‹ La galerie des oiseaux (volume 4)Chapitre 55 sur 134 · PI. CCXLIV · texte numérisé non relu

PI. CCXLIV

Corpore supra nigro, lineis transversis ferruginosis undulato; subtüs albido ; remigum rectricumque fasciis Jerrugineis.

Le Caurale ou le petit Paon des roses, Buffon, Hist. nat. des Ois., tom. 8 ; pag. 169, pl. enl., rm 702.

Ardea helias, Linn., Gm., Syst. nat.; édit. 13, n° 60.

Scolopax helias, Lath., Index, n° 38.

Caurale snipe, idem, Synopsis, tom. 3, pag. 156, n° 32.

Buffon a nommé cet oiseau Caurdle (Râle à queue), parce qu'il lui trouve des rapports avec le Râle dans la forme du bec et des pieds. C’est probablement d’après ses couleurs moelleuses et douces, riches, quoique sombres, que les créoles de Cayenne l’appellent petit Paon des roses ou Paon des Palétuviers ; cependant il ne relève ni n’étend les pennes de sa queue comme fait le Paon.

Il porte sur la tête une coiffe noire avec des lignes blanches dessus et dessous l'œil ; les teintes de son plumage sont da brun, du roux, du fauve et du gris blanc, distribuées en taches, en ondes, en zones et en zigszags; le bec est noir en dessus et d’un blanc de corne en dessous; les pieds sont de jaune rembruni chez les uns, de jaune orangé chez les autres. Longueur totale 5 pouces.

LOP DIVISION. COURLIS, Vumenius.

Bec très-long, un peu grêle, presque rond, fléchi en arc, un peu obtus; mandibule supérieure munie, sur chaque côté, d'un sillon plus ou moins prolongé, à pointe lisse et dilatée; l’inférieure un peu plus courte. PL T, n° 5.

Narines longitudinales, oblongues, situées dans un sillon à la base du bec.

Langue très-courte, pointue.

Face et gorge parfaitement emplumées.

Tarses longs, nus, réticulés.

Doïgts courts, un peu rudes en dessous ; antérieurs unis à leur base par une membrane; postérieur ne portant à terre que sur le bout. Pl. EE, n° 9.

Ailes longues; première rémige la plus longue de toutes.

Queue à douze rectrices,

Les quinze espèces de cette division font partie du genre Scolopax de Linnée; mais Latham, à l'exemple de Brisson, les en a distraites pour en faire un genre particulier sous le nom de Nurmenius.On trouve des Courlis dans toutes les parties du monde; partout ils habitent dans les marais, les prairies humides, sur les bords de la mer et des fleuves. Ils s’avancent souvent dans l’intérieur des terres, surtout à l’époque des couvées. Leur nourriture consiste en vers, insectes, petits poissons et petits coquillages qu'ils cherchent sur le sable et dans la vase. Comme tous les Échassiers dont le pouce ne pose point ou ne porte à terre que sur le bout, ils ne se perchent pas et ils nichent à terre et dans le sable. Ils sont monogames ; leurs petits quittent le nid et cherchent leur nourriture dès leur naissance.

LE COURLIS ROUSSATRE , VNumenius rufus.

PI. CCXLYV.

V’ertice fusco, strid rufescente diviso; corpore suprà atro rufoque; subtüs fusco et rufescente.

Scolopax arquata, Var. B. Linn., Gim., Syst. nat., édit. 13, n° 3.

Numenius arquatus, Var. B. , Lath., Index, n°7.

Common curlew. Var., Lath., Synopsis, tom. 3, pag. 119, ne 1.

Long-bellied curlew, Wilson, Ornith. amer. , tom. 8, pl. 64, fie. 4.

Le Courlis roussâtre, deuxième édit. du nouveau Dict. d'histoire

nat., tom. 8, pag. 306.

Ce Courlis que j'ai rencontré dans les États-Unis, aux environs de

New-York, étend ses courses dans la mer Pacifique, jusqu'à l’île d'Hervey, et se trouve à la baie d'Hudson au mois de mai. Il s’y tient sur les bords de la mer et dans les marais salés, lorsque les rivières sont gelées, ensuite il va nicher dans l’intérieur du pays. Des feuilles et des herbes sèches composent la couche sur laquelle la femelle dépose trois ou quatre œufs d’un bleu clair et tacheté de noir.

Le dessus de la tête est brun, avec une raie roussâtre sur le milieu : les sourcils sont blancs; les joues, le cou et la poitrine d’un brun pâle avec des lignes noirâtres; le manteau est tacheté de noir et de roussâtre terne, inclinant au ferrugineux sur le croupion; le ventre , les jambes et les couvertures inférieures de la queue sont d’un blane roussätre, avec des taches brunes sur la dernière partie et sur les flancs; les premières pennes des ailes portent une tige blanche sur ün fond brun et des taches roussâtres à l’intérieur; les suivantes sont marquées de même sur les deux côtés ; les pennes caudales d’un brun clair et traversées par sept ou huit bandes noirâtres et larges d'environ trois lignes; le bec est noirâtre; les pieds sont d’un noir bleuätre. Longueur totale, 16 pouces. L'individu, décrit par Latham, a deux pouces de plus de longueur; le bec plus long que celui du précédent; le dessus de la tête noir, de même que les quatre premières rémiges ; le cou, le dos, les scapulaires et les couvertures supérieures des ailes roussâtres avec des stries noires; les pieds sont de cette couleur ; la poitrine est d’un brun roussâtre très-päle ou couleur de crème, Je pense que cet individu est plus avancé en âge que le précédent.

