‹ La galerie des oiseaux (volume 4)Chapitre 81 sur 134 · PI. CCLXIX · texte numérisé non relu

PI. CCLXIX

Cœruleo-atra , fronte verticeque calvis, rubris; caroncul&@ bifida ruberrimd.

La grande Foulque à crête, Buff., Hist. nat. des Oùs., tom. 8, pag. 222, pl enl., n° 707, sous le nom de Foulque de Madagascar.

Fulica cristata, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 25.

Gallinula cristata, Lath., Index, no 23.

Crested coot; idem, Synopsis, tom. 3, pag. 278, n 3, pl. 00.

Cette espèce, remarquable par la plaque charnue du front, relevée et détachée en deux lambeaux qui forment une véritable crête, se trouve à Madagascar et à la Chine, où elle porte le nom de Tzing Kige. Tout son plumage est d’un noir bleu; le bec rouge à sa base, et blanchâtre dans le reste;" la plaque d’un rouge foncé et le tarse noirâtre. Longueur totale, 16 pouces.

176 CRYMOPHILES,

2% prvision. CRYMOPHILE, Crymophilus.

Bec un peu trigone à sa base, médiocre, sillonné en dessus, droit, à pointe dilatée, arrondie et fléchie. PI. V, n° 7.

Narines linéaires, situées dans une rainure.

Langue...

Tarses nus, réticulés.

Doigts grêles, totalement séparés; les antérieurs bordés d’une membrane découpée en forme de lobes; postérieur lisse, ne portant à terre que sur l’ongle.

Ongles courts, arqués, pointus.

Ailes moyennes, première et deuxième rémiges presque égales et les plus longues de toutes.

Queue à douze: rectrices.

La seule espèce que renferme cette division, ne se plait guère que sur les mers glaciales du pôle arctique, d’où elle émigre à l'automne; elle niche à terre sur les rivages ; sa ponte est de quatre à six œufs. Les petits quittent le nid dès leur naissance. Sa nourriture consiste en vers, vermisseaux, animalcules et insectes aquatiques.

LE CRYMOPHILE ROUX, Crymophilus rufus.

PI. CCEXX.

Capite, collo et corpore suprà nigrescente-fuscis ; subtùs rufescente ; urop ygio albo, nigro maculato. Adultus æstivus.

Capite nuchdäque cinereis; corpore suprà cinereo-cærulescente ; subts albo. Idem hiemalis.

Occipite nigricante maculato; corpore suprà cinereo lituris longitudinalibus flavescentibus. Junior.

Le Phalarope, Briss., Ornith. , tom. 6, pag. 18, n° r.

Le Phalarope à festons dentelés, Buff., Hist. nat. des Ois., tom. 8, pag. 226.

CRYMOPHILES. 177

Tringa lobata, Linn., Gm., Syst. nat , édit. 13, n° 6.

Phalaropus lobatus, Lath., Index , n° 2.

Grey coot footed tringa, Edivards glean., pl. 308.

Grey Phalarope, Lath., Synopsis, tom. 3, pag. 272, n° 2.

Cet oiseau, qu’on voit quelquefois en France, a, pendant l'été, la tête, le dessus du cou, le dos et les couvertures supérieures de la queue d’un brun noirâtre, entouré d'un rouge vif; les sourcils jaunâtres; les couvertures supérieures des ailes noirâtres et terminées de blanc; le croupion de cette couleur avec des taches noires; le devant du cou et toutes les parties postérieures roussätres; le bec jaunâtre à sa base et brun vers la pointe; les pieds d’un noir vert. Longueur totale, 8 pouces et demi environ.

Le même, pendant l'hiver, est cendré sur la tête et la nuque, d'une nuance qui tire au bleuâtre sur les bords des plumes du dos, du croupion, des scapulaires et des côtés de la poitrine, dont le fond est noirâtre ; quelques scapulaires sont terminées de blanc ; une bande de cette couleur traverse l'aile; les pennes de la queue sont brunes et bordées de cendré; le front, les côtés du cou, le milieu de la poitrine et les parties postérieures sont d'un blane pur; les pieds couleur de plomb ; le bec est noirâtre. +

D'autres, à la même époque, ont le front blanc ; le sommet de la tête avec des taches obscures et longitudinales ; les plumes scapulaires bordées de jaune; les couvertures des ailes et des pennes primaires noirâtres; les premières bordées de blanc; les plumes de la poitrine et du ventre blanches et bordées de cendré.

