‹ La Galère conjugaleChapitre 6 sur 24 · JEAN HEUREUX · texte numérisé non relu

JEAN HEUREUX

Le lendemain matin, en se levant, madame Borel apprit par sa domeflique que non-seulement la baronne n’avait 'point encore quitté la maison — ce qui était assez naturel — mais qu’elle ne faisait aucun préparatif indiquant l’intention de la quitter — ce qui annonçait de sa part des intentions de résiitance.

— Il faut agir énergiquement, se dit Laure, dont la tête était bien organisée.

Son parti fut bientôt pris.

Elle commença par câliner Jean, qui ne demandait pas mieux; elle parla du beau temps, du soleil de mai & du bonheur des gens qui jouissaient de toutes ces bonnes choses au milieu des bois & de la verdure, & parvint à se faire proposer par son mari d’aller passer la journée à la campagne.

— Et tes leçons ? répliqua madame Borel qui voulait avoir l’air de céder tout en dirigeant la volonté

Jean heureux

de Jean. Ah ! si tu n’avais pas tes leçons, je ne demanderais pas mieux.

— Bah ! fit Jean; au diable le collier de misère ! Mes leçons i je puis bien prendre congé une fois par hasard ! Et puis je n’ai qu’une écolière aujourd’hui ! je vais lui écrire quelle ne m’attende pas, que je suis malade.

Laure ne se défendit que juftc ce qu’il convenait, & Jean faillit devenir fou de joie de la facile victoire qu’il remportait. Se promener tout un jour avec sa femme & sa fille, en plein air, sous le soleil du bon Dieu ! vivre toute une matinée d’amour & de liberté! Jamais Borel n’eût osé rêver une telle fête.

— Mais ta mère ? reprit-il presque aussitôt & un peu assombri; nous ne pouvons point pourtant la laisser ici toute seule!

— Ma mère, répondit Laure, elle nous quitte aujourd’hui, & puisque nous allons à la campagne, cela se trouve ù merveille, nous ne la gênerons pas dans son déménagement.

— Ah ! dit simplement Jean.

Il ne voulait point manifefier hardiment sa satisfaction & n’osait même solliciter des explications, & cependant son cœur était soulagé d’un grand poids. Il éprouvait un bien-être général comparable à la sensation que ressent un prisonnier qu’on élargit soudainement. Quoique cette sensation fût atténuée par un doute — madame de Barencie n’était

pas encore dehors — la figure de Jean refléta son contentement intérieur , mais sa bouche refta muette. C’eft que, malgré les indulgences & les abandons de Laure, il ne se sentait pas le mari de sa femme. Depuis le premier jour de son mariage, Jean n'usait pas de son autorité de mari, il s’effacait devant celle de Laure. Lorsque son firmament conjugal était parsemé d’étoiles, il se contentait du rôle d’amant soumis; dès que l’orage grondait, il acceptait toujours celui d'esclave, & la reconnaissance qui suit une réconciliation accordée l’enchaînait en cet inftant.

— Oui, répéta madame Borel, comprenant l’embarras de son mari; oui, je t’ai promis hier que rien ne troublerait plus tes travaux , je t’ai tenu parole sur-le-champ.

Jean, étourdi par tant de bonheur, attira sa femme dans ses bras &, la pressant tendrement, laissa naïvement échapper, entre deux baisers, la phrase suivante :

— Maintenant, je serais bien coupable si je ne devenais point un grand homme !

Ce fut la ratification de la condamnation de madame de Barencie.

Laure s’élança vers son secrétaire & l’ouvrit :

— Il y a six cents francs chez nous, dit-elle, coupons-nous deux bras & une jambe, nous ne nous en porterons que mieux après. Donnons la moitié de ce que nous avons à ma mère. Avec de l’argent, on

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fait tout rapidement. Ce soir, lorsque nous rentrerons, elle ne sera plus ici ; je vais arranger son départ.

