‹ La galerie des oiseaux (volume 3)Chapitre 75 sur 236 · PI LXI · texte numérisé non relu

PI LXI

Verticis collique lateribus nigris ; superciliis, gul&, jugulo, ventre, tectricumque alarum äpice albis; rectricibus duabus intermediüis longissimis, angustis.

La veuve à deux brins, 2° édition du Nouveau dict. d'Histoire naturelle, tom. 12 , pag. 216.

Cette espèce fait partie de la belle famille d'oiseaux que l’on appelle veuve ;et qu’on trouve en Afrique et dans les grandes Indes; mais cette dénomination, dit Montbeillard, qui paraît bien leur convenir, soit à cause du noir qui domine dans leur plumage, soit à cause de leur longue queue trainante, ne leur a été imposée que par une méprise. Les Portugais les appelèrent d’abord oiseaux de Widha, c'est-à-dire de Juida, royaume d'Afrique, où ils sont très-communs. La ressemblance de ce mot avec celui qui signifie veuve en langue portugaise aura pu tromper des étrangers qui auront pris l’un pour l'autre , et cette erreur se sera accréditée d'autant plus aisément, que le nom de veuve paraissait à plusieurs égards fait pour ces oiseaux. Les femelles ne sont jamais parées d’une longue queue, et les mâles ne la portent que pendant six mois, qui ne sont pas les mêmes pour tous, ce qui paraît dépendre, pour les jeunes, du jour de leur naissance , et pour les adultes, du climat où ils se trouvent. Le savant coopérateur du Pline français a présenté ces longues plumes comme une fausse queue, et son sentiment a été adopté dans le règne animal, ainsi que dans le Dictionnaire de Sciences naturelles; mais l’observation fait connaître que c’est une erreur pour toutes les veuves, à l'exception de celle à épaulettes. En effet, ce nom de fausse queue, qui convient trèsbien à quelques plumes de cette veuve, ne peut s'appliquer aux longues pennes des autres. Celles-ci ne sont point, comme le dit Montbeillard et les auteurs qui l’ont copié sans vérifier, quelques plumes des couvertures supé-

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rieures de la queue, qui se développent sous diverses formes, mais bien chez les veuves au collier d’or, en feu, à quatre brins et dominicaine, les quatre rectrices intermédiaires, qui, avec les huit latérales, complètent le nombre de douze, que les mâles, les femelles et les jeunes portent en tout temps. Je ne suis pas le seul qui ait indiqué ces longues plumes pour appartenir à la queue, car l'exact Brisson et Latham en font mention pour les veuves qu'ils ont décrites : frappé de cette contradiction pour un fait aussi facile à vérifier, j'ai examiné de nouveau, et avec la plus grande attention , la queue des mâles sous leur habit de noce, vivans ou morts, et il résulte de cet examen, réitéré sur un grand nombre d'individus, que je puis certifier que les quatre grandes plumes sont les pennes intermédiaires de la queue, et ne font pas partie des couvertures supérieures. Ces longues plumes ne sont qu’au nombre de deux chez la veuve de cet article, et sont accompagnées de dix pennes latérales.

Latham et Gmelin ont classé les veuves dans le genre emberiza (bruant), inais Brisson et Montbeillard me paraissent bien fondés à les ranger avec les pinsons et les moineaux, d’après la conformation de leur bec.

La veuve à deux brins, dont je dois la connaissance à un savant ornithologiste hollandais, M. Ternminck, porte une bandelette blanche au-dessus des yeux, laquelle se prolonge jusque sur les côtés de la nuque; une autre de la même couleur part de la base supérieure du bec et s'étend en longueur sur le nulieu du vertez ; le dessus, les côtés de la tête et du cou sont noirs: cette teinte représente une sorte de ceinture sur le milieu de la poitrine ; et règne aussi sur le manteau, les couvertures supérieures, les pennes des ailes et le dessus de la queue ; un blanc de neige domine sur la gorge, le devant du cou, le reste de la poitrine, le ventre et les parties postérieures, sert de bordure aux plumes scapulaires, et termine les petites et moyennes couvertures alaires; ce qui donne lieu à deux bandes transversales sur l'aile : cette couleur forme encore une frange très-étroite sur les bords des pennes caudales , est répandue sur la moitié des rectrices les plus extérieures et sur les deux intermédiaires, qui ont six. pouces de longueur; celles-ci sont étroites, à barbes décomposées, déliées, légèrement bordées de noir, et dépassent les autres de quatre pouces. Les pieds sont d’un rouge qui prend un ton brun sur le bec, Longueur totale, 9 pouces.

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FRINGILLES. 4h)

B. Bec un peu ovale à pointe courte et un peu obtuse, pl. F, n° ».

LA FRINGILLE VENTURON, frénailla citrinella. ; PI: LXIT.

Fronte, nuch&, uropygto, corporeque subtüs flavis; abdomine albido:; dorso fuscescente maculato ; tectricibus alarum minoribus virescentibus ; modicis nigricantibus, apice flavo-viridibus ; alis caudäque fuscis, margine virescente-flavis.

Serin d'Italie, Brisson, Ornith., tom. 3, pag. 182, n° Br.