Chez le jeune, avant sa première mue, une tache noirâtre en forme de fer à cheval se fait remarquer sur l’occiput; une bande de cette couleur. traverse l'œil ; les couvertures supérieures et les pennes latérales de la queue sont d’un brun cendré ; les plumes du dos, les scapulaires et les rectrices intermédiaires largement bordées de jaunâtre; le croupion est blanc et varié de brun; les couvertures supérieures des ailes sont bordées et terminées de blanc jaunâtre ; toutes les parties inférieures et le front d'un blanc pur; les pieds d’un jaune verdâtre.

GALERIE DES OISEAUx. 1We PARTIE. 23

178 PHALAROPES.

3°®e prvision. PHALAROPE, Phalaropus.

Bec droit, presque rond, sillonné en dessus, grêle, pointu, un peu incliné à l'extrémité de sa partie supérieure. PI. V, n° 8.

Narines linéaires, situées dans un sillon.

Langue filiforme, pointue. ,

Tarses nus, réticulés.

Doigts séparés dès leur origine; les antérieurs bordés d’une membrane découpée; le postérieur court, lisse, ne portant à terre que sur l’ongle. PI. GG, n° 0. : à

Ailes allongées; première et deuxième rémiges les plus longues de toutes.

Queue à douze rectrices.

On ne connaît qu’une ou deux espèces de Phalaropes : cependant leur nombre serait plus grand, si réellement tous ceux qu’on a décrits pour telles, l’étaient réellement ; mais on ne les doit qu’à la variété de leur plumage, occasionée soit par l’âge, soit par les saisons. Ces oiseaux se plaisent sur les mers boréales de l’Europe et de l'Amérique, et en émigrent pendant l'hiver ; c’est alors qu'on en voit quelquefois sur les côtes maritimes de nos provinces septentrionales et de l'Angleterre. Ils nichent à

terre, et leur ponte est de quatre œufs.

LE PHALAROPE BRIDÉ, Phalaropus frenatus.

PL. CCLXXI.

Capite colloque suprà cinereis ; fasciaid nigrd ad oculos usque humeros ; corpore subtüs albo ; alis nigris.

Grey Phalarope, Wilson’, am. ornith., pl. 73, fig. 3.

Wilson, célèbre ornithologiste américain, est le premier qui ait fait connaître cette nouvelle espèce dont il a vu un individu dans une collection à Albani (état de New-Yorck); mais la figure qu’il a publiée manque

AVOCETTES. 179

d’exactitude quant au bec qui présente plutôt celui d’un Pluvier que celui du Phalarope; ce qu'on doit attribuer au dessin, qui étant fait avec de la mine de plomb, était presque effacé. De plus, la synonymie, portant à faux, peut encore induire en érreur; car cet oiseau n’est point celui qu'elle indique. La figure que nous publions est d’après un individu apporté nouvellement de New-Yorck, et que M. le comte de Riocour conserve dans 5a riche et nombreuse collection.

Il à la tête, le dessus du cou et le dos d’un cendré clair, mais plus foncé sur le milieu de la dernière partie; une bande noire sétend en forme de bride depuis l’angle intérieur de l'œil, et parcourt les côtés du cou jusqu'aux épaules; les ailes, le bec et les pieds sont de la même couleur; toutes les parties inférieures sont d’un blanc pur. Longueur totale,

7 pouces environ.

1bème pamiize. PALMIPÈDES, Palmipedes.

Bec plus long que la tête, ou grêle et entier, ou épais et dentelé en. lame.

Jambes dénuées de plumes sur leur partie inférieure.

Doigts au nombre de quatre, trois devant, un derrière.

zère DIVISION. AVOCETTE, Recurvirostra.

Bec lons

/ \ . . N . Fe .

retroussé, à pointe flexible, membraneuse, très-aiguë ; mandibule supé-

subulé, un peu aplati en dessus, comprimé latéralement,

rieure sillonnée à sa base sur chaque côté. PI. V, n° 0.

Narines étroites, longitudinales , ouvertes, situées dans un sillon.

Langue courte, entière.

Tarses longs, nus, réticulés. s

Doists antérieurs réunis par une membrane échancrée dans le milieu ; pouce très-court et élevé de terre. PI. GG, n° 3. /

Ongles courts , en forme de faux.

Ailes moyennes; première rémige la plus longue de toutes,

Queue à douze rectrices.

