RECU
Il importe de noter, dans les antécédents familiaux de la malade la mort de tuberculose pulmonaire de son père et de sa mère.
Dans ses antécédents personnels :
— à l’âge de 20 ans, une angine avec rhumatisme de la tibio-tarsienne ;
— à l’âge de 22 ans, un amaigrissement important avec toux ayant fait soupçonner une tuberculose pulmonaire, ce diagnostic ayant été infirmé par la radiographie pulmonaire et l’examen de l’expectoration ;
— un psychisme un peu particulier, la malade ayant tenté par deux fois de se suicider, une fois en se jetant dans la Seine, une fois en avalant le contenu d’un flacon de digitaline.
La première thérapeutique instituée est l’autohémothérapie associée à des injections de gluconate de calcium.
Cependant, la toux et l’expectoration persistent, d’importance variable, mais rapidement des crises paroxystiques vont prendre une prédominance nocturne. Au début, la dyspnée fait à peu près défaut, remplacée par une douleur thoracique violente. Maïs, dès le mois de décembre, la dyspnée va devenir presque continue, avec crises paroxystiques intenses accompagnées de douleurs précordiales, d’angoisse, de cyanose des lèvres et du visage, cependant que l’examen cardio-vasculaire ne révèle qu’une accélération du pouls avec tension basse et que l’examen pulmonaire ne montre qu’une exagération des signes d’encombrement bronchique.
Et l’évolution va se poursuivre suivant ce mode :
— grandes crises paroxystiques de fréquence variable (parfois bi ou même triquotidiennes), et souvent très alarmantes ;
— persistance de la dyspnée, de la toux et de l’expectoration (d’une abondance extraordinaire, jusqu’à 700 gr. par jour) entre les crises.
Tantôt évolution apyrétique, tantôt évolution fébrile avec grands clochers à 39° ou 40° (qui deviendront permanents vers la fin de la maladie).
Quant aux thérapeutiques instituées, on peut dire que toutes ont été essayées et que si, parfois, elles ont amené une amélioration passagère, elles ont en définitive constitué autant d’échecs que d’essais. Et ceci qu'il s’agisse de. :
Autohémothérapie, Sérum de Heckel, Atropine-éphédrine, Autosérothérapie, Histamine, Protéinothérapie, Alcool intra-veineux ;
Anesthésie générale répétée pendant plusieurs jours de suite et à de nombreuses périodes ;
Injections intra-trachéales d'huile goménolée ou eucalyptolée. Lipiodol intrabronchique ;
Attouchements nasaux, Bronchoaspiration ;
Cocaïnisation du ganglion stellaire gauche ;
Novocaïnisation des ganglions sympathiques cervicaux.
Seule la thérapeutique symptomatique, saignée, évatmine, morphine, sédol, a une action immédiate sensible encore qu’inconstante et demande une répétition fréquente.
Pourtant, un épisode pulmonaire aigu avec température à 40° pendant 6 jours sera suivi, en février 1936, d’une disparition pendant un mois de tout phénomène dyspnéique. Mais le mois écoulé, l’évolution de la maladie a repris le même rythme que par le passé.
Au mois de mai 1936, l’expectoration, toujours très abondante, dépose dans le récipient en 4 couches bien distinctes.
RO T TE NATT NT dr 9 :
Ce n’est qu'au mois de juillet 1936 qu'est signalée pour la première fois la galactorrhée. La malade dit l'avoir remarquée depuis quelques jours. C’est une galactorrhée peu abondante, la pression fait jaillir quelques gouttes d’un liquide épais, crêmeux ; elle s’accompagne de douleurs mammaires assez intenses.
Les seins sont très peu développés, de couleur et consistance normales.
La galactorrhée aurait été précédée de longue date par la disparition des règles ; en effet, les dernières règles remontent à 9 mois auparavant, au début de la maladie. La galactorrhée et l’aménorrhée vont persister jusqu’à la rnort de la malade, résistant au traitement par la folliculine, sans qu’apparaisse jamais aucun signe d’acromégalie.
Ainsi, l’évolution va se poursuivre suivant le même rythme, mais avec une aggravation progressive de tous les symptômes, une persistance de la dyspnée réalisant un état de suffocation quasi-permanent, une altération considérable de l’état général et, après quelques périodes de remission toujours très relatives et très passagères, la mort surviendra en octobre 1937, deux ans après le début de la maladie.
