‹ La galerie des oiseaux (volume 2)Chapitre 131 sur 251 · PL CI · texte numérisé non relu

PL CI

Ccipite corporeque obscure cœruleis ; sublus flavescente ; caudd apice albd ( mas.); corpore sublus cdbo ( femina).

Uracca acahé, de Azara , Apunlamientos para la Hist. Nat. de los pcixaros ciel Paraguay y vio de la P.lata , (o/n. i, pag. 2.53, n° 53.

La Pie acahé, 2e édit, du Noue. Dict. d’Hist. nat ., tom. 26, pag. 124.

Nous devons la connaissance de cette espèce à M. de Azara, qui a étudié son genre de vie au Paraguay, où elle est commune. Elle s’approche volontiers des habitations rurales, et se familiarise tellement, qu’elle pond en captivité. On l’y nourrit de viande, de maïs, d’insectes, et principalement d’œufs, son aliment de choix, qu’elle perce et vide avec adresse, sans en rien perdre. Elle fait une guerre cruelle aux poussins qui s’écartent de leur mère , se jette dessus , et leur perce le crâne pour en dévorer la cervelle. Elle

GEAIS

dévaste aussi le nid des oiseaux qui ne sont pas assez forts pour défendre leurs petits. Les cris de cette pie sont forts et tristes, ni agréables ni déplaisans; à chaque fois quelle en jette, elle avance le corps, élève et baisse le croupion. Elle fait son nid sur les arbres, le cache avec soin, le compose de petites bûchettes et de racines à l’extérieur, de matières douces à l’intérieur. La ponte est de quatre ou cinq œufs presque blancs, teints d’un peu de bleu terreux au gros bout, et partout tachetés de brun.

Une tacbe d’un bleu céleste se fait remarquer derrière l’œil; elle s’étend sur l’occiput et sur une petite partie du cou, où elle diminue graduellement de longueur. Une petite marque d’un bleu vif, haute de quatre lignes, large de six, elliptique, et composée de petites plumes verticales, surmonte l’œil et s’élève en forme de sourcils; une autre, d’un bleu plus foncé, couvre la paupière inférieure et se joint à une troisième, qui est triangulaire, de la même couleur, et située sur la partie inférieure du bec; la queue, dont l’extrémité est blanche, le dessus et les côtés de la tête, le cou et toutes les parties supérieures, sont d’un bleu turquin, presque noir; toutes les inférieures sont jaunâtres dans le mâle, blanches chez la femelle ; le bec est d’un noir luisant ; l’iris d’une belle couleur d’or; le tarse noir; les plumes qui couvrent le dessus et les côtés de la tète sont serrées, droites, un peu fermes, décomposées, rudes et frisées; elles paraissent, à la vue et au toucher, comme une coiffe de velours noir, et forment sur la suture coronale une huppe haute de huit lignes et aussi large que la tête. Longueur totale, i3 pouces et demi.

3ème division. GEAI, Garrulus.

Bec médiocre, garni à sa base de plumes sétacées, dirigées en avant, robuste, tendu, à bords tranchans; mandibule supérieure à échancrure usée vers le bout, inclinée brusquement à sa pointe. PI. I, n° 7.

Narines presque ovales, ouvertes, glabres ou cachéessous les plumes du capistrum.

Langue cartilagineuse, un peu aplatie, fourchue à son extrémité.

Tarses nus , annelés.

Doigt intermédiaire soudé à la base avec l’externe, totalement séparé de l’interne.

GEAIS

Ailes médiocres, à penne bâtarde, courte, arrondie à son extrémité; les trois premières rémiges étagées; les quatrième et cinquième les plus longues de toutes.

Queue carrée ou arrondie, à douze rectrices.

Cette division contient onze espèces répandues en Europe, en Asie et en Amérique.

