‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 62 sur 93 · M. 13 ; II, 1 ; II · texte numérisé non relu

M. 13 ; II, 1 ; II

^ XVIII, 6, 12. —L.\ était (ifrid.. 13) la forteresse d'Amoudia ou 'Afifxwo.ov {Aed., II, 1, p. 213), 'A^x^KoSîto; (Theoph. Simoc, V, 4, 4), Amaude (Geogr. Rav., 81, 20) ; cf. Fraeakel, Pauly-W., s. u.

« Amm. Marc, XVIII, 10, 1.

' Cf. supra, p. 316, noie 2.

» V. plus loin.

» Meiacarire (eut fontes dedere uocabulum gelidi, selon Amm., XVIII, 6

322 l'occupatios tërritobiale

cha' se liorivcraienL sur le chemin le plus court de là à Amida, par conséquent loin du lleuve. Kenian et Busan seuls éLaïent en dehors de cotle voie *, car on ne les gagna que par un détour.

En 584, le chef perse Cardarig'an allait en venir aux mains avec le maître de la milice d'Orient Jean ; ce dernier étaldil son camp à Monocartum. sur le mont Aisuma, qui était le point culminant de l'izalas '. De 1^, évoluant entre un certain nombre de castra, il se rendît à Xipxipmiii'. *, et, <i ta nouvelle que Cardarigan voulait monter à l'izalas Sià tû>v ô;('jpiu)iitu>v toù MgiYixa:)!p(, il ramena son quartier général à Nisibis, d'où il dirigea quelques razzias en territoire perse, puis il revint s'abriter parmi les hauteurs de l'izalas^. Les indications de Siinocatla sont extrêmement confuses et ue permettent de situer, même par approximation, aucun des postes qu'il cite ; on croit voir cependant que tous étaient sur le Masius, et la plupart dans la partie méridionale et orientale de cette chaîne.

Ailleurs il en nomme d'autres encore, toujours en termes vagues: Héraclios trouva sur l'izalas de nombreux castei/a, notamment Thomauou ; il mit garnison dans deux d'entre eux : Pbatacbon et Alalïsos °. Ces campements forliltés appartenaient tour à tour, suivant la Fortune de la guerre, aux deux belligérants. De Lorne nous savons seulement qu'il était près

16) correspond nui ,l7uae /'rijidne de la Table de Peutioger; Theopb. Simoc, I, 13, 4 : MaViKaaip! ; dans la Not. dign. (XXXVI, 36) : Maiocariri, où stationnait la Coliors quarlai/ecimn Valeria Zabdenorum.

> On l'a identiné avec Mefana Cartba, où la Not. (XXXVI, 25) pisca les Equilei sagttlariiindigenae Arabanentes ; c'est possltile, rien de plus. Le même doute â'élève sur le rapprocbenienl qu'inspire cette autre menlioD : Ala secu'tdii noua Aegypiiorum Cartka {ibid., 32). Add. infra, note 4.

^ On s'explique ainsi que des approvionnements y aient été cicbés, ut in munimentis praecelm et fidk (Amm., loc. cit.),

» Theoph. Simoc, I, 14, 6. Monocarlum a'appelail alors TibériopoUs, en raifton sans doute d'une réfection due à Tibère [[.

* Elitter (XI, p. 152) assimile celte localité avec le Rbabdium de Procape, et Slreck (Pauly-W., Suppl., l, 283) suppoaeque ce nom de Xap-^apoi^âv

sigoilie eenlement die betesliqte Sladl Roman (le Reman d'Ammiea), qai n'Hurnit rien à voir avec le Cbarcba cité également par Ammîen, pttr Euagr., VI, 21, SimocaUa lui-nié.ne (V, 1, 10 ; V, 13, t) et la Kolitia (ci-de&sus, note I). Celle hypothèse semble plausible, maie non celle de Rilter.

'Theoph. Simoc, I. 13, 3 sq.