— Donne-lui cinq cents francs, répliqua Jean; demain je rapporterai de l’argent.

Madame de Barencie, comme l’avait conflaté Marguerite, ne se disposait nullement à obtempérer à l 'ultimatum qui lui avait été signifié la veille. Son égoïsme s’accommodait parfaitement de sa situation présente, & sa défiance lui soufflait que, lorsqu’elle ne serait plus là pour surveiller ses intérêts, il pourrait advenir qu’on l’oubliât. A ces deux raisons d’amour de soi-même se mêlait aussi une queflion de vanité personnelle. La vieille dame n’entendait point céder devant sa fille & devant son croquant de gendre. Elle entendait maintenir jusqu’au bout le droit de la famille & celui de la cafle.

Mais Laure voulait en finir sur-le-champ.

Elle trouva sa mère au lit, poussant des soupirs, des cris & des gémissements, enfin simulant tous les symptômes d’une grave indisposition. Cette ruse — la plus enfantine & la plus transparente — était encore la plus fine pour l’occasion. Elle moralisait en quelque sorte le refus de la vieille dame de s’éloigner d’une maison où elle n’avait pas le droit de prolonger son séjour; en outre, elle ne permettait point à son gendre & à sa fille d’insilter sans s’exposer à être taxés de cruauté & de barbarie par les demi-initiés.

Puis, une fausse indisposition, avec un peu de bonne volonté, dégénère en maladie. Huit jours de jeûne effrayaient, il eft vrai, l’appétit formidable de la vieille dame; mais huit jours d’un jeûne utilement pratiqué, qu’eft-ceen comparaison de tout un avenir d’excellents repas ? En pareille occurrence, le temps gagné n’eft jamais du temps perdu; la baronne le jugeait ainsi, car une maladie peut amener des rapprochements, des concessions mutuelles, &, pour ne point s’en aller de cet éden relatif, elle était prête à tout, pourvu que son amour-propre fût sauf. D’ailleurs ne serait-ce pas une vièloire suffisante de refier après avoir été chassée ?

Madame Borel lisait couramment les petits machiavélismes de sa mère, & ce fut d’un ton médiocrement convaincu de ses douleurs qu’elle lui demanda l’heure à laquelle elle comptait déménager. La baronne répondit d’un air dolent qu’elle ne croyait pas que cela fût pour le jour même, qu’elle souffrait beaucoup & qu’elle ne savait point s’il lui serait possible de s’occuper de cela.

— Marguerite vous aidera, répliqua Laure.

— Il faut aussi que je cherche un appartement; on n’en trouve pas un à sa guise du soir au lendemain, fit la mère, affeftant de ne plus se rappeler ses menaces de la veille.

— Celui que vous occupiez il y a six mois n’cfl pas encore loué !

— Et puis je n’ai pas d’argent.

Jean heureux

— Je vous apporte vingt-cinq louis.

— Ah ! dit madame de Barencie laissant tomber sa tête sur son oreille, tu as tout prevu ! Ah ! que je voudrais être assez forte pour te débarrasser surle-champ de ma personne !

— Ecoutez, ma mère ! reprit Laure s’asseyant au chevet de la baronne. Les moments sont comptés 1 hier, vous êtes entrée en fureur sans vouloir m’entendre; maintenant vous êtes calme, écoutez-moi donc ! 11 fautl sachez-le bien, que vous partiez de la maison aujourd’hui même. Il le faut, pour mon bonheur ! Je veux être heureuse, je le veux ! je ferai tout pour arriver ù mon but ! Jeune fille, j’ai voulu épouser Jean & j’ai quitté votre demeure pour rendre mon mariage inévitable; je savais ce que je faisais, j’ai agi froidement. Femme, j’ai cru pouvoir dompter la mollesse de Jean par la tyrannie : j’ai tyrannisé Jean, non parce que je ne l’aimais plus, mais pour le contraindre à faire mon bonheur. Je reconnais que je me suis trornpée, que la mollesse de mon mari se dissoudra sous mes baisers & non au feu des querelles & des tourments; je change de conduite, mais sagement, raisonnablement & de propos délibéré. Il n’y a pas de passion chez moi, il n’y a qu’une soif ardente de bonheur & de célébrité. Pour que Jean me donne cette célébrité & ce bonheur, il devient nécessaire que nous nous séparions de vous, nous nous séparerons de vous! Malade! vous ne l’êtes point! Nous sommes femmes toutes

