‹ La galerie des oiseauxChapitre 91 sur 170 · LL · texte numérisé non relu

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PORPHYRIONS. 169

poitrine roux, avec des taches transversales brunes , le dessus du corps et les flancs, comme chez le mâle, mais d’une teinte moins vive.

Chez le jeune, la tête et le dessus du corps sont d’un brun olivâtre foncé et tacheté de blanc; les scapulaires bordées de blanc jaunâtre pâle; la poitrine d’un jaune sale; le dos brun. C’est ce jeune oiseau que les

ornithologistes ont donné comme le type de l'espèce.

2% pivision. PORPHYRION, Porphyrio.

Bec médiocre, robuste, droit, conico-convexe, comprimé par les côtés, un peu renflé en dessous vers le bout, pointu; mandibule supérieure voûtée sur l’inférieure, un peu inclinée à sa pointe.

Narines oblongues , situées dans une rainure percée à jour, couvertes d'une membrane gonflée, ouvertes en dessous, vers le milieu du bec.

Langue comprimée latéralement , entière.

Front ou seulement le capistrum dénué de plumes.

Tarses nus, réticulés.

Doigts totalement libres, lisses; postérieur portant à terre sur une grande partie de sa longueur.

Ailes concaves, arrondies; deuxième et troisième rémiges les plus longues de toutes.

Queue à douze rectrices.

Les douze espèces de cette division pourraient être séparées en deux sections | le plus ou le moins d’étendue de la plaque frontale : la premièrémæntiendrait celles dont le front est couvert d’une peau glabre et colorée jusqu’au sinciput, comme les Gallinules et les Foulques ; la deuxième se composerait des Porphyrions qui ont le front emplumé , mais dont la base de la partie supérieure du bec se prolonge en s’élargissant et en s’arrondissant sur le capistrum et ne dépasse pas les bords du front. Ces derniers se rapprochent plus des Râles que les autres; mais tous y tiennent par leurs doigts lisses, et s’éloignent des Gallinules et des Foulques qui les ont bordés d’une membrane entière ou découpée. Il ré-

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sulte de ces faits, que les Porphyrions remplissent l'intervalle qui sépare les Râles et les Gallinules.

On ne trouve en Europe des Porphyrions que dans sa partie méridionale, encore y sont-ils très-rares ; ils sont plus nombreux en Afrique, en Asie, en Amérique et dans lAustralasie. Partout ces oiseaux habitent le bord des eaux ; ils sont d’un naturel très-doux et très-timide, ne se plaisent que dans la solitude, et recherchent les lieux écartés. Les fruits et les racines, surtout celles de la chicorée, sont les alimens pour lesquels ils marquent de la préférence: ils se nourrissent aussi de graines; mais leur nourriture favorite parait être le poisson. Les individus qu’on a conservés en domesticité, mangeaient du riz en paille, détachaient le grain de son enveloppe, et s’aidaient de leurs pieds pour le porter à leur bec et le briser. Dès qu'ils avaient mangé un grain de riz, ils couraient à chaque fois à leur provision d’eau, et en buvant ils paraissaient le mordre et le mâcher. Un couple de Porphyrions d'Europe a niché en domesticité ; le mâle et la femelle travaillèrent de concert à la construction du nid. Le lieu qu'ils choisirent était à une certaine hauteur, sur l'avance d’un mur; ils y firent un amas assez considérable de buchettes et de paille : la ponte fut de six œufs blancs, à coque rude, exactement ronds, et de la grosseur d’une demibille de billard. Les Grecs et les Romains savaient apprivoiser ces oiseaux ; ils les nourrissaient et les plaçaient dans les palais et dans les temples, où on les laissait en liberté, comme des hôtes dignes de ces lieux, par la noblesse de leur port, par la douceur de leur naturel et par la beauté de

eur plumage.

LE PORPHYRION TAVOUA, Porphyric t@floua.

PI. CCLX VII. g

Fronte cœruled&; armillis concoloribus ; corpore violaceo. Adultus. V'ertice fusco ; corpore suprà fusco mixto , subtüs albo et nigro. Junior. s La petite Poule Sultane, Briss., Ornith., tom. 5, pag. 526, n° 2,

pl 42, fig. 2.

Ldrcturt do Zetho:de l Moëte

GALLINULES. Ty

Idem, Buff., Hist. nat. des Oùs., tom, 8, pag. 206.

Fulica martinica, Linn., Gm., Syst. nat., édit. 13, n° 7.

Gallinula martinica, Lath., Index, n° 0.

Martinico Gallinule, Lath., Synopsis, tom. 3, pag. 255, n° 7, pl. 88.