• II, y, 17.

DU TIGRÉ A l'eUPHRATB. ROUTES, FORTERESSES DE MESOPOTAMIE 323

de Mardirij car un messager parti d'Amida se rendit à Nisibis à travers Tlzaias, en passant entre ces deux localités *.

Sur la frontière, mais on ignore en quel point, était le castel de Rliabdium *. Il n'appartint que tardivement aux Romains, ayant été obtenu, ainsi que la route qui y conduisait, par un empereur que Procope ne nomme pas, en échange d'une région de vignobles en Arménie, qu'il céda à la Perse. On ne peut qu*approximativement en déterminer la place, sachant qu'il était à deux journées de marche de Dara, Tovu 1; xà nepawv rfir^, et que Sisaurana ou Sisaura ' dont Justinien s'était emparé, distant de 3 milles de Rhabdium, se trouvait à un jour de Nisibis *. Cette région, malgré sa fertilité, était restée sans défense jusque-là ; et pourtant Rhabdium occupait une position éminemment favorable, sur des rochers abrupts. Justinien, le premier, entoura de murailles cette localité, et creusa la roche en maint endroit, pour la conservation des eaux de pluie.

Mais depuis le traité de Jovien, il n'y avait plus vers le Haut- Tigre qu'une cité véritable, Amida * . 11 ne nous est pas dit qu'elle ait été fortifiée avant Constance II (337-361) « qui pourvut cette ville, olim perquam breuem, de tours et de murs épais et y créa un arsenal. La leg. V Parthica, avec un escadron indigène à gros effectif, s'y trouvait en permanence;

* Familiarem regionum Mesopotamiae gnarum, per Izalam monlem inter castelLa praesidiaria duo Maride et Lomé, introiturum Nisibin occulte dimisil (Amrn. Marc, XIX, 9, 4). Sur toute cette région de ITzalas, cf. Ritter, Erdk,, XI, p. 150 sq. — Autres forlificalions nommées par Simocatta, et qui sont toutes dans les environs de la haute vallée du Tigre : Aphoumoo, byzantine (1, 1, 12. 3 ; II, 9, 4. 9 ; III, 15, 4) ; Acbas et Mal* zaron, perses (I, 12, 1 ; II, 18, 7) ; Chlomaron (II, 7, 6 ; 8, 12) et Beïouoae; (II, 18, 7) ; cf. B7iVoi><6aï>eaç de Georges de Chypre (930) = uicus ludaeorum. On peut le rapprocher du Sina ludaeorum de la Notit, (XXXV, 19 (cf. 7) : Equités promoti indigenae), qui était en Osrhoène.

^ Georg. Cypr., 914 : x. ToupàvStoç (= tou 'Pà[6]8ioç, selon Gelzer, p. 158). ToupauSto;, d'après G. Hoffmann ; et ce caste , différent de Rhabdium (Rappùn)f serait à placer à Tour-Abdin, — Procop., Aed,, II, 4, p. 220-1.

3 Sisara dans Amm. Marc, v. p. 321 ; Procop., ibid.

* /?. P.. Il, 19, 2. Cf. Ritter, Erdk., XI, pp. 400, 401.

^ Hieroclès, Synecd. : 'Eirap-^^ia Meaoïroxaixiaç,.. ^roXiv a, "AfxtSa. — Cf. Ritter, XI, p. 20-23.

^ La Chronique d'Édesse rapporte Tévénement à l'année 349 : Rallier, p. 96, n° 19 ; Assémani, Bibl. or,, I, p. 26 ; add., 196. La construction dura deux ou trois ans, d'après Zacharias Rhetor^ Vil, 6, p. 117; cf. les notes d'Ahrens et Krûger, p. 343.