deux, & ces ruses-là ne servent à rien entre nous ! Agissons franchement, loyalement. Je vous ai promis que nous vous ferions une pension, nous vous la ferons... si vous voulez vous soumettre à la nécessité du moment. Sinon, aussi vrai que je suis votre fille, je vous jure que, dussé-je aller coucher à l’auberge avec mon mari & Espérance, nous ne passerons pas la nuit prochaine sous le même toit que vous.

— Alors, dit madame de Barencie éblouie par ce torrent de volonté & d'ambition, il faut que je parte aujourd’hui ?

— Oui ! répondit Laure.

Et elle posa sur le somno placé auprès du lit de sa mère les vingt- cinq louis qu’elle avait apportés. Leur apparition éloquente dans le débat modifia sans doute les projets de résillance de la baronne, qui n’était plus habituée à manier d’un seul coup une somme aussi forte. D’ailleurs, madame de Barencie était ébranlée par la rectitude des allures volontaires de sa fille. Elle reprit aussitôt :

— Eh bien! soit! je partirai aujourd’hui même, dans une heure ! Mais écoute-moi à ton tour.

Alors cette vieille femme vaniteuse, sentant le besoin d’assurer sa retraite par un dernier éclat d’orgueil & de méchanceté, se dressa tout d’une pièce sur son séant. Elle voulait donner plus de solennité à ses dernières paroles & leur inculquer un caractère analogue à celui des remontrances qu’elle

Jean heureux

venait de subir. La mère blessée, vaincue par sa fille, lançait avant son départ la flèche du Parthe.

Elle continua ainsi :

— Tu m’as énuméré tes désirs, tes volontés; je vais te dire maintenant ce qui t’arrivera. Tu t’es mariée contre le gré de ta mère, tu seras éternellement malheureuse ; tu as épousé un homme qui n’était pas de ta cafte, il te craint maintenant, il te haïra plus tard; & ce plus tard ne se fera guère attendre, car demain, satisfait de ton obéissance, il ne t’aimera plus. 11 eft faible, il sera lâche. Il eft artifte &, au lieu de n’aimer que l’art, il t’a aimée, il n’eft donc pas ambitieux. Tu ne pouvais espérer lui imposer une portion de l’ambition qui te dévore qu’en lui montrant ton amour comme récompense, & tu as cédé. Après avoir commis la faute de désobéir à ta mère, tu commets l’imprudence de repousser ses conseils : tu verras ce que cela te rapportera. Je pourrais te maudire avant de sortir de chez toi : j’aime mieux te prendre en pitié, & rier Dieu que mes prédirions ne s’accomplissent point.

Après de telles paroles échangées de part & d’autre, ces deux femmes n’avaient plus rien à se dire. Laure se leva, mais au moment de tourner le bouton de la porte la sourde colère qui grondait dans son sein éclata; elle se retourna & dit à la baronne :

— Ma mère, ce que vous venez de faire pour tenter de me détourner de mon devoir eft tel ement

La galère coujugale

infâme que, sans ingratitude, il me serait loisible de ne point accomplir mes promesses de pension & de secours ! Mais en retrouvant hier l’amour de mon mari que je ne méritais plus, j’ai juré de redevenir bonne. J’oublierai donc ! Adieu !

Et, soulagée par ces derniers mots, madame Borel alla rejoindre son mari qui l’attendait avec une certaine inquiétude.

