‹ La galerie des oiseaux (volume 2)Chapitre 26 sur 251 · ZO PI LO TES · texte numérisé non relu

ZO PI LO TES

Cette espèce est connue à Cayenne sous le nom Je Roi clés Couroumous, et non pas Couronnions, comme le disent des auteurs. Ce bel oiseau, dit Buffon, n’est ni propre, ni noble, ni généreux; il n’attaque que les animaux les plus foibles, et se nourrit de rats, de lézards, de serpents, et même des excréments des animaux et des hommes: sa principale nourriture sont les charognes , aussi a-t-il une très mauvaise odeur, et les sauvages même ne peuvent manger de sa chair. Dans la note que Sonnini a mise dans son édition de Buffon , tom. 38, pag. 176, il lui rapporte ce que Bartram dit d’un oiseau dont les Crecks ou Muscogules font de la queue un étendait royal auquel ils donnent un nom qui signifie queue claigle, sur laquelle ils peignent une bande rouge entre les taches brunes , quand ils vont à la guerre , et qu’ils portent neuf, propre et lilanc dans les négociations et autres occasions pacifiques; mais ce rapprochement nous paroît fautif, car le Roi des Vautours a la queue totalement noire , à quelque âge que ce soit; et c’est certainement la queue d’un tout autre oiseau , et probablement celle du Pygarque à tête blanche qui se trouve dans les Florides de même que dans divers états de l’Amérique septentrionale.

II s’élève entre les narines une espèce de crête qui ne s’aionge ni se retire, et qui tombe indifféremment d’un côté on de l’autre; elle est d’une substance molle et son extrémité est formée d’un groupe très remarquable de verrues. On remarque sur la tête une couronne de peau nue et rouge de sang; une bandelette de poils noirs et très courts va d’un œil à l’autre par l’occiput; au-dessous de la partie nue du cou est une espèce de fraise, dont les plumes sont dirigées les unes en avant et les autres en arrière; elle est assez ample pour que l’oiseau puisse, en se resserrant, y cacher son cou et une partie de sa tête. Derrière l’œil sont de grosses rides qui vont se joindre sur l’occiput à une bande charnue, saillante et orangée, qui de là descend jusqu’au collier. Ces rides cachent le canal auditif, qui est fort petit et auprès duquel viennent se réunir d’autres rides qui s’étendent jusqu’au bec; entre ces rides on aperçoit du duvet, de même que sur le reste des côtés de la tête. Les paupières sont ronges et l’iris a la couleur et l’éclat des perles.

Le Zopilote, âgé de quatre ans, a le bec jusqu’à la membrane, les

GALLINAZES.

tarses, les pennes et les grandes couvertures supérieures des ailes, la queue et un trait sur le dos noirs, la membrane et la crête sur le bec, orange; la peau nue de la base du bec, pourpre; le cou, incarnat sur les côtés, pourpre au-dessous de la tête, jaune en devant, et d’un violetnoirâtre près de la bande et des rides de l’occiput. Tout le reste du plumage et l’iris blancs; une foibie teinte de rouge se fait remarquer sur le blanc du cou et de la partie supérieure du dos. M. de Azara soupçonne que cette teinte distingue le mâle. Longueur totale, deux pieds deux à trois pouces.

Le même , à trois ans, ne présente d’autres différences que d’avoir quelques couvertures supérieures des ailes noires au milieu des blanches.

Ija tête entière, lorsque l’oiseau est âgé de deux ans, est ainsi que la partie nue du cou d’un noir tirant sur le violet avec un peu de jaune au cou ; une teinte noirâtre régne sur les parties supérieures de même que sur les inférieures, avec des taches longues et blanches; la crête est noire, ne tombe d’aucun côté, et est partagée à son extrémité par trois protubérances fort petites; enfin il est, dans sa première année , d’un bleuâtre-noirâtre , à l’exception du ventre et des côtés du croupion qui sont blancs; en soulevant les plumes sous le corps, on en voit aussi de blanches. Le tarse est verdâtre ; la mandibule supérieure d’un noir-rougeâtre; l’inférieure, d’un orangé mêle de noirâtre, avec des taches longues et noires; la partie nue de la tête et du cou de cette couleur; l’iris noirâtre de même que la crête, laquelle ne consiste à cet âge qu’en une excroissance charnue et solide.

