ÉPREUVES FONCTIONNELLES
L'étude des épreuves fonctionnelles du foie au cours des hyperthyroïdies doit nous permettre, en théorie, mieux que les constatations nécropsiques, d'évaluer la fréquence des atteintes hépatiques. Grâce à elles, nous devrions pouvoir juger la part que peut avoir le foie dans les anomalies de la courbe de galactosémie.
Les tests biologiques les plus anciens sont la recherche des différents constituants de la bile dans le sang et dans les urines. Il y a déjà longtemps que l’on a noté les modifications de la cholestérinémie dans les affections thyroïdiennes [149]. Dans le myxoedème, l'élévation est constante; dans la maladie de Basedow, l’abaissement l’est moins. Cependant, on a pu noter qu'après thyroïidectomie, le taux revenait souvent à une valeur normale; et CACHERA et LAMOTTE [41| ont noté également une élévation au cours du traitement par les antithyroïdiens de synthèse. L’étude de la fraction esthérifiée ne donne pas non plus des résultats constants: ADLER et LEMMEL (cités par LICHTMANN) [155] ont noté chez leurs malades un abaissement du cholestérol esthérifié par rapport au cholestérol total; CACHERA et LAMOTTE [41], au contraire,ont trouvé des chiffres élevés. Trop d’imprécisions subsistent d’ailleurs sur le métabolisme
exact de la cholestérine, pour qu'on puisse juger si les anomalies observées sont d’origine hépatique ou extra-hépatique.
MaDpbock et ses collaborateurs ont trouvé une bihrubinémue supérieure à la normale chez 8 malades sur 13 (cité par WiNTER). LICHTMANN [154] n'a noté que trois fois sur 17 sujets une élévation marquée de l’ictérus index, YOUMANNS et WARFIELD l'ont noté par contre 7 fois sur 0.
La fonction chromagogue a été étudiée par les composés de la phtaléine. Avec la tétrachlophtaléine, VOUMANNS et WARFIELD [251| ont trouvé des rétentions nettement pathologiques dans 7 cas sur 12: Avec la bromosulfonephtaléine, HAINES et MAGATH [106] ont noté une rétention anormale dans 8 cas sur 20, et dans 6 cas la rétention était très marquée. Enfin MADbDpocKx et ses collaborateurs ont obtenu des résultats anormaux 8 fois sur 13. D’après ces quelques chiffres, il semble donc qu’il peut exister dans l’hyperthyroïdie des troubles des fonctions biliaires et chromagogues. Nous avons tenu à les citer pour rappeler combien le foie peut être troublé dans sa physiologie. D’autres tests plus fréquemment pratiqués vont nous le confirmer.
Le test de l'hippuricurie provoquée ou test de Quick est peu répandu en France. Les travaux de FIESSINGER, de DUPERIER, de CAROLI et de leurs collaborateurs [43] l’ont cependant fait connaitre. En Amérique, il est considéré comme une des meilleures épreuves fonctionnelles [221]. Les travaux français ont également prouvé qu’il était un test de valeur.
Il est en relation avec la fonction anti-toxique du foie. On sait qu’un des modes d'élimination les plus fréquents d’une substance toxique est réalisée par sa combinaison avec un acide animé, le glycocolle par exemple. Cette combinaison aboutit à la formation de substances moins toxiques qui sont éliminées par les urines. Le test à l'acide hippurique mesure la capacité du foie à fournir et à combiner le glycocolle avec une certaine quantité de benzoate de soude ingérée par le malade. La combinaison aboutit à la formation d’acide hippurique qui est excrété par les reins. Dans la plupart des cas, le benzoate de soude est administré per os à la dose de 6 gr. et l'acide hippurique est dosé dans les urines recueillies durant les quatre heures qui suivent. Normalement, l’élimination est de 4 gr. 5 à 5 gr. 50. On peut l’exprimer en pourcentage par rapport à la normale: 5 gr. d’acide hippurique — 100 %,, la valeur de 90 % est considérée comme la limite inférieure de la normale Le benzoate de soude à une saveur désagréable et parfois, il est, à cette dose, mal supporté par le tube digestif. Pour cette raison, certains auteurs ont substitué à l’ingestion, l'injection intra-veineuse du produit. On en injecte 1 gr. 77, la quantité d'acide hippurique retrouvée dans les urines est normalement de 1 gr. à 1 gr. 4. Le test est troublé lorsqu'il existe une élévation de l’urée sanguine. PROBSTEIN a pu également relever quelques anomalies dans les arthrites et les arthroses, les hypercholestérolémies, l'insuffisance cardiaque et quelques maladies infectieuses, mais elles sont inconstantes et il considère malgré cela le test comme très fidèle [187].
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Nous avons résumé en un tableau les différents résultats obtenus dans l’hyperthyroïdie que nous avons pu grouper dans la littérature. Seuls des cas d’hyperthyroïdie nets et sans complications cardiaques ont été, dans la règle, retenus par les divers auteurs.
HIPURICURIE DANS L'HYPERTHYROIDIE
Nombre total Nombre detests Nombre de tests Auteurs des normaux = 90 % inférieurs cas ou à 70 %
BARTHELS (cité d’après Élarnes-rLro6}i.ts : 148 18 non précisé
HAINES [106] (chiffres tirés du graphique des
AUCUNE ER 59 9 35 BOYER ani. 25 21 non précisé SCHMENEN I 2E4 IS Ne 2: 75 28 8 PROBSIEINCITS ere. 3 re) 2 CARO 42) cer 10 2 8
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D'après ces résultats globaux, le test est normal chez 23,6 % des patients; dans tous les autres cas, il est inférieur à 00 %. Les anomalies de ce test, lorsqu'elles existent, sont souvent importantes. En effet, sur 107 tests anormaux, on relève 53 résultats inférieurs à 70 %. Ce chiffre est considéré comme l'indice d’un trouble fonctionnel marqué. Nous ne nous dissimulons pas ce qu'une telle statistique d’en-