PI. CXCIII
Suprà fusca; subtùs rufo-alba ; crisso rufo ; capite cristato ; area oculorum nudâ 3 rubrâ ; caudoe apice Jlavo.
L’Hoazin, BuJJ. 3 n° 33 7 , sous le nom de Faisan huppé de Cayenne.
Phasianus cristatus , Linn. , Gm .3 Syst. nat. 3 édit. i3, n° 10.
Idem, Lath. , Index 3 n° 7.
Crested Pheasant, Lath. } Synopsis , tom. 2 , pag. 720,72.° 7 ,pl. 64.
Le Sasa, Sonnini, édit, de Bujfon , tom. 42, pag. 294.
O11 trouve cette espèce à Cayenne, où elle niche sur les arbres; sa ponte est de quatre à six œufs. Montbeillard l’a confondue avec YHoazin du Mexique 3 en lui en appliquant le nom et en lui assignant des mœurs totalement opposées à celles qui lui sont naturelles. En effet , l’Hoazin , décrit par Hernandez, dans son Hist. avi. Nov.-Hisp. , cap. 10, p. 320, qui, outre qu'il présente des disparités dans son plumage avec le Sasa, et de plus dans sa taille qui est presque celle d’une Poule d’Inde, et dans son bec recourbé , en diffère encore par ses habitudes, ne paraît qu’à l’automne dans les contrées les plus chaudes du Mexique , et fait sa nourriture ordinaire de serpens ; au lieu que le Sasa de la Guyane est sédentaire et frugivore.
Le Sasa est remarquable par une très-longue huppe composée de plumes étroites et couchées en arrière, qu’il peut soulever, mais non relever en forme de panache, lorsqu’il est affecté. Ces plumes sont rousses depuis leur origine jusqu’à leur milieu, et noires dans le reste : celles du dessus et des côtés du cou ont des taches blanches sur un fond brun : cette couleur occupe aussi , mais avec des reflets verts et cuivrés , toutes les parties supérieures; en prenant du roux sur les pennes des ailes et du verdâtre sur
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la queue ; les couvertures alaires portent une bordure blanche; les pennes caudales sont terminées par un liseré jaune ; les parties inférieures sont d’un blanc nuancé de roux , mais cette dernière teinte est pure sur le ventre, les jambes et les couvertures du dessous de la queue; le bec est d’un gris verdâtre ; les pieds sont rouges ; les ongles noirs. Longueur totale , 22 pouces.
2 2èmc famille. COLOMBINS, Columbini.
Bec garni à sa base d’une membrane cartilagineuse et gonflée , crochu ou seulement incliné à sa pointe.
Doigts antérieurs séparés ou unis à leur origine par une très-petite membrane.
I ère division. PIGEOM , Columbci.
Bec médiocre , comprimé latéralement , couvert à sa base d’une membrane voûtée sur chacun de ses côtés et étroite en devant; mandibule supérieure plus ou moins renflée vers le bout , crochue ou seulement inclinée à sa pointe.
Narines oblongues, placées dans un cartilage bombé, ouvertes vers le milieu du bec.
Langue entière, pointue.
Tarses nus ou en partie emplumés.
Doigt ^ antérieurs totalement séparés ou unis à leur base par une trèspetite membrane. Pl. CC, n° 6.
Ailes allongées et pointues , ou médiocres et arrondies.
Queue à douze ou quatorze rectrices.
Cette division, qui contient au moins cent vingt-cinq espèces, est composée de trois sections auxquelles M. Levaillant a imposé les noms de Colombe, Colombar c.1 Colomb i-ga lime. La première contient les Pigeons, qui ont le bec droit, grêle, flexible et renflé vers le bout; les tarses courts, les ailes longues et pointues. La deuxième , ceux dont le bec est assez
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robuste, large à sa base, renflé et crochu à sa pointe ; les tarses et les ailes comme les précéclens : les espèces de la troisième ont le bec pareil tà celui de la première, mais elles en diffèrent par leurs tarses plus allongés, par leurs ailes courtes et arrondies. On ne rencontre en Europe aucun individu des deuxième et troisième sections; parmi ceux de cette dernière les unes se trouvent en Amérique , en Afrique et dans l’Asie orientale ; les autres en Afrique et dans les Grandes-Indes.
