‹ La galerie des oiseauxChapitre 26 sur 170 · PI. CCXIX · texte numérisé non relu

PI. CCXIX

Alis fuscenturiatis cervicalibus ; corpore spadiceo , nigro alboque undulato. Mas: Minor; alis fuscenturiatis nullis. Femina.

Coq des bois d'Amérique, Catesby, car. 3, pag. 1, pl. x.

La Gélinote huppée d'Amérique, Briss., Ornith., tom. 1 pag. 212, n° 10.

Tetrao cupido, Lënn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 5.

Idem, Lath., Index, n° 8.

Pinnated grous, Lath., Synopsis , tom. 2, pag. 740, n° 9

Idem, Wilson, PORT Ornith., pl. 27, fig. x.

La Gélinote era ou à cou ailé, deuxième édit. du nouv. Dict. d'histoire nat., tom. 33, pag. 448.

Montbeillard s’est mépris en rapportant cet oiseau à la grosse Gélinote du Canada ( T'etrao umbellus); car il en diffère essentiellement, d’abord par ses couleurs, ensuite par les touffes de longues plumes qui partent des côtés du haut du cou, et qui sont en: forme d’aile. Cette espèce se trouve dans les États-Unis, et est connue dans Longisland sous le nom de heat-hen , ainsi que dans les plaines de New-Jersey, dans la contrée de Burlington, dans les bois de pins et de chênes nains de Pacano, dans le pays de Nortampton en Pensylvanie, dans tous les lieux stériles du Kentuky, et dans les vastes plaines qu’arrese la rivière de Columbia.

Cette Gélinote entre en amour au mois de mars; alors le chant du mâle

a cela de particulier, qu’en gonflant sa gorge et son cou , il se fait entendre à plusieurs milles de distance. L'espèce de son qu'il rend ressemblé an bruit que font les ventriloques , et quelqu'un qui l'entendrait de près, n’en aurait point l'oreille asséz frappée pour ne pas croire qu'il en est éloigné de plus d’une demi-lieue. Les Anglais expriment cette voix par le mot tooung, à cause du rapport qu'ils lui trouvent avec le son du cor entendu de fort loin. C’est par le moyen de deux poches composées d’une peau Jaune, que le mâle seul porte sur le cou, qu’est produit le bruit extraordinaire dont il vient d’être question, bruit qu'il est facile d’imiter, mais dont on ne peut donner une juste idée par écrit ; il est composé de trois notes sur le même ton, semblables à celles des Aouhous du chat-huant , mais beaucoup plus basses; chacune de ces notes est fortement accentuée, et la dernière est prolongée autant que les deux autres. Quand plusieurs de ces oiseaux roucoulent à la fois, il est impossible que l'oreille saisisse et distingue ces triples notes ; on n'entend plus qu'un bourdonnement continuel , désagréable et fatigant surtout, parce qu'il est difficile de saisir le point d’où il part, et la distance qui en sépare. C’est en chantant ainsi que le mâle déploie toutes ses grâces ; il se pavane comme le Dindon, secoue le cou, hérisse les plumes qui le couvrent , et fait la roue en passant” devant la femelle, et près des autres mâles qu'il a l'air de défier. On entend de temps en temps quelques éclats assez semblables à ceux que ferait une personne qu'on chatouillerait vivement, en sorteque, par sympathie, on se sent disposé à rire. C’est lorsque les mâles sont dans l’action du combat, qu'ils font entendre ces éclats; ils sautent alors l’un contre l’autre , comme font les Dindons mâles, mais avec plus de malice et sans se faire beaucoup de mal. Tout ce bruit commence un peu avant le point du jour et dure jusqu’à huit et meuf heures du matim, époque où les combattans se séparent pour chercher leur nourriture,

Dans la saison des amours, et lorsque les femelles couvent, les mâles ont l'habitude de s’assembler entre eux, et de se rendre, des différens endroits qu'ils habitent, sur un terrain choisi, central et peu couvert; rendez-vous que les Américains ont nommé Scratching place (place grattée). Ils y arrivent ordinairement au lever de l'aurore, et, à peine le jour commence à

poindre, qu'ils s’y trouvent quelquefois au nombre de quarante à cinquante. Alors l’un d'eux fait entendre un chant faible; un second lui répond, et ils sortent l’un après l’autre des buissons en se pavanant avec toute l'ostentation dont ils sont capables. Ils portent alors leur cou recourbé en arrière, redressent leurs longues plumes en forme de collerette, déploient celles de la queue en éventail; et, dans cette attitude, ils piétinent en tournant de la même manière et avec la même affectation que le Dindon : il semble s’établir entre eux une espèce de lutte pour prendre l'air le plus gracieux et le plus majestueux. En passant l’un à côté de l’autre, ils se jettent un regard insolent, et se provoquent de la voix. Tels sont les préludes du combat qu’ils vont se livrer. Ils s’attaquent avec beaucoup de courage et de fierté, et, pendant l’action, ils sautent à un ou deux pieds de terre en jetant un cri glapissant et discordant. On est porté à croire qu'ils se rassemblent en partie pendant la nuit, puisqu'on en a trouvé déjà de réunis long-temps avant que le jour commence à paraître.

