‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 6 sur 93 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

Dans les ouvrages qui traitent d'institutions romaines, on rencontre d'habitude la démarcation fondamentale et traditionnelle : avant Dioclétien, après Dioclétien. J'ai renoncé à en faire une division générale des matières : en Syrie, les choses ne sont pas aussi simples; à bien des moments de l'évolution, il s'est produit des modifications de détail qui provenaient des circonstances, plus puissantes que les idées réformatrices des empereurs. Les distinctions chronologiques se trouveront marquées dans chaque chapitre, et l'on verra que, suivant le sujet, elles ne laissent pas de varier.

J'attache à cette observation une importance toute particulière en ce qui concerne les cadres de l'armée. Certes, on ne peut nier l'intérêt considérable de la grande réforme, devenue officielle vers le début du iv^ siècle, qui sépara l'armée de réserve des troupes des frontières. Mais cette réforme s'était déjà préparée au siècle précédent et même, en fait, partiellement accomplie. Elle ne doit pas non plus dominer trop exclusivement notre étude *. L'émiettement des légions lui est antérieur, comme la genèse des corps d'equites ; elle n'est pour rien dans la prépondérance de l'élément barbare ; elle est restée sans effet sur la nature et la composition des anciens auxilia : cohortes et alae ; et j'ai cru nécessaire d'accuser la persistance de ces divers corps, si longtemps maintenus dans leurs lieux de campement. Au point de vue strictement militaire, le dux rappelle assez le legatns protiificiae, et, après tout, le magister militum^ conduisant à la guerre persique les comitalenses ou des auxilia palatina, ne diffère pas tellement du général du m® siècle, César ou consulaire, empruntant pour le même objet ses forces principales aux légions de Danube. Enfin l'organisation militaire du IV' siècle garde encore, avec celle du passé, des liens qui plus tard ont dû s'affaiblir, sinon se rompre ; car à l'époque

* L'avènement des Sassanides, par ses conséquences, me parait dans celte histoire on moment plus décisif; mais lui-même n'offre pas une division générale satisfaisante.

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