PL LXIII
Capite , nuchâque castaneis ; gulâ,juguloque ni gris ; superciliis , genis , fasciâ alaruni albis ; remigibus reclricibusque Juscis (mas.)
Superne nigricante et rufescente varia , inferne cinereo alba; superciliis , tœnicî alarum albo rufescentibus , capite, nuclidque rufescente fuscis( femina.)
Capannaia scherzofa, Omit h. italienne.
Moineau à tète marron ou d’Italie, 2e édition du Nouveau Dictionnaire d’ Histoire naturelle, tom. 12 , pag. 19g.
Gros-bec cisalpin, Temminck , 2e édition du Manuel d’ornith., pag. 35i.
On a confondu ce moineau avec celui de France (fringilla domeslica ) ; mais on a reconnu depuis que c’était une espèce différente , ou plutôt une
FRINGILLES.
race constante qui est commune en Italie. Il semble tenir le milieu entre le moineau franc et le friquet, car il se rapproche de ce dernier par la couleur de la tête , et par l’habitude de se tenir de préférence dans les champs.
Le mâle , en été ,- a la tête et la nuque d’une belle couleur de marron foncé , les lorums , la gorge et le devant du cou, noirs; un trait blanc au-dessus de l’œil; les joues, les côtés de la gorge, et une bandelette sur l’aile de cette couleur; les plumes du dos, noires dans le milieu, et rousses sur les bords; le croupion, gris-cendré; la poitrine et les parties postérieures, d’un blanc nué de gris très-clair sur les côtés ; les rémiges, brunes et noires ; la queue de la première teinte; le bec noir ; les pieds d’un brun-rougeâtre. Longueur totale, 5 pouces 4 à 6 lignes. Chez le même, en hiver, la tête et la nuque sont d’un marron moins vif; le dessus du corps, les ailes et la queue, avec des teintes moins vives; la couleur blanche paraît un peu nuée de gris, et les plumes du devant du cou sont terminées de blanc ; le bec est couleur de corne. La femelle ressemble à celle du moineau franc.
D. Bec a pointe comprimée latéralement , plus ou moins allongée , grêle et
très-aiguë, pl. F, n° 4-
LA FRINGILLE BEAU-MARQUET, Fringüla elegans.
Pl. LXIV
Fro/ite, capistro, gulci rubris ; collo anteriori flavo , vertice cinereo, corpore supra vericli-olivaceo ; pectore nigro, albo, viridi transversim striato ( mas. )
Capite , collo integro , cinereù ; dorso rectricibus alarum superioribus sordide olwaceo-viridibus (junior.)
Le beau -marquet, Buffon, Hist. ncit. des Ois., tom 3, pag. 497 , pl. enl. , n° 2o3 ,Jîg. 1 .
Fringilla élégans, Linn., Gm . , Syst. nat., édit. i3, n° 61.
Beautiful finch, Lalh., Synopsis, tom. 2, pag. 266, n° ig.
Ce bel oiseau d’Afrique, que nous voyons quelquefois vivant dans nos volières, a le bec, le front, la gorge rouges; la tête et le dessus du cou
fringilles.
gris-bleuâtres ; le devant de la dernière partie jaune ; le dos et les couvertures supérieures des ailes d’un vert-olive; celles de la queue, ses pennes et le croupion d’un roux rembruni ; la poitrine et le haut du ventre rayés de blanc, de noir, et de vert; les parties postérieures blanches, les pieds rouges. Longueur totale, 4 pouces 2 lignes.
Lejeune est gris sur la tête, la gorge, le cou en entier, et les parties postérieures , avec des raies transversales brunes et rougeâtres sur celles-ci ; les pieds sont couleur de chair.
E. Mandibule inférieure bidentée sur chaque bord, vers son origine,
pl. F, n° 5.
LA FPJNGILLE SIZERIN ou BOREALE, Fringilla
borealis .
Pl. LXV.
