‹ La galerie des oiseaux (volume 4)Chapitre 83 sur 134 · FRÉGATES · texte numérisé non relu

FRÉGATES

Armés d’un bec terminé par un croc aigu, de pieds courts, robustes et en partie couverts de plumes, de serres aiguës, servis par une vue trèsperçante et un vol des plus rapides, ils possèdent tous les attributs qui caractérisent un tyran de l'air. Si le paisible poisson volant en s’élevant hors de l'eau, évite la poursuite des Dorades et des Bonites, il devient souvent la proie de la Frégate ; celles-ci même n’échappent pas toujours à leur voracité; elle les saisit adroitement , lorsqu'elles se jouent sur la surface des flots ou qu’elles s’élancent après leurs faibles victimes. Mais ce n’est pas sur des poissons. seuls que ces oiseaux exercent leur empire, ils forcent les Fous d'être leurs pourvoyeurs et leur font à coups d'ailes et de bec dégorger le poisson qu'ils ont pêché, et le saisissent avec adresse avant qu'il soit tombé à la mer. On assure qu'ils font aussi la guerre au Pélican, et qu'ils usent des mêmes moyens pour lui faire lâcher sa proie.

Favorisée d’un vol fort étendu et très-puissant , la Frégate est de tous les oiseaux de mer, celui qui pousse le plus loin ses courses. Elle brave

le vent et les tempêtes, s'élève au-dessus des orages , se porte au large -

à plus de quatre cents lieues de toute terre, parcourt du même vol ces traites immenses; et comme la durée du jour ne suffit pas, elle est forcée de continuer sa route pendant la nuit, n'ayant pas”la faculté de se reposer long-temps sur l’eau, où elle périrait, puisque le dessous de son corps n’est pas revêtu d’un duvet assez épais pour le rendre impénétrable à l’eau. À l’aide de sa vue perçante elle discerne très-bien du plus haut des airs les bandes de poissons volans, fond'sur elles avec la rapidité de la foudre et ne manque guère d’en saisir avec son bec et ses griffes; mais on assure qu’elle ne peut les prendre dans l’eau; ses pieds, dit-on, ne leur permettent pas de nager; cependant ils sont palmés et plus largement que ceux de certains oiseaux de mer. On trouve un second obstacle dans la longueur de ses ailes, qui, privées d’un espace assez grand, ne peuvent prendre les mouvemens nécessaires, pour qu’elle puisse s'élever de dessus l’eau. Lorsqu'elle se précipite du haut des airs, elle s'arrête à une certaine élévation, fait un mouvement dirigé avec adresse , relève ses ailes, et, les fixant l’une contre l’autre au-dessus de son dos, fond sur

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