324 l'occupation territorialb

mais la garnison Tiil consiiiérablemeiit accrue au momCDtde la guerre de Sapor, en 359 '. Ammieti a longuement décrit le sifege qu'elle subit alors, et sa description s'applique très bien à la ville actuelle de Diarbékir *. Un autre, plus terrible encore, eut lieu sous Anastase en 503 ; les assiégeants s'emparèrent de la ville par une mine soulerraine ; mais Anastase l'acheta ensuite Amida ^. l'rocopo consigne brièvement que Justinien en

VallËe Ju Tigre à Amida.

refit le mur et l'avant-mur qui menaçaiunl de s'écrouler '. Un détail, rapporté k l'époque antérieure, n'a pu manquer J'intéressor aussi celle de Justinien: il s'agit d'une sorte de puits qui, sans interruption, fournissait de l'eau à la i^arnisonetaux assiégés '; il était pratiqué au niveau du fleuve. El le texte permet de conclure à l'exisleuee d'un système d'approvisionnement analogue dans toutes tes places fortes au voisinage d'une rivière.

> Amm. Marc, XVIII, 9 ; XIX, 1 . Plus tard, k Nolitta lui donne sealement comme garaison (XXXVI, 19-20) leaEquiUi icularii Ulynciatii et les tquites Ducatorei Illyriciani primi. Elle a éié compilée & un moment 011 l'empire dtait moins menucé sur celte frontière.

^ V. [pg. 15) le profil emprunté à Czernik, loc. cit., pi. H, commentaire frappant (l'Ainmien [XVIK.S, 1): in arduo sitam,unoque atceniu perangmlo meabilem, quem icistis coliibus, moiinae ad calUs ari:tandas, aedificalae demiui canslringebanl.

• Prooûp.. B. P.. I, 7-9. Cf. auasi la cbroniauo de Josné le Siyllte et celle d'Ëde^ae [Hallier, p. 120, no 80).

' De aed., U, 3, p. 120.

' Amm. Marc., .XIX, 5, 4 : m suminoto ioco partis meridîanae fflurarunt, ijuae despectat /tuuium Tigrim, currit fait in sublimitaUm exurgent, sub <jua kiithanl rupes absciiae ut deipici tint uertigine korrenda non potset, unde eaiiatit fornicibus iublerraneis per raiiices monUi seaiae ad utque ciuitalis ducebaui ptanitiem, quo -w amnM aUeo kaurirenlur aquae furtim, ul in omnihns per eai regiones mwtimentis, quae eonlingurU (lumina, uidimus, [abre poiHae. Sur ce que contenait la ville, ei Dotamment l'aqueduc, v. Zacliurias, p. 118 ; add. Marcellin. Cornes, 518.

DU TIGRE A l'eUPHRATE, ROUTES FORTERESSES DE MÉSOPOTAMIE 323

Si la citadelle d'Amida n'est plus qu'un amas de décombres, du moins les murs de l'antique enceinte, les tours et les portes sont encore debout *, et Ton n'en regrette que davantage l'absence d'un plan qui aurait dû tenter les voyageurs, alors qu'ils n'ont guère fait que traverser la ville ou en visiter les divers monuments sans importance '.

Cette cité, qui avait le privilège d'être à la fois au bord du Tigre et à deux jours de l'Euphrate à peine ', était désignée pour protéger les approches des territoires romains d'Arménie et de Mésopotamie tout ensemble. Nous avons vu qu'elle était . reliée à Dara par une série de forteresses ; mais elle-même s'entourait de castella qui opposaient une première résistance à l'invasion et laissaient à la place principale le temps de s'organiser. Procope, visiblement mal renseigné sur cette contrée, déclare n'êlre pas en mesure de parler de tous avec précision * ; d'une façon générale et vague, il sait que Justinien mil à l'abri d'un coup de main tous ceux qui y étaient exposés, leurs murs n'étant faits que d'une sorte de boue argileuse. Il n'en cite que deux : Apadna et Byrthum. Le premier aura été créé vers la même époque qu'Amida, car il figure parmi les forteresses dont on voit l'image en tête des chapitres de la Notitia dignitatiim; il est bizarre seulement qu'on l'y rencontre deux fois, parmi les places de l'Osrhoène et celles de la Mésopotamie ^ avec une légère variante orthographique, par elle-même négligeable. Il devait y avoir deux Apadna : celui de Mésopotamie • se trouvait quelque part au nord d'Amida, dans le Taurus arménien ^ Quant à Byrthum, il est présentement introuvable '.

