D’AMÉRIQUE
(MOTACILLA MITRATA. )
Cet oiseau, placé clans la famille des vraies Fauvettes, par Latham (i), est de la grosseur du chardonneret , et sa longueur est d’environ cinq pouces. Il habite la Caroline.
Le mcile a le bec, l’occiput et la nuque noirs. Le sinciput et les côtés de la tête sont d’un jaune brillant bordé d’une couleur noire qui remonte en avant jusques sous le bec, et forme un plastron arrondi sur le haut de la poitrine : le reste de la poitrine et les parties postérieures sont aussi d’un jaune brillant. Tout le dessus du corps est d’un vert-olivâtre foncé; les flancs sont d’un jaune-clair mélangé de verdâtre. Les couvertures supérieures, les pennes des ailes et celles de la queue sont bordées en dehors d’un jaune d’une nuance plus claire. Le dessous de la queue est d’un gris mélangé de blanc-sale. Les genoux sont jaunes et les pieds noirs.
La femelle diffère du mâle, en ce qu’elle a le dos et les épaules olivâtres, les pennes des ailes frangées d’une couleur cendrée , et toutes les parties inférieures d’un jaune-pâle.
Cette espèce ne se plaît que dans les lieux solitaires.
Elle est rare dans le nord des États-Unis et n’y passe que la belle saison.
(i) Voyez index ornithol. , t. 2.
MANAKIN TIJÉ.
(PIPRA PAREOLA.)
Des différentes espèces de Manakins proprement dits, celle-ci est la plus grande, et cependant elle n'a que quatre pouces et demi de longueur (i).
Leur bec, assez court, est échancré à l’extrémité et robuste. Leur tête est arrondie, leurs narines assez ouvertes, leur col très court; leur queue, qui est courte et coupée carrément, est plus longue que leurs ailes, et plus courte que leurs pattes (2).
Il est peu d’oiseaux dont le plumage éprouve autant de variations , en raison de l’âge , du sexe ou de la mue.
Les mâles adultes ont la plus grande partie de leur plumage d’un noirfoncé et même velouté. La tête est pareillement noire et ornée d’une huppe d’un beau rouge qui commence vers le sommet de la tête, et finit à l’occiput. L’iris de l’œil est d’un bleu de saphir; le bec et son tour, le col, en dessus et en dessous, la poitrine , le ventre et le croupion , sont noirs. Le dos, qui paroît d’un bleu-clair uniforme, est couvert de plumes très longues et très larges, relativement à la taille de l’oiseau, et qui sont composées debarbules, réunies entre elles, jusqu’au premier tiers de leur longueur par un duvet assez fourni. Ces barbules prennent ensuite la forme de soies très fines, séparées les unes des autres, et sans apparence de duvet. Chaque plume est grise dans tout l'espace où les barbules sont réunies; cet espace est entouré d’une auréole blanche, et les soies qui dépassent ont seules la couleur bleue. Toutes les plumes du dos étant à recouvrement, comme dans les autres oiseaux , il s’ensuit que toute la partie
(1) Voyez Lath. index omithol. t. 2. — Diet.dHist. nat. 1817.
(2) Voyez Hist. nat. des Manakins. par Desmarets. i8o5.
2 MANAKIN TIJÉ.
grise de chacune d’elles est recouverte par les barbules bleues de la suivante, ce cpii fait que l’on ne voit à l’extérieur que ces barbules ou soies très déliées, dirigées en divers sens, ne laissant distinguer aucune plume, et paraissant être, en quelque sorte, un poil très fin et de la plus belle couleur bleue.
Les petites couvertures des ailes et les grandes pennes de la queue sont d’un noir-foncé; les grandes pennes des ailes d’un noir tirant sur le violet en dessus, et d’un brun-grisâtre en dessous; on voit quelques plumes bleues à la jointure de l’aile avec le corps.
Les plumes qui forment la huppe sont un peu plus longues que les autres, et d’une forme particulière. Elles sont roides et composées de barbules toutes dirigées dans le sens de la tige; elles sont susceptibles de se relever à la volonté de l’oiseau.
Les pieds sont rouges. Leur doigt du milieu et leurs doigts externes sont réunis jusqu’à l’ongle.
Cette description , donnée par M. Desmarets (i) , est celle du Manakin tijé placé dans la Galerie des Oiseaux , avec la note , qu’il a été apporté du Brésil.
Elle est aussi celle d’un pareil oiseau , noté comme apporté de l’ Amérique méridionale ; il en est un troisième, noté comme ayant été apporté de l’île de la Trinité , par M. Robin , en 1 8 1 6 , et qui est totalement conforme à cette description , à la seule différence qu’il a deux pennes intermédiaires de la queue, de la même couleur que les autres pennes, mais qui dépassent celles-ci de huit à neuf lignes. Ce dernier est celui dont uous présentons la description.
U est à remarquer que ceux de ces oiseaux qui sont empaillés paraissent avoir le bec noirâtre et les pattes jaunâtres.
La femelle du Tijé n’a point de huppe. Son plumage est en dessus d’un vert-olivâtre assez obscur, et en dessous d’ttn vert-jaunâtre-terne. On aperçoit, sur sa poitrine et sur son col , une légère teinte de gris.
Les très jeunes Tijés sont d’abord d’un gris-olivâtre, et n’ont point de huppe; ce qui leur donne de la ressemblance avec la femelle ; après plu-
(i) Hist. nat. des Manakins. i865.