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a présenté son Coq comme la souche primitive d’où avaient dérivé toutes les races de nos Cogqs et Poules domestiques ; mais d’autres naturalistes ne partagent pas son opinion , car plusieurs espèces, inconnues à ce savant voyageur, offrent plus d'identité que le sien avec nos races domestiques : tel est le Coq Jago qui se trouve dans l’île de Sumatra; tel est encore le Coq Bankiva qu'on rencontre dans les forêts de Java. Ils s'appuient sur ce que les deux femelles de ces deux espèces ont, comme nos Poules domestiques, une crête et deux appendices membraneux, attributs dont est privée la Poule Sonnerat. De plus, le Coq commun a une taille qui tient le milieu entre celles des deux Coqs Jago et Bankiva, porte des plumes de la même texture et de la même forme que les plumes de ceux-ci , ce qui n'existe pas chez le Coq Sonnerat. Comme notre tâche se borne à l’histoire naturelle des Coqs sauvages, nous n’entrerons dans aucuns détails sur les propriétés et l'éducation de la Poule domestique, et nous renvoyons le lecteur, qui désire les connaître, à l’article du Coq, dans la deuxième édition du nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle. Ê
A. Créte charnue.
LE COQ SONNERAT, Gallus Sonneratt.
Caruncul& compressé verticis geminisque gulæ ; auribus nudis ; caudä compress& ascendente; pennis colli linearis elongatis, apice membranaceis. l
Coq et Poule sauvages des Indes , Sonnerat ; Voyag. 2, pag. 153, 160, pl. 94 et 95.
Phasianus Gallus, Lénn., Gm., Syst. nat., edit. 13, n° 1.
Idem, Lath., Index , n° 1.
Wild cock, Lath., Synopsis, tom. 2, pag. Gy8, n° 1.
Le Coq Sonnerat, deuxième édit. du nouveau Dictionnaire d'hist. nat., tom. 7, pag. 49.
Le mâle de cette espèce, un des plus beaux oiseaux que nous possé-
cos. 27
dions, porte sur la tête une crête d’un rouge vif, aplatie sur les côtés, festonnée ou découpée sur son bord, et qui, prenant son origine à la base du bec, s'agrandit en se portant en arrière; elle adhère au crâne, et flotte au-dessus de l’occiput qu’elle déborde; sa forme est à peu prés celle d’un cône renversé. Aux deux côtés de la partie inférieure du bec sont placés deux appendices membraneux , de la même couleur que la crête, et d’une forme à peu près triangulaire ; les joues, les côtés et le dessous de la gorge sont nus et couleur de chair , aussi bien qu'une ligne longitudinale sur le sommet de la tête entre la crête et l’œil ; au-dessous de cette dernière partie, l’on voit de chaque côté une tache couleur de perle, de la grandeur et de la forme de l’ongle du petit doigt de la main ; des plumes courtes, serrées et à barbes désunies, forment cette petite plaque qui couvre les oreilles ; de longues plumes étroites , aplaties , à barbes désunies et soyeuses couvrent le dessus de la tête, le devant et les côtés du cou ; elles deviennent plus longues, à mesure qu’elles sont placées plus bas, et flottent sur le dos et le haut des ailes; le tuyau de ces plumes est gros, très-exprimé et sensible à la vue dans la longueur de la plume jusqu’à quelques lignes de son extrémité, ce qui fait que chaque plume paraît rayée longitudinalement à son centre ; à son origine cette raie est grise, au milieu elle est noire, et un peu avant l’extrémité elle devient blanche ; les barbes sont d’un gris sale, blanchâtres à la base de la plume jusqu’au tiers de sa longueur environ ; elles sont au milieu, à l'endroit où le tuyau est noir, blanchâtres sur leur limbe ; chaque plume est terminée par un épanouissement oblong, arrondi sur les bords, formant une tache luisante, blanchâtre, ou couleur de perle en plus grande partie, et d’un jaune roux brillant à sa pointe. Cet appendice a l'aspect, le poli, le brillant et le toucher d’nne lame cartilagineuse, très-mince; cependant, si on l’examine attentivement, en soulevant la plume et regardant en face du jour, on voit que cet appendice est bordé dans son contour par une frange composée de l’extrémité des barbes de la plume , et qu'il n'en résulte qu'une union de ces barbes plus intime qu’elle n’a coutume de l'être dans les plumes ordinaires; le dessous de ces plumes ne diffère du dessus que par des nuances moins fortes. Celles du dos sont longues,
