de prendre la ville ; il signale à cette occasion le grand mur de Dioclétien — qui donne à la presqu'île une forme à peu près triangulaire.

Sachau a visité les ruines {El-Bousera) ; la disposition des décombres lui donne à penser que le plan de la ville était oblong ; il faut quinze minutes pour en parcourir la plus grande longueur. Ce n'est plus guère qu'un amalgame de terres, de briques et de tessons ; à Tangle sud-ouest on pouvait voir pourtant une tour aux murs épais, ronde et creuse, sans doute celle que répara Justinien ; on devait atteindre le sommet par

région de Singara. — Cf. Rîlter, Erdk,^ XI, p. 253-265 ; Ai nsworlh, Narrative, I, p. 331-345 ; Streck, ap. Pauly-W., SuppL, I (1903), 5 et

* Cireeium (sic) castrum,.. in finibus Persidis (Capitol., Gord, IIl, in fine).

* De aed., II, 6, p. 226; cf. B. P., 11,5, 2-3.

296 LOCCCPATIOH TERRITORIAL

Bn escalier inlérieur. — A peu de distance de là. ëé YÔyageu? a noté, en face du mur qui riôfendail le front nord, un grand édifice rectangulaire, dont les murailles suljsislent encore, assez élevées, sur leur pourtour presque entier ; l'épaisseur en était considérahle, mais dans leur construction n'entraient que le mortier et de larges briques carrées. L'accumulation des débris avait fait des chambres intérieures des souterrains où l'on ne pénétrait plus qu'en rampant. Il y aurait eu làun costtllîim ' ; on peul songer en effet h une caserne ponr la garnison, qui atteignit fréquemmenl nn chiffre élevé. Quand Julien, descendant l'Eupbrate, passa à Circesium, il y trouva établis 6.000 soldats, et loin de laisser l'empire dégarni de troupes derribre lui, eu ajouta 4.000, soua le commandement de deux exarques *. Au temps de la Notitia digttitatttm, c'est à Circesium que résidait le préfet de la Ipff- IV Parthica *,■ mais le systijme, alors en vigueur, de division à outrance des légions, ne laisse pas deviner l'efTeclif total. Il diminua beaucoup avec le temps, puisque Justinien dut l'accroître et mettre k sa tète un chef important, un dtix.

Le rôle considérable dévolu h. Circesium apparaît moins encore à la lecluredes auteurs qu'à la visite des lieux. Celle ville, déjà étendue par elle-même, est en outre entourée de ruines et d'un certain nombre de vieilles tours de briques. Au flud-est, à Koubbet-el-Imân-Ali, un autre champ de décombres indique l'emplacement d'une vaste localité antique *. En face, de l'autre cdté de l'Eupbrate, à Rakaba, sur un rocher à pic, une forteresse, ou plutôt deux, circonscrites l'une à l'autre ; le mur extérieur est renforcé de tours quadrangulaires, et l'intérieur, voûté et casemate, partie en blocs îrréguliers de gypse, partie en menues briques carrées dans un bain de mortier *. Ëoûn, en suivant l'Aborras sur quelques milles, on aperçoit encore quelques tells couverts de tessons. Il est curieux de songer que la plupart de ces restes, ayant été trouvés au sud

' Ich halte diet Gebdude, dessert Plan ick vor Schultkaufen nicht erkentten konnte, fur «m in«erhaib des Stadlgebtetes gelegene» rômisehei Catlell {op. laud., p. 386-8).

* Mal&l., p. 328, 20 ttonn (d'après MsgDUS de Carrhae ut Eat;chtaDOS de Gappadoue (P. H. G.. IV, 4,5).

» Not. Or., XXXV, 24.

*Sactiau, p. 286.

• Ibid., p. 279.

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et à l'est de Circesium, proviennent apparemment de fortifications perses — ou arabes — , bien que le mode de construction rappelle à s*y méprendre les travaux des Romains.

On souhaiterait un plan détaillé de tout cet ensemble ; Cîrcessium marquait un point de bifurcation des routes commerciales : les caravanes venues de l'Inde, en suivant TEuphrate, s'en détachaient parfois pour rejoindre directement Paimyre. Sur TAborras avait été jeté ce pont que Julien fit couper. Enfin Circesium était le dernier poste romain, (ppouptov è'axa'cov.

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