‹ La galerie des oiseaux (volume 4)Chapitre 54 sur 134 · BARGES · texte numérisé non relu

BARGES

viennent s’y distribuer et apporter le sentiment. Leur voix est grêle et chevrotante comme le bêlement étouffé d’une chèvre. Ce sont des oiseaux timides et soupçonneux qui se laissent difficilement approcher, qui prennent rapidement la fuite au travers des roseaux, dans les clavières des bois marécageux; ils se tiennent, pendant le jour, tranquilles et cachés dans les herbes humides. Leur vue est faible et basse, aussi ne peuvent-ils pas supporter la grande clarté du soleil, et ne sortent de leur retraite que dans le crépuscule du soir ou vers l'aube matinale. On ne les rencontre qu’en bande, et, dans les contrées septentrionales , seulement en automne et au printemps. Ils passent l'été sous un climat froid et humide ÿ et les. rigueurs de l’hiver les ramènent dans les pays tempérés. Le moindre bruit les déconcerte; ils partent avec des cris de frayeur et s'élèvent dans les airs, surtout pendant les nuits d'automne; on les entend, au clair de la lune, s’abattre en troupes an bord des marécages ; rarement ils séjournent long-temps dans le même lieu, et s'écartent rarement des bords de la mer, pour s’avancer dans l’intérieur des terres.

LA BARGE MARBRÉE, Limicula marmorata.

PI. CCXLIIT.

Nigricante et pallidè rufo maculata et varia; abdomine superciliis guld rufescentibus ; pectore fusco:undulato; remigibus fuscescentibus ; primis extüs apiceque mgris.

- Scolopax marmorata, Lath., Index, n° 10.

Marbled gotwit , idem, Synopsis, premier Suppl., pag. 245, n° 33. La Barge marbrée, deuxième édit. du nouv. Dict. d'histoire nat.,

tom. 3, pag. 248. .

Nous soupconnons que cet individu est la Barge à. sa livrée d'hiver ; cependant Latham qui le premier l’a décrit le présente comme une espèce distincte, qui se trouve ainsi que l’autre dans l'Amérique septentrionale. Il a toutes les parties supérieures noirâtres plus ou moins

rayées et tachetées de roussâtre; les sourcils et le menton blanc roussâtres;

116 CAURALES.

les plumes du dos d’un roux pâle, avec cinq ou six bandelettes transversales sur les bords des plumes; les couvertures supérieures des ailes brunes; leurs pennes de couleur de crème sale, avec des petites taches brunes; les quatre premières d’un noir sombre à l'extérieur; les couvertures inférieures d’un roux clair; la poitrine d’une nuance plus pâle et rayée transversalement de noirâtre; le ventre et les parties postérieures d’un roux uniforme, plus clair sur l'abdomen ; la queue rousse, avec six ou sept bandelettes sur chaque penne, et irrégulières sur les plus extérieures; le bec jaunâtre, noir à sa pointe; les pieds de cette couleur. Longueur totale, r7 pouces.

9°" Division. CAURALE,, Æelias.

Bec un peu épais, plus long que la tête, fendu jusqu'aux yeux, droit, presque rond, pointu; mandibule supérieure sillonnée sur les côtés, fléchie et échancrée vers le bout. PL T, n° 4.

Narines linéaires, situées dans une rainure, garnies en dessus d’une membrane et ouvertes.

Langue filiforme , entière, pointue.

Doists allongés, étroits ; les extérieurs unis à leur base par une mem-

Tarses nus, réticulés.

brane ; l’interne totalement libre; le postérieur portant à terre sur le bout.

Ongles courts, courbés, un peu aigus.

Ailes moyennes; première et quatrième rémiges égales; troisième la plus longue de toutes.

Queue large, étalée, à douze rectrices égales.

La seule espèce que contient cette division a été classée par Latham dans son genre$go/opax , et par Gmelin dans celui de l'Ærdea ; mais, n'ayant n1 le béc”du premier, ni les doigts conformés comme ceux du dernier, nous avons cru devoir l’isoler. Sa partie historique est encore trèsimparfaite; l’on sait seulement qu’elle setient dans l’intérieur dela Guyane, sur le bord des rivières, où elle vit solitaire. Elle fait entendre un siflement lent et plaintif, que les chasseurs imitent pour la faire approcher.

LE CAURALE PHALÉNOÏDE, Æelias phalenoides.

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