‹ La frontière sino-annamite: description géographique et ethnographique d'après des documentsChapitre 36 sur 89 · Voir plus haut, page · texte numérisé non relu

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APPENDICE y^, 3. 79

les brigands des montagnes occidentales (Tay-son): on pouvait apercevoir ces batteries l'une de lautre; elles n'existent plus et on a conservé les noms de la 3^ et de la 6e batterie.

Toute cette région est couverte de hauteurs désolées coupées parfois de sentiers silencieux. Partout s'entrelacent dans les buissons épineux des herbes sauvage qui atteignent plus de 10 pieds de hauteur. Dans ces parages tantôt des rochers escarpés, tantôt de sombres ravins barrent la route. On ne rencontre nulle part trace de l'homme; seuls des brigands dangereux se cachent en cette partie du pays. Entre les rochers, dans les ravins, se rassemblent des vapeurs empoisonnées qui ne se dissipent pas de la journée. Malgré le printemps, les arbres dans les montagnes sont jaunes et desséchés; les pierres sont couvertes de rouille et de moisissure. D'ailleurs, des deux côtés de la rivière qui coule en cet endroit, la végétation est riche. Dans cette rivière se baignent des troupeaux de paons; sur les sentiers par où ces oiseaux arrivent, les arbres forment une ombre telle que pas un rayon de soleil ne pénètre jusqu'à la terre. Un grand l'nombre de serpents et de scorpions remplissent l'air de miasmes violents et empoisonnés qui pénètrent jusque dans l'eau de la rivière et l'infectent. Les voyageurs qui traversent cette région se munissent en général de millet grillé et d'autres aliments; ils boivent l'eau de la rivière mais avec les plus grandes précautions. Ils y font bouillir, comme antidote, l'herbe i — i dont il vient d'être parlé et boivent cette infusion comme du thé; pour les étrangers cette précaution est encore plus nécessaire.

En approchant de la ville de Lang-son, l'horizon est borné par une infinité de cîmes âpres et aiguës qui ressem-

blent de loin à des milliers de points noirs. Là s'étend la chaîne des monts Pang-che ling , qui se développe comme un serpent sur une étendue de plus de 20 /t. La route qui la traverse est très pénible; tantôt il faut gravir les cimes, tantôt £Eiire des détours fatigants. Le 21, Tsaï-tinlang arrive à Lang-son dans l'après-midi. Le gouverneur de la ville (selon la coutume) envoya dans le Kouang-si un messager prier le préfet de la ville chinoise de Taï-ping fou de faire savoir à quel moment il serait permis à son compatriote de passer la porte fix)ntière. La réponse attendue arriva à Lang-son le 31 mars. Elle donnait au voyageur l'autorisation de traverser la frontière le 8 avril. Entre temps , Tsaï-tin-lang visite les environs de la ville et se remet en route le 8 avril

De LaDg-8on à la flrontlère.

Le 3 avril, Tsaï-tin-lang, après avoir passé la rivière, traversa le marché de Tsoï-moï-pou auquel ont droit de se rendre les négociants chinois des provinces du Kouang-si et du Kouang-tong. Après 35 /t, il atteignit la ville annamite de VKnuyên châu (Dong-dang). Il repart le 8 avril au matin. Sa route le conduit par de petits sentiers tournants dans la montagne. Silence , isolement ! Nulle part on ne voit trace de l'homme ; on n'entend ni le chant du coq ni l'aboiement des chiens. Après 45 H, il atteint la porte de Yo-aï ou Nan-kouan. Les annamites appellent cette barrière Io-t8ong-aï\ Le même jour, les autorités chinoises de la rivière [de gauche

1. La porte dont il est ici question est celle qu'a visité M. Aumoitte et dont il est parlé plus haut, page 17. — Gest celle qu'a fait sauter le général de Négrier. Tsoï-moï-pou est peut-être un des noms du marché de Ei-lua.

ÀPFEKDICE N«. 3. 81

OU Tso-kiang, de la rivière Ming-kiang et du cercle de Ning-ming tcheou envoyèrent des gens à la porte frontière pour recevoir Tsaï-tin-lang

De la passe de Tehen-nan koaan à Nan-nlngfoDi lien d'embarqnement snr le fleoTe oecldentaly Sl-klang m |^

on Nel-sl-ho pq ^ ffi^ .

Le 8 avrils Tsaï-tin-lang franchit la porte frontière du sud; après l'avoir quittée on trouve peu de villages; la route est in^le et difficile , ce sont encore les contreforts des montagnes désolées. Après 25 H il s'arrête dans un hôtel de l'Etat, dans la sous-préfecture de HiaChe; il continue sa route le même jour et arrive dans la ville de Chang Che-tcheou ; l'escorte qui lui est donnée se compose d'aborigènes du Kouang-si qu'il qualifie de nonchinois. ^

Le lendemain, 9 avril, notre voyageur atteint la ville de Ning-ming tcheou après 70 H de marche; il y reste jusqu'au 12 avril. Le 12, après 40 li, il traverse une petite montagne surmontée d'une forteresse avec cette inscription: Fyn-ming-tsziong-ling (?). Après avoir marché encore 4 ou 6 H il passe la nuit au village de Van-sioï.

Le 13, il arrive dans la ville provinciale de Taï-ping fou après avoir franchi 86 li depuis Ning-ming tcheou et s'arrête dans le faubourg septentrional de Tsying-huï-sioï.

Le 14, la pluie l'empêche de se mettre en route.

Le 15, il part malgré le mauvais temps et en 4 jours il atteint la ville provinciale de Nan-ningfou.

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