LES FORTERESSES ROMAINES DE GRANDE-ARMÂNIB
rfm* ; mais il faut renoncer à chercher au sud du Tigre : les exploralions les plus récentes ^ conduisent à Tidentiflcation, due à de Moltke, avec Maiafarkin^ sur le Farkin-Soii, petit affluent du Tigre qui peut fort bien correspondre au Nicephorius de Tacite ' et qui est tout voisin du Batmayi-Tchaï; celui-ci représente le Nymphios de Procope *, cours d'eau qui marquait la frontière. Millier ^ voulait voir les restes de Tigranocerte dans les ruines à'Arzen ®, un peu à Test de Maiafarkin où, comme Ritler^ il plaçait Martyropolis. Faustos de Byzance ^ dit que saint Épiphane «posa les fondements d'une église en l'honneur des martyrs dans la ville de Tigranocerte ^ > Dans son esprit, un nom s'était simplement substitué à l'autre. Millier le taxe d'inexactitude, mais lui-même a bien vu que Procope n'y contredisait pas forcément *\
Si l'identification de Martyropolis avec Maiafarkin est une erreur, conclut Ritter, cette erreur remonte loin, aux auteurs grecs et arabes du x® siècle. Mais l'erreur est très improbable : Lehmann a copié à la porte nord de Maiafarkin une inscription grecque mutilée qui parle d'un combat qu'eurent à soutenir les 'Poj[jLaTot ; des combats furent précisément livrés à Martyropolis.
* Sic B. W. Henderson, The Site of Tigranocerte {Journ. of Philology, ibid., p. 99 sq.).
* G. F. Lehmana, Von der deutschen armenischen Expédition (Wiener Zeitschr, fur die Kunde des Morgentandes, XIV (1900), p. 41 sq.). Le haut des murs est de la basse époque islamique.
» Ann., XV, 4.
* De aed., III, 2, p. 248.
* Ad Ptolem., p. 949 sq.
* On pourrait songer à inscrire là, sur la carte, le fort perse d'Acbas (Theoph. Simoc, I, 12, 1 sq.) ou Ocbas (Buagr., VI, 15). Les deux auteurs s'accordent à rapporter qu'il était campé sur la cime d'un rocher bordé de précipices et de l'autre côté de la rivière (c'est-à-dire du Nymphios). De plus, les ruines d'Arzen font face à l'ouest, ce qui convient parfaitement à un fort braqué contre un ennemi d'Occident.
' Erdk,, XI, p. 67-80.
« Fragm. hist., V, p. 292.
* Il s'agit des martyrs que faisait la persécution perse ; Mai ty repolis était si voisine des frontières que les adorateurs du feu pouvaient poursuivre leurs entreprises jusque-là.
*° B. P., I, 8, 22 : è'dxi 8è 6 iroxap-ô; ouxo; xt); MapxupoitoXeo); jilv cxy- Xoxdtxco. De aed., Ill, 2, p. 248 : nap* aùxov iroxajiôv Nuficptov ; minus accfirate, dit Millier (p. 949). Mais non, icapà indique simplement la proximité, et Procope a voulu surtout marquer que Martyropolis était très rapprochée de l'ennemi.
3G0 l'occupation territorule
D'autre part, il serait i^trango qu'on ii'eùL pas tiré parli île l'excellenle sJtiialion de l'eudroit, entouré d'un cours d'eau hmid spernenda latitudine. ', et sur une hauteur, bien que devant une large plaine '. Néanmoins, on avait lougleraps négligé de le fortifier; l'enceinLene mesurait que 4 pieds d'épaisseur à peine. iO de lianteur, lorsque, sous \nastase, Cavad olilint la soumission de Martyropolis '. Justinien fit bAtir un autre mur île même force, en avant de l'ancien, et remplir de [iiBrres et de chaux tout l'espace intermédiaire — soit 12 pieds d'épaisseur au total —, puis il fit surélever le tout '.
Marlyropolis une fois prise, malgré ces précautions '-, l'idi^e «lit pu séduire d'essayer de pénétrer en Cappadoce en évitant Amida; eu arrière, à une petite journée vers l'ouest, se trouvait le chAteau fort de l'tieison (aujourd'hui 7^/s); plus loin encore, passé 8 milles, on entrait dans deux gorges étroites, qui s'ouvraient entre des montagnes abruptes et inaccessibles, appelées x^^Enoûpai * : les abords en étaient fortement retranchés, mais insuffisants les corps de garde ; Justmien les accrut.
L'accès des clisurae s'ouvrait également à qui venait de l'Aslliianbne, au nord de Marlyropolis. Justinien y opposa un pi'emier obstacle en édifiant sur une hauteur le casiel L..:=??ji,- '.t ^A Si'.u:'-,-!..,,- i^v."' de Gilharizou ', où il fit d.'riveiune grande masse d'eau, accumula les approvisionnements et plaça le second duc d'Arménie avec une forte garnison sous ses ordres *. Cette mesure eut son effet. Chosroès ne porta plus
'Tac. A>m., XV, K.
»StrHb.,Xr, 12,4, p. 522 G.
' Uliérieuremenl un sutre siège avait ^lé tenté (Procop., B. P., 1, 21, 5 sq.), et la ville allait succomber quand le roi de Perse mourut.
' Id., Aed., p. 248-250.
• Elle le fut BQ elfet plus tard, par trahison, vers 588. Philippique s'efforçu. de la reconquérir, mais échoua faute de machines de siège. Alors, dit Euagrius (VI, 14), on en lit le blocua en renforçani les garnisons voisines, et on bâtit une autre ville à 7 siadea de dislance, pour incommoder Marlyropolis par des courses conlinucliea. Mais ce fut la pri^B d'Ocbas qui démoralisa l'ennemi.
^ Il y avait d'autres xXtiioùpiL au sud du lac de Van, ]% ou paseaitla frontière iiprès le traité de Maurice en 591 (Cf. Georg. Cypr., 945).
' llitter [ibiii., p. 78) le place à Paioit sur l'Euphrate ; mais ce bourg est bien trop i. l'ouest; là était sn réalité le xxjrpov BaïouXoûg; (= lit-Àojt),-! de GeorKes de Chypre (OôD).
Pfocop., Aeii., m, 3, p. 250.