‹ La GalactorrhéeChapitre 61 sur 70 · ASTHME · texte numérisé non relu

ASTHME

Il paraît bien difficile d'établir une relation entre

l'asthme et la galactorrhée. | L'observation d’Occhioni de sécrétion colostrale

chez un homme asthmatique ne nous permet aucune discussion puisque nous n’en avons trouvé que le titre, et que nous ignorons absolument si l’histoire clinique détaillée du malade ne nous aurait pas fourni une explication facile : acromégalie par exemple.

Quant à l’observation du docteur Etienne May, elle ne nous permet pas davantage de relier la galactorrhée au syndrome pathologique dominant : lhydrorrhée bronchique avec réaction asthmatiforme.

Mais l’histoire de la malade nous apparaît comme très complexe et il est important de noter

— un psychisme assez particulier, la malade a, par deux fois, tenté de se suicider”et a présenté, pendant toute l’évolution, des manifestations fonctionnelles peut-être hors de proportion avec l’importance réelle des symptômes ; «

— une aménorrhée persistante ayant débuté longtemps avant l’apparition de la galactorrhée : les dernières règles remontent à 9 mois avant le début de la maladie et la galactorrhée n’a été remarquée qu’un an environ après le début.

L'examen de l’hypophyse et des ovaires n’a pu être pratiqué, il est donc impossible de tirer des conclusions certaines quant à l’origine de la galactorrhée. Cependant, étant donnée l'histoire clinique, on peut probablement faire jouer un rôle :

— soit au facteur psychique,

— soit, plus vraisemblablement, au facteur génital ; l’aménorrhée ayant précédé de longtemps l’ap-

parition de la galactorrhée ; et cette observation entrerait dans le cadre des galactorrhées d’origine génitale, l’asthme n’ayant constitué, en l'occurence, qu'un épiphénomène sans aucun rapport avec l'écoulement lacté.

8) - GALACTORRHEE D'ORIGINE PSYCHIQUE

C’est là un chapitre curieux de notre étude. Par quel mécanisme un phénomène purement psychique comme la crainte ou le désir d’avoir un enfant, comme un délire érotique peut-il entraîner une sécrétion lactée, voilà un point particulièrement obscur et difficile à concevoir.

Pourtant, il existe des observations absolument indiscutables de grossesse nerveuse avec galactorrhée.

Pour trouver une explication rationnelle à cette galactorrhée, nous sommes extrêmement démunis ; nous ne possédons naturellement ni résultat d’expérimentation chez l’animal, ni contrôle anatomique hypophysaire chez la femme. Et, si l’existence d’ictère et d’urticaire émotifs montre à quel point les manifestations psychiques peuvent avoir une traduction surprenante, elle n’apporte aucune aide à la solution du problème de la galactorrhée.

Une notion expérimentale peut cependant présenter un gros intérêt : pour Riddle, la prolactine serait la seule hormone hypophysaire capable de créer

l'instinct maternel chez la rate vierge.

Mais cela ne nous permet pas de conclure qu’un instinct maternel sans objet, une crainte immodérée d’être enceinte, un délire érotique, peuvent inversement déterminer une production anormale de prolactine.

C’est là une hypothèse séduisante, sans plus, et il nous faut rester, jusqu’à nouvel ordre, dans le domaine des suppositions.

Il est vraisemblable qu’un terrain endocrinien particulier, sans lequel les perturbations psychiques seraient sans effet, est nécessaire à la production lactée : toutes les grossesses nerveuses, loïn de là, ne s’accompagnent pas de galactorrhée.

En effet, les malades étudiées sont le plus souvent des femmes mariées depuis plusieurs années, stériles (l’une a fait 5 fausses couches avant sa grossesse nerveuse) ou des femmes ayant des troubles ovariens : sur 13 observations, il n’est fait que 6 fois mention de l’état des règles; 2 malades ont des règles normales, 2 sont dysménorrhéiques, une est aménorrhéique, une hystérique n’a de galactorrhée que pendant des périodes d'aménorrhée et cette dernière malade permet peut-être d'établir une corrélation entre les galactorrhées d’origine ovarienne et les galactorrhées d’origine psychique.

Nous étudierons un peu spécialement l’observation de Reeb (1937) de galactorrhée chez une jeune fille de 19 ans qui redoute d’être enceinte. En effet, cette

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