Il est à noter qu’à la période terminale s’est greffée une tuberculose pulmonaire alors que de très nombreux examens avaient toujours permis d'éliminer çe diagnostic.
Un examen histologique des glandes endocrines n’a pu être pratiqué
mnt! yes
L) - LESIONS DU SEIN (1 obs.)
Une observation doit être signalée; cependant elle paraît très sujette à caution; c’est l’observation contenue dans la thèse de René Duval (1881), de carcinome du sein droit avec écoulement laiteux chez une femme de 42 ans.
M) - MALADIES MENTALES {13 obs.)
13 observations ont pu être réunies de galactorrhée chez des malades psychiques.
Il s’agit 8 fois de grossesses nerveuses.
5 fois de malades hystériques et érotiques.
Les observations de grossesse nerveuse sont:
— celle de Faivre d'Esnaux, retrouvée dans la « Gazette des Hôpitaux » en 1860 : la galactorrhée persiste 2 ans après une grossesse nerveuse chez une femme de 45 ans;
— Les 4 observations de Gellhorn (1908) de grossesse nerveuse et galactorrhée, chez :
— une femme de 25 ans ayant fait 5 fausses couches et désirant des enfants;
— une femme de 39 ans, mère de deux grands enfants;
— une femme de 40 ans, très nerveuse, se croit enceinte pendant des périodes d’excitation psychique et présente une sécrétion colostrale à ces moments;
— une femme de 50 ans a fait de nombreuses fausses couches entre 20 et 30 ans et se croit enceinte après un nouveau mariage;
— les 2 observations de Johnston cité par Gellhorn, de sécrétion mammaire dans de fausses grossesses:
— l'observation de Reeb (1937), de galactorrhée chez une jeune femme de 19 ans, non mariée, très nerveuse et redoutant d’être enceinte.
Les observations de galactorrhée chez des malades hystériques et érotiques sont :
— Je cas cité dans le dictionnaire des 60 volumes.
Les observations de :
— John Dix (1856) : Galactorrhée chez une jeune fille de 25 ans, chaste et hystérique;
— Gauthier Neveu (1903) : Galactorrhée pendant des périodes d’aménorrhée chez une jeune fille de 25 ans hystérique ;
— Nascimento Gengel (1905) : sécrétion lactée durant une nuit chez une hystérique ;
— Raoul Leroy (1910) : Galactorrhée permanente depuis la puberté, augmentant au moment des règles chez une jeune maniaque érotique de 23 ans.
N}) - GALACTORRHEE PAR STIMULUS MECANIQUE [20 obs.)
C’est là le chapitre le plus curieux de notre travail.
De nombreuses observations, toutes anciennes, semblent témoigner de la possibilité de produire une sécrétion lactée par simple excitation mécanique des
mamelons.
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Noùûs connaissons 20 observations, dont deux intéressent des hommes.
Bouchut, dans «L’hygiène de la première enfance », rapporte un usage traditionnel surprenant parmi les habitants du Cap Vert:
« Lorsqu'une femme meurt. en nourrissant son « enfant, l'usage oblige la plus proche parente, « qu’elle soit mariée ou non, et quel que soit son « âge, à nourrir immédiatement l'enfant privé de sa « mère ; pour cela, la femme est soumise à une sé- « rie de pratiques très bizarres consistant dans l'ap- « plication de feuilles de ricin tièdes sur les seins, et « dans l'emploi de fumigations chaudes vers les par- « ties génitales; l'enfant est en outre approché plu- « sieurs fois par jour des mamelons. Après trois ou « quatre jours, la sécrétion lactée s'établit. »
Le dictionnaire des 60 volumes parle de «filles très chastes ayant eu du lait après succion ».
Les deux observations les plus anciennes sont :
— celle de la vierge romaine qui allaite son père condamné à mourir de faim ;
— celle du laboureur d’Arenos cité par Humbold: « C’est dans ce même village (Arenos) habité par des « Indiens, que vit un laboureur qui offre une phéno- « mène de physiologie bien propre à frapper l’ima- « gination : cet homme a nourri un fils de son pro- « pre lait, et cela pendant 5 mois, à raison de deux à trois fois par jour. »
— L'observation suivante est celle de Cardani, en
1537 : « d'une femme jamais enceinte dont les seins
& sécrétaient du lait quand ils étaient excités par « des piqüres d’orties ».