* Sachau, ibid.y p. 437.

* Oppert, Expédit, en Mésopotamie, I, p. 50-57.

• Entre les deux se Irouvail le xâ<rcpov 'A6àpfi7)(; ou 'A6àpv7)(; de Georges de Chypre (921), en rapport avec les sources cbaudes dont parle Ammien (XVIII, 9, 2), près du Tchermouk d'aujourd'hui. Cf. Streck. Pauly-W., Suppl.fS, u.

^ De aed.f II, 4, p. 223 : ànpi^oXo^ila^ai à'navxa irpoc ovofia oûx eùicExéç è<7Ti. Amm. Marc, XIX, 6, i, fait allusion à plusieurs d'entre eux, à propos du siège d'Amida par Sapor: alia munimenta iisdem diebus capta sunteiincensa ; et de ces castella, où sans doute s'était réfugiée une partie de la population civile, des milliers d'hommes furent emmenés en servitude.

5 Not. Or,, XXXV, 13 (Apatna) ; XXXVI. 8 (Apadna).

• Pour celui d'Osrhoène, v. p. 299, note 4.

^ Cf. Ruge, s. u., Pauly-W., et Streck. ibid,, SuppL, I, 98-99.

" On n'en saurait rapprocher le Birtha des bords de TEuphrate cité

326 ' l'occupation TltaaiTOEIALB

C'est encore une forteresse couvrant Amida que désigne Ammien, racontant qu'une foule innombrable, lors du si^ de 359» Ziaia capto castello ad hostium ducebatur^ quem m locum ut capacissimum et muniium — spatio quippe deem stadiorum * ambitur — promiseua confugerat muUitudo ^ Hais elle se trouvait déjà en Grande-Arménie.

Enfin, dans cette énumération, assez désordonnée, des constructions militaires qui concouraient à la défense de la frontière persique, Procope nonmie encore le casteUum de Baras \ à la suite des dépendances d' Amida. On en chercherait vainement la position précise, sur cette unique donnée qu'il occupait le sommet d'une montagne escarpée, et que Justinien lui fournit l'eau qui lui manquait, en faisant creuser à l'intérieur des murs un puits. Jusqu'au niveau d'une source voisine, qui vint s'y précipiter.

par Ptolémée (V, 18), qoe Fischer voudrait pltesr an peu en aval di Itie Mo$la^ où Ghesney a vo quelques mines (entre Aotts et BëMij^i^itL Joaué le Stylite, CAroiitg., 03 : « Le vénérable Serghis, évèqne de la cltadellb de Birtha* située ohes notm ans bords de i'Euphrate, coBaieaça aussi à bAtir des remparts à sa ville, b D. H. Mniler (Aôtlta, Panlf-V.) distingue deux Blrtha sur l'Baphrate, Tan en Osrhoène (Hierod.,7IS,2i qui serait ideoilqae an x. BCpSaiv de Georges de Gbjpre (899) ; cf. peut-éire Ala prima Victariae Tauia (tie) contra Bintha (NoL^ XXXV, 28); l'autre dans TArabie déserte, qui serait à Deir, Le mot, signifiant château fort, a pu servir bien des fois.

' Environ 1.800 mètres.

« XIX, 6, 1. V. tn/ra, p. 358.

^ Le Géographe de Raveone (79, 10} mentionne un autre Bara, entre Nisibe et Édesse.

Page 1