Les geais ont beaucoup de rapports avec les pies; mais celles-ci s’en distinguent par la forme du bec et par une queue plus longue et très -étagée. Ils sont omnivores, vivent de graines, d’insectes, de baies et même de chair; mais ils n’avalent point tous les morceaux entiers, car, s’ils sont d’une certaine grosseur, ils les posent sous leurs pieds et les déchirent; c’est ainsi qu’ils dépècent les glands et les petits oiseaux. Leur naturel est très-pétulant; leurs mouvemens sont brusques et leurs sensations vives. Si quelque objet leur porte ombrage, ils se rallient par un cri particulier, et semblent vouloir en imposer par leur nombre et leurs clameurs désagréables. Sont-ils à terre, ils sautillent sans cesse; sont-ils sur un arbre, ils en parcourent toutes les brandies avec la plus grande célérité, et se posent rarement sur celles qui sont mortes ou totalement dépouillées de leur verdure. Le feuillé le plus épais est l’endroit où ils se plaisent. On les rencontre ordinairement dans les bois, et rarement dans les plaines. Ils sont moins méfians et moins rusés que les pies et les corneilles; aussi donnent-ils plus souvent dans les pièges qu’on leur tend. Ils vivent en famille ou par paires pendant une grande partie de l’année; et, quoiqu’on en voie un grand nombre. ensemble, quand ils voyagent, ils se tiennent toujours à une certaine distance les uns des autres, et jamais en troupes serrées.

Ces oiseaux nichent dans les bois, les taillis, quelquefois dans les vergers., sur de vieux arbres, et préfèrent les plus touffus. Ils placent leur nid vers le milieu, contre le tronc ou à la bifurcation de deux grosses branches; le construisent sans art avec des petits rameaux secs et des racines, dont le chevelu forme la couche intérieure. La ponte est de quatre à six œufs. De même que les précédens, ils conservent la nourriture destinée à leurs petits dans l’œsophage, d’où ils la font remonter pour la leur distribuer. Ceux-ci naissent nus, ou à peu près, ne quittent leur berceau qu’en état de voler,

GEAIS

et sont encore long-temps après nourris par leurs père et mère. Tous vivent de fruits, de baies, d’insectes, de vers, de chair et d’œufs. Ils avalent les baies, les graines entières, et ils dépouillent de leur enveloppe les châtaignes], les faines, et les glands, s’ils ne sont très-petits, en les fixant sous leurs pieds; c’est aussi de cette manière qu’ils posent les noix pour en tirer l’amande. Ils déchirent par lambeaux les petits oiseaux, qu’ils attaquent rarement, s’ils ne sont faibles ou malades, ou pris dans un piège. Enfin, les espèces sédentaires dans le Nord font des provisions pour l’hiver.

LE GEAI BLEU HUPPÉ, Garrulus cristatus.

PL cil.

Cristatus ; corpore gulâque cæruleis ; tectricibus alarum lirieis transversis nigris ; collari nigro ( mas. ).

Cristâ breviori; gulâ dilule grisea ( femina ).

Cris tel brevissimâ; corpore supra cœrulescente-cinereo ; subtils sorclide albo ( junior ).

Le geai bleu du Canada, Briss ., Ornith., tom. 2, pag. 54, n° 2, pi. 4,

,fig- 2.

Idem, Buff. , H est. ncit. des Ois., tom. 3 , pag. (20, pi. enl. n° 029.

Elue jay, Catesbj , Carol. 1, pl. i5. Idem, Lath., Synopsis, tom. 1, pag. 386, n° 20.

Corvus cristatus, Linn., Gmel., Syst. nal., edit. i3, n° 8. Idem; Lath., Index , n° ig.

Cette espèce, qu’on rencontre sur les côtes orientales de l’Amérique septentrionale, depuis la Louisiane jusqu’à la baie d’Hudson, et sur les côtes occidentales, depuis la Californie jusqu’à la baie Nootka et encore plus au nord, est nombreuse dans toutes ces contrées ; mais elle ne l’est jamais autant dans les États-Unis qu’à l’automne, époque de leur émigration du nord au sud. On en voit alors, quelquefois dans le même jour, des bandes de deux à trois cents, qui voyagent de compagnie, et qui suivent la même direction. Ces oiseaux se dispersent dans la matinée pour chercher leur nourriture, s’appellent et se rallient lorsqu’ils la trouvent en abondance; et dès qu’ils

GEAIS

sont rassasiés, ils se dispersent de nouveau. Cependant ils se réunissent toujours vers la chute du jour, pour passfer la nuit dans le même canton et s’acheminer ensemble au lever de l’aurore. Leur point de réunion est ordinairement sur la lisière des forêts, surtout de celles où les chênes sont en plus grand nombre, et dont le fruit est alors leur principale nourriture. Leur passage dure environ quinze jours; néanmoins on en rencontre encore après, mais en petit nombre. Ces traîneurs ne s’éloignent guère du centre des États-Unis, pendant la mauvaise saison.

