LE TINTORET. — JUNON ET LÉDA
profonde et douce harmonie. » D’après la gravure de Glaïiron Mondet on peut se faire une idée de l'intérêt de ce grand tableau.
La Voie lactée, cette conception hardie qui se passe en plein ciel, est, malgré ses dimensions exiguës pour le peintre du Paradiso, une œuvre d’un noble effet. À travers l’empyrée, Jupiter apporte Hercule à Junon qui lui offre le sein; le lait de la déesse déborde et s’étoile en une constellation figurée sur l’azur. Ce tableau de chevalet a passé par Cobham Hall et se trouve maintenant à la Vational Gallery. Les lignes n’en sont pas très heureuses, mais la nudité de Junon, vêtue d’une lumière éclatante, est un morceau de choix aussi parfait que l’Ariane, du Palais Ducal.
La Présentation au Temple, de Bridgewater House, est une simple esquisse dont il reste peu de chose ; on en peut dire autant du Consistoire, de Stafford House. La Descente de Croix nous offre un groupe assez beau des trois Marie. Quant à la Leda, W. Bürger la vit à Manchester, la déclarant un chef-d'œuvre de science anatomique et de correction dans les contours. À cette même exhibition, elle fut remarquée par Triqueti, le statuaire, qui note dans son catalogue conservé à la bibliothèque de l'École des Beaux-Arts : « Magnifique tableau dont les figures sont un peu plus grandes que nature, le dessin de Léda est admirable. » Cette toile fut donnée, en 1895, aux Uffizi par N. Walker; elle ne fait pas aussi brillante figure à Florence qu’à Manchester. Dans son état actuel, très alourdie par les retouches, la Léda est considérée comme d'ordre inférieur et semble être une œuvre de
Domenico Robusti, fils du Tintoret.