‹ La galerie du régent, Philippe, duc d'OrléansChapitre 35 sur 182 · ANSE · texte numérisé non relu

ANSE

Six autres tableaux devaient compléter, avec ces sujets plafonnants, l’ensemble du salon palatial auquel ils étaient probablement destinés. Ils sont empruntés à l’allégorie mythologique ; les personnages semblent être tous des portraits de gentilshommes et de patriciennes. Les voilà dispersés, après avoir orné le Palazzo Riario et ensuite le Palais-Royal. Za Mort d'Adonis est à Bridgewater House; Mercure et Hersé, au Fitzwilliam Museum ; Mars et Vénus liés par l'Amour, au Metropolitan de New-York; Mars désarmé par Vénus est perdu; /’Homme entre le Vice et la Vertu et la Sagesse, compagne d'Hercule ont quitté la demeure de Lord Francis Hope pour aller tenter fortune en Amérique par les soins d’un marchand. Les deux premiers seuls nous sont connus. La Mort d'Adonis est une œuvre terne; Vénus grimace au lieu d'exprimer la douleur; Adonis mourant, plongé dans l'ombre, n’a aucun relief; le groupe des deux amants est disgracieux et se compose mal avec le paysage. Mercure et Hersé, au contraire, est une jolie conception, entièrement de la main du maître. La couleur s’harmonise dans des tons d’un beau gris, et, n’était le dessin un peu maladroit de la jambe d’Hersé, ce serait une page de premier ordre. L'œuvre est signée en capitales. Quant à Mars et Vénus liés par l'Amour, ils ont figuré à l’Exposition nationale des Maîtres anciens, à Londres, en 1910. Un critique d’art, M. Marcel Nicolle, écrivait alors au sujet de ce tableau : « Beau spécimen de la manière décorative, de la couleur blonde et argentée du maître, et c’est tout dire. » Les New-Yorkais peuvent être contents.

La Léda, après avoir appartenu au comte Gower, a passé chez H. A. J. Munro, puis chez le comte de Vandeul qui l’offrit naguère au Louvre. Ce musée n’a pas accepté le cadeau à cause du sujet traité assez librement, il est vrai, mais sauvé, si l’on peut dire, par des mérites artistiques incomparables : l’éclat de la chair, la puissance du coloris. Cette Léda pourtant n'est pas plus audacieuse que celle de Poussin qu’on voit à Chantilly, et que les Léda des musées d'Italie. Ne pouvait-on pas lui trouver une place discrète comme à la réplique de Dresde? Notez qu’elle a appartenu à la duchesse de Buckingham et à Charles I* avant d'être achetée par le Régent. Ce

sont des titres de gloire. Elle est aujourd'hui chez M. Grandidier, dans

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