‹ La galerie du régent, Philippe, duc d'OrléansChapitre 41 sur 182 · RAPHAËL. — MADONNA DELLA TORRE · texte numérisé non relu

RAPHAËL. — MADONNA DELLA TORRE

enveloppée d’un voile presque imperceptible. Rien de plus délicat que les lignes et la couleur de ce groupe qui a pour fond un léger paysage à peine indiqué. On y distingue, à droite, une tour qui se reflète dans un lac, ce qui explique la dénomination du tableau. Au xvim° siècle quelques critiques ont jugé « par l'air de la tête de la Sainte Vierge » que ce Raphaël pouvait être un Timoteo Viti; Mariette qui rapporte cette opinion ne semble guère y ajouter foi, et il a raison. Ingres s’est inspiré de cette Vierge pour son Vœu de Louis XIII. La Madonna della Torre fit partie du cabinet de Samuel Rogers avec le Voli me tangere du Titien ; c’est une étape qui compte dans la vie d’une œuvre d’art. Banquier et poète, ami de Lord Byron et de Macaulay, Rogers vivra plus comme connaisseur que comme auteur de poèmes déjà oubliés. Ses généreux legs à la National Gallery sauveront sa renommée.

Cela fait dix Raphaël sur les seize qui étaient chez le Régent. Les six qui restent étaient des copies : la Vierge de Lorette, le Portrait de Jules II, le Saint Jean dans le Désert, le beau saint Jean ainsi qu’on l’appelait, et la Vision d'Ézéchiel, ou des attributions douteuses : la Vieille de profil et le portrait supposé de Bindo Allonasi (sic) qui laissèrent rêveur le brave Passevant. Ce dernier portrait s’est retrouvé depuis, nous l’avons mentionné dans notre chapitre de l'École de Venise en parlant de Sebastiano del Piombo.

En somme le duc d'Orléans pouvait être fier de ses Raphaël; plusieurs

d’entre eux ont doublé le cap périlleux de la critique et restent indiscutables.

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