L’on n’est pas d’accord sitr la place que les Pigeons doivent occuper dans un système. Linnée les classe dans son ordre des Passères ; Brisson, Pennant et Latham les isolent dans un ordre particulier, et d’autres auteurs les mettent dans celui des Gallinacés. Je me suis conformé à l’opinion de l’illustre naturaliste Suédois , parce quelle me paraît plus analogue <à la nature de ces oiseaux ; en effet , ainsi que presque tous les Passères , les Pigeons se tiennent par paires dans la saison des amours ; le mâle et la femelle travaillent à la construction du nid, partagent les soins de l’incubation et de l’éducation de leurs petits; et ceux-ci sont nourris dans leur berceau, éclosent aveugles, ne le quittent que couverts déplumés, et sont encore quelque temps , après leur sortie du nid, sans pouvoir se suffire à eux-mêmes. Leurs traits de dissemblance consistent dans leur manière de boire et d’alimenter leur jeune famille, dans la singularité de leurs caresses et dans la nature des plumes; ils en diffèrent encore en ce qu’ils ne chantent ni ne crient , quand ils sont adultes ; leur voix est alors un son plein et roulant qu’on appelle roucoulement. Ces disparités les éloignent aussi des vrais Gallinacés , avec lesquels ils n’ont point d’analogie dans leur instinct, leurs habitudes et leurs amours. En effet, ceux-ci sont presque... tous polygames, font une ponte nombreuse par chaque couvée et rarement plus d’une sous les zones tempérées ; tandis que les Pigeons ne pondent que deux œufs, font plusieurs couvées, et sont tous monogames. Chez les Gallinacés, le mâle ne soulage point la femelle dans le travail du nid et de l’incubation; leurs petits naissent clair-voyans , quittent leur berceau , courent et mangent seuls dès qu’ils sont éclos ; le Ganga seul fait exception. Enfin un caractère extérieur et tranchant éloigne les Pigeons de ces derniers et les place naturellement avec les Passères , c’est d’avoir, comme
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ceux-ci, le doigt postérieur articulé au. bas du tarse, sur le même plan que les antérieurs , posant à terre sur toute sa longueur et embrassant le jucboir. Au contraire, chez les Gallinacés ce doigt est articulé sur le tarse plus haut que les autres , ne porte à terre que sur l’ongle ou sur la première phalange , et reste perpendiculaire quand ils sont perchés. Cependant on ne peut disconvenir qu’il se trouve parmi les Pigeons des espèces qui participent en quelque chose des Gallinacés dans leurs mœurs et dans leurs allures ou par quelques conformités extérieures : tels sont ceux de la troisième section, qui tous ont les pieds plus allongés que ceux de leurs congénères et des ailes de perdrix, c’est-à-dire des ailes arrondies, et dont les deux premières pennes sont plus courtes que les troisième et quatrième. De tous les Pigeons que j’ai eu occasion d’étudier dans la nature vivante, les Cocotzins sont ceux qui m’ont paru avoir le plus de rapports avec les perdrix ; car, outre qu’ils ont, comme les autres Colombi-gallines, les ailes un peu concaves et arrondies, ils courent comme les perdrix, et se tiennent constamment dans les champs et les savanes, y cherchent leur nourriture et jamais sur les arbres , s’élèvent en l’air et s’y soutiennent de la même manière que celles-ci, le fendent par un vol court et ne s’abattent qu’à terre ; c’est pourquoi les Anglais et les habitans des Etats-Unis, frappés de ces allures, les appellent Ground-dove (Pigeon de terre ).
M. Levaillant, qui le premier a établi la deuxième section, caractérise les espèces dont elle se compose par un bec plus épais, plus large que celui des deux autres ; les mandibules se renflant du bout forment ensemble une pince solide, une sorte de tenaille, souvent dentée sur les tranches, laquelle sert à ces oiseaux à pincer le fruit dont ils se nourrissent généralement. Ils ont la tête plus grosse et le cou plus court que les autres Pigeons; le tarse court, robuste et nerveux; leurs doigts, particulièrement celui de derrière, larges, épatés, et ceux de devant comme soudés à leur base; ce qui leur fait un pied plat , chagriné en dessous , et donne à ces oiseaux une forte assise ; ils se tiennent le jour dans les bois , vivant isolément par paire, mâle et femelle. Us construisent leur nid dans des trous d’arbre; leur vol n’est pas aussi précipité que celui des autres Pigeons ; leur ramage
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est une espèce de gémissement concentré qui diffère encore du roucoulement des Colombes. L’espèce que nous décrirons ci-après sous le nom de Pigeon W i aalia, est la seule dont on connaisse les habitudes, les mœurs et l’existence. On ne doit donc pas se presser de les généraliser à toutes les autres.