130 AVOCETTES.

Des quatre espèces de cette division, lune se trouve en Europe, une autre dans lPAmérique septentrionale, et les deux autres dans lAustralasie. On ne connaît pas bien encore le parti que ces oiseaux peuvent tirer d’un instrument aussi faible que leur bec, qui n’a pas la force de béqueter ni de saisir des corps un peu durs. On n’a presque jamais trouvé dans leurs viscères qu'une matière glutineuse, grasse au toucher, d’une couleur-tirant sur le jaune orangé , dans laquelle on reconnaît encore le frai de poisson et des débris d’insectes aquatiques. Les Avocettes sillonnent et- retournent avec leur bec flexible la vase la plus molle et l’écume des flots, pour y chercher quelque proie sans consistance, telles que les substances indiquées ci-dessus, qu’elles avalent avec de petites pierres qui s’y trouvent mêlées. Ayant un bec sans solidité, ne leur servant à rien pour leur propre défense, encore moins pour attaquer, elles connaissent toute leur faiblesse, et n’ont pour leur sûreté que la triste ressource d’une défiance continuelle. Leur vie est sans cesse agitée par les inquiétudes qui les tiennent dans une surveillance active. Elles ne restent pas long-temps dans le même lieu, et il est fort difficile de les approcher, plus encore de les surprendre.

Habituées à fuir à la moindre apparence du danger, elles ont acquis une grande vivacité et beaucoup de prestesse dans leurs mouvemens; elles courent avec légèreté sur les rivages, et même, à l’aide de leurs longues jambes, sur des fonds couverts de cinq à six pouces d’eau: dans des eaux plus profondes elles nagent aussi vivement et avec une égale agilité. Ces oiseaux voyagent d'une contrée à une autre, préfèrent les pays froids aux tempérés, et ne se montrent pas dans les climats chauds. On les trouve plutôt sur les plages de la mer que près des eaux de l'intérieur des terres, et de préférence aux embouchures des fleuves et des rivières. Leur ponte est de deux œufs, rarement trois, qu’elles déposent dans un petit trou entouré d'herbes ou seulement dans le sable.

L'AVOCETTE A TÉTE BLANCHE, Recurvirostra leu-

cocephala.

PI. CCLXXIT.

Mivea ; remigibus nigris.

L’Avocetteà tête blanche, deuxième édit. du nouv. Dict. d'histoire nat., tom. 3, pag. 103.

. Cette espèce qu'on a rapportée des terres australes, est totalement d’un blanc de neige, avec les ailes noires ; le bec est de cette couleur, et les pieds sont bruns. Longueur totale, 15 pouces environ.

gème mrvisron. PHÉNICOPTÈRE, PAænicopterus.

Bec garni d’une membrane à sa base, épais, plus haut que large, plus long que la tête , cellulaire, étroit vers son extrémité, à bords finement dentelés en lame ; mandibule supérieure convexe à sa base, courbée en travers dans son milieu, ensuite aplatie et inclinée à sa pointe; l’inférieure plus épaisse, ovale, canaliculée en dedans. PI. V, n° 10.

Narines étroites, garnies d’une membrane en dessus, qui les couvre entièrement à la volonté de oiseau, longitudinales, situées dans un sillon.

Langue glanduleuse à sa base, épaisse, charnue, garnie de papilles recourbées en arrière, cartilagineuse et aiguë à sa pointe.

T'arses très-longs , nus, réticulés.

Doists antérieurs engagés dans une membrane échancrée dans le milieu ; postérieur court, portant à terre sur le bout.

Ailes longues ; deuxième rémige la plus prolongée de toutes.

Queue à seize rectrices.

Les trois espèces, dont se compose cette division, sont susceptibles de deux sections ; la première renferme les grands Phénicoptères qui ont la surface interne de la mandibule supérieure partagée en deux , vers son milieu, par une arète assez mince; les bords internes de la

mandibule inferieure étroits. Chez le petit, dont nous publions la figure, la surface interne de la mandibule supérieure est verticale , trèshaute, aussi large à sa base que le demi-bec lui-méme , et dont le bord se termine en tranchant très-acéré ; les bords internes de la mandibule inférieure sont très-larges.

