TECHNIQUES D'ÉTUDE DE L'ABSORPTION DES HEXOSES
Les variations du taux des sucres du sang périphérique ne constituent qu'un reflet très imparfait de l'absorption intestinale. Il paraît indispensable d'éliminer les causes d’erreur, les « écrans interposés » qui risquent de fausser l’étude de l'absorption.
Chez l'animal, CoR1 à proposé une technique très simple [49|. Chez un animal à jeun, on introduit la solution sucrée directement dans l'estomac, par sonde. Après un temps strictement mesuré, le sujet est mis à mort, le tube digestif est ligaturé à ses deux extrémités, extrait du corps et lavé. On dose le sucre dans l’eau de lavage et on rapporte l'absorption au poids du corps. Ce mode opératoire a été adopté par la plupart des auteurs. Une modification a été introduite par PIERCE (cité par SOULAIRAC), elle concerne le calcul de l’absorption; au lieu d'exprimer le coefficient d'absorption en mg. de sucre par 100 gr. de poids, on l’exprime en mgr. par décim. carré. La tech-
nique de Cort a été presque universellement adoptée, c’est elle qu'a utilisée SOULAIRAC dans son très important et remarquable travail sur la régulation neuro-endocrinienne de l'appétit glucidique.
VERZAR emploie un autre mode opératoire, par laparotomie, il va isoler une partie de l’intestin entre deux ligatures et introduit par ponction la solution de sucre. Après un temps donné, on dose le sucre restant dans le segment intestinal. Cette méthode nous parait moins physiologique, on trouble ainsi la circulation sanguine, le péristaltisme intestinal et vraïisemblablement le tonus neuro-végétatif; la bile, les sucs gastriques et pancréatiques ne peuvent parvenir à l’anse étudiée. L'avantage qui réside en la connaissance précise de la surface intervenant dans l’absorption nous semble bien mince par rapport aux inconvénients.
Mac Kay et ses collaborateurs ont critiqué ces méthodes | 162]. Ils les jugent peu physiologiques, le rat n'ayant pas coutume de recevoir en quelques secondes dans son estomac une solution concentrée de glucose. Pour ces auteurs, elles ne donnent pas de résultats exacts. En effet, le rat peut vivre en se nourrissant exclusivement de glucose et le coefficient d’absorption du glucose enregistré par Cort est trop bas pour apporter l'énergie de base au rat, même si le glucose était absorbé à la vitesse maxima durant les vingtquatre heures. Les auteurs préfèrent laisser le libre accès des auges aux animaux durant douze heures sur 24; ils mesurent ensuite la quantité de sucre ingéré. Cette méthode n’est pas entrée dans la pratique
courante mais nous la citons car, grâce à elle, les auteurs ont observé des résultats assez différents des résultats classiques.
A ces deux méthodes classiques, correspondent chez l’homme deux techniques malheureusement peu employées.
GROEN a transposé la technique de Cort; il utilise une sonde à double lumière, l’un des conduits aboutit à un ballonnet gonflable, l’autre est à sa partie distale, en amont du ballonnet, percé de trous [101]. C’est, en somme, un tube de MILLER ABBOTT légèrement modiñé. La solution sucrée est introduite par la sonde et au bout d’un temps donné, retirée par aspiration; 4 lavages successifs sont pratiqués par ingestion d’eau suivie d'aspiration. Des vérifications radiologiques permettent de vérifier la place du ballonnet. De la longueur de la sonde ingérée, on déduit facilement l'importance de la surface intestinale testee:
MOosELEY et ses collaborateurs emploient un tube à 4 lumières comprenant 2 ballonnets. La technique est en somme identique à celle de VERZAR, elle est passible des mêmes critiques [176]. GROEN qui l’a essayée avant d'utiliser la sienne signale d’autres inconvénients. Entre les deux ballonnets, il y a souvent accumulation de liquide, de sécrétions d’où distension douloureuse et risque de fuite le long des ballonnets. La douleur abdominale souvent signalée par les malades montre qu’il s’agit là d’une technique peu physiologique.