Les Pigeons sont granivores, et beaucoup parmi eux sont aussi baccivores dans l’état sauvage. Ils avalent les graines et les baies entières ; ces alimens se macèrent et s’amollissent dans le jabot avant de descendre dans l’estomac. Ils ne digèrent point les noyaux de certains fruits, et les rendent avec leurs excrémens, sans que ces noyaux soient privés de la faculté de végéter; c’est un moyen que la nature emploie pour disséminer diverses plantes et les propager à de grandes distances. La première alliance de ces oiseaux est ordinairement la seule qu’ils contractent dans le cours de leur vie , à moins qu’elle ne soit interrompue par quelque accident. Ils se tiennent par paires dans le temps des amours, et la plupart se réunissent en troupes plus ou moins nombreuses à l’arrière-saison. Chaque bande est toujours composée d’individus de la même espèce. Les uns nichent sur les grands arbres, d’autres dans les taillis, dans les bosquets, d’autres préfèrent les crevasses de rocher. Tous ou presque tous construisent leur nid assez légèrement avec de petits rameaux, lui donnent une forme presque plate et assez large pour contenir le mâle et la femelle. Leur ponte est ordinairement composée de deux œufs que l’un et l’autre couvent alternativement. Ils partagent aussi tous les soins qu’exigent leurs petits ; et les nourrissent , quand ils sont nouvellement éclos, d’alimens réduits dans leur jabot en forme de bouillie; ensuite ils leur donnent la graine macérée, et enfin telle qu’ils l’avalent eux-mêmes. Les petits reçoivent leur nourriture d’une manière tout-à-fait particulière à ces espèces d’oiseaux ; pour cet effet ils mettent leur bec en entier dans celui de leur nourricier, l’y tiennent entr’ouvert pendant que celui-ci fait remonter l’aliment de son jabot, action qu’il accompagne d’un mouvement convulsif des ailes et du corps. Les pigeonneaux naissent couverts d’un duvet léger, et ne quittent leur nid que très-garnis de plumes ; mais ils ont encore besoin de leurs parens pour les nourrir pendant quelque temps après qu’ils se sont envolés.
PIGEONS
A. Bec droit, grêle, flexible et renflé vers le bout, pl. Q, n° i ; tarses courts ; ailes longues et pointues.
LE PIGEON A TÊTE BLANCHE , Columba leuco- *
eephala.
Pl. CXCIV.
Orbite etvertice albis ; corpore cœrulescente, mas. et femin. V ertice griseo. Junior.
Wliite Crowned Pigeon, Catesbj , carol. i, pl. 25; idem, Lath, , • Synopsis, tom. 2, pag. n° 5.
Le Pigeon de rocher de la Jamaïque, Brisson , Ornith. , tom. 1 , pag. O7 , n° 33.
Columba leucocephala, Linn. , Gin., S J s. nat. , édit. i3 , n° i4- Idem, Lath., Index, n° 5.
Cette espèce, qui se trouve dans les Grandes-Antilles et au Mexique, fréquente les grands bois, et niche dans les rochers, d’oii lui est venu le nom de Pigeon de rocher que des naturalistes lui ont imposé. Elle vit principalement de baies, surtout de celles de l’arbre appelé bois doux. Sa chair devient savoui’euse, très-grasse et d’un goût agréable, quand ces baies sont en. abondance; mais d’autres fruits lui donnent de l’amertume.
La calotte blanche , qui couvre la tête de ce Pigeon , est bordée d’un liseré noir ; cette dernière couleur prend la forme d’une frange sur les plumes du cou qui sont vertes et à reflets bleus, gris et dorés, selon l’incidence de la lumière; un gris ardoisé domine sur tout le corps, les ailes et la queue , mais il est plus clair sur le ventre ; la peau nue , qui entoure les yeux , est rouge dans la saison des amours et blanchâtre dans tout autre temps ; le bec est de cette teinte depuis les narines jusqu’à sa pointe et pourpré dans le reste ; l’iris est jaune ; les pieds sont rouges et les ongles bruns. Longueur totale, 12 pouces. Je n’ai pas remarqué de différence entre le mâle et la femelle ; mais les jeunes ont le dessus de la tête gris, et leur plumage est terne.