— C’eft terminé, fit-elle : partons.

Toutefois son cœur était gros, mais elle retint ses larmes; elle ne voulait point, surtout devant Jean, paraître inquiète ou chagrine.

A cette époque, les Parisiens qui se passaient la fantaisie d’une partie de campagne ne disposaient d’aucune des ressources aétuelles. Les services réguliers de voitures accélérées, qui précédèrent les chemins de fer, n’exiftaient pas encore. Pour tenter une excursion de deux lieues autrement qu’à pied, il fallait fréter un fiacre ou une voiture de remise; ou bien se résigner à s’entasser, en fort mauvaise compagnie, dans ces ignobles voitures, dites coucous, dont le dernier roula jusqu’en 1857 entre le faubourg Saint-Denis & Pantin.

Madame Borel, dont les ancêtres montaient dans les carrosses du roi, était trop décidée à aimer son mari pour s’effrayer, ce jour-là, des cahots burlesques d’un coucou roturier. Le contari du public ultra-démocratique de cette sorte de véhicule ne faisait point trop trembler ses quartiers de noblesse;

Jean heureux

elle daigna prendre plaisir aux difficultés de son ascension & ne point se récrier sur les dommages que la roue poudreuse causa à la fraîcheur immaculée de sa jolie robe de mousseline ü fleurs mauves. Le compliment grivois du conduèteur sur son joli pied lui arracha un de ses plus fins sourires; enfin elle fut d’une humeur charmante. Quant à Jean, il continuait d’être aux anges; des profondeurs de l’enfer, il se sentait transporté tout d’un coup dans les délices du septième ciel; il buvait du nectar & s’en enivrait sans souci du lendemain.

Toute la journée, Laure accepta franchement son nouveau rôle. A la voir sauter gaiement par-dessus les fossés, enjamber les clôtures, butiner dans les fourrés du bois de Romainville pour confectionner des bouquets & des couronnes à sa fille Espérance, on aurait juré qu’elle n’avait de sa vie fait autre chose.

L’air embaumé des senteurs printanières du lilas et de l’aubépine excitait encore sa fébrile ardeur à devenir une vraie madame Jean Borel, femme d’un artifle, bonne fille & sans façon, s’amusant facilement & amusant les autres.

Sa bonne volonté alla si loin, si loin, qu’elle fut très-contente que son mari l’embrassât bien fort sous les grands arbres.

C’était charmant 1

Le dîner fut aussi une excellente occasion pour elle d’exercer sa jeune humilité. Bien qu’ils eussent

beaucoup cherché, Jean & sa femme n’avaient pu découvrir, dans tout Romainville & les environs, un reftaurateur avouable.

Les cabarets borgnes & les bouchons abondaient, mais le bruit des pots & les chants des buveors mirent en fuite le couple amoureux. Sur la route, ils aperçurent une grande maison neuve peinturlurée du haut en bas de couleurs aussi criardes que la casaque d’Arlequin. Son enseigne était bien faite, d’ailleurs, pour capter les regards. Elle montrait un gros homme à table jusqu’au menton devant une hure fumante & un plat de gibier, avec cette inscription : Au nouveau petit Ramponneau, rendezvous des gourmets.

Quand on regardait par les fenêtres du rez-dechaussée, on entrevoyait une broche des plus réjouissantes & un chef joufflu comme une pomme, à panse rebondie, vêtu de blanc comme une mariée & friturant des sauces avec conviètion. Il donnait envie de manger. Laure & Jean entrèrent. Mais si les casseroles et les broches du nouveau petit Ramponneau étaient plaisantes, les gourmets qu’elles attiraient n’avaient rien d’agréable, & M. & madame Borel s’envolèrent au plus vite pour aller chercher cuisine ailleurs.

