‹ La galerie des oiseauxChapitre 31 sur 170 · ÉCHASSIERS · texte numérisé non relu

ÉCHASSIERS

s’en éloignent par leurs longues jambes; de plus, les premiers ne peuvent entrer dans l’eau qu’autant que le leur permet la longueur de leurs pieds, et les derniers nagent quelquefois et n’ont pas la faculté de plonger.

Les Autruches, les Casoars , les Outardes, les Agamis, les Secrétaires et les Cariamas se tiennent toujours éloignés des eaux; tous les autres Echassiers sont des oiseaux de rivages ; la plupart sont demi-nocturnes , faculté relative à leur subsistance, puisque c’est pendant les crépuscules et la nuit que les vers sortent de terre, que les insectes aquatiques et les poissons sont en mouvement. Les Pluviers, les Vaneaux, les Barges, les Bécasses, les Bécassines, les Truigas, les Chevaliers, les Jacanas , ete., cherchent alors les terrains humides qui recèlent les animalcules, les vermisseaux, leur principale nourriture. Les Butors, les Hérons , les Bihoreaux, les Ciéognes, les Blongios, les Spatules rôdent dans les marais, pénètrent hs” l'eau où ils peuvent marcher à gué, sans souiller leurs plumes, pour Saisir les poissons et les reptiles aquatiques. Les Tournepierres ; les Courlis, les Ibis, les T'antales, les Huitriers fréquentent les bords de la mer et des fleuves, pour se nourrir des vers maritimes, des petits testacées et crustacées qui se tiennent dans le sable et sous les pierres. Les Grues se réclament encore au haut des airs, lorsque leur demeure est déjà couverte de ténèbres.

Les Echassiers qui font leur ponte à terre sont presque tous polygames, leurs petits quittent le nid peu de temps après leur naissance, et prennent d'eux-mêmes les alimens que leur présente ou que leur indique la mère. Ceux qui nichent sur les arbres ou dans des endroits élevés, sont monogames, et nourrissent leur jeune famille dans son berceau, que celle-ci n’abandonne qu’en état de voler.

1° FAMILLE. MÉGISTHAN ES, Megisthanes.

Doigts au nombre de deux ou trois'dirigés en avant.

Ailes nulles pour le vol.

A. Deux doigts.\

rère Division. AUTRUCHE, Struthio.

Bec droit, médiocre, déprimé, à pointe arrondie et onguiculée; mandibules égales. PI. R, n° 7. .

INarines oblongues, couvertes d’une membrane, ouvertes vers le mi-

lieu du bec. S Langue courte, épaisse, charnue, un peu échandée à sa pointe.

Téte un peu aplatie, chauve, calleuse en dessus.

Pieds robustes, très-longs.

Jambes charnues jusqu’au genou.

Doigis au nombre de deux, dirigés en avant, point derrière; l’externe a cinq phalanges , l’ongle nul; l’interne quaire phalanges, avec un ongle large, oblong, obtus. PI. EE, ne r.

Ailes à double éperon, privées de rémiges, et garnies de plumes molles; effilées et très-flexibles.

Queue à plumes pareilles.

Nous ajouterons à ces caractères que les Autruches ont, comme le dit M. Cuvier (Règne arimal c’après son organisation), un énorme jabot, un ventricule considérable entre cette partie et le gésier, des intestins volumineux, de longs cœcums; et un vaste cloaque où l'urine s’accumule comme dans une vessie; aussi ce sont les seuls oiseaux qui urinent. Leurs muscles pectoraux sont fort minces, leurs postérieurs ont repris en force ce que leurs ailes ont perdu; les muscles de leurs cuisses et surtout de leurs jambes ont une épaisseur énorme. La tête est aplatie, fort petite, si on la compare au volume du corps, et presque nue, de même que la plus