5°%e FAMILLE. FALCIROSTRES, Falcirostres.

Bec plus long que la tête, épais à son origine, courbé en forme de faux.

Face nue. ni Se

Jambes dénuées de plumes sur leur partie inférieure.

Quatre doigts, trois devant, un derrière; antérieurs réunis à leur base par une membrane; postérieur articulé, sur le tarse, au niveau des autres, portant à terre sur toute sa longueur. Pl. EE, no 7.

iere pivision. IBIS, Zbzs.

Bec plus long que la tête, épais, presque tétragone à sa base, ensuite un peu plus grêle, presque cylindrique, arqué, à pointe lisse, arrondie et obtuse; mandibules supérieures sillonnées , garnies de deux crenelures jusqu’à son bout. PI. T, n° 6.

Narines linéaires , situées dans un sillon.

Langue triangulaire, très-courte, enfoncée dans le gosier, lisse, épaisse, cartilagineuse et frangée à son origine.

Lorums dénués de plumes.

Tarses nus, réticulés.

Doigts allongés, réunis comme il est dit ci-dessus.

Ongles courts, un peu courbés, presque obtus; l'intermédiaire quelquefois pectiné sur son bord interne.

Ailes moyennes; première rémige la plus longue de toutes.

Queue à douze rectrices.

Des vingt espèces de cette division, une seule se trouve en Europe; on rencontre les autres en Afrique, en Asie et en Amérique. Jusqu'à présent on n’en a pas encore découvert en Australasie, Les Ibis vivent de vers, de petits poissons, de petits coquillages, d'insectes aquatiques et terrestres, que quelques-uns vont chercher jusque dans les charognes. La plupart nichent sur les grands arbres;'tous sont monogames, nourrissent leurs petits dans le nid; ceux-ci ne le quittent qu’en état de voler : c’est dans cette tribu quese trouve l’Jbis sacré, qui, parmi cette foule ‘de divinités qui pullulaient sur le sol de l’ancienne Égypte, avait obtenu un culte universel; c'était l'espèce sacrée ‘par excellence; quiconque tuait un de ces oiseaux , même involontairement, ne pouvait éviter le dernier supplice. Si les dieux daignaient se manifester sous une forme sensible, ce devait être sous la figure ‘de cet Ibis. Presque tous les voyageurs modernes, en visitant les débris de la splendeur d’une contrée jadis si célèbre, mirent un grand empressement à connaître un oiseau qui avait figuré avec tant d'éclat dans les légendes sacrées de ses anciens habitans. Presque tous se

sont mépris sur la vraie nature de cet Ibis que les uns ont confondu avec la Cigogne, d’autres avec quelques espèces de Hérons, quelques - uns avec un Vautour ; on s’est même trompé sur les planches enluminées de Buffon, en donnant à l'individu représenté sous le n° 415 le nom d'Ibis blanc; car cette figure est l’image d'un Tantale. C'est à un illustre voyageur anglais (le chevalier Bruce) qu’on doit la connaissance exacte d’un oiseau sur lequel on n'était pas d'accord, et à M. Savigny, un des savans de l'expédition d'Egypte, que nous devons les détails les plus intéressans sur cet oiseau.

Hérodote, qui a écrit le premier sur cet oiseau sacré, prétend avoir vu dans l'Arabie une quantité prodigieuse d'os et d’épines du dos de serpens ailés qui, lui dit-on, avaient été détruits par les Ibis, ces oiseaux allant dès le commencement du printemps à leur rencontre pour les tuer et les manger ; il ajoute que c'est par cette raison que les Égyptiens honorent ces oiseaux ‘. Malgré tout l'intérêt et l'air de vérité qui règne dans le récit de ce voyageur, il ne paraît pas qu'il ait inspiré grande confiance aux Grecs; au moins est-il certain que leur premier naturaliste à passé-sous silence l’antipathie des Ibis pour les serpens, et à plus forte raison leurs combats qu’il aura sans doute considérés comme de pures fictions ; car les voyages d'Hérodote étaient alors célèbres, et d’ailleurs M. Camus prouve très-bien * qu'Aristote y a puisé , relativement à l'Ibis, tout ce qu'il a mis dans son /listoire des animaux. Quelques anciens, depuis Hérodote , nous ont laissé des relations plus ou moins conformes à la sienne; Cicéron, Pomponius Mela, Jolin, Elien,,Ammien Marcellin, tour-à-tour cités par M. Savigny, rapportent la même tradition, que les Ibis combattent et dévorent les serpens ailés.

