GIORGIONE
Les Giorgione sont oiseaux rares. Il n’est pas surprenant que toutes les collections princières aient tenu à s’enorgueillir au moins d'un tableau de ce maître si somptueusement représenté au Louvre par le Concert champêtre. Il y avait trois faux Giorgione au Palazzo Riario lesquels vinrent s’ajouter aux six du Palais-Royal, non moins faux. Trois de ces œuvres sont aujourd’hui connues : le Saint Pierre martyr à la National Gallery, V'Adoration des Bergers au Fitzwilliim Museum, de Cambridge, et l'Amour piqué à la
Collection Wallace, toutes trois débaptisées, encore que non négligeables.
Le Saint Pierre martyr est attribué à Cariani (Giovanni de’ Busi), élève supposé de Palma Vecchio et sur lequel on a peu ou point de renseignements précis. Il était Bergamasque, mais vécut à Venise. Cette petite toile n’est pas un chef-d'œuvre, elle a cependant quelque chose de l'éclat giorgionesque. L’assassin, avec sa veste blanche et sa culotte rose à crevés, est d’un coloriste; le saint, en sa robe blanche et noire, est d’un peintre qui cherchait l'expression dans le mouvement; le personnage a un beau
geste de désespérance.
SN
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AN