grande partie du cou, qui est mince et long de trois pieds. L'orifice des oreilles est à découvert, et seulement garni de poils dans le canal auditif; la paupière supérieure est mobile et bordée de longs cils, les yeux grands, vifs, et ont plus de rapports avec les yeux humains qu'avec ceux d’un oiseau : ils sont disposés de manière qu’ils peuvent voir tous deux à la fois le même objet; les jambes sont dénuées de plumes et très-grosses; les tarses nerveux , charnus et renforcés en devant par un rang d’écailles grosses, épaisses, et qui s'étendent jusqu’à l’ongle du grand doigt ont beaucoup de ressemblance avec les pieds du Chameau. Ce n’est pas la seule conformité qu’on remarque entre ces deux animaux; l’Autruche a, comme ce quadrupède, une callosité à la poitrine et une autre à l’endroit des os pubis. Son sternum n’est pas saillant comme ceux des autres oiseaux, mais il est aplati et arrondi, en forme de bouclier; son dos est arqué , mais non pas néanmoins chargé d’une bosse ,et lorsqu'elle veut se coucher, elle le fait en trois temps, à la manière du Chameau, en pliant d’abord le genov, et s'appuyant ensuite sur le sternum, enfin sur toute la partie inférieure du corps. Il faut que ces rapports de ressemblance entre deux animaux, qu'au premier coup d'œil on juge fort éloignés l’un de l’autre, soient bien frappans, puisque tous les peuples de l'Orient, qui connaissent l’Autruche, la nomment chacun dans leur langue oiseau chameau.

L'organe de la génération, dans le mâle, est assez considérable et composé de deux ligamens blancs, solides et nerveux, ayant quatre lignes de diamètre, revêtus d’une membrane épaisse, et qui ne s’unissent qu’à deux doigts près de l'extrémité. Le tout est renfermé dans une membrane commune, de même substance que les ligamens, quoique cependant moins épaisse et moins dure. Cette verge n’a ni gland ni prépuce; elle sort de plusieurs pouces, lorsque l'animal fiente, et dans l'érection elle a la forme d’une langue de bœuf. La femelle a aussi une sorte de clitoris.

L’Autruche a la puissance de multiplier ses jouissances, et de répéter fréquemment, et avec la même ardeur, l'acte de sa reproduction. Dans l’accouplement, le mâle, un pied sur la terre, pose l’autre sur le dos de la femelle accroupie, dont il saisit quelques plumes pour se soutenir: Tous deux, par des sons sourds et entrecoupés, des murmures, des mouvemens de

leur tête et de leur cou qu'ils avancent et retirent successivement, ainsi que par de fréquentes trépidations, annoncent les sensations les plus vives. D'après ce qu'on a dit ci-dessus de la conformation des parties sexuelles, on conviendra que ces accouplemens ne se passent point en simples compressions , comme dans presque tous les oiseaux; aussi durent-ils plus long-temps.

L’AUTRUCHE CHAMEAU, Struthio camelus.

PI. CCXXIHIL.

Corpore nigro, griseo, albo Mas. Corpore fusco cinereoque. Femina.

L’Autruche, Briss., Ornith., tom. 5, pag. 3, pl. x, fig. 1.

Idem, Bufj., Hist. nat. des Ois., tom. 1, pag. 308, pl. enl., n° 457.

Struthio camelus, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° x.

Idem, Lath., Index, n° 1.

Black ostrich, Lath., Synopsis, tom. 3, pag. 6, n° 1, pl. 71.

L’Autruche court avec beaucoup de rapidité, et déploie dans sa course les plumes de ses ailes et de sa queue, non pas, dit-on, qu'elle en tire aucun secours pour aller plus vite, mais par un effet très-ordinaire de la correspondance des muscles. Les lieux les plus arides et les plus déserts de la terre sont ceux qu’elle habite et qu’elle parcourt en tout sens avec une vitesse inconcevable. On la trouve dans les sables et les solitudes de l'Afrique, depuis l'Égypte et la Barbarie jusqu’au cap de Bonne-Espérance, dans les îles voisineset les parties de l’Asie qui confinent à ce continent; elle est moins commune aux environs de Goa qu'en Arabie, et elle ne paraît plus au-delà du Gange, quoiqu’au rapport des anciens, elle y ait existé autrefois. On voit souvent les Autruches réunies en grandes troupes; c'est ce qui a fait croire qu’elles ne s’assortissent point par paires. Cependant il paraît certain que chaque mâle n’a qu’une femelle, malgré les récits des voyageurs. Ces oiseaux ont l'ouïe fine et la vue perçante, mais, en même temps, les sens du goût et de l’odorat extrêmement obtus et pres-

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#8 de Grandeur Wazuerelle

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