Vertice sanguinolento ; mento nigro ; peclore purpurescente - rubro ; fasciâ alarum duplici albidâ ; uropygio albo rubroque maculato (mas.) Pectore albo ,Jusco maculato (femina. )
Petke linotte de vigne, Brisson , Ornith., tom. h, pag. 1 38 , n° 3i.
Le sizerin, Buff., Hist. nat. des Ois., tom. L\, pag. 216.
Fringilla linaria, Linn., Gm ., Syst. nat., édit. i3, n° 29.
Lesser redpole, Lath., Synopsis, tom. 2, pag. 3o5, n° 70.
Rothplattiger haenfling, Frisch,pl. 10, mâle et femelle.
Quoique Brisson, Buffon et Mauduyt aient très-bien distingué ce sizerin et le cabaret, en les donnant comme deux espèces très-différentes, d’autres ornithologistes plus modernes ne les ont pas moins confondues. Je citerai entre autres M. Temminck, qui, dans la deuxième édition de son Manuel d’ ornithologie , prétend que je me suis trompé en les séparant; mais je crois que s’il les eût comparés scrupuleusement, il ne m’aurait pas fait ce reproche, et surtout s’il eût connu leur genre de vie et le chant des mâles.
Au reste ce sizerin se plaît dans les lieux plantés d’aulnes dont il aime les graines, ainsique celles de l’ortie- grièche, du chardon et du pavot; mais
FRINGILLES.
en volière il préfère le chènevis à la navette et au millet. Il mange au printemps les boutons des jeunes branches du chêne, du bouleau, etc. Peu sauvage, on Fapproche de très-près sans l’effaroucher; d’un naturel doux, il se familiarise promptement avec la cage; peu défiant, il se prend facilement dans les pièges qu’on lui tend.
Nous ne voyons cette espèce que pendant l’hiver, et elle ne se rencontre aux environs de Paris que tous les sept ou huit ans. Elle forme alors des troupes souvent très-nombreuses, qui fréquentent les bois, où elles se tiennent à la cime des chênes, des bouleaux, des peupliers; ce sizerin s’accroche, comme les mésanges, à l’extrémité des petites branches, et en parcourt toutes les sommités avec une vivacité étonnante. Il quitte la France et les contrées voisines vers le mois de mars, et pousse alors ses excursions fort avant dans le nord. Othon Fabricius l’a rencontré au Groenland, où il niche; je l’ai vu aux États-Unis dans les mois de décembre et de janvier; il y pénètre plus ou moins ; ce qui paraît dépendre de la force du froid. Fa femelle place son nid entre les branches des arbrisseaux et le compose de trois couches : la première, qui est la plus épaisse, est tissue d’herbes sèches, entremêlées de quelques petits rameaux; celle du milieu est plus mince, et mélangée déplumés et de mousse ; le duvet, d’une espèce de fromager, forme le lit sur lequel elle dépose cinq œufs d’un blanc verdâtre, tacheté de roux, principalement vers le gros bout.
Fe ramage du mâle est faible et plaintif ; il babille sans cesse, soit en volant , soit en cherchant sa nourriture, d’où lui est venu l’épithète latine querula; d’autres l’appellent pelit-chêne, parce qu’on le voit souvent sur cet arbre; enfin les oiseleurs de Paris le désignent par le nom de grand-cabaret , pour le distinguer de l’oiseau qu’ils nomment simplement cabaret.
Le mâle a le sommet de la tête d’un rouge de sang; les lorums et le haut de la gorge noirs ; le devant du cou et la poitrine d’un rouge pourpre inclinant au rose ; le ventre et les parties postérieures d’un beau blanc; l’occiput, le manteau et les flancs variés de gris et de brun sombre; le croupion tacheté de cette couleur sur un fond blanc; les couvertures inférieures des ailes blanches; les supérieures d’un brun obscur ; les petites et les grandes terminées de blanc; les pennes brunes, et bordées de blanc-roussâtre en dehors; la queue
PASSERINES.
pareille et frangée de blanchâtre; le bec blanc en été, brun en dessus, jaunâtre sur les côtés et en dessous en hiver ; les pieds bruns. Longueur totale , 5 pouces. Les couleurs sont, pendant la mauvaise saison, plus ternes, et le blanc est nuancé de roussâtre.