Le venturon de Provence, Buffon, Hist. nat. des Oiseaux, article du serin, pl ent, n° 658, fig. 2.

Fringilla citrinella, Zéar., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 16. Idem, Latham , index, n° 58.

Emberiza brumalis, Lénn., Gm., n° 41. Idem, Lath., n° 47.

Citril finch, Lath., Synopsis, tom. 2, pag. 297, n° 64.

Brumal bunting, idem, pag. 199, 2° 42.

Bruant du Tirol, Buffon, édit. de Sonnini, tom. 4o, pag. 130.

On rencontre cette espèce en Italie, en Grèce, en Turquie, en Autriche, dans nos provinces méridionales, quelquefois en Lorraine et en Bourgogne, très-rarement aux environs de Paris et dans nos contrées septentrionales. Le chant du mâle est agréable et varié. La femelle place son nid sur les arbres touffus des campagnes et des jardins, particulièrement sur les cyprès, surtout en Italie, le construit de laine, de crin et de plumes. La ponte est de quatre ou cinq œufs. Le mâle s’allie facilement avec une femelle serin, et il résulte de cette alliance des petits qui peuvent se reproduire jusqu’à la troisième génération; c’est un fait dont on ne peut douter, puisqu'il a lieu dans nos volières.

L'image du venturon, que Buffon a publiée dans les planches enluminées, manque d’exactitude, surtout quant à la forme du bec. Il en est de même pour le céni, figuré sur cette même planche n° r ; aussi en est-il résulté une -confusion quia donné lieu à l'erreur où sont tombés presque tous les ornitho-

Jogistes, qui ont pris l’un pour l’autre. Cette méprise existe dans la deuxième GALERIE LES OISEAUX. 21° PARTIE. 11

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édition du Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, où l'on a placé le venturon dans la section du chardonneret, tandis qu'il devait occuper celle du cini, et celui-ci celle du venturon.

Cette espèce a le bec très-court et ovale, le front jaune, une sorte de collier entre l’occiput et la nuque, le croupion et toutes les parties inférieures de cette couleur, qui est plus claire sur le bas de la poitrine et sur le ventre, prend un ton blanchätre sur l'abdomen et sur les couvertures inférieures de la queue : elle est coupée par quelques taches brunes et longitudinales sur les côtés du dessous du corps : le dos est tacheté de brunâtre sur un fond jaune; les petites couvertures supérieures des ailes sont verdâtres, les moyennes noirâtres et terminées de jaune-vert; les grandes terminées de même sur un fond verdâtre ; les rémiges et les rectrices brunes et frangées en dehors de jaune-verdâtre. Les pieds couleur de chair, le bec est brun en dessus, blanchâtre en dessous. Longueur totale, quatre pouces trois quarts. La femelle

est un peu plus petite que le mâle, et porte des couleurs moins vives.

C. Bec à pointe épaisse, inclinée et un peu obtuse, pl. F, n° 3.

LA FRINGILLE A TÊTE MARRON, Fréngilla Lialie.

PI. LXIIT.

Capite, nuchäque castaneis ; gulà, juguloque nigris ; superciliis, gents, fasciä alarum albis ; remigibus rectricibusque fuscis (mas.)

Superne nigricante et rufescente varia, infèrne cinereo alba; supercilis, tcænid alarum albo rufescentibus,capite, nuchäque rufescente fuscis(femina.)

Capannaia scherzofa, Ornith. italienne.

Moineau à tête marron ou d'Italie, 2° édition du Nouveau Dictionnaire

d'Histoire naturelle, tom. 12, pag. 199.

Gros-bec cisalpin, Temminck, 2° édition du Manuel d’'ornith., pag. 351.

On a confondu ce moimeau avec celui de France ( fringilla domestica) ;

mais on à reconnu depuis que c'était une espèce différente, ou plutôt une

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FRINGILLES. 77

race constante qui est commune en Italie, Il semble tenir le milieu entre le moineau france et le friquet, car il se rapproche de ce dernier par la couleur de la tête, et par l'habitude de se tenir de préférence dans les champs.

Le mâle, en été, a la tête et la nuque d’une belle couleur de marron foncé, les lorums, la gorge et le devant du cou, noirs; un trait blanc au-dessus de l'œil; les joues, les côtés de la gorge, et une bandelette sur l'aile de cette couleur ; les plumes du dos, noires dans le milieu, et rousses sur les bords; le croupion, gris-cendré; la poitrine et les parties postérieures, d’un blanc nué de gris très-clair sur les côtés; les rémiges, brunes et noires ; la queue de la première teinte; le bec noir; les pieds d’un brun-rougeñtre, Longueur totale, 5 pouces 4 à 6 lignes. Chez le même, en hiver, la tête et la nuque sont d'un marron moins vif; le dessus du corps, les ailes et la queue, avec des teintes moins vives; la couleur blanche paraît un peu nuée de gris, et les plumes du devant du cou sont terminées de blanc; le bec est couleur de

corne. La femelle ressemble à celle du moineau franc.

D. Bec à pointe comprimée latéralement, plus où moins allongée, grêle et très-aiguë, pl. F, n° 4.

LA FRINGILLE BEAU-MARQUET, Fringulla elegans.

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