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étroites, se terminent en pointe mousse, et sont traversées dans leur longueur par trois raies, dont l’une, qui est blanche, s’encadre entre les deux autres qui sont noires; le bas du cou en devant, le haut de la poitrine, les flancs et les jambes sont couverts de plumes à peu près semblables à celles du dos; sur la poitrine elles sont d’un roux luisant dans le dernier tiers de leur longueur, et on y retrouve l'apparence du ceartilage mince que l’on observe au bout des plumes du cou ; le ventre n’est couvert que d’un duvet varié de blanc, de noir et de gris. Les ailes présentent, à leur pli, la même couleur que le dos, mais rayée de noir et de blanc, et du roux brun luisant'à leur jonction avec le corps; les grandes couvertures supérieures sont rousses et comme striées transversalement ; les pennes noires; les tectrices du dessus de la queue longues, flottantes, d’un violet foncé chatoyant, sur lequel jouent des reflets d'acier bruni ; la queue est composée de quatorze pennes qui se partagent en deux plans égaux, inclinés l’un sur l’autre, et qui se rencontrent à leur bord supérieur sous un angle aigu; les deux pennes intermédiaires sont plus longues que les autres, et forment un arc dont la convexité est tournée du côté du corps de l'oiseau; le bec est couleur de corne ; les pieds sont grisâtres; les ongles et l’ergot noirâtres. Longueur totale, 2 pieds 4 pouces.
La femelle diffère du mäle par une taille plus petite d’un tiers. Elle a le dessus de la tête et la nuque d'une teinte grisâtre ; les joues et la gorge couvertes de plumes très-petites, très-serrées et blanchâtres; le dessus du cou , la poitrine et le ventre bruns, rayés en long de blanc, teinté de roux ; les flancs gris ; le dos et les couvertures des ailes d’un brun clair, avec le tuyau des plumes d’un roux lavé; les rémiges noirâtres sur leur côté intérieur, brunâtres et pointillées de gris sur l'extérieur; les rectrices grisâtres ; les pieds gris. Un bouton peu saillant remplace, sur le pied de cette femelle, lergot du mâle. Sonnerat a trouvé cette
espèce dans l’Inde.
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coeQs. 29 ‘B. Point de créte charnue.
LE COQ A DOS IGNICOLOR, Gallus ignitus.
PI. CCVII.
Niger chalybeo-nitens ; lateribus corporis rufis ; dorso im igneo- Jerrugineo; rectricibus intermediis subfulvis ; capite posticè subcristato. Mas. À £
Crist&, capitis, collo superiüs, dorso anteriort castanets; uTOpyg10, alis caudäque nigro transversüs lineatis ; gul& albä; corpore subtüs castaneo-fusco et albo. Femina. R
Fire-backed Pheasant , nat. Misc. , 4: 327.
Idem, Lath. , hole deuxième Suppl., pag. 274, n° 2.
Coqignicolor, Mouv. Dict. d’hist. nat., 2° édit. , tom.7, pag. 489.
Phasianus ignitus, Lath., Index, n° 14.
Cette belle espèce, qu’on rencontre dans les îles de Java et de Sumatra, présente dans la forme de son bec de grands rapports avec celui du Monaul impeyan, décrit ci-après; mais elle en diffère essentiellement par la conformation de sa queue qui, par son port et la position verticale de ses pennes, ressemble parfaitement à celle du Coq; caractère qui, selon notre manière de voir, l’éloigne du: Faisan et du Monaul, et le classe avec les Coqs , mais dans une section particulière, puisqu'elle ne porte ni crête charnue ni barbillons.