4ème division. GALLINAZE, Catharista. Vultur,

Linnée»

Bec aiongé, droit jusqu’au-delà du milieu , garni à sa base d’une cire très étendue, comprimé latéralement, convexe en dessus; mandibule supérieure, à bords droits, crochue vers le bout; l’inférieure plus courte, obtuse à sa pointe, pl. A, n° /j.

G ALLÏNAZES.

Narines grandes, sltue'es sur la partie antérieure de la cire, oblongue* et percées à jour.

Langue charnue, cannaliculée , à bords dentelés.

Yeux à fleur de tête, dirigés latéralement.

Tète et cou dénués de plumes , ou mamelonnés.

Jabot saillant, glabre.

Tarses nus, sans écailles.

Doigt intermédiaire long, tendu, réuni à sa base avec l’intérieur par une membrane ; l’intérieur et le postérieur égaux.

Ongles courts, foibles, émoussés et recourbés; le postérieur le plus court de tous, pl. AA, n° 3.

Première rémige moyenne; les troisième et quatrième les plus longues de toutes.

Queue carrée ou cunéiforme, à 12 rectrices.

Cette division n’est composée que de deux espèces qui se trouvent dans l’Amérique, 1 "'Urubu et l 'Aura.

Les Gallinazes ont les mêmes habitudes et les mœurs des Zopilotes; on les trouve dans l’Amérique méridionale et septentrionale. Selon M. de Azara, les Urubus tiennent toujours leur cou un peu retiré, passent la plus grande partie du jour sur les arbres et sur les palissades, afin de découvrir si quelqu’un s’arrête pour quelque nécessité naturelle, ou jette quelques débris de viande desséchée. Ils se réunissent pour l’ordinaire plusieurs ensemble sur le même arbre, et comme personne ne les tourmente , ils vivent par-tout tranquilles et en sûreté. Lorsqu’ils sont rassemblés sur les charognes , si quelque bruit ou quelque objet les effraie, tout-à-coup ils prononcent la syllabe hu d’un ton nasillard , et c’est le seul cri qu’il font entendre seuls ou en troupes; ils n’attaquent ni ne harcellent aucun animal, et quand ils tombent plusieurs sur un cadavre d’un petit volume , chacun d’eux cherche à en déchirer un morceau comme il peut, sans avoir de débats avec ses concurrents. Ils commencent à en dévorer les yeux, ensuite la langue ,*et ce qu’ils peuvent tirer des intestins par l’anus; et si le corps mort a le cuir fort dur, et qu un chien ou toute autre bête carnassière ne l’ait pas entamé, ils l’abandonnent après avoir arraché les parties qu’on vient d’indiquer; mais s’ils ren-

G ALLÏNAZES.

contient une ouverture , ils dévorent toute la chair jusqu’aux os qu’ils ne laissent couverts que de la peau. Quand ils se sentent blessés ils rejettent tout ce qu’ils ont avalé.

Les Auras , qui pénètrent beaucoup plus dans le nord de l’Amérique que les Urubus, ont la même manière de vivre; mais ils sont moins farouches, et se tiennent, scion de Azara, souvent seuls ou par paires ; cependant, clans d’autres contrées, on les voit comme les Urubus , soit sur les arbres, soit à terre, soit dans les airs, presque toujours en troupes. Leur odorat est si lin qu’à peine une charogne est-elle exposée dans un lieu où il n’y en a aucune, qu’on les voit venir de toutes parts , volant en spirale et descendant peu à peu jusqu’auprès de leur proie. Us paroissent friands des œufs des Alligators qui, sans les Gallinazes , deviendraient si nombreux qu’ils feraient déserter le pays. A l’époque où les femelles Alligators déposent leurs œufs à terre, ces oiseaux se tiennent sur les arbres voisins, les suivent de l’œil, et remarquent l’endroit où elles cachent leurs œufs, qu’elles croient mettre à l’abri de tout danger en les enfermant dans le sable ; sitôt qu’elles sont retournées à l’eau , ils descendent de leur observatoire, et à l’aide de leur bec et de leurs griffes, ils les déterrent et les dévorent. Les petits naissent aveugles, et sont appâtés , dans les premiers jours de leur naissance par le père et la mère qui leur dégorgent dans le bec la nourriture que ceux-ci apportent dans leur jabot; ce que ne font aucuns oiseaux de proie , à l’exception des Vautours et des Zopilotes.

LE GÂLLINAZE AURA. Caiharista Aura.

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