Alors ils s’en rapportèrent à la Providence du soin de leur envoyer une hôtellerie confortable, &, comme les héros des contes de fées, ils marchèrent tout droit devant eux. La petite fille, portée par son

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père, jacassait en lui passant ses petites mains dans les boucles.de ses cheveux; Laure suivait en considérant ce speèlacle tout nouveau pour elle.

Laure, que son mari ne pouvait plus voir en cet infiant, avait repris sa mélancolie habituelle. Elle songeait, elle songeait à ce que sa mère lui avait dit le matin.

Elle avait brûlé ses vaisseaux, elle jouait sa dernière carte, & des pressentiments malheureux, conséquence des déteflables paroles de la baronne, venaient l’attrifter au milieu des joies de son sacrifice. Malheureusement pour elle, elle ne croyait pas au devoir, elle n'avait foi que dans l’ambition.

Parvenir était son rêve, son rêve de tous les inflants. Les lilas & l’aubépine dont elle était chargée ne lui communiquaient rien de leur douce poésie. Que lui importaient les bois, le soleil qui descendait à l’horizon, le calme du sentier tout bordé de fleurs qu’elle suivait? elle pensait à la première représentation du Faux Espagnol ou Marine & Cavalerie , & elle se demandait si la baronne avait dit vrai, si Jean n’était plus apte à tenir les promesses qu’il avait faites, s’il devait relier éternellement l’humble professeur de musique.

Cette pensée empoisonnait les premiers pas de madame Borel dans le chemin du bien. Madame de Barencic eût vu avec joie lever si vite la semence qu’elle avait semée. Mais il n’était plus temps de se repentir, & Laure voulait se griser tout à fait au

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feu de son holocaufle, & elle pressa le pas pour se mêler à la grave conversation que son mari entretenait avec le baby.

Le sentier que le hasard avait placé devant Borel le conduisit à un petit vide-bouteilles caché au fond du bois comme un nid de fauvettes. C’était une pauvre masure ù un seul étage, mais gaie & propre, blanchie à la chaux & couverte d’un chaume fleuri.

A côté de la masure chantait un bosquet de fleurs grimpantes : chantait efl le mot propre, car des bandes d’oiseaux jaseurs y avaient établi leur domicile aérien. Sous la feuillée épaisse, & dérobées par une haie vive aux yeux des passants, deux ou trois . tables fichées en terre et entourées d’escabeaux de bois servaient aux consommateurs. Un jeu de boules derrière la maison complétait les dépendances de ce réduit propice aux amours.

Au premier appel de Jean, l’hôtesse, femme rubiconde, aux hanches accusées, accourut, &, d’un air ouvert, proposa sa marchandise. Elle avait du vin, du lait & du fromage, de la viande froide & un refie de soupe aux choux.

— Si madame était venue hier, dit-elle, elle eût ’ mangé un rôti de veau, une vraie crème. Si elle avait attendu à demain, je lui aurais offert un gigot rôti qui sera un sucre : mais aujourd’hui le veau efl d’hier & le gigot efl encore chez le boucher.

Entre les deux, il n’y avait pas ù hésiter : madame Borel choisit le veau.

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On dîna sans linge, dans de la vaisselle ébréchée; on mangea avec des couverts de fer, & Ton but dans des verres épais comme des lentilles de télescope. L’air & la marche avaient aiguisé les appétits, & madame Borel trouva le dîner exquis.

Jean était parfaitement heureux : il savait qu’en rentrant chez lui il n’y retrouverait plus la figure rébarbative de sa belle-mère.

Au moment de quitter ces lieux enchanteurs, il prit un couteau, &, avec la pointe, il traça quelques caractères sur le mur :

— Qu’eft-ce que tu fais? lui dit Laure.

— J’écris une date.

— Ajoutes-y deux lettres ? dit madame Borel enlaçant de ses deux bras le cou de son mari, l’an prochain nous reviendrons voir si elles sont effacées.

Oh! oui, Jean était heureux.

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