‹ La galerie des oiseaux (volume 4)Chapitre 88 sur 134 · FOUS · texte numérisé non relu

FOUS

Deuxième ongle pectiné sur son bord interne.

Ailes longues; première et deuxième rémiges les plus longues de toutes.

Queue à douze rectrices. L

On a présenté plus d'espèces dans cette division qu'il n’en existe; ce qu'on doit attribuer à la variation de leur plumage dont les couleurs changent depuis le premier âge jusqu'à l’âge avancé. Quant à nous, nous croyons qu'il y en a tout au plus quatre. La nature a donné aux Fous la force , la grandeur et une arme redoutable dans leur bec robuste, de longues ailes, des pieds entièrement et largement palmés, tout ce qu'il faut enfin pour agir et vivre dans l'air et dans l’eau ; mais elle semble ne leur avoir accordé que la moitié de linstinet qui sert au maintien de leur existence, puisqu'ils ne savent ni prévoir ni éviter ce qui peut les détruire, en fuyant, comme les autres oiseaux, à l'aspect de l'homme, leur plus dangereux ennemi. Cette indifférence au péril ne vient ni de fermeté, ni de courage, puisqu'ils n’attaquent ni ne se défendent, quoiqu'ils en aient tous les moyens. Leur insouciance est telle qu'ils se laissent prendre à la main sur les vergues des navires qui sont en mer, leur élément naturel, qu’on les tue à coups de bâton sur les îles ou les côtes, qu'ils ne se détournent ni ne prennent leur essor devant le chasseur, qui les assomme tous , les uns après les autres, sans qu'ils cherchent à éviter ses coups. Ils ne savent pas même défendre ni conserver leur proie, vis-à-vis un autre ennemi (l'oiseau Frégate ); celui-ci les suit ou les attend sur les rochers où ils nichent, fond sur eux aussitôt qu'ils paraissent, se moque de leurs cris, et à coups d'ailes et de bec les force de regorger leur pêche, qu'il saisit à l'instant. « Dès que ce pirate, dit Catesby, s'aperçoit que le Fou a pris un poisson, il vole vers lui avec fureur et l’oblige de plonger sous l’eau pour se mettre en sûreté; le pirate ne pouvant le suivre, plane sur l’eau jusqu’à ce que le Fou ne puisse plus respirer; alors il l'attaque de nouveau, jusqu'à ce que celui-ci, las et hors d’haleine, soit obligé d’abandonner son poisson. » #

C'est d’après cette espèce de stupidité que les marins et les voyageurs de toutes les nations se sont accordés à leur donner les noms de Boubie,

Booby en anglais, Bobos en portugais, Sula en latin moderne ou de GALERIE DES oiseaux. Ve ET DERNIÈRE PARTIE. 25

Page 1