Ces Gallinacées vivent ordinairement en famille jusqu’à l’époque de l’'accouplement ; quelquefois deux couvées se réunissent ; ils s’élèvent et s’envolent si difficilement qu’un chasseur, aidé d’un chien, pourrait presque détruire la compagnie éntière, en les tirant l’un après l’autre, sans que la vue de leurs compagnons morts, ou que le bruit du fusil les force à s'envoler. On a même observé que lorsqu'une troupe de ces ôiseaux se trouve cernée par les chasseurs, leur premier mouvement était plutôt de fuir en courant, jusqu’à ce que passant près d’un des chasseurs , ils partissent d’un vol extrêmement rapide. Ils sont tout-à-fait solitaires. Dans la saison des neiges et dans les matinées froides de l'hiver, ils se tiennent perchés sur les branches les plus élevées des sapins; mais ils évitent les lieux humides et marécageux , et ils adoptent toujours de préférence les terrains secs. Ils se plaisent surtout dans des bruyères peu élevées et découvertes , plutôt dans les taillis que dans les bois fourrés , ‘où ils ne se retirent que lorsqu'ils sont inquiétés ou serrés de trop près par les chasseurs, dont ils évitent aisément la poursuite et celle des chiens, en s’enfermant dans la partie des forêts la plus épaisse et la plus impénétrable. Le vol du Cupidon est court, mais prompt et rapide, et fait entendre un son aigu;

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La femelle fait son nid sur la terre dans des endroits retirés, où les hommes parviennent rarement. Sa ponte est ordinairement composée de dix à douze œufs d’une couleur brunâtre. Elle seule soigne ses petits, et, lorsqu'elle en est entourée, elle a les allures de la Poule domestique. Dès qu'on lui porte ombrage, elle jette un cri d'alarme; aussitôt sa jeune famille se disperse, et se hâte de gagner les buissons, où ils se cachent. Pendant ce temps, la mère, inquiète, cherche à attirer sur elle seule l’attention de celui qui la surprend, en traînant une aile, en allongeant un pied de manière à boiter tout le long d’un sentier, trébuchant dans la vase et affectant de ne pouvoir ni voler ni marcher.

Le mäle a le cou garni, sur chaque côté, d’un faisceau composé de huit plumes, dont cinq noires et longues d’environ trois pouces, de trois plus courtes et inégales entre elles, de la même couleur et striées longitudinalement de brun; celles du dessous sont tachetées, et toutes sont pendantes le long du cou, quand l'oiseau est en repos ou qu'il vole, et elles se déploient en forme d’éventail, lorsqu'il est agité par la colère ou l’amour. Il a deux poches extraordinaires composées d’une peau jaune, fait dont aucun auteur n’a fait mention jusqu’à ce jour; elles sont formées par la dilatation du gosier, ainsi que de la peau extérieure du cou. Quand l'oiseau n’est agité d'aucune passion, elles tombent en plis allongés et ridés de chaque côté du cou, et ne sont nullement visibles chez les individus empaillés ; quand ces poches sont remplies d'air, elles égalent en masse, en couleur et en surface la moitié d’une orange en pleine maturité; les plumes de la tête ont assez de longueur pour la faire paraître huppée, lorsqu'elles sont redressées; les sourcils sont pectinés, demi-circulaires et d’une couleur orangée", le menton est d’un jaunâtre pâle ; un rang de petites raies d'un brun foncé se fait remarquer sous l'œil; toutes les parties supérieures ont des taches transversales brunes, rougeâtres et blanches; la gorge, le devant du cou et le haut de la poitrine sont colorés de brun rougeûtre, de blanc et de noir; le bas de la poitrine et le ventre d’un brun päle, rayé de blane en travers; les couvertures inférieures des ailes blanchâtres; les pieds couverts d'un duvet brun jusqu'aux doigts qui sont pectinés et d’un jaune rembruni ; la queue est d’un fuligineux uniforme; le bec couleur de corne

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