— Puis vient l’observation de la négresse de Ma-
dame Laperenne, datant de 1670, rapportée par Knott, en 1899, et par Richer, dans ses causes célèbres :
—Madame Lapérenne s’embarque pour la France avec trois négresses de 16, 18 et 30 ans, et sa fille, âgée de 2 mois ; la nourrice de l'enfant est oubliée à terre ; pour amuser l'enfant, on lui donne à téter la jeune négresse vierge de i8 anis; au bout de 2 jours, elle a assez de lait pour nourïir l’enfant.
— Murat et Pâtissier, en 1822, Baudelocque et Knott, en 1907, rapportent le cas de la jeune négresse d'Alençon, âgée de 8 ans, qui nourrit son petit frère pendant 4 semaines et fut présentée à l’Académie de Chirurgie de Paris, en 1783.
— Montegre, en 1810, rapporte celui d’une femme qui nourrit un des jumeaux de sa fille, celle-ci étant trop faible pour allaiter les deux ;
— Stacken (1832), ceui d’une femme de 68 ans, Elisabeth Brian, qui nourrit l'enfant de sa fille ;
— Horace Green (1832), celui d’une femme de 47 ans ayant une galactorrhée depuis 3 ans et donnant le sein à son petit enfant ;
— Audebert, en 1841, celui d’une femme de 67 ans nourrissant sa petite fiille ;
— Luc, en 1879, raconte l’histoire d’une femme soignée dans le service d’Ollivier, à Necker. Celle-ci, âgée de 44 ans, vit avec un amant « dont le plaisir
nn à: Ris à
« consiste à lui exciter le bout des seins avec la « langue ; il y a quatre mois et demi, les règles ne « vinrent pas et, depuis lors, elle présente un écoule- « ment laiteux ».
— Chaussier, dans ses leçons de physiologie, signale le cas d’une jeune fille qui, ayant à garder un enfant, le met au sein pour le faire taire. Au bout de peu de temps, elle a du lait.
— Knott, en 1899, raconte un fait très semblable: un enfant est mis pour dormir avec sa nurse ; celle-ci a du lait.
En 1907, il rapporte les cas de trois fillettes nourrissant des enfants que leurs mères ne peuvent pas allaiter.
— Noël, cité par Gellhorn, en 1908, rapporte le cas d’une femme mariée, jamais enceinte, qui nourrit un enfant de 6 mois qui la préfère à sa mère ;
— Billroth, cité par Gellhorn, deux cas de femmes nourrissant leurs petits-enfants :
lune a 59 ans et n’est plus réglée depuis 10 ans,
l’autre a 82 ans ;
— Rashid-ud-Din, également cité par Gellhorn, le cas d’une femme de 60 ans chez qui la succion détermine l’apparition d’une sécrétion lactée ;
— Enfin, Creasy, en 1912, apporte l’observation d’un homme de 24 ans, russe et célibataire, chez qui des manipulations du mamelon auraient déterminé l'apparition d’une sécrétion.
Des ces observations, il est intéressant de rapprocher une obsérvation de Noël, de sécrétion colostrale,
puis lactée, durant 9 mois, produité par massage et succion prolongée chez une femelle vierge de cercopithèques.
O]) - LACTATION DE LA GROSSESSE {6 obs.)
Normalement, la montée laiteuse ne se produit qu'après l’accouchement. Cependant, nous avons trouvé six observations de lactation pendant la gestation. Ce sont celles de :
— Guéneau de Mussy, 1856, et Devillers, 1872, qui rapportent les deux mêmes cas :
— Une femme de 26 ans dont la sécrétion lactée normale après un æccouchement persiste pendant une seconde grossesse ;
— Une femme a du lait dès le cinquième mois de sa grossesse ;
— Griffith (1892), une femme de 28 ans a du lait du début à la fin de sa grossesse ; après l’accouchement, elle nourrit son enfant ;
— Mezbourian (1913), une femme de 20 ans, enceinte de 7 mois, a des contractions utérines ; la montée laiteuse se produit ; cependant, le fœtus n’est ex-
pulsé, mort, que deux mois après ;
— Fitzwilliäms (1924) rapporte que dans «les éphéméridés des curieux de la nature » est mentionné le cas d’une féemmé enceinte qui a depuis 5 mois du jait en abondance ;