Mais le serpent ailé est un être idéal, il n’est dans aucune collection de l’Europe, on ne l’a jamais rapporté dou contrée, les Ég gyptiens n’ont aucune idée de ce fléau si redoutable; tous les faits dans lesquels on le considère comme un être réel sont donc impossibles, et sa destruction par l’Ibis ne peut avoir provoqué la vénération des Égyptiens pour cet oiseau.

: Herod. Hist. Euterp. cap. 75.

2 Notes sur les animaux d’Aristote, pages 446, 447. GALERIE DES GIsEAUx. IVe PARTIE. 16

D'ailleurs , la structure de son bec s'oppose à ce’qu'il puisse faire sa nourriture de reptiles venimeux; ce bec, comme on l’a déjà pu voir, quoique assez épais; est d’une substance peu compacte, les bords émoussés ne pourraient les couper, surtout lorsqu'il agit si faiblement qu’à peine fait-il impression sur le doigt; son extrémité ne pourrait les percer, puisqu'elle est arrondié.

En prouvant ainsi, d'après la conformation même de lIbis, qu'il ne pouvait dévorer de serpens, il est indispensable de chercher autre part l’origine du respect que les Égyptiens avaient pour llbis. M. Savigny le trouve dans les grands phénomènes de la nature dont l'Égypte était témoin, et son raisonnement à cet égard peut satisfaire l'esprit le plus exigeant.

L'Égypte jouissait d’une douce température; la terre y était garnie de plantes vigoureuses, de verdure, de fleurs ; les champs couverts de riches moissons, et les lacs peuplés d'oiseaux. Cependant le Nil est rentré dans son lit, et vers le printemps les vents du midi viennent échauffer l’atmosphère. D'abord légers, ces vents ont augmenté de violence et soufflent parfois des jours entiers sans interruption ; traversant les déserts avec rapidité, ils en agitent le sable brülant, le soulèvent en tourbillons et chassent au loin des flots d’une poussière subtile et malfaisante. L’horizon s’obscurcit ,alors les plantes se dessèchent, les animaux fuient et l’homme languit; des maladies contagieuses se développent; elles s'étendent et frappent de terreur l'esprit humain.

Au milieu de l’aridité et de la contagion, fléaux de tous temps redoutables aux Égyptiens, ceux-ci s'étant aperçus qu'une terre rendue féconde et salubre par des eaux douces était incontinent habitée par l'Ibis, de sorte que la présence de l’une indiquait toujours celle de l’autre (autant que si ces deux choses fussent inséparables), leur crurent une existence simultanée, et supposèrent entre elles des rapports surnaturels et secrets. Cette idée se liant intimement au phénomène général duquel dépendait leur conservation, aux épanchemens périodiques du fleuve, fut le premier mouif de leur vénération pour l'Ibis, et devint le fondement de tous les hommages qui constituèrent ensuite le culte de cet oiseau de passage.

Plus qu'aucun. des animaux connus dans ces contrées, l’Ibis fut l’objet

dés attentions religieuses des Égyptiens; Mercure, disaient-ils, avait pris sa forme pour venir les instruire et pour se dérober à la fureur de Typhon, lorsque les Dieux se saüvèrent métamorphosés en animaux. Quelques-uns prétendaient que lorsqu'il retirait latête et le cou dans son plumage, il ressemblait au cœur humain; d’autres avançaient qu'il représentait la lune dont il semblait imiter les phases par le blanc et le noir de son plumage, tandis que l'Épervier était le symbole du soleil. Sur tous les monumens on le retrouve sous mille aspects différens, mais souvent inexplicables. En général, dans tout ce qui touche aux croyances des hommes, à leur superstition , comme il est fort difficile de parvenir à la vérité, il est plus sage de présenter les explications que lon donne comme des conjectures raisonnables que comme des réalités.

Les Ibis ont, au premier aperçu, une grande ressemblance avec les Courlis; aussi Brisson et Buffon les ont réunis les uns et les autres sous cette dénomination. Gmelin et Latham les ont séparés, et l’on a continué à agir de la même manière. En effet, les Courlis diffèrent essentiellement des Ibis en ce qu'ils n’ont ni à la tête, ni à la gorge aucune partie nue; en ce que leurs doigts sont plus courts et que les deux extérieurs sont les seuls qui soient réunis par une membrane, l’interne étant totalement libre; en ce que leur pouce, étant articulé plus haut sur le tarse, ne porte à terre que sur le bout; aussi n'ont-ils pas le pouvoir de se percher comme font les Ibis.

L'IBIS À AILES CUIVRÉES, Jbis chalcoptera.

Pl. CCXLYI.

Capite, collo, pectore ventreque griseis; dorso, tectricibus alarum majortbus fusco-griseo æneis ; minoribus viridibus nitentibus , violaceo mutantibus.

L’Ibis à ailes dorées , 2° édit. du nouv. Dict. d'hist. nat., tom. 16, p.09.

Cette espèce qu'on trouve en Afrique, a les yeux entourés d’une peau ue d’un rouge sanguin ; la tête d'un gris uniforme; le cou, la poitrine et le ventre de deux nuances grises; une raie blanche et étroite part de l'oreille et déscend sur une partie du cou; le dos, les grandes couvertures

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