Les naturels de la Guyane appellent cet oiseau Tavoua-Tavoua ,nom que nous lui avons conservé. On le trouve non-seulement à Cayenne, mais encore à la Martinique et dans l'Amérique septentrionale. Sa plaque du front est rouge , le plumage en général d’un vert brillant, changeant en bleu sur Ja tête, le cou et le dessous du corps; les couvertures inférieures de la queue sont blanches, les pennes et celles des ailes noirâtres et bordées de vert, le bec est rouge à sa base, ensuite jaune , les pieds sont de la Fan couleur , et les yeux rouges. Longueur totale, 11 pouces.

Le jeune est en dessus nuancé de brun, entièrement de cette couleur sur la tête, blanc en dessous, avec un mélange noir sur le devant du cou jusqu'à la poitrine et sur le ventre; les pieds sont bruns.

3% orvision. GALLINULE, Gallinula.

Bec plus court que la tête chez la: plupart, droit, épais à sa base, convexe en dessus PPT ES latéralement, un peu renflé en dessous vers le bout; mandibule supérieure inclinée à sa poue et couvrant les bords de l’inférieure. PI. V, n° 6.

INarines oblongues, couvertes d’une membrane gonflée.

Langue comprimée, entière.

Front chauve.

Tarses allongés, nus, réticulés.

Doigts antérieurs très-longs, aplatis en dessous et bordés d’une membrane étroite; postérieur portant à terre sur plusieurs phalanges. PI.FF, n° 8. |

Ongles presque arqués, comprimés sur les côtés, un peu pointus.

Ailes concaves, arrondies; première rémige plus courte que la cinquième ; deuxième et troisième les plus longues de toutes.

Queue à douze rectrices. "

172 GALLINULES.

On ne connaït pas au juste le nombre d'espèces que contient cette division; plusieurs Gallinules ou Poules d’eau ont été présentées pour telles, et depuis on a reconnu que ce m'était que des variétés d'âge. J'en ai distrait un certain nombre, parce qu'ils m'ont paru mieux placés avec les Râles , attendu qu'ils n’ont point de plaque nue sur le front , ni les doigts bordés d’une membrane. Ces oiseaux sont répandus en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique. Ils habitent le bord des rivières et des étangs, et fréquentent quelquefois les marais ; ils nagent facilement , mais ils n'usent guère de cette faculté que par nécessité, comme pour passer d'une rive à l’autre, ou pour chercher leur nourriture, qui consiste en petits poissons, ‘insectes et plantes aquatiques. Ils se tiennent pendant la plus grande partie du jour dans les roseaux, se cachent sous les racines et n’en sortent guère que le soir, époque à laquelle on les voit se promener soit à terre, soit sur l’eau; leur manière de nager a cela de particulier, qu’ils frappent sans cesse l’eau de leur queue. Dans les pays froids, les Gallinules quittent en octobre leur résidence d'été, pour passer la mauvaise saison dans des lieux tempérés , où elles -recherchent les sources et les eaux vives. Ce sont les seuls voyages qu’elles se permettent, et, dans ce changement de demeure, elles suivent régulièrement la même route, et reviennent toujours faire leur ponte aux mêmes lieux. Elles placent leur nid au bord des eaux, et le construisent d’un grand amas de débris de roseaux et de jones entrelacés. Les petits naissent couverts de duvet, et dès qu’ils sont éclos, ils abandonnent le nid et souvent leur mère ; mais elle les cache si bien, qu’il est difficile de.les lui enlever. Toujours ils la quittent de bonne heure; car, en peu de temps, ils deviennent assez forts pour se suffire à eux-mêmes.

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GALLINULES. 173

LA GALLINULE ARDOISÉE, Gallinula ardosiacea.

PI. CCLXVIIT.

Capite , gul& nigrescentibus ; collo ardosiaceo ; dorso uropygioque olivaceo-viridibus; remigibus fuscesentibus ; corpore subtüs, ardosiaceo-cinereo.

Quoique nous distinguions cette Gallinule de celle qu’on trouve en Europe, par une épithète différente, nous devons convenir que les dissemblances sont si faibles , qu'on ne peut guère les séparer que comme deux races, dont l’une habite l’Europe et l’autre l’Asie méridionale. T’individu, dont nous publions la figure, a été apporté de l’île de Java par M. Leschenault, à qui le Muséum d'Histoire naturelle doit la connaissance d’un grand nombre d'oiseaux des Indes orientales. On ne doit pas s'étonner d'y rencontrer notre Poule d’eau , puisque c’est peut-être l’espèce la plus répandue sur le globe : on la rencontre non-seulement en Europe, mais encore en Afrique, en Asie et en Amérique. La Gallinule de cet article a le bec rouge à la base et jaune vers le bout ; la membrane du front de la première couleur ; les pieds verts; la tête, la gorge noirâtres; le devant du cou et le haut du dos d’un noir ardoisé; le Has du dos, le croupion et les couvertures supérieures de la queue d’un yert olive foncé; les tectrices des ailes pareilles au haut du dos; les pennes brunes et noires; toutes les parties inférieures d'un gris ardoise, à l’exception des couvertures inférieures de la queue qui sont blanches; les pennes noires. Longueur totale, 10 pouces.

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