‹ La galerie des oiseauxChapitre 32 sur 170 · DA SP V · texte numérisé non relu

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que nuls; aussi ils apportent peu de discernement dans le choix de leur nourriture. En effet, quoiqu'ils soient, à proprement parler, herbivores, et qu’on les voie souvent , au midi de l'Afrique, paître de compagnie avec le Zèbre et le Couaggha, ils avalent néanmoins non-seulement toutes les substances végétales et animales, mais encore les matières minérales, celles mêmes qui sont les plus pernicieuses , du fer, du cuivre, du plomb, des pierres, de la chaux, du plâtre, du verre, du bois, enfin tout ce qui se présente, jusqu’à ce que leurs grands estomacs soient entièrement pleins. Il est certain que celui de l’Autruche digère ou dissout en partie les corps durs , principalement par l’action d’un suc dissolvant et par celles des chocs et frottemens qui peuvent aider à cette action principale; mais elle est souvent victime de son aveugle et insatiable gloutonnerie; car on en a vu périr pour avoir dévoré une grande quantité de chaux vive, d’autres empoisonnées par une trop grande quantité de cuivre, et d’autres dont les intestins étaient percés par des clous avalés , du verre, etc., etc.

Cet animal, quoique doué d’une grande force, conserve les mœurs paisibles des Gallinacées ; il n’attaque point les animaux plus faibles, rarement même se met-il en défense contre ceux qui l’attaquent. La rapidité d'une prompte fuite est le seul moyen qu’il emploie pour se soustraire aux plus pressans dangers. Dans les pays cultivés ces oiseaux dévastent les moissons ; ils viennent par bandes dévorer les épis et ne laissent que la tige;

leurs corps étant à peu près de niveau avec l’épi, ils baissent le cou pour

manger, en sorte qu'on ne les aperçoit pas; mais au moindre bruit ils lèvent la tête et prennent la fuite avant que le chasseur soit à portée de les tirer.

Le cri de l’Autruche est comparé, dans les écrivains sacrés, à un gémissement ; ils lui donnent le nom de zænath, qui en hébreu signifie le cri plaintif et entrecoupé que les Latins nommaient ululatus (hurlement). La voix du mâle est plus forte que celle de la femelle, et tous deux soufflent comme les oies, quand on les irrite.

La ponte de l’Autruche se compose ordinairement de quinze œufs environ, dont elle en couve dix, les autres étant épars à quelque distance, vraisemblablement parce que le nid en contient plus qu’elle n’en peut

couver. Ce nid est un enfoncement formé par l'oiseau en grattant dans le sable fin; mais elle le cache soigneusement dans les lieux les plus solitaires et les plus retirés. Il a quelques pouces d’élévation et trois pieds de diamètre; à l'entour règne une rigole dans laquelle l’eau de la pluie se rassemble. La durée ordinaire de l’incubation est de six semaines; c'est du moins ce qui à lieu dans les contrées où les Autruches couvent à la manière des autres oiseaux, et particulièrement dans les terres méridionales de l’Afrique. Sous la zone torride , elles se contentent de déposer leurs œufs . dans le sable; pendant le jour la seule chaleur du soleil suffit pour les faire éclore, et la mère les couve pendant la nuit. Dans ces climats il s’en faut beaucoup qu’elle abandonne ses œufs pendant le jour, comme on pourrait le croire; elle veille assidûment à leur conservation , et ne les perd guère de vue. Alors, quoique surprise par les hommes, elle ne s'éloigne pas de l’objet de sa sollicitude; elle se contente de courir en faisant des circuits et déployant ses grandes plumes. Cette allure est un.indice que le nid est dans le voisinage, car, quand elle n’en a point, elle fuit quelque temps en ligne directe.

Le plumage du mâle est noir, et varié de blanc et de gris sur le corps; les grandes plumes des ailes et de la queue sont blanches et noires ; la peau presque nue du cou est couleur de chair, et prend , de même que celle des cuisses, une teinte de rouge vif dans le temps du rut; l'iris est couleur de noisette. I] atteint jusqu'à sept on huit pieds de hauteur, eta environ quatre-vingts livres de poids. La femelle est brune et d’un gris cendré, partout où le mâle est d’un noir éclatant ; elle n’a de plumes noires qu'à la queue et aux ailes. Les jeunes sont d’un gris cendré la première année; ils ont alors des plumes sur la tête, le cou et les cuisses ; mais elles tombent bientôt pour ne plus revenir sur ces parties.

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