La huppe que le mâle porte sur sa tête, au lieu de crête, est composée d’un faisceau de plumes dont la tige est constamment droite, déliée et garnie seulement à l'extrémité de barbes décomposées et disposées en forme d’éventail. Une membrane épaisse et de couleur violette part des narines , couvre les côtés de la tête, et se prolonge un peu au-delà des joues, où elle finit en pointe du côté du bec. Le sommet de la tête, l’aigrette, le cou, le haut du dos, la poitrine et le ventre sont d'un noir à
30 MONAULS.
reflets brillans et d’un bleu d'acier ; les plumes des flancs terminées par une teinte orangée très-éclatante; les plumes du bas du dos et du croupion larges, très-nombreusés , d’un rouge orangé très-vif, et à reflets métalliques couleur de feu et violets; les tectrices alaires noires avec une large L) AR "À ° La 72 .
zone d’un vert doré à leur extrémité ; celles de la queue présentent aussi un riche assemblage de couleurs; les rectrices intermédiaires sont d’un roux clair ou blanches, et se terminent en forme de demi-arc; les autres noires et étagées; le bec est d’un jaune d’ocre ; les pieds sont gris; les ongles et les éperons bruns. Longueur totale, 2 pieds. La queue est partagée en P 5 > q s deux plans égaux inclinés l’un à l’autre, qui forment un angle ouvert. Les couleurs ne sont pas tout-à-fait les mêmes chez tous les individus mâles , car on en remarque chez qui le plumage tend plus au violet, dont les . 2 . LA plumes des flancs sont terminées de bleu, et les quatre pennes intermédiaires de la queue totalement de cette couleur. La femelle diffère du mâle en ce qu’elle n’a que 20 pouces.
8ème prvision. MONAUL , Monaulus.
Bec long, nu à sa base, robuste, convexe en dessus ; mandibule supérieure voûtée, plus longue que l’inférieure , très-courbée vers le bout. PI. @, n° ro.
Narines situées vers l’origme du bec, couvertes d’une membrane et en partie cachées par les plumes du capistrum.
Orbites nues et caronculées.
Tarses du mäle éperonnés, en partie nus et réticulés.
Doigts antérieurs réunis à leur base par une petite membrane; pouce portant à terre sur le bout.
Ongles courbés, longs, comprimés, un peu obtus.
Ailes concaves , arrondies; quatrième, cinquième rémiges les plus lonoues de toutes.
Queue à quatorze rectrices.
Les deux espèces de cette division se trouvent dans l'Inde. Celle que
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MONAULS. 31
nous décrirons ei-après se tient sur les montagnes du nord de l'Indostan , d’où on l’apporte quelquefois à Calcutta comme un objet de curiosité. Elle y est connue sous le nom de Monaul ; quelques-uns appellent le mâle Oiseau d’or. En effet, c’est un de nos plus beaux Gallinacées. Quant à l’autre espèce, que nous avons décrite dans l'Encyclopédie, son plumage n’a rien de remarquable , et nous ne pouvons assurer si elle est dans son état parfait. ù
LE MONAUL IMPEYAN, Monaulus impeyanus.
PI. CCVIII. “
Cristatus ; purpureus viridi nitens, subiùs niger; colli pennis aureo , cupreo et viridi versicoloribus ; caud& rufü.
Phasianus impeyanus, Lath., Index, n° 11.
Impéyan Pheasant, idem, Synopsis, premier Suppl. ,n° 11. -
Le Monaul, Sonnini, édit. de Buff., tom. 42, pag. 244.
Le Monaul impeyan, deuxième édit. du nouv. Dict. d'histoire nat., tom. 21, pag. 322.
Le nom d’Impeyan, que Latham a imposé à cet oiseau, vient d’/mpey, nom d’une lady qui a fait des tentatives pour transporter plusieurs Monauls vivans en Angleterre ; mais ils sont morts dans le navire après deux mois de traversée. Le mâle fait entendre un gloussement rauque , fort, et semblable à celui du Faisan. Ces oiseaux supportent le froid et ne peuvent souffrir la chaleur.
Ce très-bel oiseau a le tour de l’œil nu et d’un bleu verdâtre; la tête surmontée d’une aigrette élégante, légère et formée de dix-sept ou dixhuit plumes de différentes longueurs , et dont les plus longues ont trois pouces et demi. Ces plumes sont à tige nue jusque près de leur extrémité où les barbes prennent une forme ovale terminée en fer de lance; ces barbes sont d’un beau vert doré; les longues plumes, dont le cou est revêtu, à peu près comme celui du Coq, brillent à la fois de l’éclat de l'or et de l’émeraude ; un mélange éclatant de pourpre et de vert doré