‹ La galerie des oiseauxChapitre 19 sur 170 · PI COX · texte numérisé non relu

PI COX

Fronte pilis sex longissimis nigris , setosis, erectis munitä, occipitis crist& rubro-aured ; pectore et abdomine violaceis ; dorso, uropygio caudéqueviridibus. Mas. Viridis ; capite, collo, alis spadiceis , abdomine caudäqué nigrescente-fuscis. Femina.

Le Rouloul de Malacca, Sonnerat , Foy. 2, pag. 174, pl. 100.

Columba cristata, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 7.

Idem, Lath., Index, n° 10 (mâle). Perdix viridis, Gm., n° 49.

Idem, Lath., no 22 (femelle).

Perdix coronata, idem, Suppl. (mâle).

Lesser crowned Pigeon, Leth., Synopsis , tom. 2, pag. 622, n° 10.

Green partridge, idem , pag. 7977, n° 21, pl. 67 (femelle ).

Le Rouloul de Malacca, deuxième édit. du nouv. Dict. d'histoire nat., tom. 29, pag. or.

Latham avait d’abord isolé la femelle, comme une espèce distincte du mâle , et l'avait placée dans le genre de la Perdrix ; mais ayant vu depuis plusieurs de ces oiseaux morts et vivans, il a reconnu son erreur, et les a en conséquence réunis dans le deuxième Supplément de son général Synopsis. Les Roulouls, ditil, participent des Pigeons et des Perdrix; ils ont les pieds et les doigts des premiers; c’est encore une méprise, car chez les Roulouls le pouce est autrement articulé sur le tarse que chez les Pigeons qui l'ont au niveau des doigts antérieurs ; en effet, il est, comme dans les Gallinacées, plus élevé que ceux-ci sur le tarse; les Roulouls en diffèrent encore tellement par leur port, leur démarche et leur forme , qu'on ne doit pas leur en donner le nom.

36 TOCROS.

Le mäle porte sur le devant du front six crins noirs ou poils durs, roides, et qui forment une sorte de huppe ; une touffe de plumes roides, peu barbues, désunies et d’un rouge mordoré part de l’occiput et ‘s’incline en arrière ; le dessus de la tête, dans la partie qui sépare les deux aigrettes , est blanc; les joues et le cou sont noirs; de petites plumes roides et blanches bordent les paupières ; un violet foncé colore la poitrine et le ventre ; les ailes ont du brun sur leurs petites couvertures, du blanc roussâtre, coupé en travers de lignes noires, sur les moyennes et sur les pennes secondaires ; les primaires sont rousses et parsemées de lignes pareilles; le dos, le croupion et la queue d’un vert sombre ; les couvertures supérieures alaires et caudales longues et pendantes sur les pennes; le bec est noir en dessus, jaune en dessous vers sa base; l'iris et les pieds sont de cette couleur, qui prend un ton roussâtre sur les pieds; les paupières blanches. Taille d’un Pigeon domestique.

La femelle, qui tient le milieu entre la Perdrix et la Caille, porte un plumage généralement d’un beau vert foncé, rembruni sur la tête; le bas-ventre, les jambes et la queue sont d’un brun noirûtre; les ailes d’un brun tanné, tendant au rouge, et bigarré de noir; les lorums et le tour de l'œil roussâtres ; le bec et les pieds d’un rouge pâle.

ième prvision. TOCRO, Odontophorus.

Bec glabre à sa base, très-robuste, gros, convexe en dessus , très-comprimé sur les côtés; mandibule supérieure voûtée et très-crochue vers son extrémité; l’inférieure droite, plus courte et bidentée sur chaque bord vers sa pointe. PI. R. n° 2.

[Narines grandes, couvertes et bordées'd’une membrane.

Langue charnue, large, moyenne.

Feux entourés d’une peau nue prolongée jusqu’au bec.

T'arses robustes, lisses, nus, réticulés.

Doigts antérieurs réunis à leur base par une membrane ; postérieur ne portant à terre que sur son bout.

Ongles un peu voûtés, ovales, presque obtus.

LA

TOCROS. 37

Ailes concaves, arrondies ; première rémige courte; cinquième et sixième les plus longues de toutes.

Queue arrondie , courte, inclinée, à douze rectrices.

Cette division ne renferme qu'une seule espèce, qui diffère trop des Perdrix, des Cailles et particulièrement des Colins, pour ne pas l’isoler génériquement ; en effet , il suffit de comparer son bec à celui de ces Gallinacées pour s’en convaincre; car un bec grand, gros, très-comprimé par les côtés, dont la partie supérieure présente un crochet allongé presque pareil à celui des perroquets , et dont l’inférieure est munie de deux dents très-visibles vers son extrémité, s'éloigne beaucoup du bec des Colins , qui est court et entier : cependant, malgré cette grande disparité, on ne doit pas, selon M. Temminck, avoir égard à ces deux dents, parce que, comme il le dit fort ingénument, on ne les voit pas quand le bec est fermé; ainsi donc le Tocro n’est qu'un Colin, suivant cet auteur. De plus, le tour de l’œil et les lorums sont couverts d’une peau nue, tandis que ces mêmes parties sont emplumées chez ces derniers.

Les Tocros se trouvent dans l’Amérique méridionale ; mais nous croyons qu'on peut les diviser en deux races, dont l’une habite la Guyane, et l’autre le Paraguay. Ce sont, dit Sonnini, qui a observé la race de Cayenne, des oiseaux qui ressemblent beaucoup aux Perdrix; ils en diffèrent toutefois par des habitudes particulières; ils se perchent sur les branches basses des arbres, comme tous les oiseaux terrestres et même aquatiques de la Guyane, afin d'éviter les serpens et les quadrupèdes féroces dont la terre est peuplée. Ils y font aussi leur ponte qu'on dit être de douze à quinze œufs blancs. D'ailleurs, ces oiseaux ne montent qu'à regret sur les arbres et par la seule nécessité, lorsque l'obscurité de la nuit les y oblige. Les Tocros vivent en compagnies , et, comme nos Perdrix grises , se rassemblent en s’appelant par des cris qui semblent exprimer le mot tocro , dont les naturels de la Guyane ont tiré le nom que nous lui avons conservé.

Selon M. de Azara, la race qui habite le Paraguay jette un cri trèsdifférent , puisqu'elle prononce uru quatre à vingt et jusqu'à cinquante fois de suite et sans interruption, ce qui lui a fait donner ce nom par

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les naturels appelés guaranis. Le mâle et la femelle se font entendre ordinairement en même temps, et confondent leurs voix. Îls ne quittent point les forêts les plus grandes et les plus épaisses , et ils ne se perchent pas sur les arbres; ils marchent et courent comme les Perdrix, et ils ne prennent leur vol que quand on les presse. Ils sont si brusques et si étourdis, qu'ils se tuent quelquefois contre les arbres , et se sauvent au moindre bruit. Ce savant naturaliste espagnol ajoute qu’on assure que, bien que ces oiseaux se tiennent ordinairement par paires, ils se réunissent quelquefois en troupes, et que toutes les femelles pondent et couvent en commun, comme les anis, dans le même nid, qu’elles placent à terre sur une couche de feuilles ; leurs œufs sont d’un bleu violet. Les petits suivent leurs père et mère aussitôt qu'ils sont nés; si quelqu'un les approche , ils se mettent à crier d’une manière extraordinaire. Quand on surprend les Urus dans un bois, ils s'envolent un moment avec bruit, et en criant gri, gri, gri; Jusqu'à ce qu’ils se remettent à terre , et pren-

nent leur course.

LE TOCRO ROUX, Odontophorus rufus.

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