‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 66 sur 93 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

LES FORTERESSES ROMAINES DE GRAIfDE-ÂRMÉIflE

Dans la Grande-Arménie» Tœuvre des Romains a un caractère d'improvisation ; ils n'y procédèrent pas suivant un plan arrêté. Nous voudrions surtout indiquer ici, parmi les très nombreuses cités arméniennes que nos sources nous font connaître, celles dont les Romains ont tiré eux-mêmes un parti stratégique. Mais rien n'est plus difficile ; on a même la plus grande peine à porter sur une carte la frontière approximative que détermina chaque traité de paix. Les cinq provinces « transtigritaines » restent dans le vague; la part réservée en Arménie à Théodose, lors du partage du pays, fut plus de quatre fois moindre que celle du roi de Perse,parcequ*Arsace avait moins reçu que Tigrane S mais cela ne précise la délimitation ; d'une façon générale^ il semble seulement qu'elle courait entre Amida xal TT,v eîoSoTiouroXtv X7;v bépav, soit entre Diarbékir et Erzeroum. Quant à la frontière fixée par la paix de K9i entre Maurice et Chosroès II, elle n'est pas non plus rigoureusement connue ^

Les premières campagnes des Romains entraînèrent fréquemment des destructions complètes de cités: LucuUus ré-

* Prooop., Aed., III, 1, p. 245-6, qui énoQCC des erreurs. ' V. supra, p. 10.

LOCCUrATlON TBHRITOIIIALE

fJuit à néant Ti^Tnnocerte û moilié achevée ' ; les légats de César rasent les mars d'Arlagira ', qui avait voulu se soustraire à l'aiilorilé romaine ' ; enfin Corbulon livra aux flammes la capitale .Vrtaxata *, parce qu'il y aurait fallu une trop forte garnison. Ainsi, durant ces premiers temps, la pensée n'apparaît pas nettement d'un étaliiissement délinilif, puisqu'on ne inéuage pas les ressources de la contrée : du moins ne veul-ou pas d'une occupation trop dispendieuse '■ Il est naturel, au cours de la guerre sous Néron, de trouver des Homains dans un fort à Zîala,prfes de Kharpout Sc'est-à-dire dans le voisinage d'Arsamosale, autre métropole arménienne ', et une garnison romuine campée à Gorneae, près d'Artasata *. On s'étonnera davantage de découvrir nue ufxillalio de la ley. XY Apotlinaris, eu 185, à Caenopolis [Valarschaput], près d'Etschmiadziii '.

l'armi les villes alors démolies, Artagîra ne reparaît plus dans l'histoire ; Arlaxata fut rebâtie parTiridate ; Tigranocerte soulève une plus grosse question, souvent débattue : où était celte célêbrecité? Bien qu'elle s'évanouisse de bonne heure, il y aurait intérêt à la situer : plusieurs localités pourraient être ainsi idenliDées, car les auteurs en marquent l'emplacement d'après l'éloignemeiit de Tigranocerte.

Sachau '" proposait Tell-f£rmcu, au sud-ouest de Mar^

' SLraii.. XI, 14, l5, p. 532 C.

* [Ijat la poiitiuri a'eatpoint oertnine ; cT. Itauragsrlncr, s. u. (Paulv- W.).

'Slrab., XI, U, 0. p. 523 C.

' Tae-, ^<i>i., XIII. 41; add. Strab., ibid.; cf. Baumgartner, s. u. (Pauly-W.) ; Dubois de Monlpéreux, Voyage aul. du Caucaie, III, p. 404 aq. ; utUa I, pi. XIX, 3.

' Dès le début de sa campagne, Corbulon avait élevé des forlifications en Arménie; il dut les supprijner, sur la soinmatîoa injpérieuae de VoiDgèae (T«c., Ann., XV, 1").

' CF, It. W, llendersoo, lUtandeia and ihe rirer Arsanias (lourn. of. PAiloloi/ii. XXVIII (iDOl). p. 271].

' Tac. Ann., XII, 45, 3. Miiller (op. cit., p. 943) croit retrouver ce nom. Gortieae (= Gsrnese), dans le Gjrni-lchai, petit cours d'eau tout Toisin de Douin, le Ao'JSio^ des Byzantins, au nofd-est d'Anaiata, à 8 Jours de Tùéodosiopolis (Procop,, if. P., 11,25,1 sq. ; add. 11, 30, 33) ; cf. BiuiiiRPtrlner, Dubios {Pdulj-W.).

^ CIL. lll.GOSi.

'" 0(1. rii.. p. 401 sq. ; rf. Mihrtidi. 'I^r nerliiier Akad., 8 not. taSO; add. Th. M.nnmseM, -s-imneUi: S.hri!lc'i. IV (= llnl'ji: .S.'/.r., 1), Berlin, !'.)():, p. 3-.'3 3;i2.

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