‹ La Galactosémie Provoquée: Test d'Hyperthyroïdie, Étude CritiqueChapitre 18 sur 55 · PAPE · texte numérisé non relu

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d’ictère catarrhal et de foie cardiaque, a trouvé chez 50 %, des sujets une G. Mx. supérieure à 100 cg/L: Il insiste sur quelques particularités qui, pour lui, sont au moins aussi caractéristiques que l'élévation de la flèche : l'augmentation de la galactosémie est lente ; la G. Mx. n’est pas observée avant la 60° minute et parfois elle n’a lieu qu’à la deuxième heure. Le galactose persiste dans le sang après la deuxième heure et parfois jusqu’à la troisième. Ce déplacement de la courbe vers la droite a pour BAKX une grande importance. Si la courbe est plate, mais présente un sommet tardif et un allongement, cet affaissement n'exclut pas les lésions hépatiques.

Dans les ictères par obstruction et dans les cholecystites, il n’est pas rare [215] de trouver des troubles de la galactosémie. Sur 28 ictères par obstruction, SCHNEEBERG trouve dans 10 cas une G. Mx. supérieure à 40; dans quelques cas de Mac LaAGAN un trouble discret du G. I. est observé. Là encore, les résultats sont assez voisins de ceux de la galactosurie, mais plus accusés. Les troubles du métabolisme du galactose constatés sont dûs, pour FIESSINGER et pour la plupart des auteurs, à une hépatite surajoutée [237]. Nous ne nous arrêterons pas davantage sur les résultats du test dans les affections hépatiques. Notre but en donnant ces quelques chiffres était simplement de signaler l’importance des perturbations et leur fréquence. Nous discuterons, dans un des chapitres suivants, le rôle que peut jouer le foie dans les troubles de la galactosémie chez les hyperthvroïdiens.

Dans les affections cardio-vasculaires, il n'est pas exceptionnel de noter des résultats anormaux. Sur 31 cas de cardiopathies décompensées, SCHNEEBERG, LikOFF et MERANZE notent 14 G. Mx. supérieures à 40, et 4 dans la zone douteuse. BAKX, ainsi que nous l'avons noté, a trouvé dans les observations de foie cardiaque, des résultats analogues à ceux de la cirrhose ou de l’ictère par hépatite. Il est possible que les troubles constatés dans l'insuffisance cardiaque soient imputables à l’état du parenchyme hépatique. Chez certains hypertendus on a noté des résultats anormalement élevés.

Des courbes élevées sont parfois rencontrées dans des affections du tractus gastro-intestinal. Déjà FTESSINGER et ses collaborateurs avaient remarqué en 1932 que la galactosurie pouvait être perturbée dans les ulcères de l'estomac et du duodénum. ASKüP- MARK en 1940 obtenait des résultats pathologiques dans 40 % de ses 87 cas [12]; mais il dosait seulement la glycémie totale et la galactosurie. STENSTAM sur 22 cas d’ulcères gastro-duodénaux trouve dans 7 cas des galactosuries anormales. L'examen de ses résultats détaillés montre que dans plusieurs autres cas les chiffres atteignent une valeur élevée, à la limite du pathologique. SCHNEEBERG chez 11 ulcéreux trouve 6 G. Mx. supérieures à 40 cg./L.

Dans des cas de diarrhée, la galactosémie peut être anormalement élevée, à l'inverse de ce qu'on pourrait supposer de prime abord. Dans les observations rapportées, il s’agit aussi bien de diarrhée dite idiopathique ou « d’hypermotilité intestinale » que

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de diarrhée symptomatique — d’une tuberculose intéstinale par exemple (SCHNEEBERG). L’amibiase est également signalée, sans qu’il soit mentionné s’il y avait ou non une atteinte hépatique. Dans des maladies par carence telles que la pellagre et la sprue non tropicale, les résultats sont contradictoires: BEAMS, FREE et GLENN signalent des courbes écrasées [26|, tandis que dans un tableau récapitulatif de SCHNEE- BERG, sur 9 cas de pelagre, 3 présentaient une flèche anormalement élevée.

Dans l’anémie pernicieuse, le test a été étudié à plusieurs reprises. STENSTAM donne un aperçu détaillé de ces travaux. Nous ne nous arrêterons pas longuement à ces faits. En effet, la galactosémie est anormalement basse dans la plupart des observations de Maladie de Biermer. Elle redevient normale après le traitement par les extraits de foie; elle ne peut donc jamais donner le change pour une courbe d’hyperthyroidie. Les mêmes anomalies sont observées dans la sprue tropicale [167].

Dans diverses infections, rhumatisme articulaire aigu, tuberculose pulmonaire ou vertébrale [215], infection des voies respiratoires supérieures [163]... des G. Mx. supérieures à 40 gr. ont été signalées. Une dernière anomalie est signalée par de nombreux auteurs, c’est celle observée dans la maladie osseuse de Paget; 15 fois sur 19 cas publiés, la G. Mx. était supérieure à 40 ce./L.

Cette longue et fastidieuse énumération peut laisser l’impression que la Galactosémie est troublée par de nombreuses affections et que, partant, sa valeur

diagnostic s’en trouve considérablement diminuée. En réalité, mise à part les atteintes du parenchyme hépatique, la maladie de Paget et l’ulcus gastrique, il n’est pas très fréquent de rencontrer des élévations anormales. ALTHAUSEN pratique des épreuves chez 87 malades; il n’élimine de ce groupe, avant d’effectuer le test, que les affections thyroïdiennes, les hépatites et les maladies de Paget. La courbe moyenne obtenue est sensiblement la même que celle des sujets sains. Par contre, ROZENKRANTZ, choisissant des malades indemnes de troubles thyroïdiens, hépatiques ou brightiques, note que sur 47 malades 16 présentaient une G. Mx. supérieure à 30. Malheureusement, il ne donne pas les résultats détaillés, et il est évident que parmi ces G Mx. supérieures à 30, certaines étaient comprises dans la zone dite douteuse, entre 30 et 40 cg. par litre; or, cette zone, d’après les chiffres des différents auteurs, ne nous paraît pas douteuse mais normale et sans signification.

En résumé, d’après les résultats publiés, le test de la galactosémie provoquée par ingestion donne des résultats anormalement élevés dans l’hyperthyroïdie. Sur plus de 400 cas recueillis dans les publications d’une dizaine d'auteurs différents, la proportion des tests dits positifs était d'environ 90 %. La galactosémie peut être perturbée par d’autres affections. Elle l’est presque constamment dans quelques-unes aisément diagnostiquées ; elle l’est plus rarement dans des maladies extrêmement banales. Ce dernier fait nous parait une cause d'erreur à souligner. Lorsqu'il existe une insuffisance hépatique caractérisée ou une

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maladie de Paget, le médecin averti ne recourra pas au test proposé par ALTHAUSEN. Au contraire, supposons qu’une tuberculose pulmonaire incipiens méconnue vienne perturber une épreuve de galactosémie, le médecin verra dans cette courbe élevée la confirmation d’un diagnostic erroné d’hyperthyroïdie auquel cliniquement il avait songé. Nous ne voulons que signaler le fait, nous réservant de discuter à la fin de notre travail la valeur du test.

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