Les Phénicoptères habitent en Europe, en Afrique et dans l'Amérique ; partout ils vivent en famille, fréquentent les bords de la mer, les marais qui l’avoisinent, les lacs salés et les lagunes. Ils se rangent#en file, pour pècher, ce qui de loin les ferait prendre pour un escadron rangé en bataille ; ce goût de s'aligner leur reste même lorsqu'ils se reposent sur la plage. Cependant le goût pour la société paraît dépendre des localités ; car Sonnini les a vus en Egypte presque toujours isolés, surtout lorsqu'ils s’avancent dans l’intérieur des terres. Soit qu'ils se reposent, soit qu'ils pêchent, ils établissent des sentinelles, qui font alors une espèce de garde, et si quelque chose alarme celui qui est en vedette , ïl jette un cri bruyant, qui s'entend de très-loin , et qui est assez semblable au son d'une trompette : dès lors il s'envole le premier ; tous les autres le suivent et observent dans leur vol un ordre semblable à celui des Grues. Ils ont Pouïe et l’odorat si subtils, qu'ils éventent de loin les chasseurs et les armes à feu; et, pour éviter toute surprise, ils se posent le plus souvent dans les lieux découverts et au milieu des marécages. Partout ils fuient les lieux habités et ne fréquentent que les rivages solitaires. On les trouve souvent sur la vase molle, que le reflux laisse ‘à découvert; ils y enfoncent leur gros et singulier bec pour en tirer de petits poissons : ils se nourrissent aussi de petits coquillages, d'œufs de poissons et d'insectes aquatiques, qu'ils cherchent dans la vase, en y plongeant une partie de la tête, et en même temps ils remuent continuellement les pieds de bas en haut, pour porter la proie avec le limon dans leur bec, dont la dentelure sert à la retenir; c’est pourquoi l’on trouve aussi dans leur estomac de la vase et du sable fin. Lorsque ces oiseaux veulent manger, ils tournent la tête et le cou, de façon que la partie plate de la mandibule supérieure touche la terre, ensuite ils remuent la tête de côté et d’autre : c’est ainsi qu'ils saisissent leur proie. Lorsqu'ils dorment, ils ne s’accouvent point, ils

ét

retirent un de leurs pieds sous eux, restent debout sur l'autre, posent leur cou sur le dos, se cachent la tête entre le bout de leur aile et leur corps, mais toujours du côté opposé à la jambe qui est pliée. Ils font leur nid à terre; mais comme ils ne peuvent ni s’accroupir ni reployer leurs grandes jambes, la nature leur a donné l'instinct de le construire de manière à pouvoir couver leurs œufs sans les endommager. Ils le font dans les marais où il y a beaucoup de fanges, qu'ils amoncellent avec leurs pieds, et en font de petites hauteurs qui ressemblent à de petites iles , et qui paraissent hors de l’eau d’un pied et demi d’élévation ; ils donnent à la base de ce nid beaucoup de largeur, l'élèvent toujours en diminuant jusqu'au sommet, où ils laissent un petit trou dans lequel la femelle dépose ses œufs et qu'elle couve en se tenant debout, les jambes à terre et dans l’eau, se reposant contre le nid et le couvrant du bas-ventre et de la queue. La ponte est de deux ou trois œufs au plus; les petits courent avec une vitesse singulière peu de jours après leur naissance, et ne commencent à voler que lorsqu'ils ont acquis presque toute leur grandeur.

LE PETIT PHÉNICOPTÈRE , Phœnicopterus minor.

PI. CELXXIIT.

Ruber, Senior, albus ; tectricibus alarum superioribus rubro nigroque transversim striatis ; collo cinereo-fusco maculato. Junior. Le petit Phénicoptère, Geofroy Saint-Hilaire, bulletin des sciences de la Société phitomathique ; tom. ‘1, pag. 97, n° 13. Idem, deuxième édit. du nouveau Dict. d'histoire nat., tom. 25, pag. 320. 2 Cet oiseau , qu'on trouve au Sénégal, est moitié plus petit et moitié moins gros que le Flammant. Il porte, dit-on, dans l’âge avancé, un plumage rouge avec des bandes alternativement de cette couleur, et noires sur 8 8 ) les couvertures supérieures des ailes , dont les pennes sont de la première teinte, de même que le bec ; les pieds sont rouges. Dans sa jeunesse il est > Gi ; P 5 blanc, avec des bandes gris brun sur le cou, rases et plus grandes sur le ; $ ? Pas dos et sur les couvertures des ailes; le bec est brun , et les pieds sont gris.

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