Ce geai , naturellement plus sauvage et moins défiant que celui d’Europe, s’approche des habitations, et donne dans tous les pièges qu’on lui tend. Pi fis adulte ou vieux, il supporte volontiers l’esclavage et semble même s’y plaire; mais dès les premiers jours du printemps il s’inquiète, se chagrine, refuse toute nourriture, dessèche et périt si on ne lui rend la liberté.

L’intérieur des bois où serpente un ruisseau est, pendant l’été, son domicile habituel; il se cache dans l’endroit le plus fourré, et, quoique par ses cris il décèle sa retraite, on le découvre difficilement, parce qu’il se tient au centre ou au pied des buissons les plus épais, et qu’alors il s’élève rarement à la cime des arbres. Son naturel le rapproche de notre geai, il en a la pétulance et la vivacité, mais il n’est point aussi piaillard, et ses accens, quoique analogues, sont plus doux et moins forts.

Il construit son nid avec des bûchettes à sa hase, de petites racines sur le contour, du chevelu et des herbes fines à l’intérieur. La ponte est de quatre à six œufs d’un vert olivâtre, parsemé de taches couleur de rouille. Il en fait ordinairement deux par an.

La belle couleur bleue qui domine sur la huppe s’étend aussi sur toutes les parties supérieures, sur la queue, les couvertures et les pennes secondaires des ailes; elle est traversée de raies noires sur les dernières parties, dont le bord externe est d’un bleu violet, et l’extrémité blanche; les rémiges primaires sont en dehors pareilles à l’aigrette, et noirâtres en dedans; les rectrices portent des lignes transversales noires, et toutes les latérales ont à leur extrémité une grande marque blanche; cette dernière couleur, nuancée de lilas et de gris, règne sur les côtés de la tête et du cou; la bande noire, qui naît entre le bec et l’œil, sert de bordure à la huppe, fait ensuite un

CORACIÀS.

demi-ceintre en arrière des oreilles, se prolonge sur les côtés du cou, et se termine en forme de hausse-col sur le haut de la poitrine; les plumes qui couvrent les narines sont grises : la gorge est d’un bleu clair; le dessous du corps d’un gris de souris qui se dégrade insensiblement sur les parties les plus inférieures. Le bec et les pieds sont noirs; l'iris est couleur de noisette. Longueur totale, 10 pouces 9 lignes. La gorge ne prend une teinte bleue que chez les vieux mâles.

La femelle porte une huppe moins longue et des couleurs moins vives; la gorge est d’un gris clair. Les jeunes ont les ailes et la queue pareilles à celles des précédens; une huppe moins apparente; les parties supérieures d’un cendré bleuâtre ; les inférieures d’un blanc sale.

4ème division. CORACIAS, Coracia.

Bec garni à sa base de plumes sétacées, dirigées en avant, plus long que la tête, entier, un peu grêle, arrondi, convexe en dessus, arqué, pointu.

Narines un peu arrondies, ouvertes, cachées sous les plumes du capistrum , pl. I, n° 8.

Langue cartilagineuse, médiocre, bifide à son extrémité.

Taises nus, annelés.

Doigt intermédiaire réuni à la base avec l’externe, totalement séparé de l’interne.

Ailes longues; première rémige la plus courte des primaires; deuxième moins allongée que la sixième; quatrième et cinquième les plus longues de toutes.

Des trois espèces que contient cette division, l'une se trouve en Europe, l’autre dans la Nouvelle-Hollande, et la troisième en Afrique. La première, qui est la seule dont on connaisse le genre de vie , a des habitudes analogues à celles des pies et des corbeaux ; comme eux elle est attirée par tout ce qui brille , et comme eux elle cherche à se l’approprier. On l’a vue même, dit Montbeillard , enlever du foyer des cheminées des morceaux de bois tout allumés , et mettre ainsi le feu dans la maison. Quoique d’un naturel vif et inquiet, elle se prive à un certain point : on la nourrit d’abord , lorsqu’on

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