L'ABSORPTION INTESTINALE NORMALE
La vitesse d'absorption d’un hexose est indépendante de la quantité de sucre introduit. Pour les dilutions comprises entre 3 % et 12 % selon VERZAR [240], 14 % selon d’autres, elle est indépendante de la concentration. Pour Cort, à des concentrations supérieures, les caractéristiques resteraient les mémes, le tube digestif rétablissant une relative isotonie [52]. Mais, pour les concentrations élevées, cette conception semble inexacte. Nous avons mentionné les conséquences pratiques de ce fait dans notre première partie, à propos de l'administration du sucre.
La vitesse d'absorption est constante au moïns durant la première heure et varie, dans des limites assez étroites, ensuite: de l’ordre de 15 % en plus ou en moins, selon les auteurs. L’absorption se fait donc suivant une fonction à peu près linéaire par rapport au temps. La vitesse d'absorption est variable suivant le sucre étudié NAGANO en 1902 [179] avait déjà montré qu’elle était un peu plus grande pour le galactose que pour le glucose. Cort confirma ce fait et le précisa : le galactose est absorbé suivant un coefficient supérieur de 10 % à celui du glucose [49]. En utilisant sa propre technique et des solutions moins concentrées, VERZAR trouve un chiffre inférieur pour le galactose [240]. Enfin, chez l’homme, GROEN trouva une vitesse supérieure pour le galactose (plus 22 %). Ces discordances s'expliquent en partie par les différences de technique; celle-ci joue un rôle important. Mac Kay en effet, employant le mode d’in-
gestion libre qu’il a adopté, donne pour le glucose un coefficient d'absorption très supérieur à celui qu'il a obtenu avec la technique de Cort. La différence est de l’ordre du simple au double. Il paraît plus que jamais indispensable de ne comparer les résultats obtenus sous telle condition pathologique qu'avec les résultats du même auteur obtenus avec les mêmes méthodes.
Les coefficients d'absorption du galactose et du glucose sont peu différents. Il convient de savoir si les facteurs qui modifient l'absorption de l’un et de l’autre sont identiques.
La phloridzine qui inhibe la phosphorylation, agit dans la même proportion sur les deux sucres (VER- ZAR). Mais nous n'avons pas trouvé d'étude expérimentale confirmant que les diverses conditions d’expérience faisaient varier toujours dans la même proportion les deux coefficients d'absorption. Plusieurs faits font naître un doute à ce sujet. La vitesse d’absorption diffère légèrement pour chacun. D'autre part, STENSTAM a pu observer dans quelques cas cliniques une dissociation assez curieuse: la courbe galactosémique provoquée par ingestion était à plusieurs reprises anormalement basse; celle provoquée par injection intra-veineuse était sensiblement rormale, la courbe d’hyperglycémie, qui suivait l’administration orale de glucose, était, elle, normale. Enfin, Co- RI a montré qu’in vitro, la phosphorylation du glucose était inhibée par l’extrait de lobe antérieur d’hypophyse alors que celle du lévulose ne l'était pas. Les métabolismes du lévulose et du glucose diffèrent sen-
siblement. Cependant, il est possible que dans certaines conditions, ceux, assez voisins, du glucose et du galactose se dissocient.
Nous ne nous dissimulons pas que ces objections sont discutables : en les énonçant, nous voulons montrer que l’identité des deux sucres devant l’absorption intestinale n’est pas certaine. Ici encore il s’agit d’une hypothèse de travail — galactose et glucose sont absorbés à l’état normal d’une façon similaire: pour faciliter notre étude, nous admettons que même dans les conditions pathologiques cette similitude subsiste.