SCÈNE VI
NISIDA , GODIVET.
GODIVET.
Ma foi, il est impossible d'avoir des manières plus distinguées... elle est fort bien pour répicerie , cette femme-là.
NISIDA
Quel est cet homme-là ? D'oii tombe-t-il ? GODIVET, à Nisida.
A nous deux , ma belle enfant... {A pari.) Elle est gentille la
petite... {Haut.) Nous disons , la liste des provisions Huile
d'olive, bougie, café... soixante livres de chaque...
KISIDA.
Mais, monsieur, c'est trop... cela se gâtera.
GODIVET.
C'est ce qu'il faut.. . je reviendrai ])his vite auprès de vous
(îar elle est •liannanle, et me ferait presque oublier ma femme <pii m'attend.
NISIDA
Votre feiiime !
GODIVET.
Oui , mon ange et elle n'aime j>as attendre, M""" Godi-
vet... c'est ma faute, je l'ai habituée à l'exactitude avec ça
qu'elle est un peu jalouse... Dam I j'ai eu mon tems... le tems des conquêtes... quand j'étais premier garçon , rue des Lombards... et que toutes ces petites marchandes de la rue Saint- Denis... Il n'y a rien de plus galant que l'épicier en général... et surtout en particulier... aussi , en ce moment encore , il me .semble ( mouvement de N/s/Ja) ; mais non , non je cours rejoindre ma femme... je la conduis ce soir en France, où nous passerons une quinzaine de jours... et en repassant, je vous apporterai ce que vous m'avez conunandé : sans compter pour vous quelques douceurs.
NISIDA
.Fe n'en écoute jamais.
GODIVET.
Et moi , je vous en offre... deux livres de chocolat... et pour madame voti'e mère, une bouteille d'anisette. AïK des Carabiniers ( de Fra-Diavolo).
Acceptez-la, mademoiselle, De vous l'offrir il m'est bien doux.
NiSiDA.
Monsieur est trop bon.
GODIVKT.
Ah ! ma belle!
Peut-on l'être trop avec vous? A ce» «'radeaux-là je m'engage , (>'fst un usage convenu , Dans tous les châteaux... et l'usage Est aussi d'en prendre un reçu. ( Il l'embrasse.)
NISIDA , parlé.
IVronsieui".
GODIVET , de même.
Pardon... l'ancienne habitude des conquêtes. ENSEMBLE.
Heprise de l'air.
(ÎODIVKT.
Adieu! ma ft-mme ijue j'oublit (joulre moi doit être en courroux ; Mais il n'est rien, ma jeune amie, Que l'on n'oublie auprès de vous.
NrsruA.
Une telle galanterie...
Mais pourquoi me mettre on courroux ?
.Il- n'ai jamais vu de ma vie D'épicier plus galant <|U(; vuu.s.
^ En sortant par le lond , Godivcl lui envoie des baisers. — Pepilu paraît au moment où il sort.)