La femelle est un peu plus petite que le mâle, et en diffère encore par son front blanc; par le devant du cou et la poitrine, qui sont de cette couleur et tachetés de brun sur les côtés, et enfin par des teintes moins chargées. Le jeune mâle a aussi le front blanc ; les plumes du sommet de la tète rouges et terminées de gris-blanc ; le reste du plumage comme la femelle.
6ème division. PASSERINE, Passerina.
Bec entier, conique, moins large que la tète, un peu robuste, droit, rétréci vers le bout, .à bords inférieurs, quelquefois supérieurs, fléchis en dedans, à ouverture dirigée obliquement et en en-bas ; mandibule supérieure couvrant au moins à sa base les bords de l’inférieure, à palais aplati, épais et lisse. Pl. F, n° 6.
Narines ouvertes, arrondies, glabres chez les uns, cachées sous des petites plumes dirigées en avant chez les autres.
Langue épaisse, un peu échancrée à sa pointe.
Tarses nus , annelés.
Doigt intermédiaire soudé avec l’externe à sa base, totalement séparé de l’interne.
Ailes moyennes; deuxième et troisième rémiges ordinairement les plus longues de toutes.
Queue à douze rectrices.
Des trente-deux espèces dont cette division est composée, la plupart habitent l’Amérique. Elle est subdivisée en deux sections, d’après la conformation de l’ongle postérieur. Dans la première , se trouvent les espèces qui ont cet ongle arqué et plus court que le doigt; dans la seconde, celles dont le même ongle est plus long que le doigt, presque droit et subulé. Les passerines tiennent aux bruans par plusieurs caractères ; mais elles en diffèrent principalement en ce qu’elles n’ont point de tubercule osseux à l’intérieur de
PASSERINES.
leur mandibule supérieure ; ce ne seront pas moins des bruans pour les ornithologistes qui n’attachent aucune importance à cet attribut, parce que, disent-ils, on ne le voit pas quand le bec est fermé, ou qui n’en parlent pas, ainsi que l’a fait Linnée , pour qui toutes nos passerines sont des emberiza. Il y a encore d’autres différences dans la conformation du bec de celles-la et des bruans, mais moins tranchées, qu’on saisit néanmoins assez facilement quand on compare ces oiseaux en nature. Plusieurs passerines ont été classées dans le genre fringilla. En effet, au premier aperçu, leur bec se présente à peu près sous les mêmes formes ; mais , en l’examinant avec attention , l’on s’aperçoit que les bords, surtout de la partie inférieure, rentrent en dedans; que la supérieure a le palais lisse et presque de niveau avec ses bords, que son ouverture se dirige en en-bas ; tandis que les fringilla ont les bords du bec droits , et le palais creusé et comme strié.
Les espèces de la première section se perchent nuit et jour, soit sur les arbres, soit dans les buissons, d’où elles descendent à terre pour chercher leur nourriture; celles de la seconde se tiennent plus souvent à terre que perchées, et y restent toujours pendant la nuit; c’est ainsique se comportent les passerines de neige et grand montain. Toutes se nourrissent de petites graines entières ou dépouillées de leur péricarpe et d’insectes. Les unes nichent sur les arbres, d’autres dans les buissons, les herbes et les halliers. Le nombre de leur ponte dépend de la température du pays qu’elles habitent, et est composée de trois, de quatre ou de cinq œufs. Les premiers alimens quelles apportent à leurs petits sont toujours des insectes, des chenilles, et des vermisseaux.
LA PASSERINE NONPAREIL ou LE PAPE,
Passerina ciris.